L’ultra-droite en France, «un projet chimérique» selon le spécialiste Jean-Yves Camus

Une capture vidéo tirée d'une séquence de l'AFPTV montre des militants de SOS Racisme (mouvement contre le racisme) affrontant des partisans du spécialiste des médias d'extrême droite français et candidat à la présidentielle de 2022 Eric Zemmour à la fin d'un rassemblement de campagne organisé à Villepinte, près de Paris, le 5 décembre , 2021. Colin BERTIER, Aurélia MOUSSLY, Laura DIAB / AFP
Une capture vidéo tirée d'une séquence de l'AFPTV montre des militants de SOS Racisme (mouvement contre le racisme) affrontant des partisans du spécialiste des médias d'extrême droite français et candidat à la présidentielle de 2022 Eric Zemmour à la fin d'un rassemblement de campagne organisé à Villepinte, près de Paris, le 5 décembre , 2021. Colin BERTIER, Aurélia MOUSSLY, Laura DIAB / AFP
Short Url
Publié le Vendredi 11 février 2022

L’ultra-droite en France, «un projet chimérique» selon le spécialiste Jean-Yves Camus

  • Les groupuscules d’ultra-droite se manifestent essentiellement en période de crise et de tensions, et quoi de plus propice que la crise actuelle, à la fois sociale, sanitaire, sécuritaire et migratoire
  • «Les profils sont divers: nous ne sommes plus face à la caricature qu’on avait du jeune homme issu de la classe populaire en rupture familiale et scolaire qui rallie l’ultra-droite pour se distinguer», affirme Camus

PARIS: Depuis plusieurs mois, les groupes d’ultra-droite sont dans le collimateur du gouvernement français. Ces groupes sont invisibles, voire souterrains. On découvre leur existence à travers les actes de violence souvent sanglants par lesquels ils se distinguent durant certaines manifestations publiques.

Dernier en date, le meeting du candidat de la «Reconquête» d’extrême droite, Éric Zemmour, à Villepinte, où des militants de SOS Racisme ont été passés à tabac par des individus qui se sont avérés être membres d’un groupe d’ultra-droite, les Zouaves.

Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a par la suite annoncé la dissolution de ce groupe. Auparavant, ce sont les groupes Alvarium et Génération identitaire qui ont été visés par une décision de dissolution. Qui sont ces groupes, quelles sont leurs motivations et d’où viennent leurs membres?

Il y a eu depuis 2017 six cas de groupes qui projetaient des attaques terroristes contre des cibles très variées

Jean-Yves Camus

Cette fermeté est-elle fondée, ou bien s’agit-il d’un simple affichage à l’approche de la présidentielle prévue en avril prochain, ou même les deux? Interrogé par Arab News en français, le spécialiste de l’ultra-droite en Europe, Jean-Yves Camus, chercheur associé à l’Institut des recherches internationales et stratégiques (Iris) estime que depuis le début du quinquennat du président Emmanuel Macron, «on se trouve dans une situation un petit peu nouvelle qui oblige la police et les services de renseignement à démanteler de petits groupuscules qui ont des projets non pas politiques mais terroristes».

Depuis 2017, on a dénombré six cas de groupes qui projetaient des attaques terroristes contre des cibles très variées: le président de la République, des hommes et des femmes politiques, dont l’ancien ministre Christophe Castaner et le dirigeant de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, des musulmans, aussi bien des imams, des mosquées que des musulmans lambda, des juifs... Un projet d’attentat a également été déjoué contre une loge de francs-maçons.

Les groupuscules d’ultra-droite, «il y en a toujours eu», indique Camus, mais ils étaient «marginaux, et menaient leur activité de propagande sans vouloir passer au terrorisme». C’est donc la crainte d’un passage à l’acte et de ses conséquences dans une situation sociale des plus tendues, qui a poussé les autorités à l’action. En même temps, l’expression d’une telle fermeté est la bienvenue dans une campagne électorale où l’accent est mis par l’extrême droite et la droite sur la dégradation de la sécurité.

Les attentats du 13 novembre et l’attentat de Nice «ont changé quelque chose dans la mentalité des Français en général».

Jean-Yves Camus

L’autre raison, nettement plus politique, c’est que dans la loi contre le séparatisme, il y a un objectif affiché qui est de s’attaquer à la fois à l’islam radical et à toutes les autres formes de séparatismes indique Camus.

Alors, le gouvernement cherche à montrer de l’équilibre dans l’approche de la lutte contre le séparatisme, surtout «qu’il y a des raisons qui font qu’il s’intéresse aussi à l’ultra-droite».

Les attentats islamistes commis sur le sol français sont «un des facteurs qui explique cette radicalisation». Camus s’arrête notamment sur les attentats du 13 novembre et celui du 14-juillet à Nice. Pourquoi? Parce que les attentats précédents, c’est-à-dire Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher étaient des attentats ciblés. «Les Français pouvaient se dire, on connaît la raison». Pour Charlie Hebdo, c’est la publication des caricatures du prophète, pour l’Hyper Cacher, le mobile est lié à l’antisémitisme des islamistes radicaux qui ont commis l’attentat. Mais, souligne-t-il, les attentats du 13 novembre et l’attentat de Nice «ont changé quelque chose dans la mentalité des Français en général».

Ces groupuscules se manifestent essentiellement en période de crise et de tensions, alors quoi de plus propice que la situation actuelle caractérisée par une crise sociale, sanitaire, sécuritaire et migratoire.

Jean-Yves Camus

Ces attentats visaient tout le monde, des personnes qui allaient à un match de football au Stade de France, d’autres qui étaient attablées à des terrasses ou se rendaient à un concert (au Bataclan). Pour l’attentat de Nice, c’étaient des gens qui descendaient fêter le 14-juillet dans la rue. Ces personnes-là sont des hommes, des femmes et des enfants, et cela a agi comme un accélérateur de radicalisation, «qui a fait qu’un certain nombre de personnes qui étaient simplement des militants politiques ont estimé qu’il était temps de passer à l’action».

Ces groupuscules se manifestent essentiellement en période de crise et de tensions, alors quoi de plus propice que la situation actuelle caractérisée par une crise sociale, sanitaire, sécuritaire et migratoire. D'ailleurs, Camus indique qu’en 1944, à la Libération, l’extrême droite était définitivement discréditée pour son association avec le régime de Vichy et le nazisme.

Ce constat était erroné, souligne-t-il, puisque très rapidement, dans les cinq années qui ont suivi, «on l’a vu resurgir de manière groupusculaire». Ensuite divers épisodes se sont succédé, comme pendant la guerre d’Algérie, où l’extrême droite est passée à l’action avec des soutiens assez importants dans l’appareil d’État, l’armée et dans une partie du patronat.

Et puis, de nouveau, le fait que le président, à l’époque le général Charles de Gaulle, ait réussi à démanteler très vite l’OAS (Organisation armée secrète pour la défense de la présence française en Algérie),  «a remis l’extrême droite et l’ultra-droite dans la marginalité et ça a continué comme ça de manière cyclique».

Ensuite, ajoute Camus, à partir du milieu des années 1980 avec les premières victoires électorales du Front national (FN) de Jean-Marie Le Pen, on a assisté au début d’un nouveau cycle, mais au fil du temps, l’ultra-droite s’est éloignée du FN.

Ces personnes sont dans «un projet chimérique, ils n’auront jamais le pouvoir parce qu’ils sont peu nombreux et ils ne participent pas aux élections»

Jean-Yves Camus

Aujourd’hui, affirme Camus, l’ultra-droite n’est plus associée au Front national (devenu Rassemblement national), elle est contre lui, puisqu’elle estime que Marine Le Pen (qui a succédé à son père à la tête du mouvement) a trahi les fondamentaux du parti qui était ceux de Jean-Marie Le Pen.

«Ceux-là trouvent aujourd’hui leur bonheur chez Éric Zemmour, dont le message est beaucoup plus radical», et il y en a même parmi eux qui considèrent que Zemmour «n’en fait pas assez et que c’est la démocratie en général qu’il faut attaquer».

Ces personnes sont dans «un projet chimérique, ils n’auront jamais le pouvoir parce qu’ils sont peu nombreux et ils ne participent pas aux élections», leur soutien à Zemmour est dû au fait qu’il sont plus radicaux et que Zemmour «est porteur du programme le plus radical, Ie curseur principal pour eux étant la question de l’immigration et de l’identité».

Évoquant le profil des membres de l’ultra-droite, Camus indique qu’on «trouve une grande diversité»: on avait l’habitude de dire que l’ultra-droite est un phénomène de jeunes et, là, on constate qu’il y a effectivement des jeunes mais également des personnes de plus de 60 ans et, fait nouveau, des femmes et même des femmes d’un certain âge.

«On est dans un éventail très large de situations, et nous ne sommes plus face à la caricature qu’on avait du jeune homme issu de la classe populaire en rupture familiale et scolaire qui rallie l’ultra-droite pour se distinguer», affirme-t-il.

L’explication de cette diversité réside dans la situation actuelle, extrêmement tendue, les incertitudes de la politique internationale, les mouvements sociaux difficiles à décrypter. On a eu d’abord les Gilets jaunes et, aujourd’hui, les manifestations contre le pass sanitaire. Tout cela, estime Camus, laisse penser «qu’il y a un besoin d’autorité qui pour certains va jusqu’au rejet de la démocratie représentative».

Pour ce qui est de l’efficacité de l’approche frontale adoptée à leur égard par le gouvernement, Camus considère que «c’est un très vieux débat entre la vision politique et la vision policière de la question». Dans les milieux policiers, on considère souvent que les dissolutions sont indispensables à un certain moment ajoute-t-il, «mais il faut s’y prendre avec beaucoup de discernement car il n’y a rien de pire qu’un groupe qui est visible et qui, à la suite d’une dissolution, devient invisible».


G7: les ministres de l'Agriculture réunis à Paris sur la «sécurité des approvisionnements en engrais»

La ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, s'adresse au 59e congrès du syndicat des Jeunes Agriculteurs (JA) au parc des expositions Ainterexpo de Bourg-en-Bresse, dans le centre de la France, le 4 juin 2026. (Photo : OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP)
La ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, s'adresse au 59e congrès du syndicat des Jeunes Agriculteurs (JA) au parc des expositions Ainterexpo de Bourg-en-Bresse, dans le centre de la France, le 4 juin 2026. (Photo : OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP)
Short Url
  • La France, qui importe plus de 60% de ses engrais, planche depuis des mois sur un "plan engrais", annoncé par la ministre qui n'en a toutefois pas dévoilé les contours
  • Pour Paris comme l'Europe, l'enjeu est de réduire sa dépendance en diversifiant ses approvisionnements, en réduisant sa consommation et consommant davantage d'engrais organiques (lisiers, purins d'orties...)

PARIS: La France réunit lundi les ministres de l'Agriculture du G7 pour une réunion consacrée aux engrais et à la question de la "sécurité des approvisionnements" en fertilisants dans le contexte du conflit au Moyen-Orient.

Cette réunion est destinée à dresser un bilan des difficultés actuelles des agriculteurs et à identifier "des actions communes" dans un contexte de flambée des cours des fertilisants  depuis le début de la guerre en Iran fin février et la quasi-fermeture du détroit d'Ormuz, par lequel transitent environ 30% des engrais mondiaux.

Cette rencontre, qui se tient dans le cadre de la présidence française du groupe des sept puissances économiques, vise à définir comment "sécuriser les approvisionnements", "améliorer le partage d'informations et la transparence des marchés" et "renforcer la résilience des filières agricoles face aux chocs économiques et géopolitiques", selon un communiqué du ministère français.

La ministre française de l'Agriculture, Annie Genevard, réunit à midi ses homologues des États-Unis, du Royaume-Uni, de l'Allemagne, de l'Italie, du Canada et du Japon, ainsi que des représentants de l'Union européenne, de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et du Système d'information sur les marchés agricoles (AMIS).

Il n'est pas prévu pour l'heure de point presse à l'issue de cette rencontre.

La France, qui importe plus de 60% de ses engrais, planche depuis des mois sur un "plan engrais", annoncé par la ministre qui n'en a toutefois pas dévoilé les contours.

Pour Paris comme l'Europe, l'enjeu est de réduire sa dépendance en diversifiant ses approvisionnements, en réduisant sa consommation et consommant davantage d'engrais organiques (lisiers, purins d'orties...).

Autre piste envisagée, à court terme, la constitution de stocks stratégiques d'engrais, ce qui pourrait toutefois renforcer la hausse des prix et poserait des questions de sécurité (les engrais sont potentiellement explosifs).

L'Europe et ses partenaires occidentaux sont moins exposés que l'Asie ou l'Afrique aux difficultés d'approvisionnement liées à la guerre en Iran. Mais l'impact sur les prix est global et le coût des fertilisants a augmenté d'environ 50% - et jusqu'à 70% pour l'urée, engrais azoté très consommé produit au Moyen-Orient.

Cela aura des conséquences pour la récolte 2027: si les agriculteurs s'étaient déjà approvisionnés pour leurs semis de 2026, la question se posera dès la fin de l'été pour les semis de céréales d'hiver comme le blé ou l'orge. Avec in fine un risque sur le rendement des récoltes mondiales.


Lyhanna: Darmanin réunit les procureurs généraux, manifestations attendues devant les tribunaux

La "réunion de travail" place Vendôme a débuté vers 08H50. Elle se tient au lendemain d'une marche blanche qui a réuni 6.000 personnes en hommage à Lyhanna à Fleurance, dans le Gers, dans laquelle dominait la colère face à une "défaillance sociétale". (AFP)
La "réunion de travail" place Vendôme a débuté vers 08H50. Elle se tient au lendemain d'une marche blanche qui a réuni 6.000 personnes en hommage à Lyhanna à Fleurance, dans le Gers, dans laquelle dominait la colère face à une "défaillance sociétale". (AFP)
Short Url
  • Gérald Darmanin va dire aux procureurs généraux, comme il l'a annoncé dès dimanche sur LCI, qu'ils ont jusqu'au 14 juillet "pour reprendre l'intégralité des plaintes qui touchent les enfants", soit environ 70.000
  • "On va prendre ressort par ressort, toutes les plaintes" et "il n'y a pas un haut magistrat qui va partir en vacances" tant que ce recensement n'aura pas été fait, a prévenu Gérald Darmanin. Il tiendra ensuite une conférence de presse au ministère

PARIS: Gérald Darmanin réunit lundi à la Chancellerie les procureurs généraux pour leur demander une revue des plaintes concernant des enfants victimes dans le sillage de l'affaire Lyhanna, tandis que des associations féministes et de la protection de l'enfance ont appelé à des rassemblements devant les tribunaux.

La "réunion de travail" place Vendôme a débuté vers 08H50. Elle se tient au lendemain d'une marche blanche qui a réuni 6.000 personnes en hommage à Lyhanna à Fleurance, dans le Gers, dans laquelle dominait la colère face à une "défaillance sociétale".

Gérald Darmanin va dire aux procureurs généraux, comme il l'a annoncé dès dimanche sur LCI, qu'ils ont jusqu'au 14 juillet "pour reprendre l'intégralité des plaintes qui touchent les enfants", soit environ 70.000.

"On va prendre ressort par ressort, toutes les plaintes" et "il n'y a pas un haut magistrat qui va partir en vacances" tant que ce recensement n'aura pas été fait, a prévenu Gérald Darmanin. Il tiendra ensuite une conférence de presse au ministère.

Mais les procureurs généraux avaient déjà commencé à passer en revue les plaintes, avant même que le ministre ne le demande, selon David Sénat, magistrat à la cour d'appel de Versailles. "Cette tâche prioritaire se fera pendant un temps donné, au moins pendant un peu plus d'un mois, au détriment des autres actes d'enquête", a-t-il souligné sur France 2.

Depuis la découverte du corps de la fillette de 11 ans et les révélations sur des plaintes pour viols sur mineures - certaines procédures ayant ensuite été classées - dont le suspect a fait l'objet, le garde des Sceaux occupe le terrain médiatique, se disant d'abord "terrifié" lors d'un déplacement jeudi à Béziers, puis pointant le lendemain sur X "les dysfonctionnements accablants et inacceptables des services de l'Etat".

Vendredi soir sur TF1, il a présenté ses "excuses" à la famille de Lyhanna au nom de l'institution judiciaire, qui a "failli dans le suivi des plaintes" déposées contre le suspect, et a menacé de "sanctions" des magistrats si "des fautes professionnelles" étaient "avérées".

Une inspection (justice, gendarmerie et Education nationale) doit rendre ses conclusions sous 15 jours.

"Urgence absolue" 

La plainte qui concentre les critiques avait été déposée le 22 août 2025 à Plaisance-du-Touch (Haute-Garonne) par la mère d'une fillette de 11 ans, pour des viols commis entre septembre 2024 et mai 2025 au domicile du suspect.

Après avoir réalisé plusieurs actes d'enquête, dont des examens médico-légaux corroborant les déclarations de la petite fille, le parquet de Toulouse s'était dessaisi au profit de celui d'Auch, territorialement compétent. Transmis par la Poste fin 2025, le dossier n'a été adressé à la gendarmerie de Lectoure que le 9 janvier 2026.

Et malgré des "éléments d'enquête assez accablants", le suspect n'avait toujours pas été entendu au moment de la disparition de Lyhanna, a déploré dimanche soir sur France 2 le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. Son collègue Gérald Darmanin a lui regretté une "absence de priorisation" dans le traitement de cette plainte, alors qu'"un viol sur enfant, c'est urgence absolue".

Dans un communiqué vendredi, la Conférence nationale des procureurs généraux (CNPG) et celle des procureurs de la République (CNPR) avaient dit leur refus que des responsabilités soient "mentionnées" et "encore moins" sanctionnées avant les conclusions de l'inspection.

L'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) a de son côté pointé une inflation d'instructions - "42 circulaires et 72 dépêches depuis 2025" - et la tentative de trouver "des boucs émissaires et vite".

La question des moyens - évacuée par le président de la République Emmanuel Macron - devrait être également sur la table de la "réunion de travail" lundi.

Si le budget de la justice a augmenté ces dernières années, il ne comble pas selon le président de la CNPR, Frédéric Chevallier, un retard structurel: la France compte trois procureurs pour 100.000 habitants, contre 12,2 en moyenne en Europe. Le magistrat relève par ailleurs que la justice ne représente que cinq euros sur 1.000 du budget de l'Etat, et que plus de la moitié du budget du ministère part vers les prisons.

Plusieurs associations féministes et de protection de l'enfance ont de leur côté appelé à des rassemblements lundi à 19H00 devant le ministère de la Justice et devant une centaine de tribunaux. Dénonçant une "défaillance systémique des institutions", la Fondation des femmes a notamment demandé "une loi intégrale contre les violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants".

 


Bernadette Chirac, veuve du président Chirac, est décédée à 93 ans

Le président français Jacques Chirac prononce un discours en présence de son épouse, Bernadette Chirac, lors d’une cérémonie de remise de décorations au Palais de l'Élysée à Paris, le 5 mai 2006. Bernadette Chirac, veuve de l’ancien président français, est décédée le 5 juin 2026 à l’âge de 93 ans. (AFP)
Le président français Jacques Chirac prononce un discours en présence de son épouse, Bernadette Chirac, lors d’une cérémonie de remise de décorations au Palais de l'Élysée à Paris, le 5 mai 2006. Bernadette Chirac, veuve de l’ancien président français, est décédée le 5 juin 2026 à l’âge de 93 ans. (AFP)
Short Url
  • Bernadette Chirac, veuve de Jacques Chirac, est décédée à 93 ans, a annoncé sa fille Claude Chirac
  • Ancienne Première dame et élue de Corrèze pendant plus de 35 ans, elle était également connue pour son engagement avec l’opération Pièces Jaunes

PARIS: Bernadette Chirac, veuve de l'ancien président de la République Jacques Chirac, est décédée vendredi soir à l'âge de 93 ans, a annoncé samedi matin à l'AFP sa fille Claude Chirac.

Mme Chirac, née Bernadette Chodron de Courcel, "s'est éteinte dans la soirée", dans les Hauts-de-Seine, "paisiblement, entourée des siens. Elle venait d'avoir 93 ans", le 18 mai, a déclaré sa fille.

Elle aura été la seule première dame à avoir elle-même exercé un mandat politique sur son nom propre, celui de conseillère générale de Corrèze, département où elle a été élue sans discontinuer de 1979 à 2015.

Emmanuel Macron a aussitôt salué la mémoire d'une "grande dame de coeur", qui "a marqué notre histoire" et "changé tant de vies avec discrétion et obstination".

En hommage à Bernadette Chirac, le président de la République et son épouse Brigitte ont invité sur le réseau X "toutes celles et ceux qui le souhaitent à se rendre dès 15h à la Maison Élysée située en face du Palais" où "un registre de condoléances sera mis à disposition".

Epouse pendant plus de 60 ans de Jacques Chirac, restée longtemps dans l’ombre du "grand", elle a accompagné son époux tout au long de son chemin vers l’Elysée (ministères, Matignon, mairie de Paris, RPR…) jusqu’à la victoire à l’élection présidentielle de 1995, au troisième essai.

Née le 18 mai 1933 à Paris, Bernadette Chodron de Courcel a grandi dans une famille de diplomates du XVIe arrondissement de la capitale. Elève de Sciences-Po Paris, c’est dans cette grande école qu’elle rencontre Jacques Chirac, qu'elle épouse en 1956.

Le couple a eu deux filles: Laurence (1958), longtemps malade et dont le décès en 2016 avait plongé Bernadette Chirac dans une très sévère dépression, et Claude (1962), gardienne du temple chiraquien, qui a pris la suite de sa mère en se faisant élire conseillère départementale de Corrèze en 2021.

Durant le premier mandat présidentiel (1995-2002) de Jacques Chirac, elle est d’abord reléguée au second plan. Avant de jouer un rôle essentiel dans la réélection de son mari en 2002, devenue très populaire auprès des Français, notamment à la tête de l’opération Pièces jaunes en faveur des enfants hospitalisés, et la coqueluche des élus de droite, qui s’arrachent son soutien aux municipales et aux législatives.

D’allure classique et bourgeoise, réputée beaucoup plus conservatrice que son mari, dotée d’un solide sens politique, celle qui avait acquis le surnom de "Bernie" avait mis en garde Jacques Chirac en 1997 contre le désastre d’une dissolution, dont elle accablait le secrétaire général de l’Elysée d'alors Dominique de Villepin, appelé "Néron" en petit comité.

Son époux racontait aussi qu’elle avait été la seule à l’alerter sur la montée du leader du Front national Jean-Marie Le Pen lors de la présidentielle de 2002.

"Elle est la femme de ma vie, nous avons tant accompli ensemble !", disait d’elle Jacques Chirac dans ses "Mémoires".