Guterres: La guerre en Ukraine «est ingagnable», et les pourparlers un chemin «inévitable»

Des pompiers ukrainiens travaillent au milieu des décombres du centre commercial Retroville, au lendemain de son bombardement par les forces russes dans la capitale ukrainienne, Kiev. (AFP)
Des pompiers ukrainiens travaillent au milieu des décombres du centre commercial Retroville, au lendemain de son bombardement par les forces russes dans la capitale ukrainienne, Kiev. (AFP)
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Publié le Mercredi 23 mars 2022

Guterres: La guerre en Ukraine «est ingagnable», et les pourparlers un chemin «inévitable»

  • Le pays ne peut pas être conquis «ville par ville, rue par rue, maison par maison», déclare Antonio Guterres
  • La guerre est «absurde» et la poursuivre est «moralement inacceptable, politiquement indéfendable et militairement insensé», ajoute-t-il

NEW YORK: Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a affirmé mardi que la guerre menée par la Russie en Ukraine était «ingagnable», tout en réitérant son appel pour que le conflit passe du champ de bataille à la table des négociations.

«C’est inévitable», a-t-il déclaré au siège de l’ONU à New York. «La seule question qui se pose est la suivante: combien de vies doivent encore être perdues? Combien de bombes doivent encore tomber? Combien de Marioupols doivent être détruits?»

«Combien d’Ukrainiens et de Russes devront être tués avant que tout le monde ne se rende compte que cette guerre n’a pas de gagnants mais seulement des perdants? Combien de personnes devront encore mourir en Ukraine et combien de personnes dans le monde devront être confrontées à la faim pour que cela cesse?»

«La poursuite de la guerre en Ukraine est moralement inacceptable, politiquement indéfendable et militairement insensée», a-t-il souligné.

Selon Antonio Guterres, durant le mois qui s’est écoulé depuis que la Russie a envahi l’Ukraine «en violation de la Charte des Nations unies», le monde a été témoin d’effroyables souffrances humaines en raison de l’intensification de la guerre, qui devient de plus en plus destructrice et imprévisible. 

Il a ajouté que les civils étaient terrorisés par les «bombardements systématiques» et la destruction des hôpitaux, des écoles, des immeubles d’habitation et des abris, et que 10 millions d’Ukrainiens ont été contraints de quitter leur foyer.

«Toutefois, la guerre ne mène nulle part» , a souligné M. Guterres. La ville de Marioupol est assiégée depuis plus de deux semaines et attaquée «sans relâche», a-t-il mentionné.

Les journalistes étrangers ont fui la ville, et les bombardements intensifs ont poussé la plupart des civils qui y demeurent à se cacher dans leurs sous-sols.

«À quelle fin? a-t-il demandé. Même si Marioupol tombe, l’Ukraine ne peut pas être conquise ville par ville, rue par rue, maison par maison. La seule issue à tout cela est plus de souffrance, plus de destruction et plus d’horreur à perte de vue.»

Il a fait remarquer que les Ukrainiens vivent «un enfer» dont les répercussions se font sentir dans le monde entier par la hausse des prix des denrées alimentaires et de l’énergie, qui risque de provoquer une «crise alimentaire mondiale» à un moment où les pays en développement subissent déjà les effets de la pandémie de Covid-19.

«Maintenant, ils payent aussi un lourd tribut en raison de cette guerre», a poursuivi le secrétaire général. Cependant, tout espoir n’est pas perdu, a-t-il ajouté.

«À la suite de mes entretiens avec divers acteurs, des éléments de progrès diplomatique se profilent concernant plusieurs questions clés», a-t-il affirmé. «Les éléments sur la table sont suffisants pour cesser les hostilités immédiatement (...) et négocier sérieusement, immédiatement.»

Il a de nouveau plaidé pour la fin de la guerre, déclarant : «À tous égards, même selon les calculs les plus astucieux, il est temps d’arrêter les combats immédiatement et de donner une chance à la paix. Il est temps de mettre fin à cette guerre absurde.»

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Un fonctionnaire de l'ONU appelle à « augmenter et accélérer » l'aide en cas de catastrophe humanitaire

Jorge Moreira da Silva, sous-secrétaire général et directeur exécutif du Bureau des Nations unies pour les services d'appui aux projets. (Photo fournie)
Jorge Moreira da Silva, sous-secrétaire général et directeur exécutif du Bureau des Nations unies pour les services d'appui aux projets. (Photo fournie)
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  • Jorge Moreira da Silva a déclaré : « À ce moment critique, nous ne devons pas seulement augmenter l'aide, nous devons l'accélérer et la fournir de manière plus efficace et plus rapide. »
  • Il ajoute : « J'ai été impressionné par la capacité de KSRelief à mobiliser autant de personnes à travers le monde pour discuter de l'aide humanitaire à ce moment critique ».

RIYAD : Selon l'appel d'urgence pour la santé 2025 de l'Organisation mondiale de la santé, plus de 1,6 milliard de personnes vivent actuellement dans des situations de conflit ou de déplacement.

« En ce moment critique, nous devons non seulement augmenter l'aide, mais aussi l'accélérer et la rendre plus efficace et plus rapide », a déclaré Jorge Moreira da Silva, sous-secrétaire général et directeur exécutif du Bureau des Nations Unies pour les services d'appui aux projets, à Arab News lors du quatrième Forum humanitaire international de Riyad.

« Je pense que lorsqu'une urgence survient, qu'il s'agisse d'une catastrophe naturelle ou d'un conflit, nous n'avons pas le même temps pour planifier que lorsque nous parlons de développement, et c'est pourquoi la capacité de recherche et la réponse rapide sont fondamentales », a-t-il déclaré.

Interrogé sur les moyens d'y parvenir, le sous-secrétaire général des Nations unies a insisté sur la nécessité d'une plus grande collaboration.

« L'intensification et l'accélération de l'aide nécessitent une plus grande collaboration entre les agences des Nations unies, une plus grande collaboration entre les Nations unies et les gouvernements, mais aussi entre les sociétés civiles et le secteur privé », a-t-il déclaré.

Il a appelé à l'unité dans les situations d'urgence telles que les conflits, les déplacements, les épidémies et les catastrophes climatiques, en déclarant : « Nous ne pouvons pas réagir rapidement si nous réagissons de manière silencieuse et fragmentée. »

M. Da Silva a également souligné l'importance d'« augmenter le niveau de responsabilité et de réponse ».

Lors de son entretien avec Arab News, il a félicité le King Salman Humanitarian Aid and Relief Center d'avoir accueilli le quatrième Forum humanitaire international de Riyad.

« J'ai été impressionné par la capacité du KSRelief à mobiliser un si grand nombre de personnes à travers le monde pour discuter de l'aide humanitaire à ce moment critique », a-t-il déclaré, ajoutant que 25 % de la population mondiale vit dans un contexte de conflit.

"Humanitarian aid has been a life-saving effort, a critical life-saving effort for billions of people around the world, and I was glad to be part of today's conversation, not only about raising the ambition, but also ... accelerating the delivery."

He was speaking during a panel session on the first day of the Humanitarian Forum entitled "Resilient, Innovative and Localised: The future of humanitarian supply chains".

Da Silva reiterated the importance of collaboration, adding that "UNOPS is an organisation that is totally rooted in partnership and collaboration.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Ukraine: Macron pense qu'une "trêve" est possible dans les "semaines à venir"

Le président français Emmanuel Macron s'exprime lors d'une conférence de presse conjointe avec le président américain Donald Trump dans la salle Est de la Maison Blanche à Washington, DC, le 24 février 2025. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron s'exprime lors d'une conférence de presse conjointe avec le président américain Donald Trump dans la salle Est de la Maison Blanche à Washington, DC, le 24 février 2025. (AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron, en visite à Washington, a déclaré lundi qu'une "trêve" en Ukraine pourrait être conclue "dans les semaines à venir", trois ans jour pour jour après le début de la guerre
  • Emmanuel Macron a par ailleurs appelé les Etats-Unis à se montrer solidaires des Européens en cas de fin des combats en Ukraine

WASHINGTON: Le président français Emmanuel Macron, en visite à Washington, a déclaré lundi qu'une "trêve" en Ukraine pourrait être conclue "dans les semaines à venir", trois ans jour pour jour après le début de la guerre en Ukraine déclenchée par l'invasion russe.

"Le schéma devrait être le suivant: des négociations entre les Etats-Unis et la Russie et entre les Etats-Unis et l'Ukraine", a affirmé M. Macron dans un entretien accordé à la chaîne Fox News, saluant l'annonce par Donald Trump de la possible visite prochaine du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, à la Maison Blanche.

"Il faut d'abord une trêve. Je pense qu'elle pourrait être conclue dans les semaines à venir", a poursuivi, en anglais, le chef de l'Etat français, qui ces derniers jours a échangé avec la quasi-totalité des dirigeants européens.

"Si elle n'est pas respectée, ce sera la meilleure preuve que la Russie n'est pas sérieuse", a avancé Emmanuel Macron, en marge de sa rencontre avec son homologue américain Donald Trump à la Maison Blanche, largement consacrée à la guerre en Ukraine.

Emmanuel Macron a par ailleurs appelé les Etats-Unis à se montrer solidaires des Européens en cas de fin des combats en Ukraine. Il a affirmé avoir parlé à 30 dirigeants européens et leurs alliés, dont beaucoup se sont dits, selon lui, ouverts à un accord.

"Si nous étions attaqués, imaginons une seconde que la Russie puisse violer ce traité. Que va-t-il se passer? Ils ont besoin de ce message de solidarité de la part des Etats-Unis", a poursuivi Emmanuel Macron.

Malgré d'énormes divergences qui persistent sur le fond, le président français a déclaré être "convaincu qu'il y avait un chemin" avec Donald Trump pour mettre fin à la guerre en Ukraine.


La cheffe de la diplomatie de l'UE annonce se rendre aux États-Unis mardi

La Haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Kaja Kallas, donne une conférence de presse lors du Conseil des affaires étrangères de l'UE au siège de l'UE à Bruxelles, le 24 février 2025. (Photo by JOHN THYS / AFP)
La Haute représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Kaja Kallas, donne une conférence de presse lors du Conseil des affaires étrangères de l'UE au siège de l'UE à Bruxelles, le 24 février 2025. (Photo by JOHN THYS / AFP)
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  • Kaja Kallas, a annoncé lundi qu'elle rencontrerait le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, aux États-Unis en milieu de semaine.
  • « Je pense qu'il est important que nous ayons autant d'interactions que possible avec la nouvelle administration américaine », a-t-elle déclaré, en référence à la visite du président français Emmanuel Macron à Washington lundi.

BRUXELLES : La cheffe de la diplomatie de l'UE, Kaja Kallas, a annoncé lundi qu'elle rencontrerait le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, aux États-Unis en milieu de semaine.

« Je pense qu'il est important que nous ayons autant d'interactions que possible avec la nouvelle administration américaine », a-t-elle déclaré, en référence à la visite du président français Emmanuel Macron à Washington lundi.

Trois ans après le début de l'invasion russe en Ukraine, les Européens craignent que le président américain Donald Trump mette fin au conflit dans des conditions favorables à Moscou et sans garantir la sécurité de Kiev.

Ils réclament, pour l'instant en vain, une place à la table des négociations.

« Si l'on regarde les messages qui nous viennent des États-Unis, il est clair que le discours russe est très présent », a-t-elle alerté depuis Bruxelles. « Ces déclarations nous inquiètent tous », a-t-elle assuré.

« Il est clair que nous avons déjà eu des différends par le passé, mais nous avons toujours réussi à les régler, et nous espérons y parvenir cette fois-encore », a-t-elle ajouté.

La cheffe de la diplomatie de l'UE se rend aux États-Unis mardi pour la première fois depuis que Donald Trump a prêté serment.

Ce déplacement survient après des menaces répétées du président américain concernant le commerce et la défense. Ses réunions avec le chef de la diplomatie américaine et d'autres responsables auront lieu mercredi et jeudi, a-t-elle précisé.