La Mecque, une ville où la diversité culturelle et linguistique bat son plein

Les étrangers viennent à La Mecque pour des raisons religieuses et finissent par s’y installer à des fins économiques. Ils s’y marient parfois, contribuant ainsi au développement et à l’enrichissement du tissu culturel et social de la société arabe. (Shutterstock)
Les étrangers viennent à La Mecque pour des raisons religieuses et finissent par s’y installer à des fins économiques. Ils s’y marient parfois, contribuant ainsi au développement et à l’enrichissement du tissu culturel et social de la société arabe. (Shutterstock)
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Publié le Mardi 12 avril 2022

La Mecque, une ville où la diversité culturelle et linguistique bat son plein

  • Les pèlerins du monde entier viennent se recueillir à la Grande Mosquée toute l’année et partagent leurs connaissances avec les habitants de la ville
  • Pour atteindre les objectifs des programmes «Qualité de vie» et «Services aux hôtes d’Allah», tous les services fournis doivent être d’excellente qualité

LA MECQUE: Que les habitants de La Mecque parlent de nombreuses langues n’a rien de surprenant. En effet, ils interagissent souvent avec des personnes du monde entier venues accomplir le Hajj et l’Omra.
Le Dr Hassane Boukhari, doyen de l’Institut de la langue arabe pour les locuteurs non natifs, déclare: «La Mecque possède des caractéristiques particulières qui font de la ville un modèle unique de coexistence et de convergence des civilisations du monde entier.»
Il affirme à Arab News que La Mecque est devenue un incubateur culturel. En effet, les pèlerins du monde entier viennent se recueillir à la Grande Mosquée toute l’année. Ils partagent leurs connaissances culturelles, sociales et économiques avec les habitants de la ville.

En bref

  • Étant donné que des gens du monde entier viennent à La Mecque et à Médine pour le Hajj et l’Omra, l’Arabie saoudite a non seulement formé son peuple à parler plusieurs langues pour faciliter les échanges avec les pèlerins, mais elle a également installé des panneaux dans différentes langues dans les deux Villes saintes. Les traducteurs interprètent généralement les fatwas, fournissent des conseils, répondent aux questions et traduisent les discours du jour d’Arafat pendant le Hajj, les extraits de la biographie du prophète Mahomet et le Saint Coran.
  • Dans le cadre de l’initiative Vision 2030, le Royaume compte accueillir trente millions de visiteurs d’ici à 2030. Le Dr Qazzaz estime que les hôtes d’Allah vont bénéficier de la meilleure expérience possible grâce à la transition numérique. Il dit que la génération actuelle devrait s’inscrire dans des instituts spécialisés pour apprendre davantage de langues.

Le doyen pense que les pèlerins sont émotionnellement attachés au Royaume et qu’ils font preuve d’un grand enthousiasme pour apprendre l’arabe, non seulement pour converser, mais aussi pour comprendre la langue. Les habitants de La Mecque, en retour, font de grands efforts pour apprendre la langue de leurs hôtes.

la mecque
Abraj al-Bait, la tour qui possède le plus grand cadran d’horloge du monde, masque les pèlerins qui circulent autour de la Kaaba dans la ville sainte musulmane de La Mecque, en Arabie saoudite. (Photo AP)

Souvent, les étrangers vivent à La Mecque pour des raisons économiques. Ils s’y marient parfois et contribuent ainsi au développement et à l’enrichissement du tissu culturel et social de la société arabe.
Le Dr Othman ben Bakr Qazzaz, chef du département de la recherche et des affaires médiatiques à l’Institut de recherche sur le Hajj et l’Omra, affirme que les habitants de La Mecque sont habitués à la présence de pèlerins et de visiteurs pendant la saison de l’Omra, qui dure toute l’année.
Selon lui, la forte présence des hôtes d’Allah – qui visitent par millions La Mecque et Médine – incite à la communication et à une interaction culturelle avec les habitants de La Mecque, en particulier les prestataires de services.

La Mecque possède des caractéristiques particulières qui font de cette ville un modèle unique de coexistence et de convergence des civilisations du monde entier.

Dr Hassane Boukhari, doyen de l’Institut de la langue arabe pour les locuteurs non natifs

Il poursuit: «Les habitants de La Mecque ont réalisé cette diversité culturelle en ouvrant leurs esprits et leurs cœurs pour recevoir et accepter ces nouvelles cultures, ce qui a poussé la société vers la prospérité.»
Le Dr Qazzaz déclare que la porte d’entrée vers cette influence passe par la langue avec laquelle les habitants de La Mecque communiquent et interagissent avec les pèlerins et les visiteurs. Ils acquièrent principalement les langues par des moyens économiques, par exemple grâce aux transports, aux nombreuses boutiques situées autour de la Grande Mosquée ou aux services que cette dernière propose aux pèlerins. Par conséquent, une personne de La Mecque connaît généralement de nombreuses langues et divers dialectes arabes.
Étant donné que des gens du monde entier viennent à La Mecque et à Médine pour le Hajj et l’Omra, l’Arabie saoudite a non seulement formé son peuple à parler plusieurs langues pour faciliter les échanges avec les pèlerins, mais elle a également installé des panneaux dans différentes langues dans les deux Villes saintes. Les traducteurs interprètent généralement les fatwas, fournissent des conseils, répondent aux questions et traduisent les discours du jour d’Arafat pendant le Hajj, les extraits de la biographie du prophète Mahomet et le Saint Coran.
Il ajoute: «Cet échange culturel entre les habitants de La Mecque et les hôtes d’Allah permet de maintenir l’effet positif et l’image des habitants de la Mecque dans les esprits des visiteurs, puisqu’ils ont été très bien reçus et acceptés. En effet, les habitants font preuve d’hospitalité et de compassion envers les hôtes d’Allah. Par ailleurs, ils leur proposent des biens et des services dans un climat de sérénité et de nobles valeurs spirituelles.»
Dans le cadre de l’initiative Vision 2030, le Royaume compte accueillir trente millions de visiteurs d’ici à 2030. Le Dr Qazzaz estime que les hôtes d’Allah vont bénéficier de la meilleure expérience possible grâce à la transition numérique. Il dit que la génération actuelle devrait s’inscrire dans des instituts spécialisés pour apprendre davantage de langues.
Pour atteindre les objectifs des programmes «Qualité de vie» et «Services aux hôtes d’Allah», tous les services fournis doivent être d’excellente qualité, y compris la langue, qui est le principal moyen de communication avec les pèlerins et les visiteurs. De quoi offrir à ces derniers joie et réconfort, en plus de les aider à accomplir leurs rituels dans une atmosphère sereine, conclut-il.
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Ministère saoudien des AE: La décision d'Israël sur la Cisjordanie sape les efforts déployés pour la paix et la stabilité

Le Palestinien Ameed Dusouki, membre du conseil du village de Burqa, se tient devant une clôture installée par des colons juifs après qu'ils ont annoncé leur contrôle sur la gare historique Al-Masoudiya de l'époque ottomane, qui fonctionnait entre les villes palestiniennes de Naplouse et de Tulkarem dans les années 1920, juste au nord de la ville de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie occupée par Israël, le 15 février 2026. (FILE/AFP)
Le Palestinien Ameed Dusouki, membre du conseil du village de Burqa, se tient devant une clôture installée par des colons juifs après qu'ils ont annoncé leur contrôle sur la gare historique Al-Masoudiya de l'époque ottomane, qui fonctionnait entre les villes palestiniennes de Naplouse et de Tulkarem dans les années 1920, juste au nord de la ville de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie occupée par Israël, le 15 février 2026. (FILE/AFP)
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  • Le ministère a déclaré qu'Israël n'avait aucun droit sur les territoires palestiniens et qu'il compromettait la solution des deux États, réaffirmant le soutien du royaume à un État palestinien indépendant
  • Le cabinet israélien a approuvé dimanche de nouvelles mesures visant à renforcer le contrôle d'Israël sur la Cisjordanie occupée et à faciliter l'achat de terres par les colons, ce que les Palestiniens ont qualifié d'"annexion de facto"

RIYAD: L'Arabie saoudite a condamné la décision d'Israël de prendre le contrôle de certaines parties de la Cisjordanie, avertissant que cette décision saperait les efforts pour parvenir à la paix et à la stabilité, dans une déclaration du ministère des Affaires étrangères le X.

"Le ministère des Affaires étrangères exprime la condamnation du Royaume d'Arabie saoudite de la décision des autorités d'occupation israéliennes de renommer la Cisjordanie "terres d'État", affiliées aux autorités d'occupation, dans le cadre de plans visant à imposer une nouvelle réalité juridique et administrative en Cisjordanie occupée, et à saper les efforts en cours pour parvenir à la paix et à la stabilité dans la région", a déclaré le ministère des Affaires étrangères lundi.

Le ministère a déclaré qu'Israël n'avait aucun droit sur les territoires palestiniens et qu'il compromettait la solution des deux États, réaffirmant le soutien du royaume à un État palestinien indépendant.

Le cabinet israélien a approuvé dimanche de nouvelles mesures visant à renforcer le contrôle d'Israël sur la Cisjordanie occupée et à faciliter l'achat de terres par les colons, ce que les Palestiniens ont qualifié d'"annexion de facto". Cette mesure a été largement critiquée par les pays arabes, notamment le Qatar, l'Égypte et la Jordanie.


Nucléaire: le chef de la diplomatie iranienne à Genève pour négocier avec Washington

Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi est arrivé à Genève où doit s'ouvrir un nouveau cycle de négociations avec les Etats-Unis sur le programme nucléaire iranien, a indiqué lundi la télévision d'Etat iranienne. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi est arrivé à Genève où doit s'ouvrir un nouveau cycle de négociations avec les Etats-Unis sur le programme nucléaire iranien, a indiqué lundi la télévision d'Etat iranienne. (AFP)
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  • "Le ministre des Affaires étrangères est arrivé à Genève à la tête d'une délégation diplomatique et d'experts pour participer au deuxième cycle de négociations sur le nucléaire", a annoncé lundi sur Telegram la télévision d'Etat iranienne
  • "Ce qui n'est pas sur la table: la soumission face aux menaces", a insisté le chef de la diplomatie iranienne sur X lundi, affirmant être à Genève "avec de vraies idées pour parvenir à un accord juste et équitable"

GENEVE: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi est arrivé à Genève où doit s'ouvrir un nouveau cycle de négociations avec les Etats-Unis sur le programme nucléaire iranien, a indiqué lundi la télévision d'Etat iranienne.

Ce nouveau volet de discussions "indirectes" doit débuter mardi, selon Téhéran, après que l'Iran et les Etats-Unis ont renoué le dialogue début février à Oman dans un contexte de menace d'intervention militaire américaine.

"Le ministre des Affaires étrangères est arrivé à Genève à la tête d'une délégation diplomatique et d'experts pour participer au deuxième cycle de négociations sur le nucléaire", a annoncé lundi sur Telegram la télévision d'Etat iranienne.

"Ce qui n'est pas sur la table: la soumission face aux menaces", a insisté le chef de la diplomatie iranienne sur X lundi, affirmant être à Genève "avec de vraies idées pour parvenir à un accord juste et équitable".

M. Araghchi a également annoncé qu'il rencontrera lundi le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, "pour une discussion technique approfondie", puis son homologue omanais mardi.

De son côté, la Maison Blanche a confirmé dimanche que son émissaire Steve Witkoff et le gendre du président américain Donald Trump, Jared Kushner, se rendraient à Genève cette semaine pour ces pourparlers.

Ils doivent également y participer à des discussions avec la Russie et l'Ukraine.

Après la répression meurtrière d'un important mouvement de contestation en janvier par les autorités iraniennes, le président Donald Trump a multiplié les menaces d'une intervention militaire, tout en laissant la porte ouverte à un règlement diplomatique, portant notamment sur le programme nucléaire iranien.

Une première session de négociation s'est ouverte le 6 février à Mascate, la capitale d'Oman, plusieurs mois après l'échec de précédentes discussions.

Ces dernières avaient été interrompues en juin en raison de la guerre de 12 jours entre l'Iran et Israël, déclenchée par des frappes israéliennes contre des sites nucléaires et militaires.

Les Etats-Unis avaient alors également bombardé des sites nucléaires iraniens.

Soupçons 

Les pays occidentaux et Israël, considéré par des experts comme la seule puissance nucléaire au Moyen-Orient, soupçonnent l'Iran de vouloir se doter de l'arme nucléaire.

Téhéran dément nourrir de telles ambitions, mais insiste sur son droit à développer une filière nucléaire civile.

Faute d'accord, Donald Trump a menacé Téhéran de conséquences "traumatisantes" et a même évoqué ouvertement vendredi l'hypothèse d'un renversement du pouvoir.

Des habitants de la capitale iranienne ont scandé dimanche des slogans anti-gouvernement depuis leurs fenêtres et leurs toits, au lendemain de vastes rassemblements contre la République islamique d'Iraniens vivant à l'étranger.

Washington a déployé d'importants moyens militaires dans la zone. Après l'envoi en janvier dans la région du Golfe du porte-avions USS Abraham Lincoln, un deuxième porte-avions, le Gerald Ford, doit les rejoindre, à une date qui reste incertaine.

Etats-Unis et Iran divergent sur la teneur de leurs nouvelles discussions.

L'Iran ne veut discuter que de son programme nucléaire. Washington, comme Israël, exige également qu'il limite son programme de missiles balistiques et cesse de soutenir des groupes armés régionaux.

Sur l'aspect nucléaire, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a indiqué que "la première condition" pour qu'un accord soit conclu entre les Etats-Unis et l'Iran, "est que tout le matériel enrichi doit quitter l'Iran".

Plusieurs pays, dont la Russie, ont proposé à Téhéran de prendre en charge ce stock.

"La seconde condition est qu'il ne doit y avoir aucune capacité d'enrichissement, il ne s'agit pas simplement d'arrêter le processus d'enrichissement, mais de démanteler les équipements et les infrastructures qui permettent d'enrichir l'uranium", a ajouté Benjamin Netanyahu.

Dans une interview à la BBC publiée dimanche, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Majid Takht-Ravanchi, a indiqué que son pays était prêt à un compromis concernant son stock d'uranium hautement enrichi si Washington levait les sanctions qui pénalisent l'économie iranienne.

Avant les frappes israélo-américaines sur ses sites nucléaires en juin 2025, l'Iran enrichissait l'uranium à 60%, soit bien au-delà de la limite de 3,67% autorisée par l'accord nucléaire de 2015, désormais caduc, conclu avec les grandes puissances.

L'uranium enrichi à un taux très élevé (90%) peut servir à fabriquer la bombe A, communément appelée bombe atomique.


La Syrie annonce avoir pris le contrôle d'une autre base américaine

 Le ministère syrien de la Défense a annoncé dimanche avoir pris le contrôle de la base d'al-Chaddadi, dans le nord-est du pays, en coordination avec les forces américaines, quelques jours après la reprise par Damas d'une autre installation près des frontières jordanienne et irakienne. (AFP)
Le ministère syrien de la Défense a annoncé dimanche avoir pris le contrôle de la base d'al-Chaddadi, dans le nord-est du pays, en coordination avec les forces américaines, quelques jours après la reprise par Damas d'une autre installation près des frontières jordanienne et irakienne. (AFP)
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  • Des forces américaines déployées dans le cadre de la coalition internationale contre le groupe Etat islamique (EI) étaient stationnées sur cette base, située à la périphérie de la ville du même nom
  • Elle abrite une prison où les forces kurdes détenaient des membres de l'organisation jihadiste, avant l'avancée des forces gouvernementales dans la région le mois dernier

DAMAS: Le ministère syrien de la Défense a annoncé dimanche avoir pris le contrôle de la base d'al-Chaddadi, dans le nord-est du pays, en coordination avec les forces américaines, quelques jours après la reprise par Damas d'une autre installation près des frontières jordanienne et irakienne.

"Les forces de l'armée arabe syrienne ont pris le contrôle de la base militaire d'al-Chaddadi dans la campagne de Hassaké après coordination avec la partie américaine", indique un communiqué du ministère.

Des forces américaines déployées dans le cadre de la coalition internationale contre le groupe Etat islamique (EI) étaient stationnées sur cette base, située à la périphérie de la ville du même nom.

Elle abrite une prison où les forces kurdes détenaient des membres de l'organisation jihadiste, avant l'avancée des forces gouvernementales dans la région le mois dernier.

Cette annonce intervient après la confirmation par Washington, jeudi, du retrait de ses forces de la base d'al-Tanf, près des frontières syriennes avec la Jordanie et l'Irak, qui constituait un point d'appui stratégique pour les Etats-Unis.

Les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, ont été un partenaire majeur de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis contre l'EI et ont joué un rôle central dans la défaite du groupe en Syrie en 2019.

Mais après la chute fin 2024 du président Bachar al-Assad, les Etats-Unis se sont rapprochés du nouveau pouvoir de Damas, estimant récemment que la nécessité de leur alliance avec les forces kurdes s'était largement estompée.

Malgré sa défaite territoriale, l'EI demeure actif en Syrie.

Samedi, le Commandement central américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a indiqué avoir frappé plus de 30 cibles de l'organisation en Syrie depuis le début du mois.

Les frappes aériennes menées entre le 3 et le 12 février ont visé des infrastructures et des dépôts d'armes du groupe, selon un communiqué du Centcom.