Le chant byzantin, un «  riche patrimoine » qui perdure à Chypre

Le chant byzantin résonne dans une église aux lumières tamisées à Ayia Napa (Photo, AFP).
Le chant byzantin résonne dans une église aux lumières tamisées à Ayia Napa (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 20 avril 2022

Le chant byzantin, un «  riche patrimoine » qui perdure à Chypre

  • Ce chant des chrétiens de l'empire romain oriental, qui est codifié en huit modes ou tons, figure depuis fin 2019 sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l'Unesco
  • Les voix masculines, dont celles des membres du Choeur byzantin des mélodistes chypriotes, remplissent l'église par leurs chants au ton parfois grave, caractéristique de l'art "psaltique"

AYIA NAPA: Le chant byzantin résonne dans une église aux lumières tamisées à Ayia Napa, une station balnéaire dans le sud-est de Chypre, où ce genre musical, né au début du christianisme et inscrit au patrimoine immatériel de l'Unesco, se perpétue.


Puisant dans les traditions musicales des Balkans et de l'est de la Méditerranée où l'empire byzantin s'étendait, le chant byzantin "vise à toucher les âmes", explique Thomas Anastasiou, un choriste chypriote grec de 35 ans. 


Ce chant des chrétiens de l'empire romain oriental, qui est codifié en huit modes ou tons, figure depuis fin 2019 sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l'Unesco après avoir été nominé par la Grèce et Chypre, deux pays européens majoritairement chrétiens orthodoxes.


"C'est un art vivant qui perdure depuis plus de 2 000 ans", indique l'Unesco. 


"Mettant en valeur, sur le plan musical, les textes liturgiques de l'Église orthodoxe grecque, le chant byzantin est étroitement lié à la vie spirituelle et au culte religieux", précise l'organisation onusienne. 


Avec l'allègement des restrictions liées à la pandémie à Chypre et l'approche des fêtes de Pâques du rite orthodoxe, qui auront lieu cette année le 24 avril, une semaine après la célébration par les catholiques, les églises accueillent à nouveau les fidèles.


Un dimanche soir précédant la Semaine sainte, des dizaines de personnes sont rassemblées pour les vêpres dans l'église Panagia, au coeur d'Ayia Napa.


Les voix masculines, dont celles des membres du Choeur byzantin des mélodistes chypriotes, remplissent l'église par leurs chants au ton parfois grave, caractéristique de l'art "psaltique".


"Nous avons été privés" de chant pendant la pandémie, dit le responsable de la chorale Evaggelos Georgiou, 42 ans, "mais, maintenant, nous sommes de retour". 

« Un trésor »

Dans la salle des archives de l'archevêché de la capitale Nicosie, le Père Dimitrios Dimosthenous consulte un manuscrit volumineux de chants byzantins datant du XIVe siècle, dont les pages ont été abîmées par le temps, les insectes et l'humidité.


Sur son téléphone, il fait défiler une version électronique de la transcription moderne de la partition, puis le silence s'installe dans la salle quand il commence à chanter.


"Ca, c'est l'ancienne méthode de transcription de la musique byzantine", dit-il, pointant vers des lignes délicatement dessinées. "C'est un trésor", dit-il.


Depuis 1814, les notations sont reproduites de manière beaucoup plus détaillée.


Le chant byzantin est une musique sans modulation harmonique, au cadre modal fixe, à la différence du système tonal courant de la musique occidentale fondée principalement sur les deux modes, majeur et mineur.


"Il est très difficile de comprendre les notations écrites avant 1814 parce qu'un signe pouvait représenter une ligne mélodique toute entière", explique Christodoulos Vassiliades, professeur à l'école de musique byzantine du monastère de Kykkos.

Plus de femmes 

Pour Ioannis Eliades, directeur du Musée byzantin à Nicosie et membre du comité chypriote de l'Unesco, le classement de ce genre musical sur la liste du patrimoine immatériel signifie qu'il est "apprécié dans le monde entier et non seulement à Chypre".


"C'est un riche patrimoine, il faut le préserver", dit-il.


Même si le chant byzantin a toujours été lié à la voix masculine, les femmes sont nombreuses à chanter dans les couvents et, dans une certaine mesure, dans les paroisses.


Parmi elles, figure Polymnia Panayi, qui suit des cours de musique à l'école de Kykkos, à Nicosie, depuis près de quatre ans.


Le chant "me rend heureuse et m'aide à mieux prier", dit cette étudiante en conception graphique de 22 ans, qui chante avec d'autres femmes dans une église de la capitale.


L'école de musique de Kykkos, compte près de 70 étudiants, âgés entre 10 et 60 ans, et dont 40% sont des femmes, a indiqué un représentant de l'établissement à l'AFP.


Polymnia Panayi espère pour sa part que plus d'églises ouvrent leurs portes aux voix des femmes. "Il y a beaucoup de femmes qui aiment chanter mais qui n'en ont pas la possibilité pour l'instant".


La tapisserie de Bayeux n'a subi "aucune altération visible" pendant son transfert à Londres

La ministre française de la Culture, Catherine Pégard (au centre), observe la tapisserie de Bayeux lors de son dévoilement au British Museum, le 17 juillet 2026, une semaine après son arrivée de France. Cette œuvre du XIe siècle, qui retrace la conquête normande de l'Angleterre en 1066, sera exposée pour la première fois au Royaume-Uni à partir de septembre. (AFP)
La ministre française de la Culture, Catherine Pégard (au centre), observe la tapisserie de Bayeux lors de son dévoilement au British Museum, le 17 juillet 2026, une semaine après son arrivée de France. Cette œuvre du XIe siècle, qui retrace la conquête normande de l'Angleterre en 1066, sera exposée pour la première fois au Royaume-Uni à partir de septembre. (AFP)
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  • La tapisserie de Bayeux est arrivée au British Museum sans dommage visible après son transport exceptionnel depuis la France
  • Elle sera exposée à Londres du 10 septembre 2026 au 11 juillet 2027 avant son retour à Bayeux pour une rénovation

PARIS: 

La tapisserie de Bayeux a été extraite jeudi à Londres de son caisson dans lequel elle avait été acheminée la semaine dernière et n'a subi "aucune altération visible" pendant ce voyage, a affirmé à l'AFP une responsable du ministère de la Culture français.

"Je suis en mesure de vous confirmer qu'il n'y a eu aucune altération visible et que la tapisserie a bien voyagé", a déclaré Delphine Christophe, directrice générale des patrimoines et de l'architecture, depuis le British Museum de Londres.

A l'issue d'une opération à hauts risques pour sa conservation, cette broderie millénaire de près de 70 mètres de long avait été acheminée le 10 juillet au British Museum pour un prêt d'un an décidé en 2025 par le président français Emmanuel Macron.

Transportée à Londres sous haute surveillance et par camion depuis l'ouest de la France, la tapisserie du XIe siècle avait jusque-là été maintenue dans son double caisson spécialement conçu pour limiter les vibrations et maintenir une température et un taux d'humidité constants.

Elle en a été extraite jeudi pour être entièrement déployée, selon la responsable française. "L'extraction s'est très bien passée et mobilise plusieurs dizaines de personnes", a détaillé Mme Christophe, précisant que l'opération impliquait notamment des équipes française et britannique de conservateurs.

Un constat plus précis doit prochainement être fait par les conservateurs pour s'assurer de l'état de la tapisserie, mais Mme Christophe s'est montrée confiante. "S'il y avait eu un problème, on l'aurait constaté parce qu'on l'a vue en totalité, complètement déployée", a-t-elle affirmé.

Ce transfert historique vers Londres avait donné des sueurs froides à certains experts et défenseurs du patrimoine en France qui redoutaient la dégradation irréversible d'une œuvre déjà fragilisée par 30 déchirures non stabilisées et près de 10.000 trous.

La ministre de la Culture française Catherine Pégard est attendue vendredi au British Museum, où la tapisserie sera exposée au public, à plat, du 10 septembre 2026 au 11 juillet 2027.

A son retour en France courant 2027, cette œuvre, qui décrit la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant en 1066, regagnera son musée de Bayeux (ouest de la France) et devra faire l'objet en 2028 d'une rénovation plusieurs fois repoussée par le passé.


Un rare manuscrit du Coran exposé à La Mecque

Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA) 
Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA) 
Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA) 
Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA) 
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  • Le manuscrit figure parmi les principales attractions de l’exposition, mettant en lumière le soin accordé par les musulmans au Saint Coran à travers les siècles

LA MECQUE : Un rare manuscrit du Saint Coran attire les visiteurs de l’exposition « Iqra », organisée par la Présidence des Affaires religieuses de la Grande Mosquée et de la Mosquée du Prophète, au complexe du King Abdulaziz Endowment.

Ce manuscrit constitue l’une des principales attractions de l’exposition, illustrant l’attention et le respect portés par les musulmans au Saint Coran à travers les âges.

L’exposition présente un exemplaire rare du Saint Coran réalisé il y a plus de 1 000 ans par le célèbre calligraphe Ali bin Hilal, connu sous le nom d’Ibn Al-Bawwab. 

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Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA)

Le manuscrit est exposé aux côtés d’un index scientifique et d’une analyse de sa calligraphie et de ses enluminures, permettant aux visiteurs d’en découvrir la valeur historique et artistique, tout en retraçant l’évolution de la calligraphie arabe et de l’ornementation islamique au fil des siècles.

Le manuscrit est considéré comme l’un des plus rares manuscrits islamiques en raison de son exceptionnelle valeur scientifique, artistique et historique. Seuls deux exemplaires connus subsistent dans le monde, témoignant de la place éminente qu’occupe le Saint Coran à travers l’histoire islamique.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le Musée national Zayed présélectionné pour le prix du World Architecture Festival 2026

Conçu par Foster + Partners, sous la direction de l’architecte lauréat du prix Pritzker Norman Foster, le musée se distingue par une architecture inspirée de la fauconnerie. (Fourni)
Conçu par Foster + Partners, sous la direction de l’architecte lauréat du prix Pritzker Norman Foster, le musée se distingue par une architecture inspirée de la fauconnerie. (Fourni)
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  • Le musée retrace l’histoire des Émirats arabes unis et les valeurs de leur fondateur disparu
  • L’architecture distinctive du bâtiment s’inspire de la fauconnerie

DUBAÏ : Le Musée national Zayed des Émirats arabes unis, situé à Abou Dhabi, a été présélectionné dans la catégorie Bâtiments achevés – Culture du World Architecture Festival 2026, aux côtés de 18 autres projets venus du monde entier.

Le festival, qui récompense les réalisations architecturales les plus remarquables à l’échelle internationale, se tiendra à Fort Lauderdale, en Floride, du 18 au 20 novembre.

Les finalistes présenteront leurs projets devant un jury composé d’architectes de renommée mondiale et d’experts du secteur dans le cadre du processus d’évaluation en direct du festival. 

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Le musée retrace l’histoire des Émirats arabes unis. (Fourni)

La catégorie Bâtiments achevés – Culture récompense les lieux culturels achevés, notamment les musées, galeries, bibliothèques, théâtres, salles de concert et cinémas. Pour être éligibles, les projets doivent avoir été achevés entre le 1er janvier 2025 et le 1er juin 2026.

Situé sur l’île de Saadiyat à Abou Dhabi, au cœur du quartier culturel de Saadiyat, le musée national des Émirats arabes unis a ouvert ses portes en décembre 2025.

Il retrace l’histoire des Émirats arabes unis, depuis les premières traces de présence humaine jusqu’aux civilisations qui ont façonné leur culture et leur identité, profondément ancrées dans la vision et les valeurs du fondateur du pays, feu Sheikh Zayed bin Sultan Al-Nahyan.

Conçu par Foster + Partners, sous la direction de l’architecte lauréat du prix Pritzker Norman Foster, le musée présente une architecture singulière inspirée de la fauconnerie.

Ses cinq tours légères en acier fonctionnent comme des cheminées thermiques, aspirant l’air chaud vers le haut afin de favoriser la stratégie de ventilation naturelle du bâtiment, tandis que les surfaces vitrées permettent d’acheminer la lumière naturelle vers les galeries situées en contrebas. Chaque tour peut être ajustée individuellement afin d’optimiser les performances environnementales.

Les galeries du musée sont installées sous une butte paysagère conçue pour refléter le relief naturel des Émirats arabes unis. En son centre se trouve Al-Liwan, un vaste atrium lumineux qui sert d’espace de rassemblement pour des événements culturels, notamment des spectacles, conférences, danses traditionnelles et lectures de poésie. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com