La politique israélienne mise en cause après l'attaque à Elad

Des résidents locaux et des membres du personnel de sécurité israélien se rassemblent à Elad (Photo, Reuters).
Des résidents locaux et des membres du personnel de sécurité israélien se rassemblent à Elad (Photo, Reuters).
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Publié le Samedi 07 mai 2022

La politique israélienne mise en cause après l'attaque à Elad

  • Les autorités israéliennes ont lancé vendredi une importante chasse à l'homme pour retrouver les deux Palestiniens soupçonnés
  • L'augmentation de la fréquentation des fidèles juifs à Al-Aqsa irrite les Palestiniens

RAMALLAH: Les Palestiniens ont blâmé l'agression israélienne et la politique d'apartheid, notamment ses actions à la mosquée d’Al-Aqsa, pour l'attaque de jeudi soir à Elad, qui a fait trois morts Israéliens.
Selon des témoins de l'attaque, deux assaillants sont sortis de leur voiture et ont frappé des passants à coups de hache, faisant trois morts et quatre blessés, avant de s'enfuir dans le même véhicule.
Les autorités israéliennes ont lancé vendredi une importante chasse à l'homme pour retrouver les deux Palestiniens soupçonnés d'avoir commis ces meurtres, qui ont fait suite à de violents affrontements entre Israéliens et Palestiniens dans l'enceinte de la mosquée d’Al-Aqsa. Les suspects se nomeraient Assad Youssef Al-Rifai, 19 ans, et Soubhi Imad Abu Shoukair, 20 ans.
Les Palestiniens sont irrités par l'augmentation du nombre de fidèles juifs à Al-Aqsa, en violation de l'accord de longue date selon lequel les Juifs peuvent visiter la zone, mais pas y prier.
L'attaque d'Elad a été condamnée par le président palestinien Mahmoud Abbas, qui a prévenu qu'elle pourrait conduire à de nouvelles violences.
Toutefois, le Hamas et un autre groupe armé palestinien, le Jihad islamique, ont laissé entendre que l'attaque était une conséquence inévitable des troubles à Al-Aqsa.
«Cette opération démontre la colère de notre peuple face aux attaques de l'occupation contre les lieux saints», a averti Hazem Qassem, porte-parole du Hamas. «L'assaut de la mosquée d’Al-Aqsa ne peut rester impuni».
Le major général Akram Rajoub, gouverneur de Jénine, a également imputé la responsabilité des meurtres aux politiques israéliennes. Il a déclaré à Arab News que les Israéliens ont mis en place un «régime d'apartheid dans lequel tout leur appartient et ils ne donnent rien aux Palestiniens. C'est pourquoi un état de colère est généré chez les Palestiniens, qui paient le prix du sang. (Ils) souffrent de la crise politique dont est responsable le gouvernement israélien, dirigé par le Premier ministre Naftali Bennett».
«Toutes les attaques qui se produisent contre les Israéliens sont dues à l'absence d'horizon politique, à la répression des Palestiniens par l'occupation et au feu vert donné aux colons pour attaquer les Palestiniens, sous la protection de l'armée israélienne», a-t-il poursuivi.
Les Israéliens ont essayé de trouver une solution en renforçant la sécurité, en prenant des mesures économiques contre les Palestiniens et en arrêtant les services essentiels pour les punir, mais rien n'a réussi, a-t-il ajouté.
«Par conséquent, ce qu'il leur reste à essayer, c'est une solution politique qui donne aux Palestiniens l'espoir d'un avenir libre, et je suis sûr que cela réussirait. Le problème est que les Israéliens adoptent la moindre option susceptible d'rriter le peuple palestinien. Les Israéliens évitent au contraire toutes possibilités menant à la stabilité pour ces deux peuples», a-t-il éclairci.
Le grand-père d'Abou Shoukair, Soubhi Sbeihat, vivant dans un village près de Jénine, a révélé que son petit-fils, un entrepreneur en électricité, n'appartient à aucune organisation politique, est qu’il est «engagé religieusement et de haute moralité», et qu’il est apprécié dans son village.
Cependant, «comme tout Palestinien sous occupation», son petit-fils «n'a pas pu supporter les pressions et les agressions continues contre Al-Aqsa et ses compatriotes Palestiniens», a-t-il ajouté.
Son dernier contact avec son petit-fils remonte à jeudi après-midi, a-t-il affirmé, ajoutant qu'il était parti à Ramallah pour l'Aïd.
Il a affirmé que la police israélienne avait arrêté le père d'Abou Shoukair sur son lieu de travail à Jdeidet Al-Makr en Galilée, à 4 heures du matin vendredi.
Sbeihat a également blâmé Israël pour l'attaque d'Elad et pour d'autres «opérations » perpétrées par des jeunes Palestiniens, affirmant qu'elles étaient provoquées par «les crimes que l'État d'Israël commet quotidiennement contre le peuple palestinien, et ses incursions et violations dans la mosquée d’Al-Aqsa».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.