L'OMS va continuer à demander l'accès de l'aide au Tigré malgré la plainte éthiopienne

Les personnes qui ont fui la guerre de May Tsemre, Addi Arkay et Zarima se rassemblent dans un camp de déplacés internes (IDP) construit temporairement pour recevoir leurs premiers sacs de blé du Programme alimentaire mondial (PAM) à Debark, à 90 kilomètres de la ville de Gondar, Éthiopie, le 15 septembre 2021. (AFP)
Les personnes qui ont fui la guerre de May Tsemre, Addi Arkay et Zarima se rassemblent dans un camp de déplacés internes (IDP) construit temporairement pour recevoir leurs premiers sacs de blé du Programme alimentaire mondial (PAM) à Debark, à 90 kilomètres de la ville de Gondar, Éthiopie, le 15 septembre 2021. (AFP)
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Publié le Dimanche 16 janvier 2022

L'OMS va continuer à demander l'accès de l'aide au Tigré malgré la plainte éthiopienne

  • L’Éthiopie a demandé jeudi  l'ouverture d'une enquête pour « forfaiture »à l'encontre du directeur général de l'OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, pour ses commentaires sur la situation humanitaire au Tigré, dont il est lui-même originaire
  • Le gouvernement éthiopien accuse le Dr Tedros de soutenir le Front de libération du Peuple du Tigré (TPLF), parti qui a dirigé l'Ethiopie durant près de 30 ans, jusqu'à l'arrivée au pouvoir de l'actuel Premier ministre Abiy Ahmed

GENÈVE : L'Organisation mondiale de la santé (OMS) reste décidée à réclamer l'accès de l'aide humanitaire au Tigré, région du nord de l'Ethiopie en guerre depuis plus d'un an, en dépit de la plainte déposée par l'Ethiopie contre son patron.

Le gouvernement éthiopien a demandé jeudi  l'ouverture d'une enquête pour "forfaiture" à l'encontre du directeur général de l'OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, pour ses commentaires sur la situation humanitaire au Tigré, dont il est lui-même originaire. 

L'OMS a affirmé dimanche être "au courant que le ministre éthiopien des Affaires étrangères avait envoyé une note verbale".

Mais, l'OMS "va continuer à demander au gouvernement éthiopien d'autoriser l'accès de l'aide humanitaire aux sept millions de personnes qui vivent au Tigré, en Ethiopie, et subissent de fait un blocus, depuis plus d'un an, selon l'ONU", a insisté l'organisation.

Le gouvernement a estimé jeudi dans un communiqué que des déclaration du Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus menaçaient l'intégrité de l'OMS, en appelant à l'ouverture d'une enquête contre lui pour "forfaiture et violation de sa responsabilité professionnelle et légale". 

"Nulle part ailleurs dans le monde nous assistons à un enfer comme au Tigré", avait affirmé plus tôt dans la journée le directeur général de l'OMS.

Il est "épouvantable et inimaginable à notre époque, au 21e siècle, qu'un gouvernement refuse à son propre peuple, depuis plus d'un an, l'accès à la nourriture, aux médicaments et à tout ce qu'il faut pour survivre", avait-il ajouté en appelant à une résolution "politique et pacifique" du conflit.

Le Dr Tedros "s'est immiscé dans les affaires intérieures de l'Ethiopie, y compris dans les relations de l'Ethiopie avec l'Etat d'Erythrée", a dénoncé le ministère éthiopien des Affaires étrangères, citant un courrier envoyé à l'OMS.

Le gouvernement éthiopien accuse le Dr Tedros de soutenir le Front de libération du Peuple du Tigré (TPLF), parti qui a dirigé l'Ethiopie durant près de 30 ans, jusqu'à l'arrivée au pouvoir de l'actuel Premier ministre Abiy Ahmed.

La mission de l'Ethiopie aux Nations unies a également protesté contre les propos tenus par le chef de l'OMS et l'a appelé à "se récuser de tout sujet concernant l'Ethiopie".

La crise au Tigré fait l'objet d'un traitement similaire à celui de toutes les crises humanitaires où l'OMS est amenée à intervenir, a rappelé dimanche l'organisation, en précisant ne pas avoir pu y apporter de matériel médical depuis le 15 juillet 2021.

Abiy Ahmed, a envoyé en novembre 2020 l'armée fédérale au Tigré pour en destituer les autorités régionales, issues du TPLF, qui contestaient son autorité et qu'il accusait d'avoir attaqué des bases militaires.

Le conflit a fait plusieurs milliers de morts, plus de deux millions de déplacés et plongé des centaines de milliers d'Ethiopiens dans des conditions proches de la famine, selon l'ONU.


Ukraine: les défenseurs d'Azovstal ont reçu l'ordre de Kiev d'arrêter de combattre

Cette capture d'écran obtenue à partir d'une vidéo prise le 17 mai 2022 et publiée par le ministère russe de la Défense le 18 mai 2022, montre un militaire ukrainien fouillé par un responsable militaire pro-russe après avoir quitté l'aciérie assiégée d'Azovstal dans la ville portuaire ukrainienne de Marioupol. HANDOUT / RUSSIAN DEFENCE MINISTRY / AFP
Cette capture d'écran obtenue à partir d'une vidéo prise le 17 mai 2022 et publiée par le ministère russe de la Défense le 18 mai 2022, montre un militaire ukrainien fouillé par un responsable militaire pro-russe après avoir quitté l'aciérie assiégée d'Azovstal dans la ville portuaire ukrainienne de Marioupol. HANDOUT / RUSSIAN DEFENCE MINISTRY / AFP
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  • Les derniers soldats ukrainiens retranchés dans l'aciérie Azovstal à Marioupol, dans le sud-est de l'Ukraine, ont reçu l'ordre de Kiev d'«arrêter de défendre la ville»
  • Dernière poche de résistance ukrainienne dans cette ville, cet immense complexe métallurgique avec son dédale de galerie souterraines creusées à l'époque soviétique était la dernière poche de résistance ukrainienne dans cette ville portuaire

KIEV: Les derniers soldats ukrainiens retranchés dans l'aciérie Azovstal à Marioupol, dans le sud-est de l'Ukraine, ont reçu l'ordre de Kiev d'"arrêter de défendre la ville", a déclaré un des commandants dans un message vidéo vendredi.
"Le commandement militaire supérieur a donné l'ordre de sauver les vies des militaires de notre garnison et d'arrêter de défendre la ville", a déclaré Denys Prokopenko, commandant du régiment Azov, une des unités ukrainiennes présentes dans l'aciérie.
Dernière poche de résistance ukrainienne dans cette ville, cet immense complexe métallurgique avec son dédale de galerie souterraines creusées à l'époque soviétique était la dernière poche de résistance ukrainienne dans cette ville portuaire sur la mer d'Azov, massivement bombardée par les Russes.
Après la récente évacuation de civils dont femmes et enfants d'Azovstal, 1.908 soldats ukrainiens retranchés dans les entrailles de l'aciérie, dont des blessés, se sont rendus depuis lundi aux forces russes, a déclaré le ministre russe de la Défense.
"On a réussi à sauver les civils, les blessés graves ont reçu de l'aide nécessaire, on a réussi à les évacuer en vue d'un échange ultérieur", a déclaré M. Prokopenko.
"Les processus se poursuit" pour évacuer les corps des militaires tués, a-t-il, ajouté. "J'espère que bientôt les familles et toute l'Ukraine vont pouvoir enterrer leurs combattants avec les honneurs. Gloire à l’Ukraine", a-t-il conclu.

 


Burkina: 11 soldats tués lors de l'attaque de jeudi dans l'est, selon l'armée

Onze soldats ont été tués jeudi dans l'est du Burkina lors d'une attaque de djihadistes (Photo, AFP).
Onze soldats ont été tués jeudi dans l'est du Burkina lors d'une attaque de djihadistes (Photo, AFP).
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  • Le Burkina Faso, en particulier le nord et l'est, est la cible d'attaques djihadistes depuis 2015
  • Le nouveau chef de l'Etat, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, qui a renversé fin janvier le président élu Roch Marc Christian Kaboré accusé d'être inefficace face à la violence djihadiste

OUAGADOUGOU: Onze soldats ont été tués jeudi dans l'est du Burkina lors d'une attaque de djihadistes présumés contre un détachement militaire, a annoncé l'état-major burkinabè des armées.

Un précédent bilan donné jeudi de sources sécuritaires et locales, faisait état d'un bilan provisoire de sept soldats tués.

"Une attaque complexe - tirs d'obus suivis de tirs directs sur la base - a visé le détachement militaire de Madjoari" de la province de la Kompienga, dans la région de l'Est, indique le communiqué, publié jeudi soir.

"Onze soldats ont perdu la vie au cours de cette attaque" et "au moins 20 militaires blessés par les éclats des obus ou par des projectiles, ont été pris en charge par les services de santé", ajoute-t-il.

Des avions de l'armée sont intervenus et ont permis "de neutraliser au moins 15 terroristes qui tentaient de s'échapper après l'attaque", selon l'armée.

Dans la même matinée de jeudi, des individus armés ont par ailleurs attaqué un autocar à Seytenga, dans la province du Séno (nord), selon des habitants de la région qui ont précisé qu'un civil avait été tué et une dizaine de passagers blessés.

Samedi, une quarantaine de supplétifs de l'armée et de civils avaient été tués lors de trois attaques menées par des djihadistes présumés dans les mêmes régions.

Le Burkina Faso, en particulier le nord et l'est, est la cible d'attaques djihadistes depuis 2015 perpétrées par des mouvements affiliés à Al-Qaïda et à l'Etat islamique qui ont fait plus de 2 000 morts et 1,8 million de déplacés.

Le nouveau chef de l'Etat, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, qui a renversé fin janvier le président élu Roch Marc Christian Kaboré accusé d'être inefficace face à la violence djihadiste, a fait de la question sécuritaire sa "priorité".

Après une relative accalmie lors de sa prise de pouvoir, M. Damiba fait depuis face à une recrudescence d'attaques de djihadistes présumés qui ont fait près de 200 morts, civils et militaires.

Début avril, il avait annoncé la création de comités locaux de dialogue avec des groupes djihadistes pour tenter d'enrayer les violences.


Ukraine: le soldat russe jugé pour crime de guerre «pas coupable» selon son avocat, verdict attendu lundi

Le soldat russe jugé à Kiev pour crime de guerre en Ukraine «n'est pas coupable» (Photo, AFP).
Le soldat russe jugé à Kiev pour crime de guerre en Ukraine «n'est pas coupable» (Photo, AFP).
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  • Des arguments balayés par l'accusation qui réclamé une réclusion à perpétuité
  • «Il exécutait un ordre criminel et en était bien conscient»

KIEV: Le soldat russe jugé à Kiev pour crime de guerre en Ukraine "n'est pas coupable", a affirmé son avocat au troisième jour de ce premier procès du genre depuis le début de l'invasion russe dont le verdict sera annoncé lundi.

"Comte tenu de toutes les preuves et témoignages, je crois que M. Chichimarine n'est pas coupable du crime dont il est accusé", a dit Viktor Ovsiannykov lors de sa plaidoirie, demandant aux juges "d'acquitter (son) client", a constaté un journaliste de l'AFP.

"Je suis sincèrement désolé", a dit quelques minutes plus tard le sergent Vadim Chichimarine, 21 ans, qui avait reconnu mercredi avoir tué Oleksandr Chelipov, un civil de 62 ans, le 28 février dans le nord-est de l'Ukraine.

"Je regrette ce que j'ai fait", a ajouté le jeune homme, crâne rasé, depuis sa cage de verre. Avant d'ajouter: "J'étais nerveux dans cette situation. Je ne voulais pas tuer". "Je veux m'excuser pour ce que j'ai fait".

L'avocat a assuré que son client ne voulait pas exécuter l'ordre de tirer, arguant qu'il n'avait pas obéi dans une première fois. La défense a aussi souligné qu'il s'était rendu volontairement aux forces ukrainiennes et ne niait pas les faits. 

L'avocat a en outre assuré que le soldat ne tentait que de sauver sa vie, rejetant la responsabilité sur ses commandants. 

Des arguments balayés par l'accusation qui réclamé une réclusion à perpétuité. "Il exécutait un ordre criminel et en était bien conscient", a lancé un des procureurs. 

S'exprimant en russe, le militaire avait à ses côtés une interprète qui lui traduisait les propos d'autres participants tenus en ukrainien.

Selon l'accusation, Vadim Chichimarine commandait une petite unité au sein d'une division de chars quand son convoi a été attaqué. Avec quatre autres militaires, il avait alors volé une voiture. 

Alors qu'ils circulaient près du village de Choupakhivka, dans la région de Soumy (nord-est), ils avaient croisé M. Chelipov, qui poussait son vélo tout en téléphonant, avant que M. Chichimarine ne l'abatte d'une balle.

Jeudi déjà, ce militaire originaire d'Irkoutsk en Sibérie avait "demandé pardon" à la veuve de M. Chelipov lors d'un bref échange entre les deux dans la salle d'un tribunal de Kiev, justifiant son acte par les "ordres" reçus à ce moment-là.

Le verdict du procès est attendu lundi, a annoncé le juge.