Un monde, un film choc sur le harcèlement scolaire

Un monde, le premier long-métrage de Laura Wandel, sort aujourd’hui dans les cinémas en France. (Photo, AFP)
Un monde, le premier long-métrage de Laura Wandel, sort aujourd’hui dans les cinémas en France. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 27 janvier 2022

Un monde, un film choc sur le harcèlement scolaire

Un monde, le premier long-métrage de Laura Wandel, sort aujourd’hui dans les cinémas en France. (Photo, AFP)
  • Avec Un monde, la réalisatrice belge Laura Wandel réalise une parabole immersive à hauteur d’enfant qui dépeint également la brutalité de nos sociétés
  • «J’avais envie de montrer l’enfance, ses découvertes, mais aussi une certaine cruauté, parce que c’est aussi ça, l’enfance», explique à Arab News en français la réalisatrice

ABU DHABI : Ultraréaliste à la manière des frères Dardenne, Un monde, le premier long-métrage de Laura Wandel, sort aujourd’hui dans les cinémas en France. À première vue, le film est un récit maîtrisé de la violence et du harcèlement dans une cour d’école. On y suit Nora, 7 ans, qui entre à l’école primaire et découvre les tourments de son frère aîné Abel. Nora cherche à l’aider, mais elle se trouve prise dans un terrible conflit de loyauté, entre l’amour fraternel et son besoin de s’intégrer. 

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Laura Wandel : Le cinéma pour moi, c’est une fenêtre ouverte sur le monde, qui permet de découvrir d’autres cultures, de me projeter dans la vie de quelqu’un d’autre. (Photo fournie)

À travers une histoire sur le monde impitoyable des enfants, la réalisatrice belge met en lumière celui des adultes. Une parabole immersive à hauteur d’enfant qui dépeint aussi la brutalité de nos sociétés. 

Récompensé au dernier festival de Cannes par le prix Fipresci des critiques internationaux dans la catégorie «Un certain regard», Un monde a été présélectionné cette année pour les Oscars parmi quinze films internationaux. Arab News en français a rencontré Laura Wandel, qui dévoile les coulisses de sa création. 

Un monde peut être vu comme un récit du harcèlement à l’école, mais votre réflexion va bien au-delà, c’est un prétexte pour mener une réflexion plus large sur nos sociétés? 

Mon film ne parle pas seulement de harcèlement à l’école. C’est bien plus que ça. Il était important pour moi de renvoyer le spectateur à ses premiers souvenirs personnels, lorsqu’il a ressenti le besoin d’intégration, de reconnaissance, et d’appartenance. Ce besoin que l’on va retrouver dans notre vie d’adulte. J’ai l’impression que c’est vraiment à l’école, lorsque l’on quitte le cocon familial, que l’on est confronté pour la première fois à toutes ces problématiques. 

Nous passons plus de douze ans de notre vie, huit heures par jour, à l’école, et cela influence notre vision du monde en tant qu’adulte, notre rapport à l’Autre. C’est comme si des choses s’ancraient en nous à ce moment-là. J’aborde ici aussi la question de la territorialité: par exemple, le terrain de foot prend toute la place dans la cour de récréation, et j’ai l’impression que c’est assez universel. Dans la plupart des cours de récréation, les enfants qui n’ont pas envie de jouer au foot ont le droit à de tout petits espaces à côté. C’est assez révélateur de notre société, et je pense profondément que les conflits dans le monde sont liés à tous ces rapports de force. 

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Selon vous donc, le monde est en quelque sorte une grande cour de récréation?  

Oui j’ai l’impression. C’est vraiment un miroir de notre société, de notre monde. 

Vous avez aussi écrit le scénario du film. Comment vous avez eu l’idée de traiter ce sujet? 

Dans mon travail, je pars toujours d’un lieu, et cette fois, j’avais envie d’explorer l’école. C’est un microcosme et j’aime beaucoup les lieux qui représentent un microcosme. J’ai fait le choix de parler d’une enfant qui arrive dans la même école que son frère. J’avais envie de montrer l’enfance, ses découvertes, mais aussi une certaine cruauté, parce que c’est aussi ça, l’enfance.  

Maya Vanderbeque, la jeune fille qui incarne Nora, capte le spectateur par ses émotions dès les premiers instants du film. Sur quels critères vous avez fait le casting des enfants? 

Pour le rôle de Nora, je savais que j’avais besoin d’une enfant qui ait les épaules pour porter ce film. J’ai vu environ 200 enfants pendant le casting. Mais quand Maya est arrivée, la première chose qu’elle m’a dit a été «je vais donner toute ma force à ce film», alors qu’elle n’avait que 7 ans. Cela m’avait vraiment impressionné. Et devant la caméra, elle dégageait quelque chose d’incroyable et de très beau, juste par son visage. C’est ça aussi la magie du cinéma. C’est quand la caméra arrive à révéler quelque chose que l’on ne voit pas spécialement à l’œil nu. Une fois que nous l’avons choisie, nous avons organisé tout le casting en fonction d’elle et nous avons sélectionné Günter Duret pour le rôle d’Abel, le frère de Nora. 

Quel a été le processus que vous avez mis en place pour préparer les enfants à la thématique du harcèlement? 

J’ai travaillé avec Maya pendant environ deux ans. La première étape a été de lui apprendre à nager. Cela nous a permis de bien nous connaître et de construire une relation de confiance. Ensuite, nous avons mis en place une méthode particulière avec une orthopédagogue. Chaque enfant devait créer la marionnette de son personnage. Il fallait qu’ils fassent bien la distinction entre eux et le personnage, qu’ils ne mélangent pas les deux. C’était une étape très importante. Ensuite, on leur a expliqué le début d’une scène et on leur a demandé d’improviser la suite pour qu’ils puissent aussi engager leur corps et proposer des dialogues par eux-mêmes. Lors de la dernière étape, ils devaient dessiner chaque scène et cela devenu leur scénario visuel, leur propre story-board. 

Les enfants n’ont jamais reçu de scénario, contrairement aux adultes, parce qu’il était très important pour moi qu’ils gardent une part de créativité et qu’il puissent participer à l’histoire. Pendant deux mois avant le tournage, nous avons travaillé avec eux tous les week-ends. 

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Laura Wandel: Les enfants n’ont jamais reçu de scénario, contrairement aux adultes, parce qu’il était très important pour moi qu’ils gardent une part de créativité et qu’il puissent participer à l’histoire. (Photo fournie)

Dans le film, vous explorez aussi le sujet de la fraternité, la relation entre frère et sœur? 

C’était une manière presque symbolique de dire qu’on est tous frères et sœurs, en tant qu’humains, et de montrer jusqu'où l’on peut aller, renier sa propre identité afin de s’intégrer. 

Vous avez fait le choix de positionner votre caméra à hauteur d’enfant. Était-ce pour plonger le spectateur encore plus dans l’histoire? 

Oui, c’est une manière d’immerger le spectateur et de le confronter à la vision d’un enfant. J’ai aussi fait appel au hors champ. Il était très important pour moi que spectateur participe à la narration et j’ai impression que ce choix le permet. C’est aussi le cas pour le fond sonore, qui pourrait paraître placé là par hasard, mais qui a été réalisé avec beaucoup de précision. Je l’ai construit comme une véritable partition musicale. Les ingénieurs du son sont allés capter des vrais sons dans des cours de récréations pendant des mois. L’un travaillait uniquement sur les sons intérieurs et l’autre a enregistré les sons extérieurs. Ensuite, chaque cri et chaque son ont été placés à des endroits très précis pour faire monter ou baisser la tension dans le film. 

Avant sa sortie en salle, Un monde a déjà été visionné par de nombreux enfants dans les écoles. Ce film a-t-il été réalisé dans un but pédagogique? 

Pas au départ, non. Ce film était a priori davantage destiné aux adultes, mais en Belgique et en France, il est beaucoup demandé par les écoles. Il est en fait, en train de devenir un outil pédagogique. C’est quelque chose qui me touche beaucoup, parce que je ne m’y attendais pas. C’est très beau qu’il ne soit plus juste un «objet cinématographique». 

Combien de temps avez-vous travaille sur ce film? 

J’ai travaillé dessus pendant sept ans, dont cinq ans sur l’écriture du scenario. J’ai passé d’ailleurs énormément de temps à observer les enfants dans des cours de récréation, parce que je ne voulais pas me baser uniquement sur mes souvenirs personnels. J’ai aussi rencontré pas mal d’instituteurs et des parents d’élèves. 

Vous avez terminé le film avant la pandémie, pourtant Un monde sort seulement aujourd’hui au cinéma. Comment avez-vous vécu cette période de la pandémie? 

En effet, le film devait sortir en 2020, mais nous avons décidé de reporter sa sortie, à cause de la Covid-19. D’ailleurs, le dernier jour de la postproduction était le premier jour du premier confinement en Belgique. J’ai vraiment eu peur que ce film n’existe jamais, mais aujourd’hui je ne regrette pas ma décision. 

Pendant la pandémie et les confinements, cela a été difficile pour tout le monde. En revanche, il y a quelques semaines, une très belle chose est arrivée: les salles de cinéma ont résisté face au gouvernement belge qui voulait les fermer à nouveau. Je trouve cela vital parce que la société a besoin de culture et qu’il faut revendiquer ses droits. L’accès à la culture est un droit.

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Laura Wandel: C’était une manière presque symbolique de dire qu’on est tous frères et sœurs, en tant qu’humains, et de montrer jusqu'où l’on peut aller, renier sa propre identité afin de s’intégrer. (Photo fournie)

 Un monde est votre premier long-métrage. Vous avec étudié le cinéma à l’IAD (Institut des arts de diffusion) en Belgique et depuis vous avez tourné plusieurs courts-métrages. Qui sont vos grands maîtres dans le cinéma? 

Je suis entrée à l’IAD tout de suite après l’école secondaire, à 18 ans. Je savais que je voulais faire du cinéma. À la sortie de l’école j’ai beaucoup travaillé sur des tournages, j’avais besoin de me confronter au milieu professionnel. Aujourd’hui, je suis tout d’abord influencée par les frères Dardenne – ma grande référence –, mais aussi par l’Iranien Abbas Kiarostami, Bruno Dumont, un réalisateur français, et le cinéaste autrichien Michael Haneke.  

Laura Wandel, qu’est-ce que le cinéma pour vous? 

Le cinéma pour moi, c’est une fenêtre ouverte sur le monde, qui permet de découvrir d’autres cultures, de me projeter dans la vie de quelqu’un d’autre. C’est ça, pour moi la puissance du cinéma, sa force empathique. Pendant une heure ou deux, on peut rentrer dans la vie de quelqu’un d’autre et comprendre ce qu’il vit. En ce moment, c’est très important et peut-être qu’on ne le fait pas assez. Le cinéma, c’est ce qui me fait vivre. C’est vraiment mon lien à la vie et aux autres. 


A l'IMA, Plongée dans l’histoire de Byblos, premier grand port international du monde antique

L’exposition rassemble près de 400 pièces majeures, dont l’obélisque d’Abishemou ou encore une mosaïque représentant l’enlèvement d’Europe. Issues notamment de tombes royales et de sanctuaires, ces œuvres — vaisselle d’or et d’argent, bijoux incrustés de pierres semi-précieuses, armes d’apparat — illustrent la richesse et le raffinement de la cour de Byblos au début du IIe millénaire av. J.-C. (IMA)
L’exposition rassemble près de 400 pièces majeures, dont l’obélisque d’Abishemou ou encore une mosaïque représentant l’enlèvement d’Europe. Issues notamment de tombes royales et de sanctuaires, ces œuvres — vaisselle d’or et d’argent, bijoux incrustés de pierres semi-précieuses, armes d’apparat — illustrent la richesse et le raffinement de la cour de Byblos au début du IIe millénaire av. J.-C. (IMA)
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  • Bien avant l’essor des grandes puissances antiques, Byblos reliait déjà la côte libanaise à l’Égypte, à la Mésopotamie et au monde égéen
  • Dès 3200 av. J.-C., elle s’impose comme l’un des principaux ports de la Méditerranée — un statut qu’elle conservera plus de deux mille ans

PARIS: Au cœur d’une exposition exceptionnelle, la cité millénaire de Byblos révèle son rôle fondateur dans l’histoire de la Méditerranée, entre commerce, diplomatie et naissance de l’écriture. Présentée à l’Institut du monde arabe, en partenariat avec la Direction Générale des Antiquités du Liban, avec la collaboration du musée du Louvre et sur une idée originale du musée des Antiquités de Leiden, cette manifestation retrace près de neuf millénaires d’histoire urbaine continue.

Une cité fondatrice du monde méditerranéen

Bien avant l’essor des grandes puissances antiques, Byblos reliait déjà la côte libanaise à l’Égypte, à la Mésopotamie et au monde égéen. Dès 3200 av. J.-C., elle s’impose comme l’un des principaux ports de la Méditerranée — un statut qu’elle conservera plus de deux mille ans. Cette position stratégique s’explique notamment par ses liens privilégiés avec les pharaons, fondés sur le commerce du cèdre, ressource précieuse recherchée pour la construction navale, les temples et les rites funéraires.

Implantée sur un promontoire dominant la mer, à quarante kilomètres au nord de Beyrouth, la ville constitue aujourd’hui l’un des plus anciens sites habités sans interruption au monde. Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, elle témoigne d’une évolution urbaine allant d’un village de pêcheurs né il y a plus de 9000 ans à une cité-État prospère de l’âge du Bronze.

400 trésors pour raconter une civilisation

L’exposition rassemble près de 400 pièces majeures, dont l’obélisque d’Abishemou ou encore une mosaïque représentant l’enlèvement d’Europe. Issues notamment de tombes royales et de sanctuaires, ces œuvres — vaisselle d’or et d’argent, bijoux incrustés de pierres semi-précieuses, armes d’apparat — illustrent la richesse et le raffinement de la cour de Byblos au début du IIe millénaire av. J.-C.

Plusieurs objets témoignent de l’influence directe de l’Égypte, certains ayant même été offerts par les pharaons Amenemhat III et Amenemhat IV. Les dépôts votifs du Temple aux Obélisques révèlent quant à eux un univers religieux foisonnant, peuplé de figurines en bronze parfois dorées, de haches rituelles et de poignards cérémoniels.

Une découverte archéologique majeure

Moment fort du parcours : la présentation des découvertes récentes issues des fouilles menées depuis 2019. Les archéologues ont mis au jour une nécropole intacte datant d’environ 1800 av. J.-C., appartenant à l’élite de la cité — une trouvaille exceptionnelle dans la région. Ces artefacts bouleversent déjà la compréhension des structures sociales et économiques de cette puissance maritime antique.

IMA

Le site, exploré dès le XIXe siècle par l’érudit français Ernest Renan, continue ainsi de livrer ses secrets, confirmant que Byblos n’est pas seulement un vestige du passé, mais un laboratoire vivant de l’histoire méditerranéenne.

Une épopée toujours vivante

Au-delà de l’Antiquité, le parcours met également en lumière les périodes phénicienne, hellénistique, romaine et médiévale, jusqu’aux habitants actuels qui perpétuent la vie au cœur de la vieille ville. Cette continuité humaine fait de Byblos un rare exemple de cité où l’histoire ne s’est jamais interrompue.

Entre archéologie spectaculaire et récit civilisationnel, l’exposition offre ainsi une immersion dans l’une des plus anciennes aventures urbaines de l’humanité — celle d’une ville qui, bien avant les routes maritimes modernes, avait déjà fait de la Méditerranée un espace d’échanges, de cultures et d’idées.


Le film «Une bataille après l'autre» triomphe aux Bafta britanniques

Le prince William et la princesse Kate ont également répondu présents, après une semaine difficile pour la famille royale marquée par l'interpellation d'Andrew, le frère du roi Charles III, dans l'affaire Epstein. (AFP)
Le prince William et la princesse Kate ont également répondu présents, après une semaine difficile pour la famille royale marquée par l'interpellation d'Andrew, le frère du roi Charles III, dans l'affaire Epstein. (AFP)
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  • Les Bafta, souvent critiqués pour ne pas assez mettre en valeur les talents britanniques, ont aussi créé la surprise en distinguant le Britannique de 33 ans Robert Aramayo comme meilleur acteur dans la comédie dramatique "I Swear"
  • Très ému, cet acteur peu connu du public a battu le Franco-Américain Timothée Chalamet, pressenti pour ce trophée pour son rôle de joueur de ping-pong à l'ambition insatiable dans "Marty Supreme"

LONDRES: La fresque politique "Une bataille après l'autre" du cinéaste américain Paul Thomas Anderson est sortie dimanche grande gagnante des Bafta, les récompenses britanniques du cinéma, avec six prix dont meilleur film et meilleur réalisateur.

Le triomphe de cette tragicomédie sur la traque d'ex-révolutionnaires par des suprémacistes blancs, qui était nommée 14 fois, cimente son statut de favori aux Oscars, qui auront lieu le 15 mars à Los Angeles.

Interrogé lors d'une conférence de presse après sa victoire, Paul Thomas Anderson, dont le film fait écho aux récentes actions de la police de l'immigration (ICE) aux Etats-Unis, a souligné le besoin de "mener la révolution, sans violence si possible", et appelé les spectateurs à "garder espoir".

Les Bafta, souvent critiqués pour ne pas assez mettre en valeur les talents britanniques, ont aussi créé la surprise en distinguant le Britannique de 33 ans Robert Aramayo comme meilleur acteur dans la comédie dramatique "I Swear".

Très ému, cet acteur peu connu du public a battu le Franco-Américain Timothée Chalamet, pressenti pour ce trophée pour son rôle de joueur de ping-pong à l'ambition insatiable dans "Marty Supreme", grâce à son interprétation d'un jeune homme atteint du syndrome de Tourette, inspiré de l'Ecossais John Davidson.

Celui-ci était présent dans la salle, et le présentateur Alan Cumming a remercié le public pour sa compréhension, s'excusant si des spectateurs avaient été "offensés" par le "langage grossier" qu'ils avaient pu entendre, un phénomène qui "fait partie de la manière dont le syndrome de la Tourette se manifeste chez certaines personnes".

Un extrait de la cérémonie pendant lequel une insulte raciste, attribuée à M. Davidson, est lancée aux acteurs de "Sinners" Michael B. Jordan et Delroy Lindo lorsqu'ils remettent un prix sur scène est devenu viral dimanche soir sur les réseaux sociaux.

William et Kate 

La soirée des Bafta est l'une des plus glamour du calendrier londonien, et Leonardo DiCaprio, Jessie Buckley, Emma Stone, Timothée Chalamet ou Paul Mescal ont foulé le tapis rouge du centre culturel Southbank, sur les rives de la Tamise.

Le prince William et la princesse Kate ont également répondu présents, après une semaine difficile pour la famille royale marquée par l'interpellation d'Andrew, le frère du roi Charles III, dans l'affaire Epstein.

Il s'agissait de la première sortie officielle du prince depuis lors. Il a confié à des organisateurs de la soirée ne pas avoir vu le drame shakespearien "Hamnet", qui concourait dans 11 catégories: pour cela, "je dois être dans un état assez calme, ce qui n'est pas le cas pour le moment".

Ce drame-fiction de Chloé Zhao, qui explore le deuil du couple Shakespeare après la mort de leur fils, est reparti avec seulement deux récompenses: meilleur film britannique et meilleure actrice pour l'Irlandaise Jessie Buckley.

Cette actrice de 36 ans est la grande gagnante de la saison des prix et ultra-favorite aux Oscars.

A la croisée des genres entre horreur, film sur le blues et drame d'époque, "Sinners" de l'Américain Ryan Coogler (Black Panther), qui a remporté un record de 16 nominations aux Oscars, repart lui avec trois récompenses.

Paddington en vedette 

L'actrice britannico-nigériane Wunmi Mosaku a remporté le prix de la meilleure actrice dans un second rôle pour ce film d'époque teinté de fantastique dans l'Amérique ségrégationniste des années 1930.

"J'ai retrouvé une partie de moi-même en Annie, une partie de mes espoirs, de mon pouvoir ancestral et de mes liens, des aspects que je croyais avoir perdus (...) en tant qu'immigrante cherchant à m'intégrer", a déclaré l'interprète de 39 ans.

Depuis 2022, aucun acteur ou actrice britannique n'avait été sacré aux Bafta qui, depuis une réforme de son académie datant de 2020, fait élire ses gagnants par des votants au profil plus international.

Un changement qui s'est ressenti sur le palmarès, là où des cérémonies comme les César en France ou les Goya en Espagne valorisent davantage leur cinéma national.

"Valeur sentimentale", le film de Joachim Trier sur la relation douloureuse d'un père cinéaste avec ses filles, a remporté le prix du meilleur film non anglophone, une première pour un Norvégien.

Le plus célèbre des ours, Paddington, a lui aussi fait une apparition pour remettre la récompense pour le meilleur film pour les enfants et la famille, décrochée par l'Indien "Boong".

 


Ramadan : boost saisonnier pour l’industrie saoudienne des dattes

La consommation de dattes, portée par la foi et la culture du cadeau, amplifie la demande dans les supermarchés et les segments d’emballages haut de gamme. (Reuters)
La consommation de dattes, portée par la foi et la culture du cadeau, amplifie la demande dans les supermarchés et les segments d’emballages haut de gamme. (Reuters)
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  • Le Ramadan stimule la consommation de dattes en Arabie saoudite, dopant les ventes au détail et les exportations, sans toutefois constituer la véritable haute saison du secteur
  • Deuxième producteur mondial, le Royaume renforce son industrie des dattes, avec des exportations record et un rôle stratégique dans la sécurité alimentaire nationale

RIYAD : Les dattes occupent une place essentielle dans le tissu spirituel et culturel de l’Arabie saoudite. Associées à l’hospitalité et à la tradition religieuse, elles sont incontournables sur les tables d’iftar pendant le Ramadan.

Le mois sacré transforme également l’un des secteurs agricoles les plus établis du Royaume, l’industrie des dattes passant à la vitesse supérieure. La consommation liée à la foi et la culture du cadeau amplifient la demande, notamment dans les supermarchés et les segments premium.

Le conseiller économique Fadhel Al-Buainain a déclaré à Arab News que si la demande de dattes reste stable toute l’année, la consommation intérieure augmente sensiblement pendant le Ramadan.

« Ces dernières années, la demande mondiale pour les dattes saoudiennes a également progressé. Toutefois, la demande locale augmente nettement durant le Ramadan en raison de l’association des dattes au repas de l’iftar », a-t-il indiqué.

Beaucoup rompent leur jeûne avec des dattes fraîches (rutab) ou, à défaut, avec des dattes séchées, conformément à la tradition. Outre leur dimension religieuse, les dattes sont appréciées pour leurs bienfaits nutritionnels, précieux pendant les longues heures de jeûne.

Al-Buainain souligne que le Ramadan constitue « un moteur d’augmentation des ventes et des exportations », renforçant l’élan saisonnier du secteur, sans toutefois représenter son véritable pic économique.

« Je ne pense pas qu’il crée une haute saison, malgré son importance marketing. La véritable haute saison intervient après la récolte, lorsque les marchés sont dynamiques et que d’importants volumes sont écoulés. Cependant, dans le commerce de détail, le Ramadan peut être considéré comme une période clé d’intensification des activités marketing », explique-t-il.

Ainsi, si le Ramadan accélère les ventes au détail et stimule la demande dans les supermarchés et le marché des cadeaux, les cycles de production et les ventes en gros restent étroitement liés à la période de récolte.

« Le pic des ventes de dattes se situe au moment de la récolte, tant en volume qu’en prix », précise-t-il.

Les enchères sont organisées au début de la récolte, permettant l’écoulement de grandes quantités en gros — principal canal pour les producteurs — avant d’atteindre les détaillants et les consommateurs. Les ventes du Ramadan proviennent majoritairement des stocks récoltés l’année précédente.

Malgré la hausse saisonnière de la consommation, les volumes de production restent suffisants pour éviter une forte volatilité des prix.

« Les volumes produits sont importants et l’offre dépasse la demande », affirme-t-il, précisant que les dattes traditionnelles conservent des prix stables. Les hausses concernent surtout les produits transformés ou reconditionnés dans des formats cadeaux modernes.

Structurellement, le secteur s’est fortement développé ces dernières années. Les exportations saoudiennes de dattes ont atteint 1,695 milliard de riyals en 2024, selon le Centre national des palmiers et des dattes. La production a dépassé 1,9 million de tonnes, avec des exportations vers 133 pays — soit une hausse de 15,9 % en valeur par rapport à 2023.

Depuis le lancement de la Vision 2030, la valeur des exportations a progressé de 192,5 % entre 2016 et 2024.

L’Arabie saoudite, deuxième producteur mondial de dattes, compte plus de 33 millions de palmiers, soit 27 % du total mondial, répartis sur environ 123 000 exploitations agricoles.

Les dattes affichent également le taux d’autosuffisance le plus élevé parmi les fruits, à 121 %.

Al-Buainain qualifie les dattes de produit stratégique et pilier de la sécurité alimentaire du Royaume, tout en appelant à une stratégie plus claire, à une meilleure lutte contre les ravageurs — notamment le charançon rouge du palmier — et à une meilleure coordination de la chaîne de valeur.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com