De Beyrouth à Paris, retour sur le parcours de Léa Salamé

La journaliste française Léa Salame à l'émission politique qu'elle anime "Vous avez la parole", le 17 octobre 2019, sur le plateau de France 2, à Saint-Cloud, en périphérie de Paris. JACQUES DEMARTHON / AFP
La journaliste française Léa Salame à l'émission politique qu'elle anime "Vous avez la parole", le 17 octobre 2019, sur le plateau de France 2, à Saint-Cloud, en périphérie de Paris. JACQUES DEMARTHON / AFP
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Publié le Mercredi 20 avril 2022

De Beyrouth à Paris, retour sur le parcours de Léa Salamé

  • Fille d’un ancien ministre de la Culture libanais et d’une mère arménienne, Léa Salamé est prénommée Hala à sa naissance
  • Présentatrice, animatrice ou chroniqueuse politique, la Franco-Libanaise a porté toutes les casquettes

PARIS: Sa voix est facilement reconnaissable, son visage est partout, son style est souvent qualifié d’«incisif». Léa Salamé, 43 ans, journaliste, présentera aux côtés de Gilles Bouleau le débat présidentiel de l’entre-deux-tours qui opposera Emmanuel Macron à Marine Le Pen le soir du mercredi 20 avril.

Mais qui est Léa Salamé? Quel est son parcours et qu’est-ce qui justifie sa contribution à la modération d’un débat aussi important?

De Beyrouth à Paris, de Hala à Léa

Léa Salamé naît à Beyrouth le 27 octobre 1979. Fille de Ghassan Salamé, politologue et ancien ministre de la Culture libanais,  et de Mary Boghossian, libanaise d’origine arménienne, elle est prénommée Hala à sa naissance. Elle quitte le Liban à l’âge de 5 ans, fuyant la guerre, pour s’installer à Paris. Elle est naturalisée française cinq années plus tard.

Après une scolarité secondaire au lycée Saint-Louis-de-Gonzague, puis à l'École alsacienne, Léa Salamé décroche un diplôme en droit à l’université Panthéon-Assas, puis un autre à Sciences Po Paris en 2002.

C’est auprès de Jean-Pierre Elkabbach, sur recommandation de son père, qu’elle effectue son premier stage en journalisme dans l’émission Paroles du Monde, sur La Chaîne parlementaire. Elle intègre en 2007 France 24 pour y présenter, avec Antoine Cormery, La Soirée, mais aussi Une semaine aux Amériques.

 

Léa Salamé et les attentats du 11 septembre 2001

Dans On est en direct, l’émission qu’elle présente avec Laurent Ruquier, Léa Salamé a livré son témoignage sur la journée du 11 septembre 2001; elle a été d’ailleurs superficiellement blessée lors de ces attentats: «J’étais à trois blocs du World Trade Center», raconte-t-elle. «Vous, vous avez tous vu devant vos écrans de télévision les avions rentrer dans les tours et s’effondrer, sauf que, quand on était en bas, nous, on ne comprenait rien. On pensait qu’il y avait un incendie», explique-t-elle. «On a tous été propulsés par terre, jetés par terre, éraflés partout.» Elle a alors pensé qu’on lui tirait dessus. «Je vais courir vers mon université pendant quarante-cinq minutes», poursuit-elle. Là-bas, la journaliste de France Inter a rejoint sa colocataire qui lui a expliqué la situation et lui a annoncé que les tours étaient tombées.

Carrière professionnelle
Journaliste polyvalente, Léa Salamé est aussi à l’aise à la radio qu’à la télévision. Présentatrice, animatrice ou chroniqueuse politique, la Franco-Libanaise a porté toutes les casquettes.

Son CV parle pour elle: de 2006 à 2010, elle travaille sur la toute jeune chaîne d'information internationale française en continu France 24. Elle la quitte à la fin de l’année 2010 pour rejoindre I-Télé en janvier 2011; elle y présente Élysée 2012. À la rentrée 2012, elle anime l'émission de débat On ne va pas se mentir, et, l'année suivante, Ça se dispute, sur la même chaîne, où elle arbitre les débats entre Éric Zemmour et Nicolas Domenach.

Depuis le 25 août 2014, elle tente l'expérience radiophonique et mène l’interview de 7h50 sur France Inter dans la matinale de Patrick Cohen. Parallèlement, de 2014 à 2016, elle prend la succession de Natacha Polony dans le duo de chroniqueurs formé avec Aymeric Caron (saison 2014-2015) puis avec Yann Moix (2015-2016) dans l'émission de Laurent Ruquier On n'est pas couché, diffusée sur France 2. Cette expérience révèle véritablement Léa Salamé au grand public.

À partir du 28 septembre 2016, Léa Salamé réalise enfin son rêve: animer une émission politique. Elle présente donc L'Émission politique sur France 2, avec David Pujadas de septembre 2016 à mai 2017, puis seule à partir de septembre 2017. Lors de la rentrée 2017, Léa Salamé reprend le 7/9 avec Nicolas Demorand après la démission de Patrick Cohen.

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La journaliste et animatrice de télévision franco-libanaise Lea Salame se prépare avant l'émission "L'Emission politique" dans les studios de la chaîne de télévision française France 2 à Saint-Cloud, à l'ouest de Paris, le 27 octobre 2016.
Eric FEFERBERG / AFP

Léa Salamé et les débats présidentiels

Pour son premier débat de l’entre-deux-tours, Léa Salamé est bien préparée.
En effet, en 2017 déjà, elle anime déjà avec David Pujadas l'émission 15 minutes pour convaincre, sur France 2, qui permet à tous les candidats de l'élection présidentielle de présenter leur projet en quinze minutes face aux deux journalistes.

Enfin, la journaliste s’est rodée à l’exercice en 2021, notamment avec l'émission Élysée 2022, dans laquelle elle reçoit, en compagnie de Laurent Guimier, plusieurs candidats à la présidentielle comme Éric Zemmour, Marine Le Pen ou encore Jean-Luc Mélenchon.

Le 19 septembre 2019, L'Émission politique est remplacée par Vous avez la parole. Léa Salamé la présente aux côtés de Thomas Sotto. Enfin, en 2021, la journaliste rejoint Laurent Ruquier pour coprésenter le talk-show du samedi soir On est en direct en deuxième partie de soirée sur France 2.

Cette énumération des faits d'armes n’est pas exhaustive, tant Léa Salamé s’est investie dans de nombreux projets.
On peut citer sa participation en 2016 à l'émission culturelle Stupéfiant!, diffusée sur France 2 (devenue sur France 5, à partir de septembre 2019, Le Doc stupéfiant). En 2019, France Inter lance une émission intitulée Femmes puissantes, qui propose des entretiens d'une heure, menés par Léa Salamé, avec des femmes de renom.

Léa Salamé est titulaire de deux prix, celui de la «Femme de l'année 2014 » décerné par le magazine GQ et celui de la «Meilleure intervieweuse de l'année 2015» (prix Philippe-Caloni).

Faits marquants et polémiques
Figure incontournable du paysage médiatique public en France, Léa Salamé est reconnue pour son sérieux, son professionnalisme et son assurance. La journaliste de 43 ans a eu face à elle de grandes personnalités de la scène politique françaises, que ce soient des présidents, des candidats à la présidentielle, des députés, entre autres; elle n’a jamais perdu son panache ni son ton provocateur.

Comme toute personnalité médiatique, elle a dû également faire face à un certain nombre de critiques. Ainsi, en 2016, alors qu'elle interviewe avec David Pujadas François Hollande dans l'émission Dialogues citoyens, sur France 2, la journaliste crée la polémique en rétorquant au président de l’époque, qui s’exprimait sur les réfugiés: «C'est une plaisanterie?»

lea salame
Le président français François Hollande dans un studio de France 2, au Musée de l'homme, alors qu'il se prépare à faire face à 90 minutes d'interview menée par David Pujadas et Lea Salame, et quatre électeurs français lors d'une émission intitulée "Dialogues citoyens" - "Dialogue citoyen" le 14 avril 2016, à Paris.

Le 8 janvier 2020, Léa Salamé est envoyée à Beyrouth par France Inter pour interviewer Carlos Ghosn, qui vient de quitter clandestinement le Japon. Cette interview est rapidement critiquée sur les réseaux sociaux et sur certains médias. On reproche à Léa Salamé «une mise en scène de connivence et de complaisance de la part d'une journaliste du service public envers un multimillionnaire qui a fui la justice».

En octobre 2021, dans l’émission On est en direct, le Conseil de déontologie journalistique et de médiation (CDJM) l'a rappelée à l'ordre pour «son ton jugé irrespectueux et agressif» tout en rappelant que «les journalistes sont libres du ton et du style qu'ils adoptent, choix qui relève de l'éditorial, même si on peut déplorer qu'il varie en fonction des interlocuteurs». En revanche, il a suivi les saisines qui reprochent à la journaliste d'avoir manqué aux règles de déontologie en affirmant avec insistance «sans la moindre preuve» ni vérification des faits qu'il y a «des quartiers où les islamistes ont pris le pouvoir aujourd'hui en France».

«Une main de fer dans un gant de velours» est une expression qui définit bien Léa Salamé. Si certains admirent son caractère et sa manière de mener les débats, d'autres sont plus mesurés et déplorent son agressivité. Ce qui est certain, c’est que le rôle qui lui est confié ce mercredi 20 avril pour mener le débat de l’entre-deux-tours de la présidentielle 2022 n’est pas donné à tout le monde. Encore une fois, ce n’est pas un hasard.


La France vers un nouvel épisode de fortes chaleurs après une canicule exceptionnelle

Un homme passe devant une fenêtre recouverte d'une couverture de survie durant la canicule, à Nantes (ouest de la France), le 23 juin 2026. Face à la chaleur record, les habitants improvisent des solutions pour se rafraîchir. (AFP)
Un homme passe devant une fenêtre recouverte d'une couverture de survie durant la canicule, à Nantes (ouest de la France), le 23 juin 2026. Face à la chaleur record, les habitants improvisent des solutions pour se rafraîchir. (AFP)
  • Un 3ᵉ épisode de canicule est attendu en France dès ce week-end, avec des températures dépassant 35°C
  • Les autorités craignent un impact accru sur la santé, les hôpitaux et les infrastructures

PARIS: Les températures ont à peine commencé à descendre en France que déjà Météo-France annonce à partir de ce weekend un troisième épisode de fortes chaleurs en à peine plus d'un mois, risquant d'éprouver davantage des organismes et des infrastructures déjà mises à mal.

La France va connaître "sans doute un nouvel épisode caniculaire à partir de ce weekend", a indiqué mardi à l'AFP le prévisionniste de Météo-France Patrick Galois, sans toutefois pouvoir en estimer pour le moment la durée ou l'intensité.

"A partir de vendredi et du weekend prochain, on s'attend à nouveau à des températures plus élevées (...), sans doute au-dessus de 35°C", avec des "conditions anticycloniques depuis le sud du pays", a-t-il dit. "Toutes les régions ne seront pas forcément concernées", a-t-il précisé.

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, avait évoqué lundi "la perspective d'une reprise d'un épisode caniculaire", demandant à ses ministres des "décisions dans les jours qui viennent". Mardi, il a jugé "scandaleux" et "faux" le bilan de "10.000 morts" de la canicule la semaine dernière avancé par les Ecologistes, et s'est défendu de toute "inaction" face au changement climatique.

Santé publique France recense un millier de décès de plus que la normale depuis le 24 juin, et 300 "en excès" du 24 au 28 mai, date du premier pic de chaleur précoce subi par le pays. Un premier bilan sans doute appelé à s'alourdir.

- "Pas d'épisode pluvieux" -

La France traverse depuis le 17 juin une vague de chaleur historique, qui n'est toujours pas terminée, les températures ayant largement régressé mais restant au-dessus des normales saisonnières.

Quatre départements du Sud-Est restent en vigilance orange canicule jusqu'à mercredi.

Mardi, il a encore fait 39°C à Uzès, 38,8°C à Nîmes, 35,7°C à Marseille et 33,2°C à Lyon.

La nuit prochaine et la journée de mercredi devraient rester chaudes, jusqu'à 35°C sur les littoraux, et 38°C dans l'intérieur de la Provence, avant une "baisse assez sensible" des température maximales jeudi, selon Météo-France.

"Phénomène aggravant", pendant cette "transition moins chaude entre les deux" épisodes caniculaires, on n'observe pas d'"épisode pluvieux soutenu qui apporte un peu d'eau", souligne Patrick Galois.

Côté sanitaire, le gouvernement s'inquiète d'un nombre élevé de décès à domicile.

Les canicules provoquent "entre 1.000 et 7.000 morts par an", "et l'on peut supposer que cet été, on sera plus proche de 7.000 que du millier", a estimé auprès de l'AFP l'épidémiologiste Basile Chaix, directeur de recherche à l'Inserm.

Mardi, les passages aux urgences de l’AP-HP (hôpitaux publics parisiens) ont, après une baisse dimanche et lundi, rebondi de 13% pour atteindre 2.900 passages, un niveau très élevé.

Lundi soir, le directeur général de l'AP-HP, Nicolas Revel, a exprimé sur France 2 sa "préoccupation" devant cette perspective d'une remontée des températures et son effet sur les soignants. "Comme les Français, ils sont très fatigués", a-t-il indiqué.

"Je suis effaré qu'on ne retienne pas les leçons des crises", s'est insurgé mardi auprès de l'AFP Patrice Ramillon, secrétaire du CSE (Force ouvrière) de l’hôpital de Lens (Pas-de-Calais).

Dans certains locaux réservés au personnel, il a fait "jusqu'à 41°C" et "jusqu'à 35°C dans les chambres" des patients. Pour la prochaine canicule, la direction va "commander des climatiseurs mobiles notamment". Pour l'heure, l’hôpital n'en dispose que de 24.

- Equipements "pas adaptés" -

Coté infrastructures et entreprises aussi, la perspective de nouvelles chaleurs caniculaires inquiète.

Mardi soir, 8.000 clients sont toujours privés d'électricité principalement dans le Nord et à Paris.

"Ma mère, elle a 80 ans (...) elle est coupée du monde", elle vit dans un appartement au 10e étage d'un immeuble dans le XIXe arrondissement de Paris, sans ascenseur "ni eau ni électricité", relate Djamila, retraitée. "Ça me rappelle le Covid", se lamente-t-elle.

Le restaurant Le Beau Lieu à Bordeaux a, lui, subi plus de 4.000 euros de pertes à cause de l'arrêt des réfrigérateurs et chambres froides, de vendredi après-midi à dimanche soir.

Pour la prochaine canicule, "il faut étudier des solutions pour les équipements, pour l'instant, ça n'est pas adapté", souligne Stéphane Maire, conseiller d'exploitation de ce restaurant.

En Europe, si la chaleur reflue un peu, la ville de Split (Croatie) a tout de même enregistré mardi un record de température avec 39,5°C, de même que la Slovaquie avec 41,3°C à Kamenica nad Hronom.

Ailleurs dans le monde, les Etats-Unis devraient être frappés cette semaine par une intense vague de chaleur qui pourrait affecter le Mondial de football tout comme les célébrations du 250e anniversaire du pays, le 4 juillet.


Lecornu s'écharpe sur la canicule avec les Ecologistes, qui appellent à la censure

Le Premier ministre et les Ecologistes ont bataillé mardi à l'Assemblée nationale sur les décès dus à la canicule et la politique d'adaptation du gouvernement face au changement climatique, les députés verts annonçant le dépôt d'une motion de censure. (AFP)
Le Premier ministre et les Ecologistes ont bataillé mardi à l'Assemblée nationale sur les décès dus à la canicule et la politique d'adaptation du gouvernement face au changement climatique, les députés verts annonçant le dépôt d'une motion de censure. (AFP)
  • "C'est la première fois que je sors de mes gonds", a lancé le Premier ministre lors de la séance des questions au gouvernement
  • "D'où sortez-vous ce bilan de 10.000 morts sur lequel vous et les vôtres (...) sont allés sur les plateaux de télévision depuis maintenant plus de trois jours, en établissant un bilan humain qui est faux ? C'est scandaleux, c'est indigne"

PARIS: Le Premier ministre et les Ecologistes ont bataillé mardi à l'Assemblée nationale sur les décès dus à la canicule et la politique d'adaptation du gouvernement face au changement climatique, les députés verts annonçant le dépôt d'une motion de censure.

Dans un vif échange avec la cheffe de file des députés écologistes Cyrielle Chatelain, Sébastien Lecornu a jugé "scandaleux" et "faux" le chiffre de "10.000 morts" de la canicule la semaine dernière, avancé selon lui par les Ecologistes.

Ceux-ci ont démenti avoir donné ce bilan, affirmant seulement craindre une telle hécatombe.

"C'est la première fois que je sors de mes gonds", a lancé le Premier ministre lors de la séance des questions au gouvernement. "D'où sortez-vous ce bilan de 10.000 morts sur lequel vous et les vôtres (...) sont allés sur les plateaux de télévision depuis maintenant plus de trois jours, en établissant un bilan humain qui est faux ? C'est scandaleux, c'est indigne".

La canicule risque de faire "10.000 morts", avait déclaré un peu plus tôt la députée écologiste Sandrine Rousseau. Quant au chef de file des sénateurs écologistes Guillaume Gontard, il a appelé le gouvernement à ne "pas attendre 10.000 morts pour agir", a-t-il dit à l'AFP.

De son côté, le directeur général de l'AP-HP, Nicolas Revel estime que le bilan de 2003 (15.000 décès) ne sera pas atteint, car "on a progressé sur plein de choses", mais qu'il sera "probablement supérieur à 2025", à savoir 5.700 morts liées à la chaleur.

Sébastien Lecornu a estimé en outre que la commission d'enquête réclamée par les députés écologistes sur la "politique d'adaptation" du gouvernement allait leur revenir "en boomerang": "On en arrivera à la conclusion qu'il n'y a pas d'inaction, mais qu'il y a un besoin évident d'accélération".

Cette commission permettra aussi "de regarder l'action dans les mairies", y compris écologistes, "dans lesquelles on ne peut pas dire que le bilan soit à ce point édifiant", a-t-il grondé.

Motion de censure 

"Il y aura une commission d'enquête et il y aura une censure. Vous n'êtes pas à votre place", lui a rétorqué Mme Chatelain, en annonçant peu après dans les couloirs de l'Assemblée que son groupe allait déposer ce mardi une motion de censure contre le gouvernement, pour dénoncer "son impréparation à la fois de la canicule qu'on a connue, mais surtout de la canicule qui arrive".

"Sous votre gouvernement, la canicule s'est transformée en violence politique", avait fustigé dans sa question la députée écologiste, en lui demandant de "cesser de nier (sa) responsabilité dans ce qui arrive aujourd'hui".

La motion de censure sera signée avec des Insoumis selon une source au groupe LFI, les Ecologistes ne disposant pas des 58 députés nécessaires pour déposer un 49.2.

Le chef du gouvernement a défendu une nouvelle fois l'action de l'État qui "tient face à chaque crise" et celle de "tous les gouvernements" qui "ont chacun à leur mesure fait quelque chose contre le réchauffement climatique". "Le nier, c'est abîmer le consensus républicain", a-t-il jugé.

A cet égard, "faire du Fonds vert le référendum de l'inaction du gouvernement, alors que nous l'avons créé, a quelque chose d'absolument absurde sur le terrain politique", a-t-il fustigé.

De nombreuses voix ont critiqué la forte baisse des crédits du Fonds vert ces dernières années, passés de 2,5 milliards d'euros en 2024 à 837,5 millions en 2026, qui sont destinés à financer les projets des collectivités territoriales pour l'adaptation au changement climatique.


L’ambassadeur Al Ruwaily, en fin de mission à Paris : les relations franco-saoudiennes continueront de se renforcer

Alruwaily et son épouse Fatima Alruwaily avec l’ancien ministre des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et la secrétaire générale d'AFALULA, Laura Kwiatowski. (Photo fournie)
Alruwaily et son épouse Fatima Alruwaily avec l’ancien ministre des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et la secrétaire générale d'AFALULA, Laura Kwiatowski. (Photo fournie)
  • Au fil de son intervention, l’ambassadeur a insisté sur la qualité exceptionnelle du partenariat franco-saoudien, qu’il considère comme l’un des plus solides jamais établis entre les deux pays
  • Les visites croisées du prince héritier à Paris et du président Emmanuel Macron à Riyad ont donné une nouvelle impulsion à cette relation, avec la signature d’accords structurants, dont le Conseil de partenariat stratégique franco-saoudien

PARIS: C’est avec une émotion sincère que l’ambassadeur d’Arabie saoudite en France, Fahd Al Ruwaily, a fait ses adieux à Paris, au terme de plus de cinq années et demie d’une mission qui aura profondément marqué les relations entre les deux pays.

Entouré de responsables français, de diplomates, d’amis et de partenaires de longue date, il a choisi de placer cette soirée sous le signe de la gratitude, de l’amitié et de l’espoir.

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L’ambassadeur Alruwaily avec le sénateur Olivier Cadic ( à droite) et le directeur Moyen-Orient et Afrique du Nord au Quai d’orsay Romaric Roignan. (Photo fournie)

Dès les premiers mots de son intervention, il a tenu à remercier chaleureusement les nombreux invités venus partager ce moment malgré la chaleur caniculaire. « Votre présence me touche profondément », a-t-il confié avec simplicité, donnant à cette réception un ton chaleureux teinté de nostalgie.

Revenant sur son arrivée en France à la fin de l’année 2020, il a évoqué les circonstances exceptionnelles de sa prise de fonctions, en pleine pandémie de Covid-19.

Paris, alors silencieuse et confinée, n’avait pas encore retrouvé le rayonnement qui fait sa réputation. C’est dans cette résidence, où s’est tenue la réception, qu’il avait présenté, le 30 décembre 2020, la copie de ses lettres de créance, marquant ainsi le début d’une mission diplomatique qui allait rapidement prendre une dimension particulière.

« Il est toujours difficile de quitter Paris », a-t-il reconnu. Étudiant, puis jeune diplomate, quelques jours passés dans la capitale française suffisaient déjà à lui laisser des souvenirs impérissables.

Après plus de cinq années passées en France, les émotions sont naturellement bien plus fortes.

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Le couple Alruwaily avec l’ancien ministre des affaires étrangères Philippe Douste-Blazy et son épouse. (Photo fournie)

Cette période aura coïncidé avec une phase historique pour le Royaume d’Arabie saoudite. Al Ruwaily a rappelé que sa mission s’est inscrite dans la dynamique de la Vision 2030, vaste programme de réformes lancé par le prince héritier Mohammed ben Salmane.

Dix ans après son lancement, ce projet a profondément transformé le Royaume dans les domaines économique, culturel, éducatif, touristique et social, ouvrant de nombreuses perspectives de coopération avec la France.

Au fil de son intervention, l’ambassadeur a insisté sur la qualité exceptionnelle du partenariat franco-saoudien, qu’il considère comme l’un des plus solides jamais établis entre les deux pays.

Les visites croisées du prince héritier à Paris et du président Emmanuel Macron à Riyad ont donné une nouvelle impulsion à cette relation, avec la signature d’accords structurants, dont le Conseil de partenariat stratégique franco-saoudien et sa feuille de route.

À ses yeux, cette coopération dépasse largement le cadre diplomatique. Elle se nourrit de convergences sur les grands dossiers régionaux et internationaux, mais également d’échanges humains, économiques, culturels, scientifiques et sécuritaires de plus en plus nombreux.

Le seul mois de juin en a offert une illustration éloquente, a souligné Al Ruwaily. Plusieurs hauts responsables saoudiens ont effectué des visites en France, tandis que d’importantes délégations françaises se rendaient au Royaume.

La réunion annuelle du Conseil d’affaires franco-saoudien, le Forum Vision Golfe ou encore la participation remarquée du Royaume au salon Eurosatory témoignent d’une relation particulièrement dynamique.

Au-delà du bilan diplomatique, le discours a surtout laissé transparaître une profonde reconnaissance envers celles et ceux qui ont accompagné cette mission.

L’ambassadeur a réservé ses premiers remerciements à son épouse, Fatimah, et à leurs enfants, saluant leur patience et leur soutien tout au long de ces années exigeantes.

Il a également rendu hommage aux équipes de l’ambassade, dont l’engagement et l’esprit de famille ont constitué, selon lui, l’une des clés des succès obtenus.

Il a ensuite exprimé sa gratitude envers les autorités françaises, les parlementaires, les responsables du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, les conseillers de l’Élysée ainsi que les organisations internationales installées à Paris, avec lesquelles le Royaume entretient une coopération étroite.

Au moment de conclure, l’émotion était palpable. En quittant Paris, a-t-il confié, sa famille et lui emportent bien davantage que des souvenirs professionnels. Ils repartent avec des amitiés sincères, des expériences humaines précieuses et la conviction que les liens entre la France et l’Arabie saoudite continueront de se renforcer au service du dialogue, de la coopération et de la paix.

Selon plusieurs médias français, l’ancien ambassadeur d’Arabie saoudite en Syrie devrait succéder à Fahd Al Ruwaily à Paris.