Macron et la guerre en Ukraine, un rendez-vous avec le destin national et le leadership européen 

Le président français Emmanuel Macron lors de l'émission "La France face à la guerre" diffusée sur la chaîne de télévision française TF1, à Saint-Denis, au nord de Paris, le 14 mars 2022. LUDOVIC MARIN / POOL / AFP
Le président français Emmanuel Macron lors de l'émission "La France face à la guerre" diffusée sur la chaîne de télévision française TF1, à Saint-Denis, au nord de Paris, le 14 mars 2022. LUDOVIC MARIN / POOL / AFP
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Publié le Mardi 15 mars 2022

Macron et la guerre en Ukraine, un rendez-vous avec le destin national et le leadership européen 

  • Une enquête d'opinion publiée le 4 mars indique que 60% des Français sont «satisfaits de la gestion de la crise en Ukraine par Emmanuel Macron»
  • La montée en popularité du président candidat est aussi liée à ses prises de position sur la sécurité de l'Europe et de la France. Il a réaffirmé son engagement pour une Europe plus souveraine avec un pôle de défense européenne

PARIS: À un mois du premier tour de l’élection présidentielle française, la guerre en Ukraine domine l’actualité et offre une occasion inopinée au président candidat Emmanuel Macron de conforter son destin national et de renforcer son leadership européen.

La guerre contre l'Ukraine s’est imposée à l’agenda de l'Europe et du monde, permettant au président français d’attendre la dernière minute pour officialiser sa candidature à la présidentielle de 2022 par une simple lettre publiée le 3 mars dans les quotidiens régionaux, après l'annulation d'un rassemblement électoral qui avait été prévu à cet effet.

Le quinquennat d’Emmanuel Macron a été marqué par des crises sans précédent: Gilets jaunes, pandémie, conflit russo-ukrainien… Le défi serait pour lui de pouvoir passer d’un «président des crises» à un candidat favori.

Effort diplomatique

Il semble en effet que l'implication du président candidat dans l'effort diplomatique pour éviter puis pour arrêter la guerre, ainsi que la perception de l’opinion publique qui le voit comme leader en temps de guerre, aient suscité l’adhésion d’une majorité politique des Français. C’est ce que révèle une enquête d'opinion publiée le 4 mars indiquant que 60% des d’entre eux sont «satisfaits de la gestion de la crise en Ukraine par Emmanuel Macron», contre 38% de mécontents.

Selon les derniers sondages, il est clair également que les chances de Macron de remporter un nouveau mandat présidentiel augmentent compte tenu de son rôle de premier plan dans la guerre contre l'Ukraine.

Malgré une entrée en campagne souhaitée tardive et discrète et un contexte international compliqué, Emmanuel Macron continue à progresser dans les derniers sondages, en atteignant ou dépassant les 30 % d’intentions de vote au premier tour. Au second tour, il est toujours gagnant dans tous les cas de figure.


Prises de position

La montée en popularité de Macron ne se résume pas uniquement à sa gestion de la crise ukrainienne, mais aussi à ses prises de position sur les questions liées à la sécurité de l'Europe et de la France. Il a en effet réaffirmé son engagement pour une Europe plus souveraine et pour la création d’un pôle de défense européenne. Il compte revitaliser l'Europe pour assurer la paix et la sécurité des Français.

Remarquons que le caractère exceptionnel d’une brève campagne électorale dominée par l’événement ukrainien, ce qui est rare dans les annales de la Ve République, sert aussi les intérêts du président sortant qui dirige le navire du pays dans cette phase délicate de l'histoire contemporaine de l'Europe.

Le trio de candidats des droites, Marine Le Pen, Valérie Pécresse et Éric Zemmour, semble se disputer la qualification pour le second tour. Mais les dernières enquêtes d’opinion soulignent que seuls deux candidats concurrents de Macron semblent se stabiliser ou progresser. Il s’agit de Marine Le Pen (extrême droite, Rassemblement national) et Jean-Luc Mélenchon (gauche radicale, la France insoumise). Ainsi, le scénario de 2017 (confrontation Macron-Le Pen) risque de se répéter cette année, et une nouvelle fois en faveur de Macron.

De surcroît, les positions prorusses ou plutôt «molles» des concurrents de Macron les plus en vue – Marine Le Pen, Éric Zemmour, Jean-Luc Mélenchon et Valérie Pécresse – ne bénéficient du soutien que d'une petite minorité dans l'opinion publique, qui craint le retour des guerres et l’épanouissement des vagues de l'autoritarisme et du fascisme.
 
Leadership européen confirmé

Depuis qu’Emmanuel Macron a pris la présidence tournante de l’Union européenne (UE) au début de cette année, la crise ukrainienne accapare l’actualité et pousse les chancelleries européennes à suivre la situation de près.

À un moment où le déclenchement des hostilités dans le conflit russo-ukrainien paraissait inévitable, le président français a décidé de battre le fer et s’est rendu au Kremlin pour tenter une sortie diplomatique. Un dialogue avec Vladimir Poutine de près de six heures sans concessions, n’a pas abouti, ni réussi à amadouer le maître du Kremlin, comme en témoigne une conférence de presse «surréaliste» entre les deux présidents européens.
 
Apparement, Poutine ulcéré par le refus américain et de l’Alliance atlantique d’accorder des garanties de sécurité, refuse de céder d’un iota et exige des réponses, notamment concernant la non-adhésion de l’Ukraine à l’Otan et l’architecture de la sécurité européenne.

L’échec français n’est pas dû seulement au durcissement de Poutine et de sa lecture de la situation, mais aussi au fossé creusé entre Moscou et Kiev depuis 2014 (annexion de la Crimée et guerre dans le Donbass). De toute façon, l’épreuve de force dépasse le terrain ukrainien et ressemble à un duel à distance entre Moscou et Washington.

L’impasse diplomatique et la détermination de Poutine à changer le statu quo au prétexte du «traitement infligé à la population d’origine russe dans l’Est ukrainien» et de l’extension de l’infrastructure de l’Otan dans le voisinage russe, ont conduit à l’invasion de l’Ukraine.  L’éclatement de la guerre et la polarisation accélérée entre la Russie et l’Occident n’ont pas amené Macron à cesser ses efforts diplomatiques, tout en dirigeant l’UE vers plus de fermeté et d’union pour tenir tête à Moscou, et en considérant la Russie comme un agresseur.

Continuité du dialogue

Ce retour brutal à l'histoire tragique de l'Europe, ne laisse pas Macron indifférent. Il reconnaît que «les négociations avec le président Vladimir Poutine sont difficiles parce qu'il refuse un cessez-le-feu». Mais, le maître de l’Élysée parie sur la continuité du dialogue pour trouver une issue au moment opportun, tout en insistant sur la nécessité de respecter la Russie et son peuple.

Alors que Macron bataillait pour l’autonomie stratégique européenne, il plaide pour une association de la Russie à la construction d’une paix durable dans le cadre d'une «structure de sécurité à grande échelle sur notre continent, parce que l'histoire et la géographie le dictent».

Tandis que la guerre se poursuit, les dirigeants européens se sont réunis pour un sommet au château historique de Versailles les 10 et 11 mars. Il était remarquable que le président Emmanuel Macron ait déclaré lors de son ouverture que «l'Europe, qui a changé sous l'influence de la crise de la pandémie de Covid, changera plus rapidement et plus fort sous l'influence de la guerre».

Malgré les divergences sur la dépendance à l'égard des importations de gaz et d'énergie en provenance de Russie et sur la réponse à apporter à la demande ukrainienne d'adhérer immédiatement à l'Union européenne, on peut dire que le mot d'ordre de l'unité a prévalu dans les discours et les discussions en vue de faire pression sur la Russie pour mettre un terme à cette guerre et parvenir rapidement à un cessez-le-feu. Macron a été franc en déclarant ne pas s'attendre à une solution rapide du conflit.

Il est clair que le président français, qui est en première ligne, assume bien son leadership national et concrétise ses idées sur le développement d'une action européenne commune, car il estime que la crise actuelle confirme la nécessité d'une Europe capable de se défendre.

C’est au château de Versailles que la structure de l'Europe a été décidée après la Première Guerre mondiale. Ce château a accueilli la signature de la défaite de l'Allemagne à l'époque, mais il a également été le site de la capitulation de la France après son occupation par l'Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale.

Ainsi, pour que l'histoire ne se répète pas dans la vengeance et la série de guerres, il y avait une volonté européenne de ne pas rompre définitivement avec la Russie, mais sans céder devant elle en ce moment critique.

 


Incendies: Paris sollicite l'aide européenne, état d'urgence en Espagne

L'année 2026 se situe, à ce stade, au deuxième rang des surfaces brûlées dans l'Union européenne depuis deux décennies de mesures, selon une analyse par l'AFP des données satellitaires du Système européen d'information sur les feux de forêt. Mais c'est la pire année en France, et parmi les pires en Espagne et en Italie. (AFP)
L'année 2026 se situe, à ce stade, au deuxième rang des surfaces brûlées dans l'Union européenne depuis deux décennies de mesures, selon une analyse par l'AFP des données satellitaires du Système européen d'information sur les feux de forêt. Mais c'est la pire année en France, et parmi les pires en Espagne et en Italie. (AFP)
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  • Face aux incendies qui ont conduit à l'évacuation de dizaines de milliers de personnes dans le sud-ouest de la France, le président Emmanuel Macron a demandé l'activation du mécanisme de protection civile de l'Union européenne (UE)
  • "Nous allons pouvoir compter rapidement sur le renfort de deux Canadair croates, de deux Air Tractor portugais ainsi que de deux hélicoptères lourds Black Hawk tchèque et slovaque"

LEGE-CAP-FERRET: De violents incendies font toujours rage vendredi en Europe du Sud, en particulier en France qui doit recevoir rapidement de nouveaux renforts européens, et en Espagne où l'état d'urgence a été décrété près de Madrid.

L'année 2026 se situe, à ce stade, au deuxième rang des surfaces brûlées dans l'Union européenne depuis deux décennies de mesures, selon une analyse par l'AFP des données satellitaires du Système européen d'information sur les feux de forêt. Mais c'est la pire année en France, et parmi les pires en Espagne et en Italie.

Face aux incendies qui ont conduit à l'évacuation de dizaines de milliers de personnes dans le sud-ouest de la France, le président Emmanuel Macron a demandé l'activation du mécanisme de protection civile de l'Union européenne (UE).

"Nous allons pouvoir compter rapidement sur le renfort de deux Canadair croates, de deux Air Tractor portugais ainsi que de deux hélicoptères lourds Black Hawk tchèque et slovaque", a détaillé sur X le président français, en soulignant que "la situation reste sous très forte tension face aux incendies qui frappent le pays, en particulier en Gironde".

Près de Bordeaux (sud-ouest), plus de 400 personnes sont déjà arrivées par bateau à la jetée d'Arcachon pour fuir l'avancée des flammes après un ordre d'évacuation depuis la très touristique presqu'île du Cap-Ferret, a annoncé à l'AFP vendredi matin la mairie d'Arcachon.

L'ensemble des résidents a été priés d'évacuer par route ou voie maritime alors que les pompiers luttent contre un feu de forêt, d'origine probablement accidentelle, qui a parcouru 8.700 hectares au nord du bassin d'Arcachon. Cette région touristique sur la façade atlantique avait déjà été frappée par de violents incendies à l'été 2022.

"C'est une catastrophe, c'est horrible", a témoigné pour l'AFP Jean Gonçalves, 54 ans, qui habite Lège-Cap-Ferret depuis 30 ans et a quitté sa maison en catastrophe.

En short et claquettes, un tee-shirt noué autour du bas de son visage, il explique que la maison de son voisin, un chalet en bois dont les habitants avaient été évacués, a complètement brûlé. "J'ai vu le feu, c'est la maison juste à côté, je me suis dit, je dégage", a-t-il confié tôt vendredi, inquiet pour sa maison "et pour ses poules, dans un poulailler pas loin de la forêt".

La préfecture a ordonné tôt vendredi l'évacuation des "premiers villages de la presqu'île du Cap-Ferret", particulièrement fréquentée, sans préciser le nombre de personnes concernées.

Dans le département voisin des Landes, un autre incendie a été déclenché par un véhicule jeudi près de Biscarrosse et s'est rapidement propagé, parcourant plus de 2.500 hectares jusqu'aux portes de la ville et conduisant à l'évacuation de 23.000 personnes, selon les pompiers.

Le colonel Romain Moutard, directeur adjoint des pompiers du département, avait décrit jeudi un "feu apocalyptique". Vendredi matin, il a déclaré à l'AFP redouter une "journée encore plus criante" car "le vent forcit et change de sens".

Les forêts brûlent d'autant plus facilement que la végétation et les sols sont très secs depuis des mois, un phénomène accentué par les récentes canicules exceptionnelles. Selon une étude publiée jeudi par des climatologues du groupe World Weather Attribution, le changement climatique provoqué par les activités humaines rend la sécheresse actuelle plus sévère.

 Vent et sécheresse 

Dans le sud-est de la France, l'incendie qui touche le département du Var depuis trois jours a connu de nombreuses reprises de feu jeudi mais l'amélioration des conditions météo a permis le retour de certains évacués et devrait faciliter le travail des 800 pompiers engagés, selon la préfecture.

Parti mardi d'un champ, l'incendie a parcouru environ 2.700 hectares, et une cinquantaine de maisons ont été impactées, dont 25 détruites, selon la préfecture.

Etat d'urgence en Espagne 

En Espagne, la région de Madrid est traversée par les flammes. Au total, plus de 10.000 personnes ont été évacuées ces derniers jours et heures de la région de la capitale, où plusieurs feux de forêt sont actifs.

Le gouvernement espagnol a décrété l'état d'urgence national dans la région de Madrid et la province d'Avila voisine pour mobiliser davantage de ressources.

Au total, près de 125.000 hectares ont déjà brûlé depuis le 1er janvier en Espagne, selon Effis.

Et dans le sud de l'Italie, des dizaines de feux de forêt et de végétation, attisés par le vent chaud, font rage notamment en Sicile.

 


Incendies dans le Sud-Ouest: des dizaines de milliers d'évacués, renforts aériens attendus

Un habitant fait son jogging sur le site où un incendie s'est déclaré le 21 juillet et où deux pompiers ont perdu la vie en combattant les flammes à Mérignac, près de l'aéroport de Bordeaux-Mérignac, dans le sud-ouest de la France, le 22 juillet 2026. (AFP)
Un habitant fait son jogging sur le site où un incendie s'est déclaré le 21 juillet et où deux pompiers ont perdu la vie en combattant les flammes à Mérignac, près de l'aéroport de Bordeaux-Mérignac, dans le sud-ouest de la France, le 22 juillet 2026. (AFP)
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  • La préfecture de la Gironde a ordonné tôt vendredi l'évacuation de plusieurs villages de la presqu'île du Cap-Ferret, très touristique, précisant dans un communiqué que les flammes ont "franchi vers 1H00 la ligne d'appui
  • Près de 20.000 personnes avaient déjà été évacuées préventivement dans le secteur depuis le début de l'incendie mercredi et plusieurs maisons ont brûlé

LEGE-CAP-FERRET: Deux incendies font rage en Nouvelle-Aquitaine, où les feux ont parcouru 4.800 hectares en Gironde et 2.500 dans les Landes, provoquant l'évacuation de dizaines de milliers de personnes et poussant la France à solliciter des renforts aériens européens.

En Gironde, quelque 800 sapeurs-pompiers ont été mobilisés pour lutter contre le feu, d'origine probablement accidentelle, qui a parcouru 4.800 hectares au nord du bassin d'Arcachon, ravivant le spectre des méga-feux de l'été 2022 dans le département.

La préfecture de la Gironde a ordonné tôt vendredi l'évacuation de plusieurs villages de la presqu'île du Cap-Ferret, très touristique, précisant dans un communiqué que les flammes ont "franchi vers 1H00 la ligne d'appui mise en œuvre par les sapeurs-pompiers" pour tenter de stopper l'avancée du feu et protéger les habitats.

Près de 20.000 personnes avaient déjà été évacuées préventivement dans le secteur depuis le début de l'incendie mercredi et plusieurs maisons ont brûlé.

"C'est une catastrophe, c'est horrible", a témoigné pour l'AFP Jean Gonçalves, 54 ans, qui habite Lège-Cap-Ferret depuis 30 ans et a quitté sa maison en catastrophe.

En short et claquettes, un tee-shirt noué autour du bas de son visage, il explique que la maison de son voisin, un chalet en bois dont les habitants avaient été évacués, a complètement brûlé. "J'ai vu le feu, c'est la maison juste à côté, je me suis dit, je dégage", a-t-il confié tôt vendredi, inquiet pour sa maison "et pour ses poules, dans un poulailler pas loin de la forêt".

Un pompier en intervention à Lège a été blessé par une explosion, probablement d'une bouteille de gaz.

Face à une situation "sous très forte tension", le président Emmanuel Macron a annoncé dans la nuit de jeudi à vendredi avoir demandé l'activation du mécanisme de protection civile de l'Union européenne (UE).

"Nous allons pouvoir compter rapidement sur le renfort de deux Canadair croates, de deux Air Tractor portugais ainsi que de deux hélicoptères lourds Black Hawk tchèque et slovaque", a-t-il précisé sur X.

Car en parallèle, un autre incendie a été déclenché par un véhicule jeudi après-midi près de Biscarrosse (Landes) et s'est rapidement propagé, parcourant plus de 2.500 hectares jusqu'aux portes de la ville et conduisant à l'évacuation de 23.000 personnes, selon le SDIS des Landes.

Dans son point de 7H00, la préfecture a décrit un feu qui "n'est pas sous contrôle", avec une "situation très évolutive et défavorable". Quelque 600 sapeurs-pompiers sont mobilisés.

Le colonel Romain Moutard, directeur adjoint du Sdis 40, avait décrit jeudi un "feu apocalyptique". Vendredi matin, il a déclaré à l'AFP redouter une "journée encore plus criante" car "le vent forcit et change de sens".

Sécheresse "pire qu'en 2022" 

En Gironde, la défense de Lège-Cap-Ferret, en bordure du massif forestier, se fait "îlot par îlot, maison par maison", a souligné Marc Vermeulen, directeur du Sdis en Gironde.

Parti de Saumos mercredi, l'incendie a gagné Le Porge avant de s'orienter vers Lège-Cap-Ferret, progressant rapidement dans une forêt de pins dense.

Avec 200 moyens terrestres et huit appareils aériens, dont un Dash et deux Canadair, les pompiers ont lutté toute la journée sur le flanc gauche, "pour éviter une propagation en direction d'Arès".

Selon le Sdis 33, la "sécheresse du massif est pire qu'en 2022", où près de 30.000 hectares avaient brûlé, rendant les conditions de lutte "plus difficiles".

Travaux forestiers interdits 

Le feu de Saumos a pu être déclenché par un engin de débroussaillage qui intervenait sous une ligne électrique pour le compte d'Enedis au milieu de pinèdes, d'après plusieurs sources interrogées par l'AFP.

Selon le gouvernement, plus de 12.500 départs de feu sont intervenus depuis janvier et la surface déjà brûlée dépasse celle de 2022, quand des incendies avaient conduit à l'évacuation de quelque 50.000 personnes. Plus de 3.000 hectares avaient déjà brûlé à l'époque autour de Saumos.

Dans le sud-est, l'incendie qui touche le Var depuis trois jours a connu de nombreuses reprises de feu jeudi mais l'amélioration des conditions météo a permis le retour de certains évacués et devrait faciliter le travail des 800 pompiers engagés, selon la préfecture.

Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols sont très secs depuis des mois, un phénomène accentué par les récentes canicules exceptionnelles. Selon une étude publiée jeudi par des climatologues du groupe World Weather Attribution, le changement climatique provoqué par les activités humaines rend la sécheresse actuelle plus sévère.

Les incendies surviennent après que deux sapeurs-pompiers sont morts, mardi, lors d'un feu près de l'aéroport de Bordeaux, après un précédent décès en Savoie début juillet. Les syndicats de la profession dénoncent un manque de moyens et "l'épuisement" des troupes.


Présidentielle : Attal lance sa campagne estivale «accélérée» en Bretagne

 Gabriel Attal ne relâche pas le rythme de sa campagne présidentielle pendant l'été. Il a entamé jeudi un déplacement de trois jours en Bretagne où il entend montrer son "envie" d'aller à l'Elysée, qu'il juge plus forte que celle de son concurrent Edouard Philippe. (AFP)
Gabriel Attal ne relâche pas le rythme de sa campagne présidentielle pendant l'été. Il a entamé jeudi un déplacement de trois jours en Bretagne où il entend montrer son "envie" d'aller à l'Elysée, qu'il juge plus forte que celle de son concurrent Edouard Philippe. (AFP)
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  • Venu en avion de Paris, l'ancien Premier ministre a été accueilli par une poignée de militants et d'élus à la criée de Brest, où il a déambulé au milieu des bacs de lotte, de langoustes et de raies
  • Jeudi, M. Attal devait déjeuner avec le patron des supermarchés Michel-Edouard Leclerc, avant de poursuivre la journée aux fêtes maritimes de Douarnenez

BREST: Gabriel Attal ne relâche pas le rythme de sa campagne présidentielle pendant l'été. Il a entamé jeudi un déplacement de trois jours en Bretagne où il entend montrer son "envie" d'aller à l'Elysée, qu'il juge plus forte que celle de son concurrent Edouard Philippe.

"Gabriel (Attal) continue à accélérer, il en a plus envie que les autres. Il trace sa route, fort et vite", résume son entourage.

Venu en avion de Paris, l'ancien Premier ministre a été accueilli par une poignée de militants et d'élus à la criée de Brest, où il a déambulé au milieu des bacs de lotte, de langoustes et de raies.

"Qu'est-ce qu'on peut faire pour aider la filière?", a interrogé le candidat.

Un représentant des goémoniers bretons, Yvon Troadec, l'a interpellé sur les difficultés de la profession, confrontée aux effets du réchauffement climatique, qui plombe la récolte d'algues.

"Je n'ai aucune illusion" d'avoir été entendu, a confié le pêcheur à l'AFP.

Sur les quais du port breton, M. Attal a vanté "l'identité extrêmement forte", "heureuse" et "conquérante" de la Bretagne. "C'était important pour moi d'être ici (...) pour aller aussi à la rencontre des Français qui travaillent, y compris en plein été, c'est le sens de mes déplacements tout au long de cet été et je vais continuer à le faire", a-t-il ajouté.

Jeudi, M. Attal devait déjeuner avec le patron des supermarchés Michel-Edouard Leclerc, avant de poursuivre la journée aux fêtes maritimes de Douarnenez.

Vendredi, il doit tenir une réunion publique à Lorient et pour finir un passage samedi sur l'île aux Moines, où il passait ses vacances en famille.

Distancé par le candidat d'Horizons dans les sondages, le patron du parti Renaissance veut "convaincre les Français un par un sur le terrain", notamment ceux "qui travaillent".

Edouard Philippe s'est aussi rendu dans l'ouest de la France samedi dernier, du marché de Guérande à la plage de La Baule en Loire-Atlantique, pour évoquer l'érosion côtière ou la question du tourisme.

Alors que les candidatures des deux anciens Premiers ministres d'Emmanuel Macron font craindre un effacement du centre et de la droite au second tour de la présidentielle, Gabriel Attal estime dans un entretien au quotidien régional Le Télégramme qu'il "faut d'abord une campagne et, ensuite, un vrai rassemblement", promis pour "début 2027".

En Bretagne, il entend développer la thématique des salaires, qu'il refuse de laisser à la gauche.

Désireux de réduire l'écart entre les salaires bruts et nets, il promet l'équivalent d'un treizième mois pour les Français "de la classe moyenne qui travaillent", soit 250 euros de plus par mois pour un salarié qui touche 2.200 euros net par mois.

 Pas de "facilité" 

Celui qui a pris ses distances avec Emmanuel Macron se défend d'aller "à la facilité" en Bretagne, terre macroniste.

Il défend son "ADN singulier" et considère au passage qu'"on n'a pas été assez loin" sur l'adaptation au changement climatique.

"Si on reprend les 10 dernières années, il y a eu un certain nombre de progrès" mais "on n'a pas été assez loin, notamment sur l'adaptation de notre pays. Les épisodes de canicule l'ont démontré", dit-il.

Alors qu'une partie des députés Renaissance sont très remontés après la réintroduction à titre dérogatoire de deux pesticides dans la loi d'urgence agricole, M. Attal reconnaît "un trouble" parmi les troupes du bloc central qui restent "en soutien" des agriculteurs.

Il entend plus largement pendant l'été s'arrêter sur le "quotidien" des Français et des thèmes parfois inhabituels dans une campagne présidentielle.

Il évoquera ainsi fin juillet la gestion de l'eau à Annecy, alors que la sécheresse s'étend après plusieurs épisodes de canicule, les gens du voyage en Vendée, ou encore l'abandon des animaux de compagnie, avant de visiter en août un quartier prioritaire et une colonie de vacances, puis de rencontrer des "mamans solo".

Fin août, il entrera dans une "nouvelle phase", avec la présentation de son quatrième et dernier chantier dédié à l'éducation et de son équipe de campagne.

Avant d'entamer une série de meetings régionaux, dont le premier se tiendra le 10 octobre à Lyon.