Aux Etats-Unis, des bureaux reconvertis en logements pour revitaliser les centres-villes

Vue du bâtiment 1425 New York Avenue NW à Washington, DC, le 20 janvier 2022. (Photo, AFP)
Vue du bâtiment 1425 New York Avenue NW à Washington, DC, le 20 janvier 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 23 janvier 2022

Aux Etats-Unis, des bureaux reconvertis en logements pour revitaliser les centres-villes

  • Une enquête du service d'annonces d'appartements RentCafe a révélé qu'environ 20 100 appartements avaient été créés aux Etats-Unis l'an passé grâce à ce genre de reconversion
  • Et de telles transformations pourraient bien être la voie à suivre pour revitaliser les centres-villes américains

WASHINGTON : Non loin de la Maison Blanche, en plein coeur de Washington, un édifice qui abritait autrefois des bureaux utilisés par le ministère américain de la Justice va être reconverti en logements pour des centaines de personnes.

L'an passé aux Etats-Unis, les promoteurs ont multiplié les achats d'hôtels et bureaux en difficulté, désertés par les touristes et les millions d'employés restés en télétravail, pour les transformer en appartements.

"C'est le marché qui donne le ton, reconvertir ces espaces en logements crée plus de valeur que de les maintenir en tant qu'espaces de bureau", explique Michael Abrams, directeur général de Foulger-Pratt, la société de promotion immobilière qui transforme l'immeuble de 14 étages situé sur New York Avenue en 255 appartements.

Une enquête du service d'annonces d'appartements RentCafe a révélé qu'environ 20 100 appartements avaient été créés aux Etats-Unis l'an passé grâce à ce genre de reconversion, soit près du double de l'année précédente.

Et de telles transformations pourraient bien être la voie à suivre pour revitaliser les centres-villes américains, exsangues près de deux ans après le début de la pandémie.

M. Abrams souligne qu'il est "très coûteux" de laisser des bâtiments inoccupés.

Leur transformation en habitations pourrait, elle, permettre d'atténuer la pénurie de logements et tempérer la hausse des prix, en particulier dans des villes comme Washington où les loyers sont élevés.

"En augmentant l'offre, la hausse des prix des maisons va ralentir, les loyers diminueront", explique Lawrence Yun, économiste en chef de la National Association of Realtors (NAR), la principale fédération du secteur.

La pandémie avait plongé l'économie en récession en 2020 mais elle avait provoqué un boom immobilier inattendu, les cols blancs en télétravail s'étant rués sur les logements plus grands, faisant grimper les prix.

Toujours plus chers

En 2021, le prix médian des maisons existantes a continué son ascension (15,8%).

Et, le mois dernier, l'offre a atteint un creux historique, selon les données de la NAR, exacerbant probablement le manque de logements abordables qui avait commencé avant la pandémie.

En 2017, 48% des locataires consacraient plus de 30% de leurs revenus à payer leur loyer, un chiffre qui avait déjà augmenté de 6% au cours des 16 années précédentes, selon des données du gouvernement.

Les Etats-Unis regorgent de bureaux, dont beaucoup datent des années 1980 et sont aujourd'hui trop vieux pour attirer les entreprises, observe Tracy Hadden Loh chez Brookings Metro.

Ils ont été conçus selon des besoins qui ont aujourd'hui disparu, comme l'espace prévu pour les classeurs, a-t-elle déclaré . "Tout le bâtiment est obsolète".

Marc Ehrlich, directeur des investissements chez Rose Associates, qui a converti des bureaux de New York en logements, estime que ces projets ont tendance à être "des propriétés bien situées mais qui nécessitent une meilleure utilisation".

L'un des derniers chantiers de son entreprise est la transformation d'un bureau autrefois utilisé par la société de télécommunications AT&T en un lieu de vie.

Comme le bâtiment manque de services comme un parking couvert, il est peu susceptible d'attirer des locataires commerciaux, note M. Ehrlich.

Cependant, les nouveaux appartements comprendront des espaces de coworking, car il s'attend à ce que de nombreux locataires continuent à télétravailler.

À Washington, les promoteurs se ruent sur des propriétés autrefois louées par le premier employeur de la région, le gouvernement fédéral, dont The Wray, un immeuble jadis utilisé par le département d'Etat.

Les seules traces de son ancienne utilisation se trouvent dans le hall, où les carreaux sont d'origine, tout comme un répertoire rassemblant les noms des bureaux du département d'Etat.

Dans ces logements reconvertis, les loyers ont tendance à être élevés, a déclaré Mme Loh, car ils nécessitent souvent des rénovations coûteuses telles que la construction de nouvelles salles de bains.

Bien qu'augmenter l'offre atténue la pression sur les prix ailleurs sur le marché du logement, "ce n'est pas une solution à la crise du logement", poursuit-elle.

Elle y voit plutôt "une solution pour revitaliser des zones comme les centres-villes" où les bureaux sont aujourd'hui ultra dominants.


L'Otan en plein doute sur son avenir face à la tempête Trump

Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, s'exprime lors d'une conférence et d'une réunion avec des étudiants de l'École d'économie de Varsovie (SGH), à Varsovie (Pologne), le 26 mars 2025. (Photo Wojtek RADWANSKI / AFP)
Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, s'exprime lors d'une conférence et d'une réunion avec des étudiants de l'École d'économie de Varsovie (SGH), à Varsovie (Pologne), le 26 mars 2025. (Photo Wojtek RADWANSKI / AFP)
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  • Sous les coups de butoir de Donald Trump et de son équipe, l'Organisation du traité de l'Atlantique nord, vieille dame de plus de 75 ans, doit rapidement changer.
  • les États-Unis restent membres de l'OTAN, y compris pour la dissuasion nucléaire, mais se désengagent des forces conventionnelles, comme l'a évoqué le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth. 

BRUXELLES : Les tirs de barrage américains contre les pays européens de l'Otan ébranlent jusqu'aux fondements de l'Alliance atlantique, qui a cependant toutes les peines du monde à imaginer un avenir sans les États-Unis.

Sous les coups de butoir de Donald Trump et de son équipe, l'Organisation du traité de l'Atlantique nord, vieille dame de plus de 75 ans, doit rapidement changer. Un diplomate interrogé sous couvert d'anonymat décrit l'agressivité de la nouvelle administration américaine comme un « traumatisme ».

Ce changement se fera-t-il avec ou sans les États-Unis ? La question agite les couloirs du siège de l'Alliance à Bruxelles.

« On connaît la direction : moins d'États-Unis et plus d'Europe », résume un diplomate sous couvert d'anonymat. Cependant, de nombreuses questions restent en suspens.

En deux mois, Donald Trump s'en est pris au Canada qu'il entend voir devenir le 51ᵉ État américain, et au Danemark, dont il revendique l'un des territoires, le Groenland. 

Plusieurs responsables américains, dont le vice-président J. D. Vance, n'ont pas caché leur mépris à l'égard des Européens, considérés comme des « profiteurs » et des passagers clandestins d'une alliance où, dénoncent-ils, ils ne paient pas leur dû.

Depuis le 20 janvier, date du retour de Donald Trump à la Maison Blanche, « l'optimisme est de moins en moins de mise », confie un diplomate. « Les États-Unis n'ont pas encore pris de décisions concrètes, mais on dirait que chaque jour est porteur d'un nouveau coup contre les fondations de l'Alliance. »

- Transition « désordonnée » -

Pour Camille Grand, ancien secrétaire général adjoint de l'Otan et chercheur auprès de l'ECFR, trois scénarios sont possibles.

Celui de la transition ordonnée : les Américains se désengagent, mais en bon ordre, à la suite d'une négociation qui donne aux Européens le temps de se préparer. « Cela permet d'éviter les incertitudes », assure-t-il dans un entretien avec l'AFP.

Celui de la transition « désordonnée » : les États-Unis restent membres de l'OTAN, y compris pour la dissuasion nucléaire, mais se désengagent des forces conventionnelles, comme l'a évoqué le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth. 

Le retrait se fait « en mode crise », avec des « menaces et des annonces désordonnées ». C'est « le scénario dominant » aujourd'hui, estime l'analyste.

Il y a aussi le scénario cauchemar pour nombre d'Alliés : le retrait « de facto ou de jure ». Les États-Unis se désintéresseront de la défense du continent européen.

Donald Trump exige que les Européens et les Canadiens consacrent au moins 5 % de leur PIB à cette défense, alors qu'ils sont à moins de 2 % pour l'Italie ou l'Espagne. La marche est très haute. Mais tous savent qu'il faudra « annoncer » quelque chose au sommet de l'OTAN en juin, selon un diplomate.

Le Secrétaire général de l'Alliance Mark Rutte a évoqué un chiffre entre 3,5 et 3,7 %. Ce sera difficile, mais c'est une question de priorités dans les dépenses nationales, ajoute-t-il. 

Personne ne sait si ce chiffre sera suffisant pour Donald Trump.

- "Cinq ans" -

En attendant, beaucoup à Bruxelles et dans les autres capitales européennes s'interrogent sur un "après" Etats-Unis.

"Nous avons toujours su que le moment viendrait où l'Amérique se retirerait en quelque sorte et où l'Europe devrait faire davantage", rappelle ainsi Jamie Shea, ancien porte-parole de l'Otan et expert auprès du think tank londonien Chatam House.

Et le calendrier est très serré. Les Européens ont "cinq ans" pour recréer une dissuasion face à la menace russe, juge ainsi Camille Grand. Un calcul basé sur le temps jugé nécessaire, selon plusieurs services de renseignement, pour que la Russie reconstitue son armée et soit en mesure de menacer un pays de l'Otan, explique-t-il. 

Selon cet expert français, les Européens en sont capables, même si un investissement substantiel sera nécessaire pour combler l'apport américain en termes de renseignement, de satellites ou de logistique. « Il n'y a pas de raison que 500 millions d'Européens ne puissent pas dissuader 140 millions de Russes », assure-t-il.

Plusieurs pays en doutent. « Les États-Unis restent indispensables pour une dissuasion crédible », estime ainsi un diplomate européen auprès de l'Otan.


Le Wisconsin, théâtre d'une première défaite électorale pour Trump et Musk

 Donald Trump et Elon Musk. (Photo AFP)
Donald Trump et Elon Musk. (Photo AFP)
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  • Le président américain Donald Trump a essuyé mardi son premier revers électoral avec l'élection d'une juge démocrate dans le Wisconsin,
  • En Floride, deux législatives partielles ont également eu lieu mardi dans des circonscriptions solidement ancrées à droite et qui resteront dans l'escarcelle des républicains, selon les projections de plusieurs médias

WASHINGTON : Le président américain Donald Trump a essuyé mardi son premier revers électoral avec l'élection d'une juge démocrate dans le Wisconsin, un scrutin habituellement d'ampleur locale, marqué cette fois-ci par la forte implication d'Elon Musk.

Selon les projections de plusieurs médias américains, Susan Crawford, soutenue par les démocrates, a remporté un siège pour dix ans à la Cour suprême de cet État de la région des Grands Lacs.

Elle faisait face à Brad Schimel, soutenu par Donald Trump et par le multimilliardaire Elon Musk, et dont la victoire aurait fait basculer la haute instance du Wisconsin du côté conservateur.

En Floride, deux législatives partielles ont également eu lieu mardi dans des circonscriptions solidement ancrées à droite et qui resteront dans l'escarcelle des républicains, selon les projections de plusieurs médias.

Mardi soir, le président a mis à profit sa plateforme Truth Social pour se féliciter des deux « larges » victoires de son camp en Floride, mettant en avant son « soutien » aux candidats.

Il n'a en revanche pas commenté le résultat pour la Cour suprême du Wisconsin, préférant y retenir l'adoption, par un référendum organisé le même jour, d'une mesure obligeant les électeurs à présenter une pièce d'identité avec photo afin de pouvoir voter.

« C'est une grande victoire pour les républicains, peut-être la plus grande de la soirée », a-t-il écrit.

« Le plus important » 

Elon Musk n'a pas non plus réagi à la défaite de Brad Schimel, et a plutôt salué l'issue du référendum local. « C'était le plus important », a-t-il affirmé sur son réseau social X.

Le patron de Tesla et Space X s'inquiétait d'un potentiel rééquilibrage par la Cour suprême locale dans le découpage des circonscriptions électorales, en faveur des démocrates. État pivot, le Wisconsin avait été remporté par Donald Trump à la présidentielle de novembre.

« C'est l'une de ces situations étranges où une petite élection en apparence pourrait déterminer le destin de la civilisation occidentale », avait lancé Elon Musk mardi.

Le président républicain avait, lui, publié lundi sur Truth Social un message de soutien à Brad Schimel. Il s'en était surtout pris à Susan Crawford, qui serait, selon lui, « un désastre pour le Wisconsin et pour les États-Unis d'Amérique ».

Un peu plus de deux mois après le début de son mandat, les enquêtes d'opinion indiquent une baisse relative de la popularité de Donald Trump. Ces élections dans le Wisconsin et en Floride étaient les premières véritables épreuves auxquelles il faisait face dans les urnes depuis novembre.

Campagne onéreuse 

Mardi, le trumpiste Randy Fine a bien remporté le siège en jeu à la Chambre des représentants face au démocrate Josh Weil, mais avec une avance bien plus mince qu'il y a quelques mois.

Ces résultats ont « de quoi donner des sueurs froides à mes collègues républicains », a déclaré sur la chaîne MSNBC Hakeem Jeffries, responsable de la minorité démocrate à la Chambre des représentants. Cela fait écho à la difficulté de l'opposition à se faire entendre depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche.

Dans le Wisconsin, les deux camps avaient sorti l'artillerie lourde pour une élection qui, d'ordinaire, passe inaperçue dans le reste du pays.

Selon le Centre Brennan de l'université de New York, c'est « le scrutin judiciaire le plus coûteux de l'histoire américaine », avec plus de 98 millions de dollars déversés dans la campagne, dont 53 millions en faveur du candidat conservateur.

Elon Musk n'est pas étranger à cela.

« Il a dépensé plus de 25 millions de dollars pour essayer de m'empêcher de siéger à la Cour suprême du Wisconsin », a lancé dimanche Susan Crawford lors d'un rassemblement.

Son équipe de campagne avait récemment accusé Elon Musk de vouloir « acheter un siège à la Cour suprême du Wisconsin afin d'obtenir une décision favorable » dans des poursuites engagées par Tesla, son entreprise de véhicules électriques, contre les autorités du Wisconsin.


Amnesty International demande à la Hongrie d'arrêter M. Netanyahou

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. (Photo d'archives de l'AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. (Photo d'archives de l'AFP)
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  • Le Premier ministre israélien doit se rendre cette semaine dans un pays membre de la Cour pénale internationale
  • Cette visite " ne doit pas devenir un indicateur de l'avenir des droits humains en Europe "

LONDRES : Amnesty International a demandé à la Hongrie d'arrêter le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, à la suite d'informations selon lesquelles il se rendra dans cet État membre de l'UE mercredi à l'invitation de son homologue hongrois Viktor Orban.

M. Netanyahou fait l'objet d'un mandat d'arrêt délivré en novembre par la Cour pénale internationale en raison de la conduite d'Israël à Gaza.

M. Orban, proche allié de M. Netanyahu, a déclaré qu'il n'exécuterait pas le mandat. En tant qu'État membre, la Hongrie est tenue d'exécuter tout mandat d'arrêt délivré par la CPI.