Les dirigeants du Moyen-Orient et du monde rendent hommage au Cheikh Khalifa

Cheikh Khalifa présente une écharpe au président américain George W. Bush le 13 janvier 2008 au palais Al Mushref à Abu Dhabi (Photo, AFP).
Cheikh Khalifa présente une écharpe au président américain George W. Bush le 13 janvier 2008 au palais Al Mushref à Abu Dhabi (Photo, AFP).
Cheikh Khalifa remet une écharpe au président américain George W. Bush le 13 janvier 2008 au palais Al Mushref à Abu Dhabi (Photo, AFP).
Cheikh Khalifa remet une écharpe au président américain George W. Bush le 13 janvier 2008 au palais Al Mushref à Abu Dhabi (Photo, AFP).
La reine Elizabeth II (à gauche) et le prince Philip de Grande-Bretagne accueillent le cheikh Khalifa au château de Windsor lors de sa visite d'État en Grande-Bretagne le 30 avril 2013. (Photo, AFP).
La reine Elizabeth II (à gauche) et le prince Philip de Grande-Bretagne accueillent le cheikh Khalifa au château de Windsor lors de sa visite d'État en Grande-Bretagne le 30 avril 2013. (Photo, AFP).
Cheikh Khalifa ben Zayed al-Nahayan (à droite) rencontre son homologue français Nicolas Sarkozy au palais présidentiel Al-Mushrif à Abou Dhabi le 26 mai 2009. (Photo, AFP).
Cheikh Khalifa ben Zayed al-Nahayan (à droite) rencontre son homologue français Nicolas Sarkozy au palais présidentiel Al-Mushrif à Abou Dhabi le 26 mai 2009. (Photo, AFP).
Cheikh Khalifa rencontre l'émir koweïtien Cheikh Sabah al-Ahmed al-Sabah à Abou Dhabi le 6 octobre 2009 (Photo, AFP).
Cheikh Khalifa rencontre l'émir koweïtien Cheikh Sabah al-Ahmed al-Sabah à Abou Dhabi le 6 octobre 2009 (Photo, AFP).
Cheikh Khalifa rencontre l'ex chanceliere allemande Angela Merkel (Photo, Fournie).
Cheikh Khalifa rencontre l'ex chanceliere allemande Angela Merkel (Photo, Fournie).
Des messages de condoléances ont afflué du monde entier (Photo, Fournie).
Des messages de condoléances ont afflué du monde entier (Photo, Fournie).
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Publié le Samedi 14 mai 2022

Les dirigeants du Moyen-Orient et du monde rendent hommage au Cheikh Khalifa

  • Cheikh Khalifa ben Zayed, le 16e souverain d'Abou Dhabi, est décédé vendredi à l'âge de 73 ans
  • Le gouvernement indien a annoncé samedi une journée de deuil

DUBAI: Des messages de condoléances ont afflué du Moyen-Orient et du monde entier après l'annonce du décès vendredi du cheikh Khalifa ben Zayed Al-Nahyan, président des Émirats arabes unis, à l'âge de 73 ans.

"Les Emirats ont perdu leur fils vertueux, le leader de la" phase d'autonomisation "et l'administrateur de son voyage béni", a déclaré le cheikh Mohammed ben Zayed Al-Nahyane, prince héritier d'Abu Dhabi, dans un tweet. « Ses prises de position, ses réalisations, sa sagesse, ses dons et ses initiatives aux quatre coins du pays. Que Dieu ait pitié de vous avec sa grande miséricorde et vous fasse entrer dans son paradis.

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Cheikh Khalifa était un homme "connu pour sa sagesse et sa générosité".(Photo, AFP).

Tout au long de la journée, les dirigeants des pays du Golfe ont adressé des messages de condoléances à la famille Al-Nahyane et au peuple émirati. Dans un communiqué publié par la SPA, la Cour royale d'Arabie saoudite a déclaré que la nouvelle du décès de Cheikh Khalifa avait été "reçue avec beaucoup de tristesse et de chagrin".

Le roi Salmane et le prince héritier Mohammed ben Salmane "ont exprimé leurs plus sincères condoléances et leur sympathie au gouvernement des Émirats arabes unis, à l'honorable famille Al-Nahyane, au peuple frère émirati et aux nations arabes et islamiques à l'occasion du décès d'un dirigeant qui a beaucoup donné à son peuple, à sa nation et au monde.

Déclarant trois jours de deuil national, le sultan d'Oman Haitham ben Tarik a déclaré : "Le sultanat partage la douleur des dirigeants, du gouvernement et du peuple des Émirats arabes unis frères dans leur grande affliction".

Ordonnant également trois jours de deuil officiel, la Cour royale de Bahreïn "a rendu hommage au défunt président des Émirats arabes unis décédé après une vie riche en réalisations au service du peuple des Émirats arabes unis ainsi que des nations arabes et islamiques".

Ahmed Aboul Gheit, secrétaire général de la Ligue arabe, a publié une déclaration de condoléances adressée aux dirigeants, au gouvernement et au peuple des Émirats arabes unis, ajoutant que la Ligue arabe observera trois jours de deuil avec des drapeaux en berne.

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Le cheikh Khalifa ben Zayed al-Nahyane (à droite) reçoit le roi Abdallah d'Arabie saoudite à Abou Dhabi le 18 décembre 2005 (Photo, WAM/AFP).

Les dirigeants du Moyen-Orient élargi et de l'Afrique du Nord ont également rendu hommage. "Avec une tristesse et un chagrin sincères, je pleure l'un des hommes les plus précieux et l'un des plus grands dirigeants", a tweeté vendredi le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi.

"Il a beaucoup donné à son pays et à sa nation, jusqu'à ce que les Emirats deviennent un modèle de développement et de modernité dans notre région et dans le monde."

La Cour royale hachémite de Jordanie a également présenté ses condoléances. "Nous avons perdu un cher frère et un dirigeant exceptionnel qui a hérité de la sagesse de son défunt grand-père Cheikh Zayed et a consacré sa vie au service de son pays et des nations arabes et islamiques", a tweeté le roi Abdallah II de Jordanie.

Le président irakien Barham Salih a déclaré que Cheikh Khalifa était un homme "connu pour sa sagesse et sa générosité pour le bien de sa patrie et de la nation arabe et islamique", tandis que le Premier ministre Mustafa Al-Kadhimi a déclaré : "Nous sommes convaincus que la voie pionnière que le feu grand homme a pris poursuivra les efforts des dirigeants et du peuple de son pays.

Plusieurs responsables libanais ont exprimé leur chagrin via Twitter. "Aujourd'hui, la nation arabe a perdu l'un de ses hommes les plus éminents", a déclaré Saad Hariri, l'ancien Premier ministre libanais.

Les dirigeants arabes n'étaient pas les seules personnalités publiques du Moyen-Orient à présenter leurs condoléances. Le Premier ministre israélien Naftali Bennett a déclaré : « L'héritage et les actes formidables de Cheikh Khalifa sont très admirés en Israël. L'État d'Israël se tient aux côtés des Émirats arabes unis en cette période difficile.

Israël et les Émirats arabes unis ont établi des relations diplomatiques en 2020 – le premier de plusieurs accords de normalisation soutenus par les États-Unis entre l'État juif et les pays arabes cette année-là, connus sous le nom d'Accords d'Abraham.

Le président israélien Isaac Herzog a qualifié la mort de Cheikh Khalifa de "grande perte pour nos amis des Émirats arabes unis et pour toute la région".

Il a ajouté : "Le leadership audacieux de Cheikh Khalifa a tant contribué à l'avancement des Émirats arabes unis et de son peuple et au partenariat croissant entre nos pays et est un grand héritage pour ses successeurs".

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a présenté ses condoléances aux dirigeants et au peuple des Émirats arabes unis, notant que Cheikh Khalifa a "dirigé les Émirats arabes unis à travers une période importante de son développement, marquée par de grandes avancées économiques et une montée en puissance de son influence régionale et mondiale".

Pendant ce temps, dans une lettre à son homologue des Émirats arabes unis, le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, a exprimé « son chagrin et ses regrets » face à la mort de Cheikh Khalifa.

Des messages sont également arrivés de plus loin. Le gouvernement indien a annoncé samedi une journée de deuil.

"En signe de respect envers le dignitaire décédé, le gouvernement indien a décidé qu'il y aura un jour de deuil national demain dans toute l'Inde", a déclaré le ministère indien de l'Intérieur dans un communiqué.

Le Premier ministre indien Narendra Modi a tweeté qu'il était "profondément attristé" par la nouvelle, affirmant que Cheikh Khalifa "était un grand homme d'État et un leader visionnaire sous la direction duquel les relations Inde-EAU ont prospéré".

Le président américain Joe Biden a rendu hommage au Cheikh Khalifa, qualifiant le dirigeant émirati décédé de "véritable partenaire et ami des États-Unis".

"Nous honorerons sa mémoire en continuant à renforcer les liens de longue date entre les gouvernements et les peuples des États-Unis et des Émirats arabes unis", a déclaré Biden.

« Cheikh Khalifa a beaucoup fait pour renforcer les relations amicales et la coopération constructive », a déclaré le président russe Vladimir Poutine, tandis que le président français Emmanuel Macron a déclaré que ses « pensées vont à son frère le prince héritier Mohammed ben Zayed, à toute sa famille et au peuple émirati. ”

Le président italien Sergio Mattarella a également présenté ses condoléances, affirmant qu'il se souviendrait du cheikh Khalifa pour sa "ténacité et sa clairvoyance".

Dans un message adressé au cheikh Mohammed ben Rachid Al-Maktoum, aujourd'hui président par intérim des Émirats arabes unis, Mattarella a déclaré qu'il "avait appris avec tristesse la nouvelle du décès de Son Altesse Khalifa ben Zayed Al-Nahyane", qui, a-t-il ajouté, avait dirigé son pays sur « une voie importante » de croissance et de développement.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson s'est dit "attristé" d'apprendre le décès de Cheikh Khalifa. "C'était un leader sage et respecté qui nous manquera énormément. Par son travail de président et de cheikh, il a apporté une contribution personnelle à la stabilité et à la conservation régionales dont on se souviendra longtemps.

« Je sais que les liens longs et profonds qui unissent nos pays se poursuivront et grâce à notre coopération et notre amitié, nous pouvons assurer la paix, la prospérité et la justice dans le monde.

Tony Blair, l'ancien Premier ministre britannique, qui continue d'entretenir des relations étroites avec le Moyen-Orient et ses dirigeants, a partagé sa "profonde tristesse" en apprenant la mort de Cheikh Khalifa.

« En cette triste occasion, je me souviens de la longue et distinguée carrière du président en tant que fonctionnaire. Il était respecté non seulement dans son pays, mais dans toute la région et dans le monde.

Né en 1948, le fils aîné de Cheikh Zayed, Cheikh Khalifa a pris la relève en tant que deuxième président des Émirats arabes unis en novembre 2004, succédant à son père en tant que 16e dirigeant d'Abu Dhabi, la plus grande des sept villes du pays et jusqu'en 1971 un émirat indépendant.

Cheikh Khalifa a dirigé les Émirats arabes unis alors qu'ils commençaient leur ascension pour devenir une puissance pétrolière et commerciale mondiale. Il laisse derrière lui son épouse Cheikha Shamsa bent Suhail Al-Mazrouei et leurs huit enfants.

Cheikh Khalifa devrait être remplacé par Cheikh Mohammed, prince héritier et commandant suprême adjoint des forces armées des Émirats arabes unis.

 Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: nouveaux ordres d'évacuation, l'armée israélienne progresse en profondeur

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  • Israël a ordonné l’évacuation de 7 villages du sud du Liban avant de nouvelles frappes et affirme avoir avancé au-delà du Litani
  • Malgré l’escalade, Israël et le Liban poursuivent des discussions à Washington pour tenter d’obtenir un accord de sécurité

BEYROUTH: L'armée israélienne a de nouveau appelé samedi la population de villages du sud du Liban à évacuer, en vue de frappes, alors que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a fait état de la progression plus en profondeur de son armée dans le pays voisin.

L'armée israélienne a intensifié ces derniers jours ses opérations aériennes et terrestres au Liban, où elle dit cibler le Hezbollah pro-iranien.

Israël et le Liban ont tenu vendredi une réunion militaire à Washington, en pleines négociations entre les Etats-Unis et l'Iran, qui veut inclure le front libanais du conflit dans tout accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Les frappes de vendredi sur une trentaine localités ont fait 11 morts dans la région de Tyr, dont un secouriste, et blessé huit autres personnes, selon le ministère de la Santé.

L'armée israélienne a appelé samedi la population à évacuer sept villages du sud du Liban, avant d'y mener des frappes, malgré une trêve en vigueur depuis le 17 avril qui n'a jamais été respectée.

Une grande partie de ces villages sont situés à proximité de la ville de Nabatiyé.

Vendredi, le Hezbollah a dit avoir attaqué des troupes israéliennes qui tentaient d'avancer au niveau de la région de la forteresse médiévale de Beaufort, près de Nabatiyé.

Le Hezbollah a également revendiqué plusieurs attaques contre des cibles militaires en Israël, près de la frontière avec le Liban.

Le mouvement chiite à d'abord concentré ses tirs sur les soldats israéliens déployés dans le sud du Liban avant de multiplier les attaques de drones explosifs sur le nord d'Israël après l'assassinat d'un de ses chefs militaires dans une frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth le 6 mai.

Samedi à l'aube, l'armée israélienne a indiqué avoir détruit plusieurs projectiles lancés contre son territoire depuis le sud du Liban, mais que l'un d'entre eux était tombé sans avoir été intercepté, sans faire de blessé.

- La trêve, "passage obligé" -

Israël a dit cette semaine considérer une grande partie du sud du Liban comme une "zone de combat" et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé vendredi que son armée avait "traversé le Litani", fleuve situé à une trentaine de kilomètres de la frontière.

Liban et Israël ont entamé en avril sous l'égide des Etats-Unis des négociations pour parvenir à un accord de sécurité. Le Hezbollah, dont Israël réclame le désarmement au gouvernement libanais, y est ferment opposé.

A Washington, responsables militaires israéliens et libanais ont tenu vendredi une réunion qualifiée de "constructive" par le Pentagone.

Selon le numéro deux du Pentagone, Elbridge Colby, les discussions serviront "de base au volet politique" en référence à des négociations prévues les 2 et 3 juin à Washington.

Le président libanais Joseph Aoun a affirmé au chef de la diplomatie américaine Marco Rubio qu'une trêve était "le passage obligé" pour tout progrès dans les négociations.

Vendredi, des centaines de personnes ont afflué vers les quartiers de la vieille ville à Tyr, un mouchoir de poche épargné par les ordres d'évacuation israéliens, beaucoup dormant dans leurs voitures ou des tentes, selon les correspondants de l'AFP.

"J'ai aménagé une douche dans les WC, et il y a des matelas par terre" pour dormir, dit Karam Amin, qui dort avec sa famille de sept personnes dans sa boutique de vêtements du quartier chrétien.

"Tyr est une ville pacifique et touristique, on n'aurait jamais imaginé vivre cela", déplore ce commerçant de 43 ans.

Depuis le début de la guerre, les frappes ont tué au Liban 3.355 personnes et fait plus d'un million de déplacés, selon les autorités.

Sur la seule semaine écoulée, 15 enfants ont été tués et 62 blessés, selon l'Unicef.


Israël progresse en profondeur au Liban, réunion "constructive" à Washington

Une trêve destinée à mettre fin aux combats entre Israël et le Hezbollah soutenu par Téhéran est officiellement entrée en vigueur le 17 avril, mais elle n’a jamais été respectée. (AFP)
Une trêve destinée à mettre fin aux combats entre Israël et le Hezbollah soutenu par Téhéran est officiellement entrée en vigueur le 17 avril, mais elle n’a jamais été respectée. (AFP)
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  • Israël affirme avoir avancé plus profondément dans le sud du Liban et poursuit ses frappes contre le Hezbollah
  • Des discussions militaires israélo-libanaises jugées « constructives » ont eu lieu à Washington, malgré la poursuite des combats

BEYROUTH: Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé vendredi que son armée avait progressé encore plus en profondeur au Liban parallèlement à ses frappes intensives, au moment où les deux pays tenaient à Washington des discussions militaires jugées "constructives" par les Etats-Unis.

Israël a ordonné l'évacuation de villages et poursuivi ses frappes sur plus de 30 localités dans le sud, certaines proches de la ville millénaire de Tyr, affirmant viser le Hezbollah pro-iranien.

Ces frappes ont fait 11 morts dans trois localités de la région de Tyr, dont un secouriste et un ressortissant syrien, et blessé huit autres, dont un autre secouriste, selon le ministère de la Santé, ce qui porte à au moins 121 le nombre de secouristes tués depuis le début de la guerre le 2 mars.

Le Hezbollah a revendiqué pour sa part plusieurs attaques contre des cibles militaires en Israël, près de la frontière avec le Liban.

Dans une série de communiqués, le mouvement islamiste a affirmé avoir visé à l'aide de drones des rassemblements de soldats près d'une localité du nord d'Israël, un autre dans un camp militaire en Galilée ainsi qu'une caserne.

Il a également dit attaquer des troupes israéliennes qui tentent d'avancer au niveau de la région de la forteresse médiévale de Beaufort, près de la ville libanaise de Nabatiyé.

Samedi à l'aube, l'armée israélienne a indiqué avoir détruit plusieurs projectiles lancés contre son territoire depuis le sud du Liban, mais que l'un d'entre eux était tombé sans avoir été intercepté, sans faire de blessé.

Ces affrontements interviennent alors que, sur l'autre front de la guerre au Moyen-Orient, l'incertitude règne sur l'issue des négociations entre les Etats-Unis et l'Iran, soutien du Hezbollah.

A Washington, responsables militaires israéliens et libanais ont tenu vendredi une réunion qualifiée de "constructive" par le Pentagone.

"Nous avons tenu des discussions constructives entre militaires qui serviront de base au volet politique mené par le département d'Etat la semaine prochaine", a écrit sur le réseau social X le numéro deux du Pentagone, Elbridge Colby.

Liban et Israël ont entamé en avril sous l'égide des Etats-Unis des négociations pour parvenir à un accord de sécurité. Une nouvelle session est prévue les 2 et 3 juin à Washington.

- "Jamais imaginé vivre cela" -

Le Hezbollah est opposé à ces pourparlers et son bloc parlementaire a à nouveau appelé jeudi le Liban à s'en retirer.

Vendredi, des centaines de personnes ont afflué vers les quartiers de la vieille ville à Tyr, un mouchoir de poche épargné par les avertissements israéliens, beaucoup dormant dans leurs voitures ou des tentes, selon les correspondants de l'AFP.

"J'ai aménagé une douche dans les WC, et il y a des matelas par terre" pour dormir, dit Karam Amin, qui dort avec sa famille de sept personnes dans sa boutique de vêtements du quartier chrétien.

"Tyr est une ville pacifique et touristique, on n'aurait jamais imaginé vivre cela", déplore ce commerçant de 43 ans.

Depuis le début de la guerre, les frappes ont tué au Liban 3.355 personnes et fait plus d'un million de déplacés, selon les autorités.

Sur la seule semaine écoulée, 15 enfants ont été tués et 62 blessés, selon l'Unicef. Depuis le début, le 17 avril, du cessez-le-feu, jamais respecté, ils sont 55 enfants à avoir péri dans des bombardements, sur un total de 608 personnes tuées recensées par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

- "Passage obligé" -

Israël a intensifié ces derniers jours son offensive terrestre et aérienne et dit considérer une grande partie du sud du Liban comme une "zone de combat". En visite dans le nord d'Israël auprès de soldats près de la frontière, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé que son armée avait "traversé le Litani", fleuve à une trentaine de kilomètres de la frontière.

Le président libanais Joseph Aoun a affirmé au chef de la diplomatie américaine Marco Rubio qu'une trêve était "le passage obligé" pour tout progrès dans les négociations.

Dans un communiqué distinct, le département d'Etat a indiqué que M. Rubio avait, lors de leur appel, "salué le courage dont fait preuve le président Aoun en poursuivant des négociations directes avec Israël", et réaffirmé que "le Hezbollah était entièrement responsable des combats en cours".

Beyrouth va "insister sur la nécessité de mettre fin aux hostilités et présentera le plan de l'armée visant à étendre l'autorité de l'Etat sur le territoire libanais", a indiqué une source militaire à l'AFP.


Le Liban et Israël au Pentagone vendredi pour des discussions militaires 

Des personnes inspectent le site d'une frappe israélienne à Tyr, au Liban, le 28 mai 2026. (Reuters)
Des personnes inspectent le site d'une frappe israélienne à Tyr, au Liban, le 28 mai 2026. (Reuters)
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  • Beyrouth "donne la priorité à l'établissement d'un cessez-le-feu", selon une source officielle
  • Les forces israéliennes ont récemment traversé le fleuve Litani, selon une source militaire libanaise.

BEYROUTH : Une réunion entre les délégations militaires libanaise et israélienne, sous l'égide des Etats-Unis, doit avoir lieu vendredi au Pentagone pour lancer un nouveau cycle de pourparlers sur la sécurité entre les deux parties.

Israël et le Hezbollah ont devancé cette réunion en intensifiant leurs opérations militaires, bien qu'à une échelle inégale. Jeudi, des frappes aériennes israéliennes ont touché la banlieue sud de Beyrouth pour la première fois depuis la prolongation de 45 jours du cessez-le-feu décidée à Washington le 15 mai sous l'égide des États-Unis, ciblant un commandant du Hezbollah.

Une source officielle libanaise a déclaré à Arab News que "les réunions militaires au ministère américain de la Défense à Washington se poursuivent comme prévu sous le parrainage et la facilitation des États-Unis".

"Le Liban donne la priorité, dans ses discussions directes avec la partie israélienne, à l'établissement d'un cessez-le-feu avant de se pencher sur des questions politiques ou de sécurité plus larges", a déclaré cette personne.

Au cours des dernières 48 heures, Israël a étendu ses opérations militaires au Sud-Liban et à la vallée de la Bekaa, forçant les habitants de Tyr et de Nabatieh à fuir, nombre d'entre eux ayant été tués alors qu'ils s'éloignaient en voiture.


Les ordres d'évacuation israéliens au Sud-Liban se sont étendus au-delà de la rivière Zahrani, à environ 40 km de la frontière sud, dans ce qu'une source militaire libanaise a déclaré être un effort "pour isoler une région entière du pays et la dépouiller de toute présence effective de l'État libanais, laissant l'État incapable de réaffirmer son autorité dans cette région, sauf aux conditions israéliennes".

Mohammed Khawaja, membre de la commission parlementaire de la défense nationale et législateur du mouvement Amal, a déclaré : "Israël cherche à tirer parti des attaques limitées de drones lancées par le Hezbollah en direction d'un certain nombre de colonies, malgré la grande disparité entre ces attaques et l'écrasante supériorité militaire d'Israël.

"Israël s'en sert pour justifier l'intensification de ses frappes sur le Sud-Liban et pour se présenter à la communauté internationale comme la victime, alors que les vraies victimes sont les habitants du Sud-Liban", a-t-il déclaré à Arab News.

Israël a affirmé avoir reçu le "feu vert des États-Unis pour mener une opération terrestre de grande envergure dans le sud du Liban, s'étendant jusqu'à la vallée de la Bekaa", sans indiquer de calendrier pour mettre fin à l'opération, a déclaré M. Khawaja.

Les négociations politiques devraient reprendre samedi, à condition que les pourparlers militaires aboutissent à un cessez-le-feu. La délégation libanaise est composée de six officiers dirigés par le général de brigade Georges Rizkallah, directeur des opérations de l'armée libanaise.

"Israël cherche à élargir la zone jaune qu'il avait précédemment désignée pour ses opérations et je pense que l'escalade militaire ne s'arrêtera pas tant qu'Israël ne s'engagera pas à respecter un cessez-le-feu", a déclaré M. Khawaja.

"Le président du Parlement, Nabih Berri, a affirmé à plusieurs reprises qu'en cas de cessez-le-feu, il serait en mesure de persuader le Hezbollah de mettre fin à ses opérations.

Passant en revue les dernières avancées israéliennes, la source militaire libanaise a déclaré : "Les forces israéliennes ont traversé le Litani et avancé vers Zawtar al-Gharbiya et Zawtar al-Sharqiya, tandis que des véhicules télécommandés ont été déployés vers Mayfadoun, une ville surplombant Nabatieh, et vers Shoukin, une autre position surélevée surplombant la ville.

"Ils poussent également vers Yahmar et Arnoun en direction du château de Beaufort (Qalaat al-Shaqif), l'une des positions les plus stratégiques de la région car elle surplombe de vastes étendues du sud, notamment le mont Rihan, la région d'Iqlim al-Tuffah, la route de Khardali, Kfar Tebnit et Ali al-Taher.

"Ces zones sont considérées comme étant sous le contrôle du Hezbollah et contiennent ses positions militaires. Toutes ces zones sont des collines surélevées qui surplombent la rivière Awali et constituent la troisième ligne de défense du Hezbollah. Elles ne peuvent être prises que par une manœuvre de flanc à partir de la vallée de la Bekaa occidentale, qui encerclerait le sud et l'isolerait complètement de la Bekaa."

Fadi Karam, législateur du parti des Forces libanaises et membre de la commission parlementaire de la défense, a déclaré que la guerre dans le sud visait à faire échouer les négociations.

"Nous devons nous rappeler que le Hezbollah, le mandataire de l'Iran qui s'oppose aux pourparlers israélo-libanais, est la partie qui a déclenché ce conflit. L'Iran veut utiliser le Liban comme monnaie d'échange dans ses négociations avec les États-Unis", a-t-il déclaré à Arab News.

"Il n'est pas dans l'intérêt d'Israël que le Hezbollah utilise les négociations comme couverture pour des attaques contre lui. Israël sépare les développements sur le terrain de ce qui se passe à la table des négociations, tandis que l'État et le peuple libanais restent coincés entre les intérêts des gardiens de la révolution et l'agression israélienne."

Lors des réunions du Pentagone, la partie libanaise devrait se concentrer sur la garantie du cessez-le-feu avant d'entamer toute discussion sur les accords de sécurité, compte tenu de l'escalade en cours sur le terrain.

Le commandement de l'armée libanaise a déclaré que "le fait d'aborder les accords de sécurité avant la conclusion d'un cessez-le-feu donnerait pratiquement à Tel-Aviv l'occasion d'imposer ses conditions".

La source militaire s'est inquiétée du fait qu'"Israël n'acceptera probablement pas de restreindre ses opérations militaires dans le sud du Liban et insistera pour préserver la liberté de mouvement sous le prétexte d'empêcher le Hezbollah de se regrouper ou de reconstituer ses capacités".

La source officielle libanaise a déclaré que "lors des contacts intensifs entre le président Joseph Aoun et les États-Unis, Washington a réaffirmé que Beyrouth, la banlieue sud, les infrastructures, les institutions de l'État et l'aéroport international de Beyrouth resteraient épargnés par la nouvelle escalade israélienne, à l'exception des opérations d'assassinat visant les dirigeants du Hezbollah".

La délégation militaire libanaise est une équipe technique de négociation qui n'était pas prévue à l'origine dans les pourparlers. Selon la source officielle, elle agit sur instruction de M. Aoun selon laquelle "la priorité absolue reste d'obtenir un cessez-le-feu et de mettre un terme à la destruction des villes et villages du sud, car le Liban ne peut pas négocier sous le feu alors qu'Israël fait fi de toutes les contraintes".

L'ambassadeur du Liban aux États-Unis, Simon Karam, dirige la délégation en qualité de diplomate et de militaire, ce qui témoigne d'une approche unifiée des négociations en matière de politique et de sécurité.

La source officielle a déclaré que "toute tentative de soulever la question du placement des armes sous le contrôle de l'État avant d'assurer le retrait israélien pourrait déclencher une crise politique intérieure, avec des répercussions potentielles sur la sécurité, car le gouvernement libanais cherche à traiter la question dans le cadre d'un État souverain global plutôt que dans le cadre de la sécurité israélienne".

Mehiedine Chehimi, professeur de droit international et de politique étrangère à l'École supérieure de commerce de Paris, a déclaré : "Il faut distinguer deux types de trêve.

"La première est l'accord actuel qui empêche Israël de cibler les institutions officielles et la capitale, à l'exception des assassinats. Cette condition a été respectée par Israël depuis l'accord de cessez-le-feu de 2024. La seconde est une trêve visant à arrêter les hostilités au Sud-Liban, qui est rejetée par Israël parce qu'elle donnerait au Hezbollah l'occasion de reconstruire ses capacités.

"Cela montre que les États-Unis et Israël traitent différemment l'État libanais et le Hezbollah.

"L'État libanais tente, par le biais de négociations, de restaurer sa souveraineté par des pourparlers directs et de s'assurer que le Liban n'est pas utilisé comme monnaie d'échange entre les mains de ceux qui négocient en son nom", a-t-il déclaré à Arab News.

Il a qualifié la poursuite des négociations libanaises malgré le rejet du Hezbollah de "négociations difficiles, mais elles se poursuivront malgré la situation militaire actuelle, qui devrait s'intensifier".

"Les ambitions et la criminalité d'Israël ne connaissent pas de limites. La bonne chose est que la partie américaine a tracé des frontières pour Israël", a déclaré M. Chehimi.

"D'autre part, le Hezbollah a tout perdu et n'est plus le parti que nous connaissions avant la guerre. Il est devenu une branche des Gardiens de la Révolution et Naim Qassem n'est que son porte-parole, exécutant les ordres des Gardiens de la Révolution. C'est là que réside le danger, car la prise de décision est désormais entre les mains de Téhéran.

"Le Hezbollah tente actuellement de prouver sa supériorité à l'intérieur du Liban afin de conserver le Liban comme carte de pression au service des intérêts iraniens. Le parti ne tient compte ni de son environnement, ni de son peuple, ni de ses pertes", a-t-il déclaré.

"Pendant ce temps, les Israéliens poursuivent l'escalade de leurs crimes parce qu'ils ne sont plus convaincus par les solutions qui ont été essayées précédemment. Aujourd'hui, ils veulent écraser le Hezbollah. Pris entre ces deux dangers, le Liban s'enfonce dans le chaos".

Selon M. Chehimi, pour sortir de l'impasse, l'Etat libanais doit "bénéficier de la médiation d'Islamabad afin de poursuivre sa voie de négociations directes avec Israël, tout en exerçant des pressions par le biais de la communauté internationale sur les parties israélienne et iranienne".

Plus de 3 270 personnes, dont un grand nombre de femmes et d'enfants, ont été tuées et près de 10 000 blessées depuis le début de la guerre, le 2 mars. Les attaques ont visé 16 hôpitaux.

Abdul Rahman Bizri, député de la ville de Sidon, a mis en garde contre les "répercussions sociales de l'escalade militaire dans le sud et le danger que représente la forte division politique".

"Le gouvernement libanais doit contenir les répercussions sociales et économiques de la guerre", a-t-il déclaré à Arab News.

"Un grand nombre de personnes déplacées cherchent refuge à Sidon et ont besoin d'un véritable plan. La densité de population à Sidon a dépassé le triple de son taux normal, ce qui affecte directement la vie quotidienne dans la ville."

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a menacé jeudi de venger la mort du soldat Rotem Yanai, 20 ans, qui a été "tué au cours d'une activité opérationnelle dans le nord d'Israël", affirmant que "le Hezbollah a payé, paie et continuera de payer un lourd tribut pour ses attaques contre Israël et ses citoyens".

Un certain nombre de membres du personnel israélien ont été tués au Liban depuis le début du cessez-le-feu le 17 avril. Le porte-parole du gouvernement israélien a déclaré que 24 d'entre eux avaient été tués lors des récentes attaques du Hezbollah à l'aide de drones explosifs.