Comment a crise de l'eau menace l'Irak et son développement

L'ONU a classé l'Irak au cinquième rang mondial en termes de vulnérabilité au changement climatique. Des études gouvernementales révèlent qu'il s'agit d'environ 40% de désert et que la salinité d'une grande partie des terres est trop élevée pour l'agriculture. (Photo, AFP)
L'ONU a classé l'Irak au cinquième rang mondial en termes de vulnérabilité au changement climatique. Des études gouvernementales révèlent qu'il s'agit d'environ 40% de désert et que la salinité d'une grande partie des terres est trop élevée pour l'agriculture. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 13 avril 2022

Comment a crise de l'eau menace l'Irak et son développement

  • Les niveaux d'eau des deux plus grandes rivières, le Tigre et l'Euphrate, ont chuté pour enregistrer de faibles niveaux à cause d'une diminution de leurs volumes
  • Les pays voisins ont aggravé le problème en construisant des barrages sur les sources du Tigre et de l'Euphrate

DUBAÏ: Partout en Irak, les sources d'eau qui ont été tenues pour acquises et sur lesquelles on s'est appuyé pendant des siècles de difficultés, de chaos et de sécheresse, sont maintenant menacées. Il en va de même pour les moyens de subsistance de nombreuses personnes dans le pays qui se trouvent confrontées à des défis sans précédent afin d’avoir accès à l'une des ressources essentielles de la vie, l’eau.
Une série combinée de conflits, de corruption, de mauvaise gestion et de différends politiques régionaux a laissé le peuple irakien confronté à des pénuries d'eau chroniques qui ont de graves conséquences sur l'agriculture, l'économie et la santé de ses citoyens, à tel point que la viabilité de nombreuses communautés est maintenant soulevée.
Au cours des cinq dernières années, les habitants de Bagdad se sont habitués à la vue d'îles de terre saillant le long du Tigre, là où seules ses eaux puissantes étaient visibles. C'est un phénomène associé aux rivières dans lesquelles les niveaux d'eau ont chuté à des niveaux record à cause de la diminution de leurs volumes.
Un certain nombre d'îles stériles parsèment désormais la surface de l'une des voies navigables les plus légendaires du monde alors qu'elle serpente doucement à travers la capitale irakienne, une ombre du torrent rapide et vert qui a soutenu l'ancienne terre à travers les âges.
Salam, qui a préféré de ne donner que son prénom, est un chauffeur de taxi qui a vécu à Bagdad toute sa vie. Dans les années passées, il a observé le Tigre gronder à travers la ville, mais il a affirmé que son débit avait diminué au fil des ans et qu'il pouvait maintenant voir le lit étroit du fleuve.
Il a déclaré à Arab News aller «mieux que la plupart des autres habitants de l'Irak». «Mes factures d'eau sont encore assez abordables, mais je dois acheter beaucoup d'eau potable pour cuisiner car je ne peux pas utiliser l'eau du robinet, qui est maintenant trop contaminée».
Il a des amis et des parents à Diyala, dans le centre-est de l'Irak, et pour eux, c'est une autre histoire. Salam a également expliqué «Mes amis agriculteurs éprouvent actuellement des difficultés financières, alors je leur prête souvent de l'argent pour s'en sortir. Que Dieu les aide».

Les moyens de subsistance de millions de personnes sont désormais en péril car la diminution du volume des rivières aggrave les effets des faibles précipitations et des vagues de chaleur en Irak. (Photo, AFP)


Dans le sud de l'Irak, où les fleuves du Tigre et de l'Euphrate se rejoignent pour se déverser dans les fabuleux marais mésopotamiens, les buffles boivent dans des mares stagnantes d'eau polluée et les agriculteurs pagayent dans des canoës traditionnels à travers ce qui était autrefois de l'eau potable pure mais qui ressemble maintenant à des boues industrielles.
L'approvisionnement en eau douce des deux fleuves autrefois puissants a été réduit à leurs sources par des barrages construits en Turquie, qui ont bloqué une grande partie du flux de l'Euphrate et du Tigre vers la Syrie et l'Irak.
Les deux fleuves fournissent 98% des eaux de surface de l'Irak. D'autres sources d'eau ont été endiguées en Iran, ce qui signifie que les volumes d'eau autrefois fiables qui ont aidé a éviter la famine et les maladies, même pendant des années de sécheresse extrême, sont désormais loin d'être assurés.
En 2018, l'ONU a classé l'Irak au cinquième rang mondial en termes de vulnérabilité des nations au changement climatique. Les répercussions ont été claires au cours des 15 dernières années, avec des précipitations plus faibles et des vagues de chaleur plus longues et plus chaudes qui deviennent plus fréquentes.
Des études menées par le gouvernement irakien révèlent que le pays est désormais composé d'environ 40 % de désert et que la salinité d'une grande partie des terres est trop élevée pour l'agriculture.
Ces dernières années, dans le sud de l'Irak, l'eau recouvre à peine 30 % de ce qui était autrefois des marécages, mais elle est à présent remplacée par de la terre sèche et craquelée, quelque chose auquel les habitants n'étaient pas habitués.
Les effets du changement climatique sont concrets : la saison hivernale 2020-21 a été l'une des plus sèches jamais enregistrées en Irak, marquée par une réduction du débit d'eau de 29 % dans le Tigre et de 73 % dans l'Euphrate. La chute de pluie a été de plus en plus intermittente au cours des 20 dernières années.

 

En Bref

* La population irakienne de 40 millions d'habitants devra doubler d'ici 2050.
* Le Tigre et l'Euphrate fournissent 98 % des eaux de surface de l'Irak.
* La chute de pluie devra chuter de 25 % d'ici 2050.
* Plus de la moitié des terres cultivables sont menacées de salinisation.

 

Pour l'instant, la politique régionale concernant l'eau demeure un problème plus pressant. Trouver des moyens de sommer Ankara et Téhéran à permettre aux fleuves irakiens de couler plus librement est un défi qui préoccupe les responsables irakiens.
Fin 2021, Mehdi Rachid Al-Hamdani, ministre irakien des ressources en eau, a annoncé qu'il prévoyait de porter plainte contre l'Iran pour avoir coupé l'approvisionnement en eau à la frontière et provoqué une catastrophe dans la province de Diyala. Les autorités irakiennes ont souligné que leur pays n'avait reçu qu'un dixième du quota déjà convenu. Pendant ce temps-là, la quantité d'eau provenant de la Turquie a diminué de près des deux tiers ces dernières années.
Un rapport intitulé «La crise de la sécheresse en Irak», publié par le Conseil norvégien pour les réfugiés l'année dernière, a révélé que de nombreux agriculteurs se sont endettés afin de garder leur bétail en vie. Il a également reconnu qu'une famille sur deux dans les zones touchées par la sécheresse avait besoin d'une aide alimentaire. Au moins sept millions d'Irakiens sont touchés par la sécheresse en cours.
Selon Caroline Zullo, conseillère en plaidoyer pour l'Irak au Conseil norvégien pour les réfugiés, les agriculteurs ont besoin de toute urgence de semences résistantes à la sécheresse et d'aliments supplémentaires pour leurs bovins, chèvres et moutons afin d'éviter de nouvelles pertes de bétail.
«A long terme, les installations d'irrigation pour les agriculteurs doivent être construites ou restaurées, en même temps que l'amélioration des plans de gestion des ressources en eau aux niveaux local et national», a-t-elle poursuivi pour Arab News.
Les répercussions de la sécheresse dans les gouvernorats ont été importants, notamment des pertes de récoltes et de bétail, des obstacles plus importants à obtenir la nourriture, une baisse des revenus et le déplacement des familles vulnérables en raison de la sécheresse.

Un tracteur laboure une parcelle de terre agricole à la périphérie de la ville de Tel Keppe (Tel Kaif) au nord de la ville de Mossoul dans la province de Ninive, au nord de l'Irak (Photo, AFP).


L’impact du manque d'eau sur les enfants, même dans les zones urbaines bâties, a longtemps été une cause d'inquiétude. Un rapport de l'UNICEF de 2021 intitulé “ Running Dry ” (La région s’assèche) a indiqué que près de trois enfants sur cinq en Irak n'ont pas accès à de l’eau gérée en toute sécurité. De nombreux ménages ont été contraints de creuser des puits afin d’obtenir de l'eau qui n'est du tout pas potable et, dans certains cas, insalubre même pour les nécessités telles que le lavage et la lessive.
Selon de nombreuses études, la qualité de l'eau dans la ville méridionale de Bassorah est parmi les pires du pays. Un rapport publié par Human Rights Watch en 2018, intitulé «Bassora a soif », indiquait qu'au moins 118 000 personnes avaient été hospitalisées ces derniers mois souffrant de symptômes en relation avec des problèmes d'hygiène publique et de qualité de l'eau. À l'époque, la direction de la santé publique de Bassora conseillait vivement les gens à faire bouillir l'eau avant de la boire.
Les effets du manque d'eau sur la démographie en Irak sont mis en évidence par les milliers de personnes qui fuient les zones urbaines vers la périphérie des grandes villes, qui à leur tour ont du mal à répondre aux besoins de leurs nouveaux arrivants.
Dans le nord kurde du pays, les fortes chutes de neige dans les montagnes en janvier ont accordé du répit aux habitants jusqu'à présent cette année. Lorsque le printemps arrive, le dégel aidera à remplir les réservoirs et à prévenir la pénurie d'eau avant le début d'un autre été féroce, où les températures dans la province d'Anbar et au plus profond du pays s'établissent généralement dans les 40 degrés Celsius entre le mois de mai et la mi-septembre.
Le gouvernement central irakien demeure faible et ne fait donc pas le poids face à de puissants voisins à la table des négociations. Cinq mois après des élections nationales, le pays est encore loin de choisir un nouveau président et un premier ministre ou même de former un gouvernement. Lorsque l'impasse politique se termine, un gouvernement faible et indiscipliné aura toujours besoin d'un soutien international pour faire face à un défi de taille tel que la sécurité de l'eau.
Rahman Khani, chef du département des ressources en eau et des barrages du gouvernement régional kurde au ministère de l'Agriculture, a indiqué que des méthodes dépassées entravent les systèmes de gestion de l'eau du pays.
«Nous souffrons aussi de la pollution et des méthodes d'irrigation traditionnelles» a-t-il précisé à Arab News. «La solution consiste à faire des reformes quant à la gestion interne de l'eau, en construisant des barrages et en adoptant des technologies d'irrigation modernes, en plus de faire pression sur les pays voisins pour qu'ils libèrent de bonnes quantités d'eau partagée».
En ce qui concerne l'avenir, les experts constatent qu’il faut faire davantage d'efforts afin d’aider les personnes les plus vulnérables d'Irak.
Alors que l'hiver cède la place à un temps plus chaud, il est fort probable que les Irakiens auront plus faim et plus soif cet été que jamais auparavant.


Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


« Les calculs à court terme de Netanyahou pourraient déclencher une “guerre régionale qui n’épargnera personne” », met en garde l’envoyé syrien

« Les calculs politiques à court terme de Netanyahou pourraient déclencher une “guerre régionale qui n’épargnera personne” », met en garde l’envoyé syrien. (Photo ONU)
« Les calculs politiques à court terme de Netanyahou pourraient déclencher une “guerre régionale qui n’épargnera personne” », met en garde l’envoyé syrien. (Photo ONU)
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  • Ibrahim Olabi déclare au Conseil de sécurité de l’ONU qu’Israël a frappé la base aérienne d’Abu Al-Duhur à huit reprises et que les incursions et les « actes d’agression » se poursuivent, notamment les enlèvements, les bombardements et d’autres violations
  • La Syrie se trouve « à un moment charnière » alors que des millions de personnes déplacées rentrent enfin chez elles, a déclaré le coordinateur adjoint des secours d’urgence de l’ONU, mais « ce retour ne signifie pas la fin des besoins humanitaires », a-t

NEW YORK : Les frappes militaires et les incursions israéliennes poussent la région vers la catastrophe, a déclaré jeudi au Conseil de sécurité de l’ONU le représentant permanent de la Syrie auprès de l’ONU, Ibrahim Olabi. 

« La région tout entière se trouve au seuil d’une guerre régionale qui n’épargnerait personne », a-t-il déclaré, en raison des « calculs électoraux étroits du Premier ministre israélien ». 

Ses remarques interviennent alors que de hauts responsables de l’ONU ont informé le Conseil de la situation humanitaire en Syrie et de l’avancement de la transition politique post-Assad. 

Israël a mené huit frappes aériennes contre la base aérienne d’Abu Al-Duhur, a poursuivi ses incursions sur le territoire syrien et a persisté dans des « actes d’agression, notamment des enlèvements, des bombardements et des violations » qui « ne cessent pas », a déclaré M. Olabi. 

Il a critiqué « l’attitude irresponsable » du ministre israélien de la Défense, Israel Katz, qui s’est rendu cette semaine auprès des troupes israéliennes du côté syrien du mont Hermon et a déclaré qu’elles y resteraient indéfiniment, qualifiant cela de « défi flagrant à la légitimité internationale et aux résolutions de ce Conseil ». 

Il a indiqué que la Syrie s’engageait sérieusement dans les efforts diplomatiques menés sous l’égide des États-Unis visant à désamorcer l’escalade, mais a averti que « tous les efforts internationaux et régionaux déployés depuis des mois pour assurer la sécurité et la stabilité dans la région risquent désormais d’être réduits à néant par les illusions qui n’existent que dans l’imagination d’un gouvernement imprudent et extrémiste ». 

Les attaques israéliennes « ne nous feront pas changer de cap », a ajouté M. Olabi, ni « le choix de la Syrie en faveur de la stabilité », qui, selon lui, ne peut être réalisé que si Israël met fin à ses attaques, cesse ses incursions, se conforme pleinement à l’accord de désengagement de 1974 et se retire des territoires qu’il occupe depuis le 8 décembre 2024. 

Abordant la question du Golan occupé, M. Olabi a cité la résolution 497 du Conseil de sécurité, adoptée en 1981, et en a rappelé la conclusion selon laquelle la « décision d’Israël d’imposer ses lois, sa juridiction et son administration dans le Golan syrien occupé » était « nulle et non avenue, et sans effet juridique international ». 

Il a noté qu’une résolution de l’Assemblée générale adoptée ce mois-ci, réaffirmant ce principe, avait recueilli le soutien de 123 États, contre 97 auparavant. 

M. Olabi a exposé sa vision de ce qu’il a qualifié de tournant pour la Syrie. Il a notamment mis en avant trois événements marquants survenus ce mois-ci. Premièrement, la visite du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, à Damas, qui, selon lui, a mis fin à « une ère de tensions entre les Nations unies et la Syrie » au profit d’« une nouvelle phase […] placée sous le signe du partenariat ». 

Deuxièmement, la visite du Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, qui a marqué ce qu’il a qualifié de fin de « l’ère des déplacements et des réfugiés » et le début d’une ère de « retour », plus de 3 millions de Syriens étant déjà rentrés chez eux. 

Et troisièmement, la visite de Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, qui, selon lui, a ouvert «une nouvelle phase de coopération plus large» après «l’ère de l’ambiguïté». 

M. Olabi s’est également félicité de la décision prise cette semaine par les États-Unis de retirer la Syrie de leur liste des États soutenant le terrorisme après 47 ans, et a remercié le président Donald Trump. 

Il a évoqué le réchauffement des relations avec la Russie, la Chine et le Pakistan, et a souligné que l’intégration et la dissolution complètes des Forces démocratiques syriennes au sein de l’Armée arabe syrienne constituaient la preuve d’« un véritable processus d’intégration nationale […] fondé sur l’égalité entre les citoyens et non sur des quotas sectaires ». 

Il a cité une série de signes de reprise économique en Syrie : la reprise des vols internationaux vers l’Allemagne ; de nouveaux systèmes de paiement électronique ; les préparatifs en vue de sortir de la « liste grise » du Groupe d’action financière (GAFI), qui recense les pays présentant des faiblesses reconnues dans leurs efforts de lutte contre le blanchiment d’argent et d’autres crimes financiers ; et la réouverture du salon commercial de la Foire internationale de Damas. 

Pour les Syriens, « le rétablissement d’un vol direct ou l’ouverture d’un compte bancaire… ce ne sont pas des détails mineurs ; ce sont au contraire des signes du retour à la vie elle-même », a déclaré M. Olabi. 

Il a également noté que les tribunaux avaient rendu des jugements à l’encontre de l’ancien président syrien, Bachar al-Assad, de son frère Maher et d’autres membres de l’ancien régime pour des crimes commis contre des citoyens syriens, et a remercié le Liban d’avoir extradé un ancien officier recherché. 

Moment charnière

Lors d’un point d’information au Conseil sur la situation humanitaire en Syrie, Indrika Ratwatte, secrétaire général adjoint par intérim et coordinateur adjoint des secours d’urgence, a déclaré que le pays se trouvait « à un moment charnière », avec près de 2 millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays et plus de 1,7 million de réfugiés ayant regagné leur foyer depuis la chute du régime d’Assad en décembre 2024. 

Il a toutefois averti que « le retour ne signifie pas la fin des besoins humanitaires », soulignant que plus de 5,5 millions de personnes restent déplacées à l’intérieur du pays, dont 833 000 vivent dans plus de 1 200 camps. 

Il a indiqué que les engins explosifs avaient fait plus de 2 400 victimes, dont 865 morts, depuis décembre 2024, et que l’appel humanitaire international en faveur de la Syrie n’était financé qu’à hauteur de 30 %. 

« C’est précisément le moment où les investissements peuvent transformer des progrès fragiles en une reprise durable », a déclaré M. Ratwatte, appelant à un financement soutenu, à un soutien aux rapatriés et à des efforts pour « empêcher la Syrie d’être entraînée dans un conflit régional ». 

S’exprimant depuis Damas, le représentant spécial adjoint pour la Syrie, Claudio Cordone, s’est félicité de la décision américaine de lever la désignation de la Syrie comme «État soutenant le terrorisme », et a cité une projection du Fonds monétaire international prévoyant «une croissance à deux chiffres en 2026» pour le pays. 

Il a toutefois averti que « la pauvreté généralisée et la recrudescence de l’inflation signifient que les conditions restent très difficiles pour la plupart des Syriens ». 

M. Cordone a également fait part de ses inquiétudes concernant la poursuite des opérations militaires israéliennes dans le sud de la Syrie, « notamment les incursions terrestres répétées, les perquisitions domiciliaires et la destruction de biens privés et agricoles », et a déclaré que la présence d’Israël à l’est de la ligne de cessez-le-feu « violait la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Syrie ». 

Il a condamné la frappe israélienne du 18 août contre la base aérienne d’Abu Al-Duhur, dans le gouvernorat d’Idlib, et s’est félicité des « récents contacts directs entre Israël et la Syrie et des pourparlers en Jordanie », ainsi que des efforts de médiation américains. Il a également soulevé un certain nombre de préoccupations d’ordre national, notamment des informations faisant état de décès en détention et de disparitions, et a exhorté les autorités syriennes à instaurer « un moratoire sur toutes les exécutions ».


Syrie: le président Chareh fait du chef kurde Mazloum Abdi l'un de ses conseillers

Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas. (AFP)
Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas. (AFP)
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  • M. Abdi, connu sous plusieurs noms, a été pendant des années le chef des FDS, un groupe dirigé par les Kurdes et soutenu par Washington, qui avaient été le fer de lance de la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI)
  • Mardi, il a annoncé la dissolution des FDS, dans le cadre d'un accord conclu en janvier avec Ahmed al-Chareh visant à intégrer complètement les institutions kurdes dans l'appareil d'Etat

DAMAS: Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas.

"Moustafa Khalil Abdi est nommé conseiller auprès de la présidence de la République", indique le décret signé par M. Chareh et publié par l'agence de presse officielle Sana.

M. Abdi, connu sous plusieurs noms, a été pendant des années le chef des FDS, un groupe dirigé par les Kurdes et soutenu par Washington, qui avaient été le fer de lance de la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Mardi, il a annoncé la dissolution des FDS, dans le cadre d'un accord conclu en janvier avec Ahmed al-Chareh visant à intégrer complètement les institutions kurdes dans l'appareil d'Etat.

L'accord d'intégration représente une victoire majeure pour M. Chareh, mais met fin aux espoirs d'autonomie des Kurdes.

"Absolument historique": l'envoyé spécial américain en Syrie, également ambassadeur en Turquie, Tom Barrack, s'est félicité mardi de cette décision qui "ressemble à une véritable intégration (...) visant à renforcer la souveraineté de la Syrie".

"Sacrifices consentis"

"Garantir des rôles de premier plan à nos précieux partenaires", y compris M. Abdi au sein du gouvernement, "témoigne du respect dû à leur leadership, aux sacrifices consentis par nos partenaires kurdes et à la contribution constructive qu'ils ont apportée à la stabilité régionale", avait ajouté M. Barrack, sans préciser quel rôle l'ex-chef des FDS était appelé à occuper.

Les FDS ont été formées en 2015 à l'initiative des Etats-Unis, impressionnés par les combattants kurdes qui avaient vaincu l'EI à Kobané, dans le nord de la Syrie, et qui cherchaient un partenaire fiable dans la lutte en cours contre les jihadistes.

A leur apogée, elles comptaient environ 100.000 combattants, kurdes et arabes, et contrôlaient de vastes zones du nord et du nord-est de la Syrie, des régions riches en pétrole.

Mais Mazloum a adhéré à l'accord d'intégration à la suite des affrontements de janvier dernier, au cours desquels les Kurdes ont perdu de vastes portions de territoire au profit des troupes gouvernementales, alors même que Washington, soutien de longue date des Kurdes, se rapprochait des nouvelles autorités de Damas.

M. Chareh a de son côté signé un décret consacrant les droits nationaux des Kurdes et reconnaissant le kurde comme langue nationale – une mesure sans précédent depuis l'indépendance de la Syrie en 1946.

M. Abdi a annoncé la semaine dernière que l'intégration de l'administration kurde à l'Etat syrien était achevée, ajoutant "notre combat se poursuivra afin d'inscrire les droits de notre peuple dans la Constitution."


Tunisie: pour les coupures d'eau et électricité, le président dénonce des «actes prémédités»

Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics. (AFP)
Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics. (AFP)
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  • Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics
  • Dans un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi, M. Saied a assuré que les longues coupures, qui peuvent dépasser les dix heures d'affilée, y compris à Tunis, "ne sont pas de simples événements passagers ni des cas isolés"

TUNIS: Le président tunisien Kais Saied, doté des pleins pouvoirs depuis l'été 2021, a dénoncé des "actes prémédités" visant à "attiser les tensions" pour expliquer les coupures d'eau et d'électricité qui rythment le quotidien des Tunisiens depuis le début de l'été.

Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics.

Dans un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi, M. Saied a assuré que les longues coupures, qui peuvent dépasser les dix heures d'affilée, y compris à Tunis, "ne sont pas de simples événements passagers ni des cas isolés".

M. Saied s'est exprimé après une réunion avec sa cheffe de gouvernement, les ministres concernés et les dirigeants des deux entreprises publiques, Steg (électricité) et Sonède (eau).

Dans son communiqué, M. Saied, coutumier des déclarations à caractère complotiste, affirme que "les enquêtes ont démontré" que les coupures "dans plusieurs zones ne résultaient pas de pannes ordinaires".

Selon lui, il s'agit "d'actes prémédités visant à enflammer la situation par tous les moyens, à répandre mensonges et rumeurs afin de semer la confusion" et à "maltraiter les citoyens jusque dans les services les plus élémentaires".

Comme en juillet, la Steg a recommencé à publier des avis de "délestages", destinés à soulager son réseau sous forte tension, en listant les villes concernées ainsi que les quartiers de Tunis, une agglomération d'environ trois millions d'habitants sur 12 millions.

Les Tunisiens subissent aussi de fréquentes coupures d'eau, car une bonne partie de l'approvisionnement en eau courante nécessite un pompage.

La production de bouteilles d'eau minérale, dont les Tunisiens sont de gros consommateurs, a en outre été perturbée par ces coupures d'électricité et une pénurie de bouteilles en plastique. Dans les supermarchés, l'eau est rationnée à un pack de six par personne et est devenue introuvable dans les épiceries.

"Les ennemis de la patrie et ceux qui les soutiennent sont désormais démasqués aux yeux du peuple tunisien", a poursuivi M. Saied, prévoyant "un échec" pour ces "tentatives de provocation" et "ces plans criminels, d'où qu'ils viennent" tant que le pays restera "soudé".

En juillet 2021, M. Saied avait limogé son Premier ministre et gelé le Parlement, réduit depuis à un rôle de chambre d'enregistrement.

Plusieurs ONG tunisiennes et étrangères, dont Human Rights Watch et Amnesty International, l'ont accusé de dérive autoritaire à travers une restriction des droits et libertés et l'emprisonnement des principaux leaders de l'opposition, de dizaines de journalistes, avocats et militants.