Malgré les nuages avec Macron, Philippe dessine son « Horizons »

Le président du parti de droite français Horizons et ancien Premier ministre Edouard Philippe participe à une réunion de lancement du premier comité du parti à Niort, le 15 janvier 2022.(AFP)
Le président du parti de droite français Horizons et ancien Premier ministre Edouard Philippe participe à une réunion de lancement du premier comité du parti à Niort, le 15 janvier 2022.(AFP)
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Publié le Samedi 15 janvier 2022

Malgré les nuages avec Macron, Philippe dessine son « Horizons »

  • En filigrane se prépare aussi la bataille des législatives, et la possibilité qu'Horizons, qui aurait, de sources internes, déjà rallié une trentaine de députés d'étiquettes diverses, constitue son propre groupe à l'Assemblée
  • Au coeur des crispations, le refus opposé par le chef de l'Etat en personne à la fusion entre Horizons et le petit parti Agir

NIORT : Edouard Philippe a lancé samedi à Niort les premiers comités locaux d'Horizons, plus que jamais "déterminé" à avancer dans la structuration de son parti malgré l'épisode de guerre froide l'opposant à Emmanuel Macron, qui a fait capoter son OPA sur l'aile droite de la majorité.

Difficile pour M. Philippe de se cramponner à son slogan - "enraciner" son parti Horizons, et "élever le débat collectif" - quand il est sans cesse ramené aux bisbilles internes à la majorité. A commencer par la défiance supposée que le chef de l'Etat entretiendrait envers son ancien Premier ministre, dont la popularité depuis son départ de Matignon en juillet 2020 reste élevée.

Un sujet sur lequel il ne veut "pas y passer des heures", prévient-il samedi, alors qu'il vient d'inaugurer devant une centaine de Niortais, dont le maire Jérôme Baloge, la première déclinaison locale d'Horizons. Environ 130 comités sont étrennés le même jour, et une centaine d'autres doivent champignonner d'ici à la fin janvier, se réjouit M. Philippe, attendu dans la foulée à La Roche-sur-Yon puis Guérande.

Une manière pour lui d'afficher que sa "détermination est totale" tout comme, sa "loyauté est totale". "Il y a peut-être des gens que ça angoisse mais c'est leur problème, pas le mien", ironise-t-il encore, répétant ne pas être "dans une logique de confrontation, qui serait absurde".

Au coeur des crispations, le refus opposé par le chef de l'Etat en personne à la fusion entre Horizons et le petit parti Agir, dirigé par le ministre Franck Riester, qui aurait offert la mainmise à M. Philippe sur la droite de la majorité. 

Une manoeuvre qui a suscité la consternation dans les rangs philippistes, et avivé les bruits de friction entre les entourages alors même que la majorité s'était mise en ordre de marche pour la présidentielle en se rassemblant dans une structure, "Ensemble citoyens!".

Par conséquent, Horizons a "suspendu sa participation" à cette "maison commune", explique l'eurodéputé Gilles Boyer, "car on a considéré qu'empêcher la fusion avec Agir contrevenait directement à une clause que l'on s'était collectivement fixée dès le début: à savoir pouvoir se rapprocher entre partis". 

« Fébrilité »

Ami de M. Philippe, M. Boyer observe avec circonspection la publicité induite autour de ce qui aurait dû rester un non-événement: "si on nous laissait faire, personne n'en parlerait." Cela n'a d'ailleurs pas empêché plusieurs élus Agir de rejoindre Horizons, grâce au système de double adhésion, sans toutefois offrir au nouveau parti de M. Philippe les financements publics afférents.

"Ca traduit une forme de fébrilité dans la majorité que je trouve surprenante", relève encore un député. Ce dernier fait l'inventaire des "pressions" subies par ses collègues appartenant à La République en marche, "rattrapés par la patrouille, c'est-à-dire par Casta (Christophe Castaner, le patron des députés LREM) ou Richard (Ferrand, le président de l'Assemblée)" au moindre "tweet favorable à Horizons".

En filigrane se prépare aussi la bataille des législatives, et la possibilité qu'Horizons, qui aurait, de sources internes, déjà rallié une trentaine de députés d'étiquettes diverses, constitue son propre groupe à l'Assemblée, réduisant d'autant l'influence de LREM.

Dans ce contexte, M. Philippe tente d'adopter une posture de surplomb, fustige "l'omniprésence de l'immédiateté", "l'affaissement du débat public" et "assume de prendre (s)on temps" pour formuler des propositions.

"Je ne suis pas candidat à la présidentielle, donc je ne suis pas là pour vous présenter un programme", fait-il ainsi valoir à une dame "issue de la gauche" et venue en curieuse l'écouter à Niort.

Toujours dans l'expectative sur sa place dans le futur dispositif de campagne de M. Macron, M. Philippe compte intervenir ponctuellement durant les trois prochains mois sur des sujets spécifiques, à l'image de sa récente prise de position en faveur de la vaccination obligatoire.

Surtout, le maire du Havre cultive soigneusement l'un de ses atouts maîtres en politique, à savoir son réseau d'édiles, à qui il veut "redonner la parole sur les enjeux nationaux", en créant notamment d'ici fin janvier "une assemblée des maires". 

 


L'ex-Premier ministre Edouard Philippe soupçonné de détournement de fonds publics

L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi. (AFP)
L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi. (AFP)
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  • Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025
  • Sollicité par l'AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d'instruction et de lui désigner un périmètre d'enquête

PARIS: L'ex-Premier ministre Edouard Philippe, candidat à la présidentielle de 2027 en France, fait l'objet d'une enquête menée par un juge d'instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt et concussion au Havre (nord-ouest), ville dont il est maire, a-t-on appris mardi.

Une lanceuse d'alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025 avec constitution de partie civile.

Sollicité par l'AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d'instruction et de lui désigner un périmètre d'enquête.

La lanceuse d'alerte, "Judith" (prénom modifié), "se félicite de l'ouverture d'une information judiciaire sur les faits qu'elle dénonce et attend avec impatience d'être entendue par le juge d'instruction", a réagi auprès de l'AFP son avocat Jérôme Karsenti.

Les faits sont contestés depuis le début par M. Philippe, qui a été le premier chef de gouvernement d'Emmanuel Macron (2017-2020).

La maire du Havre "prend acte de l'ouverture d'une information judiciaire. Il l'apprend par la presse. Et il répondra bien évidemment à toutes les questions que posera la justice", a réagi auprès de l'AFP son entourage.

Etaient également visées par la plainte Stéphanie de Bazelaire, adjointe chargée de l'innovation et du numérique, ainsi que Claire-Sophie Tasias, directrice générale des services de la communauté urbaine havraise.

La plainte consultée par l'AFP estimait que le juge d'instruction devait "apprécier si un pacte a été conclu entre M. Edouard Philippe et Mme de Bazelaire, caractérisé notamment par un soutien politique, financier et relationnel en contrepartie de la gestion de la Cité numérique", un tiers-lieu d'innovation.

Les soupçons portent sur une convention d'objectifs pluriannuelle pour l'animation de la Cité numérique du Havre, signée en juillet 2020 notamment par Edouard Philippe, président de la communauté urbaine, et Stéphanie de Bazelaire, en tant cette fois que présidente bénévole de l'association LH French Tech.

LH French Tech, créée en juillet 2020, a été désignée pour cette mission après un appel à manifestation d'intérêt lancé par la communauté urbaine en mars 2020 et dans le cadre d'un service d'intérêt économique général (SIEG).

L'association, seule candidate, devait toucher 2,154 millions d'euros de compensation de service public pour mener des projets.

Le conflit d'intérêts "semble absolument évident", a considéré à l'époque la lanceuse d'alerte, directrice générale adjointe à la communauté urbaine de septembre 2020 à avril 2023 et qui avait obtenu le statut de lanceuse d'alerte en janvier 2025.


De retour d'Alger, Darmanin se dit «très rassuré par la façon dont Christophe Gleizes est traité»

Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays. (AFP)
Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays. (AFP)
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  • Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'est dit mardi "très rassuré" par la façon dont le journaliste sportif Christophe Gleizes "est traité" par l'Algérie où il est détenu, au lendemain d'une visite à Alger
  • Le journaliste sportif est détenu depuis près d'un an en Algérie

PARIS: Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, s'est dit mardi "très rassuré" par la façon dont le journaliste sportif Christophe Gleizes "est traité" par l'Algérie où il est détenu, au lendemain d'une visite à Alger.

"Nous avons rappelé qu'il faut rendre Christophe Gleizes non pas à la France, mais à sa mère", a déclaré le garde des Sceaux sur CNews et Europe 1, estimant que le président algérien Abdelmadjid Tebboune "y sera sensible, en tous cas (...) je lui fais confiance pour cela".

Le journaliste sportif est détenu depuis près d'un an en Algérie.

Gérald Darmanin a effectué une visite de deux jours en Algérie, "à la demande du président de la République" française, pour évoquer le cas de Christophe Gleizes ainsi que la coopération judiciaire entre les deux pays.

Ce séjour actait un apaisement entre les deux pays amorcé ces derniers mois après une crise acrimonieuse de presque deux ans.

Le garde des Sceaux a affirmé avoir obtenu des autorités algériennes "la reprise de notre coopération judiciaire".

Il a salué "des échanges extrêmement forts" avec le président Tebboune sur la question de Christophe Gleizes, arrêté dans le cadre d'un reportage en mai 2024 en Kabylie (nord-est) et condamné à sept ans de prison pour "apologie du terrorisme".

"Maintenant, sa peine est définitive, puisqu'il n'a pas fait de pourvoi en cassation", a reconnu mardi Gérald Darmanin. La démarche vise à ouvrir la voie à une possible grâce du président Tebboune.

Le ministre a estimé que le chef de l'Etat algérien était en mesure "de faire ce geste pour cette famille, et bien sûr pour notre bonne relation".

 


L’Institut du monde arabe réunit les jeunes du G7 autour des partenariats internationaux

L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques. (AFP)
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  • La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»
  • Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne

PARIS: L'Institut du monde arabe accueille lundi une rencontre internationale organisée dans le cadre du sommet du YOUTH 7 (Y7) 2026, consacré cette année à la réflexion sur les partenariats internationaux dans un contexte de profondes tensions géopolitiques.

Organisé à Paris du 17 au 20 mai sous présidence française du G7, le Y7 constitue la plateforme officielle d’engagement des jeunes des pays membres du G7. Cette initiative précède d’un mois le sommet des chefs d’État et de gouvernement prévu à Évian.

La soirée-débat, organisée en partenariat avec Open Diplomacy, réunira des délégués internationaux autour du thème: «Au G7, quelle politique des partenariats internationaux à l’heure de la brutalisation du monde?»

Plusieurs personnalités prendront part à cette rencontre, parmi lesquelles Anne-Claire Legendre, Éléonore Caroit, Thomas Friang et Aurélien Duchêne.

Le programme prévoit également une visite privée de l’exposition consacrée à Byblos pour les délégations internationales, avant les interventions officielles et un cocktail de réseautage.

À travers cet événement, l’Institut du monde arabe entend réaffirmer son engagement en faveur du dialogue entre les cultures, de la coopération internationale et de la mobilisation des nouvelles générations face aux grands défis mondiaux.