Libye: le gouvernement parallèle annonce qu'il se retire de Tripoli

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Publié le Mardi 17 mai 2022

Libye: le gouvernement parallèle annonce qu'il se retire de Tripoli

Fathi Bachagha, le 28 avril 2019 à Tunis. Photo d'archive MOHAMED KHALIL / AFP
  • Le gouvernement libyen désigné par le Parlement a annoncé mardi qu'il se retirait de la capitale, siège du pouvoir exécutif rival, quelques heures après son entrée à Tripoli qui a provoqué des combats
  • Le service de presse de ce gouvernement a indiqué dans un communiqué que son Premier ministre, Fathi Bachagha, ainsi que plusieurs de ses ministres, avaient «quitté Tripoli pour préserver la sécurité (...) des citoyens"

TRIPOLI: Le gouvernement libyen désigné par le Parlement a annoncé mardi qu'il se retirait de la capitale, siège du pouvoir exécutif rival, quelques heures après son entrée à Tripoli qui a provoqué des combats.
Le service de presse de ce gouvernement a indiqué dans un communiqué que son Premier ministre, Fathi Bachagha, ainsi que plusieurs de ses ministres, avaient "quitté Tripoli pour préserver la sécurité (...) des citoyens», après que des affrontements entre groupes armés ont éclaté dès l'aube en pleine ville.

Tripoli est secouée mardi par des affrontements armés après que le gouvernement libyen désigné par le Parlement et soutenu par le puissant maréchal Khalifa Haftar a annoncé son entrée dans la capitale, siège du pouvoir exécutif rival.
Dotée des réserves les plus abondantes d'Afrique, la Libye est en proie depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011 à une série de crises politiques et de violences qui sapent le processus de transition censé tourner la page des années de dictature.
Dans la nuit, le service de presse de ce gouvernement a annoncé dans un communiqué "l'arrivée du Premier ministre du gouvernement libyen Fathi Bachagha, accompagné de plusieurs ministres, dans la capitale Tripoli, pour y débuter ses travaux".
Le gouvernement siégeant à Tripoli, né début 2020 d'un processus politique parrainé par l'ONU, n'a pas réagi dans l'immédiat à cette annonce.
Des affrontements ont éclaté avant l'aube entre groupes armés après l'entrée du gouvernement de M. Bachagha, a constaté un journaliste de l'AFP qui n'était pas en mesure d'identifier précisément ces factions.
Des tirs nourris se poursuivaient en pleine ville vers 08H00 locales (06H00 GMT).

«Pacifiquement»

Dans une vidéo diffusée par des médias locaux, M. Bachagha a affirmé cependant avoir été "très bien accueilli" à Tripoli, et annoncé la tenue d'une conférence de presse en soirée durant laquelle il ferait "un discours d'unité au peuple libyen".
En février, le Parlement siégeant dans l'Est avait désigné cet ancien ministre de l'Intérieur, comme nouveau Premier ministre. Cette instance est soutenue par le puissant maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l'Est libyen, dont les forces avaient tenté de conquérir la capitale en 2019.
Mais M. Bachagha n'avait jusque-là pas réussi à évincer l'exécutif en place à Tripoli, dirigé par l'homme d'affaires Abdelhamid Dbeibah. Ce dernier a affirmé à maintes reprises qu'il ne remettrait le pouvoir qu'à un gouvernement formé à l'issue d'élections.
Dans une déclaration filmée, le ministre de l'Intérieur du gouvernement Bachagha, Issam Abu Zariba, a assuré que l'équipe gouvernementale prendrait ses fonctions "pacifiquement" et "dans le respect de la loi". Pour faciliter la transition, il a appelé "toutes les forces de sécurité (...) à coopérer".
Le gouvernement d'Abdelhamid Dbeibah avait comme principale mission l'organisation d'élections législatives et présidentielle, initialement prévue en décembre dernier.
Cependant, des querelles entre les caciques politiques locaux, notamment sur la base juridique du scrutin, ont entraîné le report sine die de ces élections sur lesquelles la communauté internationale fondait de grands espoirs pour enfin stabiliser le vaste pays d'Afrique du Nord.
Les rivaux politiques de M. Dbeibah estiment que son mandat a pris fin avec ce report.

Blocus pétrolier

Depuis 2011, la Libye, vaste pays de 7 millions d'habitants, reste miné par le chaos politique, les divisions entre institutions concurrentes dans l'Est et l'Ouest et par l'insécurité.
La production pétrolière, principale source de revenus du pays, est otage des divisions politiques, avec une vague de fermetures forcées de sites pétroliers ces dernières semaines.
Considérés comme proches du camp de l'Est, les groupes à l'origine des blocages réclamaient le transfert du pouvoir à M. Bachagha ainsi qu'une meilleure répartition des revenus pétroliers.
La production a depuis baissé d'environ 600.000 barils par jour, soit la moitié de la production quotidienne moyenne, entraînant un manque à gagner de "60 millions de dollars" par jour au moment où les prix flambent sous l'impact de la guerre en Ukraine, avait déploré fin avril le ministre du Pétrole et du Gaz dans un entretien à l'AFP.
Au même moment, le Conseil de sécurité de l'ONU, divisé, a adopté une résolution prolongeant de seulement trois mois sa mission politique en Libye, la Russie refusant toute durée plus longue tant qu'un nouvel émissaire onusien ne sera pas nommé.


A Tripoli, la Syrie et la Libye officialisent leur rapprochement diplomatique

 Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, a officialisé dimanche à Tripoli le retour diplomatique de la Syrie en Libye, quatorze ans après la fermeture de son ambassade dans la capitale libyenne.  (AFP)
Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, a officialisé dimanche à Tripoli le retour diplomatique de la Syrie en Libye, quatorze ans après la fermeture de son ambassade dans la capitale libyenne. (AFP)
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  • "Aujourd'hui, cette ambassade revient pour affirmer l'importance et la valeur de la relation syro-libyenne"
  • Les relations entre les deux pays avaient été bouleversées par la guerre en Syrie et les violences qui ont déchiré la Libye après la chute de Mouammar Kadhafi

TRIPOLI: Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, a officialisé dimanche à Tripoli le retour diplomatique de la Syrie en Libye, quatorze ans après la fermeture de son ambassade dans la capitale libyenne.

"Aujourd'hui, cette ambassade revient pour affirmer l'importance et la valeur de la relation syro-libyenne", a déclaré le ministre syrien, qui a tenu des discussions avec son homologue libyen par intérim Taher El-Baour et a été reçu par le Premier ministre Abdelhamid Dbeibah, chef du gouvernement libyen reconnu par l'ONU.

Les relations entre les deux pays avaient été bouleversées par la guerre en Syrie et les violences qui ont déchiré la Libye après la chute de Mouammar Kadhafi.

"Cette ambassade assurera le suivi administratif des Syriens qui se sont réfugiés en Libye pendant les années de guerre, à une époque où il n'y avait plus de représentation diplomatique, Tripoli ayant rompu ses relations avec l'ancien régime", a ajouté M. Chaibani.

Selon l'agence officielle syrienne Sana, la communauté syrienne en Libye est estimée à environ 200.000 personnes.

"Nous avons également convenu de renforcer la coordination sécuritaire pour lutter contre l'immigration clandestine, ainsi que contre les stupéfiants et les organisations terroristes", a-t-il poursuivi.

Durant les dernières années du conflit en Syrie (2011-2024), la Libye est devenue un terrain d'affrontement entre des forces loyales à Bachar al-Assad et des factions de l'opposition et islamistes syriennes.

Des mercenaires issus des deux camps y ont combattu pour le compte de leurs parrains russes et turcs respectifs, qui soutenaient des camps opposés dans le conflit libyen.

A la mi-août 2025, une délégation dépêchée par Damas avait rouvert l'ambassade de Syrie à Tripoli, fermée depuis 2012, sans toutefois reprendre immédiatement la fourniture de services consulaires.


Les Emirats arabes unis disent avoir fait face à un drone venant d'Iran

Une vue de Dubaï. (AFP)
Une vue de Dubaï. (AFP)
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  • Les Emirats arabes unis ont affirmé lundi avoir "réagi" à un drone provenant d'Iran détecté au-dessus de leurs eaux territoriales
  • Les forces aériennes émiraties "ont réagi à un drone détecté au-dessus des eaux territoriales du pays, venant d'Iran", a indiqué le ministère de la Défense dans un communiqué sur X

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont affirmé lundi avoir "réagi" à un drone provenant d'Iran détecté au-dessus de leurs eaux territoriales, après que Téhéran a dit avoir attaqué une base américaine dans le pays du Golfe.

Les forces aériennes émiraties "ont réagi à un drone détecté au-dessus des eaux territoriales du pays, venant d'Iran", a indiqué le ministère de la Défense dans un communiqué sur X.

 


Premier échange de frappes entre les Etats-Unis et l'Iran en un mois

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  • Alors que le conflit vient de passer le cap des six mois, ces attaques tranchent avec les déclarations récentes de l'administration de Donald Trump qui a affirmé privilégier la pression économique sur la République islamique
  • "Les forces américaines ont frappé deux lanceurs iraniens sur l'île de Larak", située dans le stratégique détroit d'Ormuz, a déclaré le porte-parole du Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), Tim Hawkins

TEHERAN: L'Iran a affirmé lundi avoir attaqué des cibles militaires américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis en réponse à des bombardements menés par les Etats-Unis, un premier échange de frappes depuis un mois qui fragilise plusieurs semaines d'accalmie dans la guerre au Moyen-Orient.

Alors que le conflit vient de passer le cap des six mois, ces attaques tranchent avec les déclarations récentes de l'administration de Donald Trump qui a affirmé privilégier la pression économique sur la République islamique.

"Les forces américaines ont frappé deux lanceurs iraniens sur l'île de Larak", située dans le stratégique détroit d'Ormuz, a déclaré le porte-parole du Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), Tim Hawkins, dans un communiqué transmis à l'AFP.

Ces attaques ont été lancées après que des "forces des Gardiens de la Révolution islamique ont été observées en train de se préparer à lancer des roquettes chargées de mines marines dans le détroit d'Ormuz", a-t-il indiqué.

L'attaque a fait deux morts et deux blessés, selon l'agence iranienne de presse Tasnim.

En représailles, les Gardiens de la Révolution ont affirmé avoir attaqué, avec des missiles balistiques et des drones, des installations de l'armée américaine sur deux bases aériennes en Jordanie.

Ils ont ensuite indiqué avoir ciblé une base aux Emirats arabes unis où les Etats-Unis disposeraient de troupes et d'hélicoptères. Ils ont ajouté avoir abattu un drone américain MQ-9 Reaper, qui peut être utilisé pour la surveillance comme pour l'attaque, dans le détroit d'Ormuz.

L'armée jordanienne a précisé avoir abattu huit missiles ayant pénétré son espace aérien, sans en préciser l'origine. L'armée américaine n'a pas commenté ces attaques.

Pétrole en hausse 

Les hostilités avaient perdu en intensité ce dernier mois, même si des échanges de tirs sporadiques s'étaient poursuivis dans la région, surtout dans et autour du détroit d'Ormuz.

Ce stratégique passage maritime par lequel transitait avant la guerre un cinquième des hydrocarbures mondiaux est au coeur du conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, Téhéran verrouillant son passage.

En réponse, les Etats-Unis conduisent un blocus des ports iraniens et se disent être prêts "à protéger la libre circulation des échanges commerciaux sur cette voie navigable essentielle", le Centcom affirmant dimanche avoir "achevé le déminage des voies de navigation internationales".

Après l'annonce des nouvelles frappes américaines, les cours de l'or noir sont repartis en hausse lundi, le baril de Brent, référence internationale, dépassant le seuil symbolique des 90 dollars.

La guerre a été déclenchée le 28 février par des frappes conjointes des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran, qui a riposté en visant notamment les pays du Golfe alliés de Washington. Elle a ébralé l'économie mondiale.

En avril, un cessez-le-feu avait mis fin à près de 40 jours de bombardements intenses, et un protocole d'accord visant à mettre fin au conflit a été conclu en juin.

Mais celui-ci a volé en éclats en juillet après une reprise des hostilités, et les négociations sont depuis dans l'impasse.

"Agression" 

"Nous ne cherchons pas la guerre", a assuré le président iranien Massoud Pezeshkian. "Cependant, face à toute agression, nous ne resterons jamais les bras croisés", a-t-il ajouté, cité par les médias d'Etat iraniens avant de s'envoler pour le Kirghizstan.

Il doit y participer à un sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), où sont attendus également les président chinois Xi Jinping et russe Vladimir Poutine, ainsi que le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif dont le pays joue le rôle de médiateur dans la guerre au Moyen-Orient.

Face à un conflit impopulaire aux Etats-Unis, et à l'approche des élections de mi-mandat, l'administration Trump privilégie désormais la "guerre économique" contre l'Iran, déjà sous le coup de sanctions internationales depuis des décennies.

Le ministre américain des Finances, Scott Bessent, a présenté lundi dernier un nouveau train de sanctions dites "secondaires", touchant non pas l'Iran directement mais ses partenaires commerciaux, sur l'or, la technologie, les actifs numériques, l'aviation et le transport maritime.

M. Bessent dirigera lundi et mardi aux Etats-Unis une réunion de ses homologues des pays du G20, dont fait partie la Chine, partenaire économique majeur de Téhéran.

Pékin a déjà assuré vouloir défendre "fermement" ses intérêts et sa coopération avec l'Iran.