Des palais empreints d’Histoire pour accueillir les visiteurs en Arabie saoudite

Le palais Al-Hamra, le palais Tuwaiq et le palais Rouge en Arabie saoudite seront transformés en luxueux hôtels. Des projets similaires pour les palais Khuzam et Al-Saqqaf sont à l’étude. (Photo fournie)
Le palais Al-Hamra, le palais Tuwaiq et le palais Rouge en Arabie saoudite seront transformés en luxueux hôtels. Des projets similaires pour les palais Khuzam et Al-Saqqaf sont à l’étude. (Photo fournie)
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Publié le Mercredi 26 janvier 2022

Des palais empreints d’Histoire pour accueillir les visiteurs en Arabie saoudite

  • La première phase du projet se concentre sur le développement de deux destinations historiques: le palais Al-Hamra à Djeddah, le palais Tuwaiq et le palais Rouge à Riyad
  • Le lancement de Boutique Group est un tournant qui permettra au monde entier de découvrir et d’apprécier le patrimoine et les trésors culturels de l’Arabie saoudite

LA MECQUE/RIYAD: Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, a récemment annoncé le lancement de Boutique Group, qui prévoit de transformer un grand nombre de palais d’importance historique et culturelle en Arabie saoudite en hôtels de luxe.

Cette décision s’inscrit dans le cadre des efforts visant à présenter aux visiteurs nationaux et étrangers le riche patrimoine et la culture dynamique du Royaume, ainsi que l’hospitalité pour laquelle le pays est réputé. La première phase du projet se concentre sur le développement de deux destinations historiques: le palais Al-Hamra à Djeddah, le palais Tuwaiq et le palais Rouge à Riyad.

Le palais Al-Hamra

Le palais Al-Hamra est l’un des plus importants de l’ère moderne d’un point de vue historique, selon Saleh al-Misnad al-Tamimi, chercheur en Histoire saoudienne contemporaine.

Inspiré de la culture et du style andalous, il a été construit sous le règne du roi Saoud ben Abdelaziz pour le prince Faisal ben Abdelaziz, mais il n’était pas destiné à accueillir des réceptions officielles et des conférences.

Le palais, situé au nord de l’ambassade des États-Unis, était relativement petit lors de sa construction vers la fin des années 1950, déclare M. Al-Tamimi à Arab News. Il a ensuite été agrandi et transformé en un lieu d’accueil des invités royaux et de réunions officielles.
Selon M. Al-Tamimi, le bureau du prince se trouvait du côté sud du bâtiment et donnait directement sur la mosquée du palais. Les employés du palais transmettaient les demandes et les plaintes des citoyens au prince dans son bureau, près de la salle de réception.

Le palais a accueilli de nombreux événements importants, précise M. Al-Tamimi, notamment la première conférence des ministres des Affaires étrangères des pays islamiques en mars 1970, qui a abouti à la formation du Secrétariat général de l’Organisation de la conférence islamique, désormais connue sous le nom d’«Organisation de la coopération islamique» (OCI).

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Inspiré de la culture et du style andalous, le palais Al-Hamra a été construit sous le règne du roi Saoud ben Abdelaziz pour le prince Faisal ben Abdelaziz. (Photo fournie)

Parmi les nombreux dirigeants et chefs d’État étrangers qui ont rencontré le roi Faisal au palais, on compte le président américain, Richard Nixon; le président égyptien, Anouar el-Sadate; le président libanais, Sleiman Frangié et le président soudanais, Jaafar Nimeiry. Le président égyptien, Gamal Abdel Nasser, était une rare exception et il a plutôt été reçu dans la Cour royale du palais Khuzam.

Le palais Al-Hamra a été construit par l’entreprise Arab Engineering Company, qui avait réalisé de nombreuses structures similaires à Djeddah, notamment celles appartenant au prince Nawaf ben Abdelaziz et au politicien, économiste et poète, Mohammed Suroor Sabban.

À la suite des travaux de développement que Boutique Group entreprendra, le palais Al-Hamra comptera 77 chambres, dont 33 suites et 44 villas de luxe.

Mohammed H. al-Ruwaili, du centre culturel Al-Sudairy à Jouf, a décrit le lancement de Boutique Group comme un tournant civilisationnel, historique et d’investissement culturel, qui permettra au monde entier de découvrir et d’apprécier le patrimoine et les trésors culturels de l’Arabie saoudite.

Il indique que le projet mise sur le patrimoine saoudien représenté par les luxueux palais nichés dans la nature et autrefois propriété des rois et des princes, en les transformant en attractions touristiques dont les visiteurs du monde entier pourront profiter.

Grâce à leurs cours, jardins et sols attrayants, ils pourront être transformés en hôtels de luxe de classe mondiale, richement décorés et aux conceptions architecturales inégalées, précise-t-il à Arab News.

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Le palais, situé au nord de l’ambassade des États-Unis, était relativement petit lors de sa construction vers la fin des années 1950. (Photo fournie)

«Je pense que nous sommes à la veille d’un changement qualitatif important dans la mise en valeur de destinations historiques et culturelles de notre pays», indique M. Al-Ruwaili, en faisant allusion à la première phase du projet de Boutique Group.

«L’annonce faite par le prince héritier est historique puisqu’elle sera probablement suivie d’étapes importantes dont bénéficieront les citoyens saoudiens.»

Abdallah Almounif, doyen de la faculté de tourisme et d’antiquités de la King Saud University, a également salué l’annonce, affirmant que le projet assurera la restauration et la préservation des sites historiques en les transformant en destinations touristiques privilégiées.

«C’est une initiative importante pour le Royaume. Elle est comparable à celle de l’Europe, où de nombreux palais célèbres ont fait l’objet de projets de restauration et de préservation», souligne-t-il.

Le palais Rouge

Le roi Abdelaziz a ordonné la construction du palais Rouge à Riyad en 1942 pour servir de résidence à son fils, Saoud, qui était alors le prince héritier. Les invités officiels y étaient également reçus.

Lorsque le roi Saoud a emménagé dans son palais de Nasiriya en 1956, le palais Rouge est devenu le siège du Conseil des ministres sous les règnes des rois Faisal, Khaled et Fahd, avant de devenir le siège du Conseil des doléances.

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Après les travaux de rénovation, le palais Rouge comptera 71 chambres, dont 46 suites et 25 chambres luxueuses. (Photo fournie)

On le surnomme «palais Rouge» en raison de la couleur particulière de son extérieur. Parmi les invités de marque accueillis au palais, on compte les présidents égyptiens Nasser et El-Sadate; le président syrien, Choukri al-Kouatli; le Premier ministre indien, Jawaharlal Nehru et le roi Talal ben Abdallah de Jordanie.

Le palais se compose de 16 suites et chambres équipées de climatiseurs, de ventilateurs de plafond et d’un système qui permet à la lumière du soleil d’éclairer l’intérieur du palais. Après rénovation, le palais comptera 71 chambres, dont 46 suites et 25 chambres luxueuses.

Le palais Tuwaiq

Le palais Tuwaiq est situé dans le quartier diplomatique de Riyad et il couvre une superficie de quelque 24 000 mètres carrés. Conçu en 1981 et achevé en 1985, il a reçu le Prix Aga Khan d’architecture en 1998.

Le palais est désormais un centre d’activités culturelles, de conférences, de séminaires, d’expositions spécialisées et d’activités sociales. Il accueille également des ateliers de formation, des festivals ainsi que des réunions.

Il comprend plusieurs salles, des installations publiques et des espaces d’accueil derrière un long mur ondulé recouvert de pierres de Riyad – du calcaire de couleur beige.

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Conçu en 1981 et achevé en 1985, le palais Tuwaiq a reçu le Prix Aga Khan d’architecture en 1998. (Photo fournie)

Il dispose également d’une maison d’hôtes de 3 étages surplombant la vallée, avec 4 suites et 25 chambres.

Il existe plusieurs salles de réception et amphithéâtres, tous équipés de dispositifs de présentation et de traduction, en plus de salles à manger entre autres services d’accueil.

Trois auvents blancs s’étendent le long des salles principales, dont les murs de verre offrent une vue à couper le souffle sur la vallée environnante, les jardins et les sentiers extérieurs. Après les travaux de rénovation, le palais comprendra 96 chambres, dont 40 suites et 56 villas de luxe.

Le palais Khuzam

Bien qu’il ne soit actuellement pas inclus dans le plan de réaménagement, le palais Khuzam a un grand potentiel pour devenir un luxueux hôtel. Situé dans la région d’Al-Nazla al-Yamaniya, au sud-est de la ville historique de Djeddah, le palais doit son nom aux tulipes Khuzam qui poussent en abondance sur son sol. La construction a commencé en 1928 et s’est achevée en 1932.

«Le palais a été construit en briques de pierre et son toit en bois javanais», précise M. Al-Tamimi. «Près de trois ans plus tard, la Compagnie nationale égyptienne y a construit des annexes en béton armé, dont le palais que le roi Abdelaziz utilisait pour recevoir les rois, les chefs d’État, les ministres, les ambassadeurs et les hauts fonctionnaires», ajoute-t-il.

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Situé dans la région d’Al-Nazla al-Yamaniya, au sud-est de la ville historique de Djeddah, le palais doit son nom aux tulipes Khuzam qui poussent en abondance sur son sol. (Photo fournie)

Selon M. Al-Tamimi, le palais Khuzam est le lieu où l’accord de concession permettant l’exploitation pétrolière a été signé entre le gouvernement saoudien, représenté par le ministre des Finances, cheikh Abdallah ben Souleimane, et la société Standard Oil of California, représentée par Lloyd Hamilton, le 29 mai 1933.

Le palais a également accueilli les cérémonies de signature d’un accord frontalier avec le Koweït et d’un mémorandum avec l’Égypte concernant des projets de construction, toujours selon M. Al-Tamimi. D’autres événements notables s’y sont tenus, notamment le renouvellement du traité de Djeddah avec le gouvernement britannique en 1943, la signature de l’accord sur l’aérodrome de Dhahran avec les États-Unis, un accord commercial avec la Syrie et un traité d’amitié avec le Pakistan.

Le palais revêtait, tout au long de l’Histoire du Royaume, une importance primordiale, au point que ses emblématiques portes principales figuraient autrefois sur les billets de banque saoudiens.

Le palais Al-Saqqaf

Le palais Al-Saqqaf, également connu sous le nom de «palais royal d’Al-Bayyadiyah», est situé dans la Ville sainte de La Mecque. Il devrait être inclus dans la phase suivante du projet de Boutique Group, car il fait actuellement l’objet de travaux de restauration.

«Le palais est une référence dans le domaine de l’art architectural et l’un des plus anciens bâtiments archéologiques», déclare Samir Ahmed Barqa, chercheur en Histoire de La Mecque, à Arab News.

«Il représente des conceptions architecturales patrimoniales. Il est empreint du style architectural islamique, car il abrite beaucoup d’art et de décorations islamiques. Il a également accueilli de nombreux événements de haut niveau tout au long d’une ère royale qui remonte au premier État saoudien.»

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Le palais Al-Saqqaf, également connu sous le nom de «palais royal d’Al-Bayyadiyah», est situé dans la ville sainte de La Mecque. (Photo fournie)

Le site se compose de deux palais plus anciens, Al-Bayyadiyah al-Shamali et Al-Bayyadiyah al-Janoubi, combinés avec un palais plus récent construit par le roi Abdelaziz, qui y a vécu à partir de 1924.

«Le palais est devenu le siège du gouvernement lorsque le roi fondateur est venu à La Mecque», déclare M. Barqa. «Après cela, le palais a servi de siège à l’adjoint du roi Abdelaziz à Hijaz, son fils, le prince Faisal, avant de devenir le siège de la Ligue islamique mondiale, puis le quartier général de la police de La Mecque», poursuit-il.

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Le roi Abdelaziz a ordonné la construction de plusieurs salles pour accueillir les présidents, rois et autres dignitaires en visite, ainsi que les chefs des missions du Hajj. (Photo fournie)

Le roi Abdelaziz a ordonné la construction de plusieurs salles pour accueillir les présidents, rois et autres dignitaires en visite, ainsi que les chefs des missions du Hajj. Le palais est devenu le siège de la Cour royale en 1953, puis celui de plusieurs ministères entre 1960 et 1982.

Il comprend plus de 100 chambres, dont une salle de réunion centrale. L’entrée principale se distingue par sa splendeur.

S’il est inclus dans le projet de Boutique Group, il deviendra sans aucun doute une attraction importante pour les touristes religieux visitant La Mecque, fascinés par le patrimoine du Royaume.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le Festival d'Avignon ouvre sa 80e édition entre création, parité et focus coréen

Des personnes préparent la scène du nouveau théâtre La Scala Provence avant le début de la 76e édition du Festival international de théâtre d'Avignon, à Avignon, dans le sud de la France, le 5 juillet 2022. (AFP)
Des personnes préparent la scène du nouveau théâtre La Scala Provence avant le début de la 76e édition du Festival international de théâtre d'Avignon, à Avignon, dans le sud de la France, le 5 juillet 2022. (AFP)
  • Le 80e Festival d'Avignon s'ouvre avec une programmation marquée par une majorité de femmes à la mise en scène et un focus sur les artistes sud-coréens
  • Le Festival Off réunit 1.400 compagnies et 1.780 spectacles, tout en ouvrant le débat sur les défis économiques du spectacle vivant

AVIGNON: Trompettes, retentissez! La 80e édition du Festival d'Avignon, grand rendez-vous international de théâtre, démarre samedi pour trois semaines, avec un spectacle-fleuve de cinq heures à l'ouverture, plus de femmes à la mise en scène, un zoom sur les artistes sud-coréens et un Off toujours en force.

- Diversité de propositions

"Il y a des spectacles pour tous les goûts", déclare à l'AFP le directeur du Festival Tiago Rodrigues. Selon lui, cette édition se veut une "célébration des arts vivants", avec du théâtre, de la danse, des performances et du cirque, et une "fête de la création", avec des artistes d'une grande diversité qui "s'emparent des problèmes et des joies du monde".

Pour la première fois, le Festival compte une majorité de metteuses en scène avec 27 femmes, 16 hommes et 6 collectifs. Par ailleurs, 24 artistes français tels que Jeanne Candel, Rebecca Chaillon, Boris Charmatz et 25 artistes internationaux, comme les Brésiliennes Christiane Jatahy, Carolina Bianchi, l'Egyptien Ahmed El Attar, ou le collectif belge flamand tg Stan, sont invités.

Quelque 136.000 places sont en vente.

Cette édition se veut également une "fête des questionnements" avec le public, qui se terminera par une nuit de réflexions dans la cour d'honneur "autour des questions que l'art peut poser au monde", avec artistes, scientifiques, philosophes, personnalités de la société civile, etc.

- Ouverture par Julien Gosselin

Musique forte, vidéo, démesure: avec "Maldoror", le directeur de l'Odéon-Théâtre de l'Europe à Paris, Julien Gosselin, embarque samedi soir le public de la Cour d'honneur du Palais des papes dans un spectacle-fleuve.

Cette fiction, inspirée de textes de l'écrivain chilien Roberto Bolaño et de poèmes du recueil "Les chants de Maldoror" de Lautréamont, "parle du mal, ce qui fait que des artistes cheminent autour du mal", selon le metteur en scène, figure emblématique du Festival.

"J'ai toujours été extrêmement intéressé par le fait que sous la beauté, ou sous la culture, pouvait en fait se cacher l'horreur", confie-t-il à l'AFP. "Quand je lis Bolaño, je ressens une forme de fraternité, de douceur, même si les thèmes qu'il travaille sont très violents".

- Han Kang et les artistes coréens à l'honneur

Après l'anglais, puis l'espagnol et l'arabe, le coréen est la langue invitée du Festival. Théâtre populaire, théâtre documentaire, performances visuelles, danse et cirque, pansori (récit chanté accompagné au tambour): les arts vivants coréens vont représenter quelque 20% de la programmation totale cette année.

La lauréate du prix Nobel de littérature 2024 Han Kang, présente du 12 au 18 juillet, a inspiré deux spectacles, "Oiseau", une lecture performance avec les actrices Isabelle Huppert et Hyeyoung Lee et "Che dolore terribile è l'amore", mise en scène par l'Italienne Daria Deflorian.

- 1.400 compagnies pour le Off

En parallèle du Festival in, les compagnies du Off investissent les 141 théâtres de la ville, la transformant en gigantesque marché du spectacle vivant.

Quelque 1.400 compagnies, soit une cinquantaine de plus que l'an dernier, proposent 1.250 spectacles par jour et 1.780 spectacles au total, certains n'étant pas programmés sur toute la durée du festival.

Selon Avignon Festival & Compagnies (AF&C), qui gère la manifestation), cela représente 27.000 représentations pour lesquelles 2,6 millions de billets sont en vente.

Dans un contexte de crise du secteur, équipes artistiques, chargés de diffusion, collectivités, institutions, vont participer en parallèle à des "assises" organisées les 7, 9 et 10 juillet.

Ce chantier de réflexion portera cette année sur "les réalités économiques", "les métiers et les conditions de diffusion" et "les politiques publiques". Il se poursuivra lors de l'édition 2027.

Le spectacle vivant subit en effet des coupes budgétaires des collectivités territoriales et de l'Etat.


Coupe du monde 2026 : l’Égypte élimine l’Australie et file en huitièmes de finale

  • Les Pharaons s’imposent 4-2 aux tirs au but après un match tendu conclu sur un 1-1
  • Première victoire historique en phase à élimination directe : l’Égypte rejoint le Maroc comme deuxième nation africaine et arabe en huitièmes

DUBAÏ : L’Égypte a battu l’Australie aux tirs au but au stade de Dallas pour se qualifier pour les huitièmes de finale de la Coupe du monde 2026. Il s’agit de sa toute première victoire en phase à élimination directe.

Ils rejoignent ainsi le Maroc comme deuxième nation africaine et arabe à atteindre les huitièmes de finale de ce tournoi.

L’Égypte avait été rassurée par les nouvelles concernant son capitaine et joueur clé Mohamed Salah, remis de ses inquiétudes liées à une blessure après avoir demandé à être remplacé lors du dernier match de groupe contre l’Iran. Avant la rencontre, un quatuor offensif composé de Salah, Mostafa Zico, Emam Ashour et Omar Marmoush apparaissait sur le papier comme une menace sérieuse pour la défense australienne.

Les Socceroos ont de nouveau débuté en 3-4-3, avec le jeune Nestor Irankunda, 20 ans, chargé d’animer l’attaque.

La première occasion du match est venue de Cristian Volpato à la 5e minute, sa frappe enroulée du pied gauche frôlant la barre égyptienne. Quelques minutes plus tard, Jordan Bos a percé la défense égyptienne avant d’être stoppé par Mohamed Hany alors qu’il s’apprêtait à tirer face au but de Mostafa Shobeir.

La situation s’est débloquée de l’autre côté du terrain, et les Pharaons n’ont eu besoin que de 13 minutes pour prendre l’avantage, Ashour étant à l’origine puis à la conclusion de l’action collective qui lui a offert son deuxième but du tournoi. Sa première tentative, sur une remise de Salah, avait été contrée, et lorsque le ballon a ensuite été centré dans la surface par Karim Hafez, la tête d’Ashour, totalement libre, n’a laissé aucune chance au gardien australien Patrick Beach.

Après la pause hydratation, l’Australie est davantage entrée dans le match, mais la première mi-temps est restée hachée, entre fautes et interruptions.

Dès le début de la seconde période, Omar Marmoush aurait pu faire le break, mais son tir du droit a frôlé le poteau après une passe parfaite de Zico. L’Égypte allait regretter cette occasion à la 55e minute, lorsque un coup franc a été dévié dans ses propres filets par Mohamed Hany : 1-1, tout était relancé.

À la 67e minute, l’Égypte a tenté de réagir en remplaçant Zico et Hamdi Fathy par Haissem Hassan et Hossam Abdelmaguid. Cinq minutes plus tard, Ashour manquait le cadre après une belle séquence collective. Malgré une pression croissante en fin de match, la défense australienne, menée par l’excellent Harry Souttar, tenait bon.

Dans le temps additionnel, Ramy Rabia a failli offrir la victoire à l’Égypte, mais sa tête sur un centre de Salah a été repoussée par un arrêt exceptionnel de Beach.

Avec Trezeguet et Hassan très dangereux sur les côtés, les Australiens semblaient même satisfaits de voir arriver la prolongation.

Salah a enfin eu une vraie occasion trois minutes après le début des prolongations, mais sa frappe a survolé la barre. Les occasions sont restées rares.

À la 108e minute, une frappe déviée de Marwan Attia a failli tromper Beach, mais le gardien a pu capter le ballon. L’Égypte poussait, sans parvenir à faire céder la défense australienne. Salah a encore fait parler sa classe en éliminant plusieurs adversaires à sept minutes de la fin, mais sa frappe a été contrée. Les tirs au but se profilaient, et l’Australie a remplacé Beach par le vétéran Matt Ryan.

Souttar et Lucas Harrington ont manqué leurs tirs côté australien. Mahmoud Saber, Rabia, Salah (avec une panenka) et Abdelmaguid ont marqué, permettant à l’Égypte de s’imposer au terme d’une soirée épuisante.

Les Pharaons affronteront désormais soit l’Argentine soit le Cap-Vert en huitièmes de finale, le mardi 7 juillet, au Mercedes-Benz Stadium d’Atlanta.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


AlUla affirme son rayonnement culturel international, avec la fondation Lafayette anticipation

la vallée de l'oasis d'AlUla vue du ciel depuis Hattat Uwayrid, le 31 janvier 2025. (Photo : Loïc VENANCE / AFP)
la vallée de l'oasis d'AlUla vue du ciel depuis Hattat Uwayrid, le 31 janvier 2025. (Photo : Loïc VENANCE / AFP)
  • Plus qu’une simple exposition, cette programmation illustre l’évolution du partenariat franco-saoudien
  • Longtemps centré sur la valorisation du patrimoine, celui-ci s’étend désormais à l’art contemporain, au design, à l’architecture et aux industries créatives

PARIS: À l’automne, la cité-oasis saoudienne d’AlUla déploiera une véritable saison culturelle à Paris, dont le premier grand rendez-vous sera l’exposition La Vie des formes, présentée à la Fondation Lafayette Anticipations à partir du 7 septembre.

Plus qu’une simple exposition, cette programmation illustre l’évolution du partenariat franco-saoudien. Longtemps centré sur la valorisation du patrimoine, celui-ci s’étend désormais à l’art contemporain, au design, à l’architecture et aux industries créatives.

Pour Simon Garcia, directeur du développement culturel d’AFALULA, La Vie des formes est le fruit de deux partenariats majeurs : celui qui unit depuis huit ans la France et l’Arabie saoudite autour du développement d’AlUla, et celui noué avec Lafayette Anticipations.

Simon Garcia rappelle à ce propos que cette coopération est unique par son ampleur et qu’elle connaîtra une montée en puissance au cours de la prochaine saison.

AFALULA accompagne la Commission royale pour AlUla dans des projets qui vont des fouilles archéologiques à la création d’institutions muséales, en passant par le cinéma, les résidences d’artistes et le soutien à la création contemporaine.

Depuis 2021, plus de soixante artistes et créateurs internationaux ont été accueillis en résidence dans l’oasis, faisant d’AlUla un véritable laboratoire où patrimoine et création contemporaine se nourrissent mutuellement.

Cette dynamique est désormais bien engagée. Après Arduna, première exposition du Musée d’art contemporain d’AlUla réalisée avec le Centre Pompidou, Paris accueillera cet automne quatre grands rendez-vous.

Outre La Vie des formes, une exposition sera organisée avec l’Institut du monde arabe dans le cadre du Prix du Design arabe. Le Musée d’art contemporain d’AlUla présentera également, à Art Basel Paris, une œuvre commandée à l’artiste Aman AlZedani, tandis que la Villa Hegra investira la Monnaie de Paris avec une exposition consacrée aux arts de la table, réunissant plusieurs créatrices saoudiennes.

Au cœur de cette programmation, le partenariat avec Lafayette Anticipations occupe une place particulière.

Pour son directeur, Clément Delépine, cette collaboration s’inscrit pleinement dans la mission de la fondation, qui consiste à rendre la création contemporaine accessible au plus grand nombre tout en encourageant les échanges entre les différentes disciplines artistiques.

Son bâtiment, conçu par l’architecte néerlandais Rem Koolhaas, offre d’ailleurs un cadre idéal grâce à ses espaces modulables, où dialoguent arts visuels, design, musique, performance et édition.

Une philosophie qui rejoint naturellement celle développée à AlUla, où patrimoine, paysage, architecture et création contemporaine sont pensés comme un ensemble cohérent.

Co-commissaire de l’exposition, Arnaud Morand, responsable des arts et des industries créatives à AFALULA, souligne que La Vie des formes est avant tout un projet construit à deux voix, dans la mesure où l’exposition réunit des œuvres de la collection de Lafayette Anticipations et des créations réalisées lors des résidences de design organisées à AlUla.

Mais, explique-t-il, l’objectif va bien au-delà de l’organisation d’une exposition. Avant même l’ouverture des futurs musées, AlUla a choisi d’inviter artistes, designers et chercheurs à travailler sur place afin qu’ils participent à la construction de son identité culturelle.

« Ce sont eux qui observent, expérimentent, questionnent et parfois critiquent », rappelle Arnaud Morand. Leur regard nourrit la réflexion sur la transformation d’un territoire appelé à devenir l’un des grands pôles culturels du Royaume.

Dans cette démarche, l’art et le design deviennent de véritables outils de réflexion. Ils permettent d’aborder des questions très concrètes : comment vivre dans un environnement désertique, imaginer des espaces publics adaptés au climat, valoriser les matériaux locaux ou encore inventer de nouvelles formes de convivialité.

Pour Arnaud Morand, les œuvres présentées sont ainsi le résultat d’un dialogue permanent entre artistes, artisans, habitants et paysages.

Cette réflexion est au cœur de La Vie des formes, qui s’inspire de l’historien de l’art Henri Focillon et invite à voir les formes comme des réalités vivantes, façonnées par les matériaux, les usages, les gestes et les imaginaires, plutôt que comme des objets figés.

En faisant dialoguer les collections de Lafayette Anticipations avec les créations réalisées à AlUla, l’exposition montre comment l’art et le design accompagnent les profondes mutations d’un territoire.

Cette présence renforcée d’AlUla à Paris confirme l’ambition culturelle portée par la Vision 2030 saoudienne, qui mise sur la création contemporaine comme moteur de développement et d’échanges internationaux.

Le Royaume d’Arabie saoudite fait ainsi de la culture un puissant levier de transformation, avec la France comme partenaire de premier plan.

AlUla a d’ailleurs annoncé avoir renforcé son partenariat avec l’écosystème français de l’innovation grâce au lancement du programme « Future of Tourism », en collaboration avec STATION F et le groupe Galeries Lafayette, en marge du salon international VivaTech, qui s’est tenu récemment à Paris Expo Porte de Versailles.