Aïd al-Fitr au Maroc, une ode aux traditions et à la famille

Les Marocains se préparent à fêter l’Aïd al-Fitr, au début de la semaine prochaine, dans la joie et le partage. (AFP)
Les Marocains se préparent à fêter l’Aïd al-Fitr, au début de la semaine prochaine, dans la joie et le partage. (AFP)
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Publié le Samedi 30 avril 2022

Aïd al-Fitr au Maroc, une ode aux traditions et à la famille

  • Les Marocains, fidèles à leurs coutumes, s’habillent de façon traditionnelle pendant cette fête
  • L’Aïd al-Fitr sera encore une fois, cette année, un moment festif très attendu par les Marocains

CASABLANCA: Les Marocains se préparent à fêter l’Aïd al-Fitr, au début de la semaine prochaine, dans la joie et le partage. Marquant la fin du mois de ramadan et le premier jour de celui de chawal, cette fête, appelée également «Aïd as-Saghir» («Petite fête»), est l’une des principales célébrations religieuses des musulmans avec la fête du sacrifice, appelée «Aïd al-Kabir» («Grande fête»), soixante-dix jours après la fin du mois de ramadan. Cette année, l’Aïd al-Fitr sera célébrée au Maroc le lundi 2 mai 2022, mais seulement après la confirmation qu’auront donnée, la veille, les autorités religieuses du Royaume chérifien à partir de l’observation de la lune.

À Casablanca, les souks, les centres commerciaux et les commerces sont pris d’assaut par les Marocains qui se procurent des habits traditionnels, des gâteaux et des éléments de décoration nécessaires à cette fête, à l’occasion de laquelle toute la famille se retrouve. Une aubaine pour les commerçants, qui réalisent de bons chiffres durant cette période, surtout après une crise économique qui a duré près de deux ans.

 Une belle palette artistique

Parmi ces commerçants, les couturiers se réjouissent grâce aux commandes passées durant le mois de ramadan. Fidèles à leurs coutumes, les Marocains revêtent des habits traditionnels. Djellabas, cafetans, gandouras, tarbouchs et babouches sont fièrement portés par tous: femmes et hommes, petits et grands. Durant cette journée, les rues des villes marocaines présentent une myriade de couleurs, de tissus nobles magnifiquement brodés, de vêtements traditionnels – ou chics et revisités. Une belle palette artistique, riche en couleurs et en histoire, que les Marocains, d’une génération à l’autre, préservent avec ardeur.

Malheureusement, au cours des deux dernières années, en raison des restrictions instaurées pour limiter la propagation de la Covid-19, les Marocains n’ont pu goûter au charme de cette fête religieuse. Cependant, grâce aux allégements de ces mesures, l’Aïd al-Fitr de cette année marquera une véritable rupture. Les Marocains pourront retrouver les mosquées pour les prières de la fête et ils se déplaceront sans contrainte pour rendre visite à leurs proches.

 Réouverture des mosquées

En effet, dès les premières heures du lundi 2 mai, vers 7h30, les Marocains, accompagnés de leurs enfants, se rendront dans les mosquées ou dans les mssalla, ces grands espaces réservés aux prières, afin d’effectuer la prière de l’Aïd. Ensuite, on s’acquitte de Zakat al-Fitr, appelée aussi «Al-Fatra», une aumône destinée aux pauvres et aux nécessiteux, fixée cette année à deux euros au minimum, une somme que les Marocains dépassent largement. Cette obligation religieuse qui relève de la sunna est synonyme d’entraide et de solidarité à l’égard des pauvres – des valeurs auxquelles les Marocains sont fidèles, non seulement lors de l’Aïd al-Fitr, mais pendant toute l’année.  

Après cet acte de générosité, quand ils reviennent de la prière, les Marocains prennent leur petit déjeuner en famille. Pendant ce repas particulier, gâteaux et pâtisseries marocaines typiques sont au menu, en plus de l’incontournable thé à la menthe, du baghrir («crêpes aux mille trous») et du msemen («crêpes feuilletées»).

 Attachement aux valeurs ancestrales

L’après-midi, vêtus de leurs plus beaux vêtements traditionnels, les Marocains se lancent dans la tournée familiale. C’est l’occasion de renouer contact avec les proches et de consolider ce lien familial qui leur est si cher. Grands-parents, parents, enfants et petits-enfants, tous se réunissent autour d’une table bien garnie et discutent, jouent aux cartes, sur fond de musiques et de chants traditionnels. À cette occasion, on offre des cadeaux aux enfants. Cette ambiance familiale et chaleureuse fait véritablement partie d’un patrimoine immatériel marocain, toujours présent en dépit des sirènes de la modernité. Le Maroc est l’un des pays de la région qui a su remarquablement gérer sa métamorphose et son développement. Il est parvenu avec subtilité à allier tradition et modernité. 

L’Aïd al-Fitr sera encore une fois, cette année, un moment festif très attendu par les Marocains, au cours duquel ils célébreront ce qui caractérise la richesse et la diversité de leur culture et de leur socle identitaire: la famille, l’entraide, la tradition et la pratique d’un islam modéré. Des valeurs communes qui ont permis au Royaume chérifien d’être aujourd’hui mieux armé pour s’ouvrir sur un monde de plus en plus multipolaire et, surtout, de parer à tout éventuel choc civilisationnel, religieux ou identitaire qui gagne davantage les sociétés occidentales.


Le président libanais se déchaîne contre le Hezbollah, veut des négociations avec Israël

Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre. (AFP)
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  • Israël pilonne sans relâche le Liban depuis que la formation pro-iranienne a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël
  • "Ceux qui ont lancé les missiles" sur Israël ont voulu "provoquer l'effondrement du Liban (..) pour le compte de l'Iran, et c'est ce que nous avons mis en échec", a affirmé le dirigeant libanais, adoptant un ton extrêmement ferme à l'égard du Hezbollah

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre.

Israël pilonne sans relâche le Liban depuis que la formation pro-iranienne a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël.

"Ceux qui ont lancé les missiles" sur Israël ont voulu "provoquer l'effondrement du Liban (..) pour le compte de l'Iran, et c'est ce que nous avons mis en échec", a affirmé le dirigeant libanais, adoptant un ton extrêmement ferme à l'égard du groupe pro-iranien.

Il a tenu ces propos lors d'une rencontre par visioconférence avec les chefs des institutions européennes Ursula von der Leyen et Antonio Costa.

Joseph Aoun a qualifié le Hezbollah "de faction armée échappant à l'autorité de l'Etat au Liban, qui n'accorde aucun poids aux intérêts du Liban, ni à la vie de son peuple".

Il a assuré que la décision, lundi, du gouvernement d'interdire toute activité militaire ou sécuritaire du Hezbollah était "claire et irrévocable". "C'est ce que nous voulons mettre en oeuvre avec fermeté et clarté", a déclaré Joseph Aoun.

Le chef de l'Etat a proposé, pour mettre un terme à la guerre, "une trêve" avec Israël, suivie par une aide logistique à l'armée libanaise pour qu'elle puisse se déployer dans les zones de conflit et "désarmer le Hezbollah".

Dans le même temps, il s'est déclaré pour "que le Liban et Israël entament des négociations directes sous parrainage international" entre les deux pays toujours en état de guerre.

Les frappes israéliennes ont fait depuis le 2 mars près de 400 morts et un demi-million de déplacés.

 


Liban: un prêtre tué par des tirs israéliens dans un village du sud

Liban: un prêtre tué par des tirs israéliens dans un village du sud
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  • Une maison du village a été visée lundi par "deux tirs d'artillerie successifs provenant d'un char ennemi de type Merkava", selon l'Ani
  • Le premier tir a blessé le propriétaire de la maison et son épouse, a précisé le média

BEYROUTH: Un prêtre a été tué lundi par des tirs d'artillerie de l'armée israélienne dans un village du sud du Liban, particulièrement touché par la reprise du conflit entre Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), des habitants et une source médicale à l'AFP.

La victime, Pierre Raï, était le curé de la paroisse de Qlayaa, qui fait partie des villages chrétiens frontaliers du sud du Liban ayant décidé de se tenir à l'écart du conflit et de ne pas suivre les ordres d'évacuation israéliens.

Une maison du village a été visée lundi par "deux tirs d'artillerie successifs provenant d'un char ennemi de type Merkava", selon l'Ani.

Le premier tir a blessé le propriétaire de la maison et son épouse, a précisé le média.

Un second tir sur la maison a blessé le prêtre et trois autres habitants, selon des résidents du village, qui ont raconté à l'AFP être accourus sur place avec des secouristes de la Croix rouge libanaise.

Le prêtre a plus tard succombé à ses blessures, a affirmé une source médicale.

Les motivations de l'attaque israélienne contre cette maison située en bordure du village restent pour l'instant inconnues.

Le Hezbollah pro-iranien a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël qui mène depuis des représailles massives.

L'armée israélienne a ordonné à plusieurs reprises aux habitants d'une vaste partie du sud du Liban de partir, provoquant un exode massif.

Le curé avait pris part vendredi à un rassemblement devant une église de Marjeyoun, localité avoisinante, où plusieurs dizaines d'habitants se sont dit résolus à rester sur leurs terres.

"Lorsque nous défendons nos terres, nous le faisons en tant que pacifistes qui ne portent que des armes de paix", avait alors déclaré Pierre Raï.

Il avait appelé à considérer Marjeyoun comme "une zone rouge", c'est-à-dire qui ne devrait pas abriter des déplacés de la zone partisans du Hezbollah.

 


Liban: nouvelle frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth

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  • L'aviation israélienne a mené une nouvelle frappe lundi matin sur la banlieue sud de Beyrouth
  • Un porte-parole arabophone de l'armée israélienne avait averti qu'elle allait frapper les succursales de la société financière Al-Qard Al-Hassan

BEYROUTH: L'aviation israélienne a mené une nouvelle frappe lundi matin sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle) et les images de l'AFPTV.

Un porte-parole arabophone de l'armée israélienne avait averti qu'elle allait frapper les succursales de la société financière Al-Qard Al-Hassan, liée au Hezbollah, implantée notamment dans les fiefs de la formation.