RENNES: Un cargo russe saisi à Lorient, dans le nord-ouest de la France, le 2 mars en raison des sanctions européennes prises à l'encontre de la Russie a été autorisé à repartir par le tribunal de Lorient, a-t-on appris auprès de l'avocat de l'armateur.
Le cargo Pola Ariake, qui bat pavillon panaméen, a quitté le port de Lorient en direction de la Norvège lundi peu avant 17H00, selon le site Marine Traffic.
Arrivé le 27 février au port de Lorient, le cargo Pola Ariake a pu livrer sa cargaison de tourteaux de tournesols destinée à l'alimentation animale mais a été contraint par les douanes de rester à quai, en raison des sanctions européennes contre les intérêts russes.
Le tribunal, saisi en référé, a ordonné lundi la mainlevée de la saisie et a condamné l'administration des douanes à 100.000 euros de dommages et intérêts à titre de provision sur le préjudice subi, selon l'avocat de l'armateur du cargo Bertrand Coste.
"Le jugement est exécutoire, le bateau peut donc repartir quand il veut", a déclaré à l'AFP Me Coste.
Contactée par l'AFP, la direction régionale des douanes a annoncé son intention de faire appel de la décision du tribunal.
Le navire est propriété de la société GTLK, enregistrée à Hong Kong, dont l'actionnaire est la Fédération de Russie.
"C'est la seconde fois que le tribunal ordonne la mainlevée après une première décision rendue le 18 mars. Comme les douanes ont scellé le navire, j'ai réassigné en référé", a précisé l'avocat.
"La personne visée par les sanctions n'a pu être reliée au propriétaire de ce navire", a ajouté Me Coste, estimant cette seconde décision "sans surprise" mais "pas simple à prendre vu le contexte".
Selon lui, les douanes ciblaient l'actuel ministre russe des Transports et ex-PDG d'Aeroflot, Vitali Saveliev, qui figure dans la liste des personnalités russes visées par les sanctions européennes depuis le 28 février.
Selon l'agence russe Interfax, M. Saveliev a démissionné début mars de son poste de président du conseil d'administration de GTLK.