Quelques jours après les législatives, l’aggravation de la crise du coût de la vie frappe durement les Libanais

Une femme sort d'une boulangerie avec un paquet de pain alors que les gens attendent leur tour, dans le quartier de Nabaa, situé dans la banlieue sud de la capitale libanaise, Beyrouth. (AFP/Archive)
Une femme sort d'une boulangerie avec un paquet de pain alors que les gens attendent leur tour, dans le quartier de Nabaa, situé dans la banlieue sud de la capitale libanaise, Beyrouth. (AFP/Archive)
Short Url
Publié le Vendredi 20 mai 2022

Quelques jours après les législatives, l’aggravation de la crise du coût de la vie frappe durement les Libanais

  • Alors que l'étau financier continue de se resserrer autour des citoyens, les députés élus du pays restent préoccupés par les jeux de pouvoir
  • Hassan Nasrallah, le secrétaire général du Hezbollah, a admis mercredi soir qu’«aucun parti ne possède la majorité au Parlement»

BEYROUTH: Moins de quarante-huit heures après l'annonce des résultats des élections législatives du 15 mai, la crise du coût de la vie au Liban s'est aggravée. La valeur de la monnaie locale est tombée à 30 000 livres libanaises (LL) pour 1 dollar (1 dollar = 0,95 euro) pour la première fois depuis cinq mois, quand la Banque centrale est intervenue pour réguler le marché.
Certains magasins ont été contraints de fermer pour éviter de perdre de l'argent, tandis que les prix des marchandises ont été revus à la hausse pour refléter l'évolution du taux de change du marché noir. Les files d'attente pour l'essence ont repris, même si le prix d'un bidon de 20 litres équivaut pratiquement au salaire minimum.
Les gens font également à nouveau la queue pour le pain. Certains magasins vendent le paquet de pain à 30 000 LL sur le marché noir, les boulangeries étant à court de farine.
Les médecins et les travailleurs de la santé ont de nouveau mis en garde contre les pénuries de médicaments en raison de l'absence de subventions; les médicaments contre le cancer sont particulièrement touchés.
Entre-temps, la compagnie d'électricité du Liban a annoncé un nouveau rationnement «pour éviter de tomber dans le noir total» en attendant l'arrivée d'une cargaison de carburant vendredi. Elle a imputé cette décision à «la consommation importante des stocks de carburant pendant les jours qui ont précédé et suivi les élections législatives».
Il semblerait que la principale raison de l'impossibilité de livrer du carburant réside dans le retard qu’a observé la Banque centrale pour octroyer un crédit en dollars, alors qu'il était probable que les subventions sur le carburant, et éventuellement le blé, soient levées. En conséquence, les importateurs ont cessé de livrer du carburant en attendant le transfert de dollars au taux de change Sayrafa de la Banque centrale, soit 23 700 LL pour 1 dollar.
La crise a affecté les sociétés nationales de distribution de gaz, qui ont attendu la nouvelle liste de prix du ministère de l'Énergie jeudi et ont commencé à vendre les bonbonnes de gaz au prix unitaire de 400 000 LL.
Le ministère de l'Économie a fixé le prix d'un gros paquet de pain à 16 000 LL, – bien que, comme nous l’avons dit, certains magasins le vendent beaucoup plus cher –, justifiant cette décision par «la hausse significative des prix du carburant, qui affecte directement le coût de la production de farine et de pain ainsi que le transport, en plus de la hausse des prix du blé dans le monde entier en raison de la crise ukrainienne».
D’aucuns prédisent que le Liban sera touché par une crise du blé dans les semaines à venir en raison du manque de fonds.
En réponse à ces différentes crises, les chauffeurs de transports publics sont descendus dans la rue. Ils ont bloqué les routes qui mènent aux ministères de l'Intérieur et des Transports à l’aide de bennes à ordures pour protester contre le prix élevé de l'essence et la détérioration du taux de change du dollar.
Hussein Wehbi Mogharbel, chef de la Fédération des employés et du syndicat des travailleurs du gouvernorat de Nabatieh, dans le sud du Liban, a critiqué les autorités, dénonçant leur incapacité à entendre la détresse des gens pauvres.
«Ils manipulent le taux de change et personne n'ose les arrêter», a-t-il déclaré. «Les employés ne peuvent pas se rendre sur leur lieu de travail, car leur salaire équivaut à deux bidons d'essence.»
Les inquiétudes des citoyens «augmentent et les responsables restent les bras croisés», a ajouté Mogharbel.
Alors que l'étau financier continue de se resserrer autour des citoyens, les députés élus restent préoccupés par leurs jeux de pouvoir politique. Chaque faction se réunit pour discuter de l'élection d'un nouveau président du Parlement, d'un vice-président, d'un cabinet et de chefs de commissions.
Le mandat du Parlement actuel se termine le 21 mai et celui de la nouvelle autorité élue doit commencer le lendemain. Le gouvernement actuel du Premier ministre, Najib Mikati, passera en mode intérimaire à partir du 22 mai.
Samir Geagea, le chef du parti Forces libanaises, le bloc chrétien le plus important au Parlement depuis les dernières élections, a déclaré jeudi: «Le résultat des élections a été retentissant, le Hezbollah et son allié, le Courant patriotique libre, ayant perdu leur majorité au Parlement.»
Il a ajouté que l'actuel président du Parlement, Nabih Berri, qui dirige le mouvement Amal, «ne répond pas aux exigences que nous recherchons chez le nouveau président».
M. Geagea a ajouté: «Ce poste requiert un candidat sérieux qui s'engage à appliquer littéralement le règlement du Parlement et à adopter le vote électronique, quelqu'un qui ne paralyserait pas le Parlement et qui s'emploierait à restituer au gouvernement une détermination stratégique. C'est pourquoi nous ne voterons pas pour Berri.»
Hassan Nasrallah, le secrétaire général du Hezbollah, a admis mercredi soir qu’«aucun parti ne possède la majorité au Parlement».
Il a ajouté: «Les nombreuses crises que traverse le pays ne peuvent pas être gérées par une seule équipe, même si elle obtient la majorité. Quand personne n'a la majorité, tout le monde est responsable et personne n'a le droit d'abandonner ses responsabilités.»
«La composition actuelle du Parlement risque de retarder l'élection d'un président et la désignation d'un Premier ministre pour former le gouvernement.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le ministre iranien des Affaires étrangères appelle son homologue saoudien avant les pourparlers nucléaires avec les États-Unis

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a reçu mercredi un appel téléphonique de son homologue iranien, Abbas Araqchi. (Capture d’écran)
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a reçu mercredi un appel téléphonique de son homologue iranien, Abbas Araqchi. (Capture d’écran)
Short Url
  • Ils ont discuté de l’importance de résoudre les différends par le dialogue et la diplomatie
  • Des puissances régionales ont œuvré en faveur de ces pourparlers, prévus vendredi à Oman, entre Téhéran et Washington

​​​​​​LONDRES : Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a reçu mercredi un appel téléphonique de son homologue iranien, Abbas Araghchi, à la veille de discussions nucléaires cruciales entre Téhéran et Washington.

Selon l’Agence de presse saoudienne, les deux responsables ont souligné l’importance de régler les différends par le dialogue et la diplomatie, ainsi que les efforts visant à préserver la sécurité et la stabilité de la région.

Des puissances régionales ont encouragé la tenue de ces pourparlers, programmés vendredi à Oman, entre l’Iran et les États-Unis, dans le but de parvenir à un accord sur le programme nucléaire de Téhéran et d’éviter une nouvelle escalade dans la région.

Dans un message confirmant ces discussions, publié mercredi sur la plateforme X, Abbas Araghchi a écrit :
« Les négociations nucléaires avec les États-Unis doivent se tenir à Mascate vendredi vers 10 heures. Je remercie nos frères omanais pour avoir pris toutes les dispositions nécessaires. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le prince héritier saoudien reçoit le chancelier allemand Friedrich Merz à Riyad

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane reçoit le chancelier allemand Friedrich Merz au palais Al-Yamamah à Riyad, mercredi. (SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane reçoit le chancelier allemand Friedrich Merz au palais Al-Yamamah à Riyad, mercredi. (SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane reçoit le chancelier allemand Friedrich Merz au palais Al-Yamamah à Riyad, mercredi. (SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane reçoit le chancelier allemand Friedrich Merz au palais Al-Yamamah à Riyad, mercredi. (SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane reçoit le chancelier allemand Friedrich Merz au palais Al-Yamamah à Riyad, mercredi. (SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane reçoit le chancelier allemand Friedrich Merz au palais Al-Yamamah à Riyad, mercredi. (SPA)
Short Url
  • Lors d’une réunion, Merz et le prince héritier ont examiné les relations saoudo-allemandes, les domaines de coopération et les perspectives de leur développement

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, a reçu mercredi le chancelier allemand Friedrich Merz au palais Al-Yamamah à Riyad, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Une cérémonie d’accueil a été organisée en l’honneur de Merz, avant la tenue d’une session officielle de discussions entre les deux dirigeants.

Au cours de la rencontre, Merz et le prince héritier ont passé en revue les différents aspects des relations entre l’Arabie saoudite et l’Allemagne, les domaines de coopération bilatérale ainsi que les opportunités de leur développement dans plusieurs secteurs.

Ils ont également examiné les derniers développements régionaux et internationaux, ainsi que les efforts déployés à cet égard.

Friedrich Merz est arrivé plus tôt mercredi à Riyad dans le cadre d’une visite officielle en Arabie saoudite, accompagné d’une délégation de haut niveau.

Il a été accueilli à l’aéroport international du roi Khaled par le prince Mohammed ben Abdulrahman ben Abdulaziz, vice-gouverneur de la région de Riyad, en présence de hauts responsables saoudiens, de diplomates et de représentants des deux gouvernements, dont le ministre saoudien des Finances, Mohammed Al-Jadaan.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La Turquie déterminée à porter ses relations avec l'Arabie saoudite à un niveau supérieur, déclare Erdogan au prince héritier

Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman reçoit le président turc Recep Tayyip Erdogan au palais d'Al-Yamamah à Riyad, mardi. (SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman reçoit le président turc Recep Tayyip Erdogan au palais d'Al-Yamamah à Riyad, mardi. (SPA)
Short Url
  • Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman et le président turc Recep Tayyip Erdogan ont tenu une session d'entretiens au palais d'Al-Yamamah à Riyad, mardi
  • Une déclaration conjointe turco-saoudienne publiée à la suite de la visite a salué les mesures prises par le gouvernement syrien pour préserver l'intégrité territoriale du pays et promouvoir la paix civile

RIYAD: Le président turc Tayyip Erdogan a rencontré mardi à Riyad le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed bin Salman et lui a dit que la Turquie était déterminée à porter ses relations à un niveau plus élevé dans des domaines tels que les énergies renouvelables et l'industrie de la défense, a indiqué le bureau de M. Erdogan.

M. Erdogan a également dit au prince héritier saoudien que le soutien de la Turquie à la stabilité en Syrie se poursuivrait et que la Turquie travaillerait en coopération avec l'Arabie saoudite pour reconstruire la Syrie, a déclaré la présidence turque dans un communiqué.
 

M. Erdogan et la délégation qui l'accompagne ont quitté Riyad mercredi et ont été accueillis à l'aéroport international King Khalid par le gouverneur adjoint de la région de Riyad, le prince Mohammed bin Abdulrahman bin Abdulaziz.

Une déclaration conjointe turco-saoudienne publiée à la suite de la visite a salué les mesures prises par le gouvernement syrien pour préserver l'intégrité territoriale du pays et promouvoir la paix civile. Elle condamne également les violations israéliennes du territoire syrien et exige le retrait immédiat d'Israël de tous les territoires syriens occupés.

La déclaration appelle également au rétablissement de la paix et de la stabilité au Soudan, dans les territoires palestiniens et au Yémen.

Elle condamne les agressions israéliennes à Gaza et appelle à un cessez-le-feu et à la fin de l'occupation israélienne.

La Turquie a salué les efforts déployés par l'Arabie saoudite pour résoudre la crise yéménite, ainsi que l'organisation par le Royaume d'un dialogue inclusif à Riyad, réunissant toutes les factions du sud du Yémen.

Les deux pays ont insisté sur la nécessité de lutter contre tout soutien à des entités internes au Yémen qui visent à porter atteinte à sa sécurité et à sa stabilité.

L'Arabie saoudite et la Turquie ont également insisté sur la nécessité de lancer un processus politique dirigé par le Soudan à travers un gouvernement civil, selon le communiqué.

Plus tôt dans la journée de mardi, le prince héritier a reçu M. Erdogan au palais Al-Yamamah à Riyad, où les deux dirigeants se sont entretenus.

Le dirigeant turc a été accueilli par le gouverneur adjoint de la région de Riyad, le prince Mohammed bin Abdulrahman bin Abdulaziz, et d'autres hauts responsables saoudiens à son arrivée à l'aéroport international King Khalid.

(avec Reuters)