Afghanistan: des universités publiques rouvrent, avec des étudiantes

Des combattants talibans montent la garde à l'entrée principale de l'université de Laghman à Mihtarlam, dans la province de Laghman, le 2 février 2022. (Photo, AFP)
Des combattants talibans montent la garde à l'entrée principale de l'université de Laghman à Mihtarlam, dans la province de Laghman, le 2 février 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 02 février 2022

Afghanistan: des universités publiques rouvrent, avec des étudiantes

  • Seules les universités privées avaient jusque-là été autorisées à rouvrir depuis septembre, pour femmes et hommes, là aussi avec des classes non mixtes
  • A l'université de Laghman (est), la rentrée n'a pas attiré les foules

MEHTARLAM, Afghanistan : Des universités publiques en Afghanistan ont rouvert mercredi pour la première fois depuis la prise du pouvoir par les talibans en août dernier, et quelques étudiantes ont pu assister aux cours, mais séparées des élèves masculins.

Seules les universités privées avaient jusque-là été autorisées à rouvrir depuis septembre, pour femmes et hommes, là aussi avec des classes non mixtes.

"C'est un moment de joie de reprendre nos cours, mais nous sommes toujours inquiets que les talibans puissent les arrêter", a déclaré à l'AFP Zarlashta Haqmal, étudiante en droit et sciences politiques à l'université de Nangarhar, à Jalalabad (est).

La reprise a eu lieu mercredi dans six provinces de l'est, du sud et du sud-ouest: Laghman, Nangarhar, Helmand, Nimroz, Farah et Kandahar. Elle est programmée le 26 février dans les autres provinces, ont indiqué les autorités.

Elle pourrait être un "marqueur critique" sur le chemin de la reconnaissance internationale recherchée par le régime taliban, selon Andrew Watkins, analyste pour l'US Institute of Peace (USIP). Et de bon augure selon lui pour un possible retour des Afghanes "à tous les niveaux scolaires".

A l'université de Laghman (est), la rentrée n'a pas attiré les foules, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Seule une poignée de femmes, vêtues de voiles intégraux (burqa ou niqab), ont pénétré dans l'enceinte de cet établissement adossé à une chaîne de montagnes enneigées.

Sur ce campus isolé à l'extérieur de la capitale provinciale, Mehtarlam, des combattants talibans en armes contrôlaient - comme dans d'autres provinces - les entrées devant la porte de l'établissement, surplombée par le drapeau blanc de l'Emirat islamique.

Quelques dizaines de professeurs et d'étudiants ont fait le trajet, en mini-taxi ou en bus, tous vêtus d'un shalwar kameez, la longue tunique traditionnelle locale. La plupart ont refusé de s'exprimer, la direction leur ayant demandé d'éviter la presse.

"Tout le monde peut venir. De 8h à 12h, les cours sont réservés aux femmes, et de 13h à 16h, les classes auront lieu pour les hommes", a toutefois confié un employé de l'université, réclamant l'anonymat.

«Conformément à la charia»

Avant la prise de pouvoir des talibans en août, hommes et femmes étudiaient ensemble dans les universités.

"Pour l'instant, nous n'avons que peu d'informations", a expliqué Malik Samadi, un étudiant en mathématiques de 23 ans. "On nous a dit que tous les cours auraient lieu conformément à la charia", la loi islamique.

"L'éducation est le fondement d'un pays. Nous demandons au gouvernement actuel de la développer et de déployer des efforts supplémentaires dans ce secteur ... afin de construire notre pays", a estimé Munsefullah, étudiant en génie civil de l'université de Helmand (sud), heureux de reprendre les études.

La Mission d'assistance des Nations unies en Afghanistan (Manua) a qualifié lundi cette réouverture des universités publiques de "vraiment importante" pour le pays, jugeant "fondamental que chaque jeune puisse avoir un accès égal à l'éducation".

Cette reprise des cours intervient après des discussions fin janvier entre les talibans et des diplomates occidentaux en Norvège, premier pays européen à recevoir les fondamentalistes islamistes depuis leur prise du pouvoir.

Les pays occidentaux conditionnent au respect des droits humains, particulièrement ceux des femmes, le déblocage de milliards de dollars d’aide internationale, gelée depuis la prise de Kaboul par les talibans alors qu'elle finançait auparavant près de 75% du budget de l'Etat afghan.

L'Afghanistan est depuis enlisé dans une profonde crise humanitaire, la famine menaçant plus de la moitié de la population, selon l'ONU.

Les nouveaux maîtres du pays assurent s'être modernisés par rapport à leur précédent règne (1996-2001), lorsqu'ils interdisaient toute contestation et piétinaient largement les droits humains.

Mais ils n'ont pas tardé à réprimer à nouveau les libertés fondamentales des femmes.

Les Afghanes sont ainsi toujours largement exclues des emplois du secteur public, et elle doivent être accompagnées d'un homme de leur famille proche lors des longs trajets.

Les collèges et lycées sont eux encore fermés pour les filles dans la majorité du pays, et doivent rouvrir d'ici fin mars, ont promis les talibans.


Le ministre américain de la Défense estime à 37,5 milliards de dollars le coût de la guerre en Iran

Une Iranienne passe devant une immense fresque antiaméricaine et anti-israélienne représentant le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à Téhéran, le 19 juillet 2026. (AFP)
Une Iranienne passe devant une immense fresque antiaméricaine et anti-israélienne représentant le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, à Téhéran, le 19 juillet 2026. (AFP)
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  • Le Pentagone estime à 37,5 milliards de dollars le coût de la guerre en Iran et demande 67 milliards supplémentaires
  • Des sénateurs contestent cette demande et réclament plus de transparence sur la stratégie américaine

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense a estimé mardi que la guerre en Iran a coûté jusqu'à présent 37,5 milliards de dollars aux Etats-Unis, une hausse de près de 30% par rapport au dernier chiffre de 29 milliards.

"L'estimation que nous avons à ce jour est de 37,5 milliards de dollars", a déclaré Pete Hegseth devant une commission du Sénat américain, en précisant que ce montant incluait certains coûts anticipés jusqu'à fin septembre.

Le ministre a également défendu la demande du gouvernement Trump d'une rallonge budgétaire de 67 milliards de dollars pour le Pentagone.

M. Hegseth, ainsi que le chef d'état-major de l'armée américaine, le général Dan Caine, ont affirmé que cette rallonge était "urgente" et "nécessaire".

Mais la sénatrice démocrate Jeanne Shaheen a contesté cette évaluation, affirmant que le ministre disposait encore de 75 milliards de dollars non dépensés.

"Pourquoi demandez-vous au peuple américain d'assumer le coût d'une guerre qu'il ne soutient pas, au lieu de solliciter une autorisation de transfert de fonds déjà votés mais non dépensés?", a-t-elle demandé.

Selon le ministre, cet argent a été "affecté" à d'autres projets du président Donald Trump comme le "Dôme d'or américain" ou encore d'autres investissements dans l'armement.

Les fonds demandés ne prennent par ailleurs pas en compte le coût de la reconstruction des bases militaires américaines au Moyen-Orient.

D'autres sénateurs ont exprimé leur frustration, réclamant plus de détails sur la stratégie de Donald Trump afin de remporter la guerre au Moyen-Orient.

"Nous avons besoin de réponses claires et d'un discours franc", a estimé le sénateur John Kennedy, un républicain, tout en interrogeant les responsables sur ce qui se passerait si les Etats-Unis quittaient le détroit d'Ormuz.

Pete Hegseth et Dan Caine n'ont pas précisé si l'Iran imposerait des droits de passage aux navires souhaitant emprunter le détroit.


Après deux semaines d'hostilités, Trump n'en a «pas fini du tout» avec l'Iran

Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale. (AFP)
Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale. (AFP)
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  • Les Américains "s'occuperont" des Houthis s'ils mettent en oeuvre ce blocus maritime, a mis en garde le président Donald Trump
  • Les Etats-Unis s'étaient déjà mobilisés contre ces rebelles quand ils avaient perturbé le trafic maritime pendant la guerre à Gaza, menant des attaques de drones et de missiles contre des navires

TEHERAN: Les Etats-Unis n'en ont "pas fini du tout" avec l'Iran, a averti mardi Donald Trump, deux semaines après la reprise des hostilités qui menacent de s'étendre à la mer Rouge et d'affecter encore davantage l'économie mondiale.

Alors que la République islamique resserre son étau sur le stratégique détroit d'Ormuz, ses alliés yéménites, les rebelles houthis, menacent d'entraver le trafic de l'autre côté de la péninsule arabique.

Si elle était maintenue, la menace houthie couperait l'accès aux ports d'Arabie saoudite situés sur la mer Rouge, cruciaux pour contourner le détroit d'Ormuz. Le royaume est le premier exportateur de pétrole brut au monde.

Conséquence: le prix du baril de Brent, référence internationale, a terminé la séance au-dessus de 90 dollars pour la première fois depuis début juin.

Les Américains "s'occuperont" des Houthis s'ils mettent en oeuvre ce blocus maritime, a mis en garde le président Donald Trump.

Les Etats-Unis s'étaient déjà mobilisés contre ces rebelles quand ils avaient perturbé le trafic maritime pendant la guerre à Gaza, menant des attaques de drones et de missiles contre des navires. Les Houthis tirent parti du détroit de Bab el-Mandeb, un goulet d'étranglement situé à son extrémité sud, que les navires doivent emprunter pour rallier le canal de Suez.

Le cabinet de sécurité maritime Vanguard Tech a identifié pour la première fois mardi deux navires ayant fait demi-tour en mer Rouge après avoir chargé du brut saoudien dans le port de Yanbu, à la suite de l'annonce houthie.

L'Iran, de son côté, verrouille toujours Ormuz, où il a ciblé ces derniers jours plusieurs navires. Téhéran riposte aussi aux frappes américaines en visant les alliés régionaux des Etats-Unis.

"Si nous partions maintenant, cela prendrait à l'Iran 20, 25 ans pour reconstruire. Mais nous n'en avons pas fini du tout", a affirmé Donald Trump depuis la Maison Blanche.

"Inquiétudes" 

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a exprimé des "inquiétudes concernant la sécurité d'approvisionnement" en pétrole, notant toutefois que des "facteurs d'amortissement" existent.

Les tensions autour d'Ormuz avaient relancé les hostilités irano-américaines le 7 juillet, faisant voler en éclats le protocole d'accord signé mi-juin en vue d'un règlement durable du conflit.

Celui-ci a commencé avec l'offensive israélo-américaine sur l'Iran le 28 février, avant un cessez-le-feu en avril.

L'Iran, qui estime faire face à une "guerre totale" de la part de Washington, a été frappé à nouveau dans la nuit de lundi à mardi, notamment à Chiraz, à près de 200 km du Golfe, et dans la province du Fars (centre), selon l'agence locale Mehr.

Donald Trump a promis de lui faire "payer le prix plusieurs fois" pour la mort de chaque soldat américain, après la mort de trois militaires en Jordanie et en Irak ces derniers jours.

Côté iranien, le dernier bilan officiel publié vendredi recense au moins 50 morts et plus de 500 blessés depuis de premières escarmouches fin juin.

Economiser l'énergie 

Ces dernières 24 heures, la Jordanie, Bahreïn, ainsi que le Koweït ont annoncé avoir essuyé des attaques de drones et de missiles iraniens.

"L'ennemi devrait se préparer à des vagues de drones et à des attaques de missiles encore plus décisives et puissantes", ont averti les Gardiens de la Révolution iraniens, une des plus puissantes armées du Moyen-Orient.

Le Koweït accuse l'Iran d'avoir attaqué des centrales électriques et sites de dessalement d'eau, des installations cruciales pour rafraîchir et alimenter en eau potable ses millions d'habitants, dans une région parmi les plus arides du monde.

Pour réduire la pression sur le réseau, un habitant, Khaled al-Badri, a expliqué à l'AFP éteindre l'air conditionné avant de quitter son domicile et couper son éclairage extérieur. "Chacun peut contribuer à nous sortir de cette période", pense-t-il.


Trump dit vouloir «beaucoup aider» le Liban en recevant le président Aoun

Le président libanais Joseph Aoun a été reçu mardi à la Maison Blanche par Donald Trump, qui a dit vouloir "beaucoup aider" le Liban, au moment où un accord avec Israël parrainé par Washington entre dans sa première phase. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a été reçu mardi à la Maison Blanche par Donald Trump, qui a dit vouloir "beaucoup aider" le Liban, au moment où un accord avec Israël parrainé par Washington entre dans sa première phase. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a été reçu mardi à la Maison Blanche par Donald Trump, qui a dit vouloir "beaucoup aider" le Liban, au moment où un accord avec Israël parrainé par Washington entre dans sa première phase. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a été reçu mardi à la Maison Blanche par Donald Trump, qui a dit vouloir "beaucoup aider" le Liban, au moment où un accord avec Israël parrainé par Washington entre dans sa première phase. (AFP)
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  • M. Aoun a exprimé sa "profonde gratitude pour l'amitié du président Trump et le soutien que les Etats-Unis apportent au Liban", à l'issue de la rencontre dans le livre d'or de la Maison Blanche
  • "Nous allons l'aider. Nous allons beaucoup l'aider", avait auparavant affirmé Donald Trump aux côtés de son homologue libanais devant la presse réunie dans le Bureau ovale

WASHINGTON: Le président libanais Joseph Aoun a été reçu mardi à la Maison Blanche par Donald Trump, qui a dit vouloir "beaucoup aider" le Liban, au moment où un accord avec Israël parrainé par Washington entre dans sa première phase.

M. Aoun a exprimé sa "profonde gratitude pour l'amitié du président Trump et le soutien que les Etats-Unis apportent au Liban", à l'issue de la rencontre dans le livre d'or de la Maison Blanche.

"Nous allons l'aider. Nous allons beaucoup l'aider", avait auparavant affirmé Donald Trump aux côtés de son homologue libanais devant la presse réunie dans le Bureau ovale.

Peu après la rencontre, le président républicain a annoncé sur son réseau Truth Social la reprise des vols commerciaux directs entre les Etats-Unis et le Liban, suspendus depuis plus de quarante ans, invitant les Américains à "visiter ce magnifique pays".

L'interdiction avait été prononcée en 1985, en réaction au détournement d'un avion et de la prise en otage de 39 passagers américains par des Libanais chiites réclamant la libération de centaines de prisonniers en Israël.

Cette première rencontre entre les deux chefs d'Etat intervient au moment où Washington fait pression sur Beyrouth pour désarmer le Hezbollah pro-iranien, condition d'Israël pour se retirer du sud du Liban.

Mardi, l'armée libanaise s'est déployée dans le village de Zawtar al-Gharbiya, en vertu d'un accord-cadre qui prévoit l'établissement de "zones pilotes" évacuées par Israël.

Mais signe de l'instabilité de la situation, elle a accusé plus tard les forces israéliennes d'avoir tiré "près de ses troupes" dans le secteur.