Le «président candidat» Macron cible des oppositions avant la grève dans les écoles

Le «président candidat» Emmanuel Macron (Photo, AFP).
Le «président candidat» Emmanuel Macron (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 14 janvier 2022

Le «président candidat» Macron cible des oppositions avant la grève dans les écoles

  • Attaqué par l'opposition lors des questions au gouvernement au Sénat, le Premier ministre Jean Castex a défendu la stratégie du gouvernement
  • Le chef de l'Etat peut au moins se féliciter que l'examen du projet de loi transformant le pass sanitaire en pass vaccinal au Sénat, dominé par la droite, ait eu lieu

PARIS: Alors qu'une grève géante se profile jeudi dans les écoles, l'exécutif est sous le feu des oppositions, qui ont pilonné mercredi le ministre Jean-Michel Blanquer mais aussi le "président candidat" Emmanuel Macron, à moins de trois mois du premier tour.

La toute fin de soirée a offert une consolation au gouvernement avec le vote, au Sénat, d'un projet de loi sur le pass vaccinal, toutefois substantiellement modifé.

Turbulences aussi au sein d'une gauche divisée autour de la Socialiste Anne Hidalgo, enlisée entre 2 et 5% des intentions de vote. La direction du PS a dû réaffirmer qu'il n'y avait aucune "ambiguïté" dans son soutien à l'actuelle maire de Paris alors que la candidature de Christiane Taubira se rapproche à grand pas.

Attaqué par l'opposition lors des questions au gouvernement au Sénat, le Premier ministre Jean Castex a défendu la stratégie du gouvernement sur la vaccination, "arme centrale" contre le Covid, et le protocole sanitaire dans les écoles.  

"Tout n'a pas été parfait" quant à ce protocole, allégé lundi face à la "pagaille" engendrée, a toutefois concédé le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal.

Très en soutien

Il a assuré que l'exécutif était "très en soutien" du ministre de l'Education, particulièrement fragilisé après avoir été l'un des piliers les plus solides du gouvernement avec un record de longévité exceptionnel dans un poste faisant figure de siège éjectable.

"Ça ne sert à rien de l'enfoncer. On ne va pas changer de ministre à moins de 100 jours de la présidentielle. Mais ce n'est pas une situation facile", souligne un poids lourd de la macronie.

La candidate du RN, Marine Le Pen a assuré sur BFMTV et RMC "comprendre parfaitement" la grève et l'"authentique et légitime" exaspération des Français face à un gouvernement qui leur "pourrit l'existence".

Même tonalité chez son rival à l'extrême droite Eric Zemmour (Reconquête!) qui "soutient et approuve ce mouvement car le gouvernement fait n'importe quoi" avec un protocole sanitaire "débile", a-t-il estimé sur BFMTV.

"C'est un désordre et un chaos généralisés dans l'école, et moi je ressens cette immense souffrance, à la fois de la communauté éducative, mais aussi surtout des parents", a abondé sur France 2 la candidate LR, Valérie Pécresse.

Le porte-parole du PS Boris Vallaud appelle même à la démission de Jean-Michel Blanquer, qui a affirmé mardi devant les députés qu'"on ne fait pas une grève contre un virus".

Le chef de l'Etat peut au moins se féliciter que l'examen du projet de loi transformant le pass sanitaire en pass vaccinal au Sénat, dominé par la droite, ait eu lieu dans un climat apaisé. Loin de la vindicte des oppositions en première lecture à l'Assemblée, alimentée notamment par l'affirmation de son "envie d'emmerder" les non-vaccinés.

Le Sénat a voté dans la nuit de mercredi jeudi le texte en première lecture, avec des "ajustements", pour une entrée en vigueur de la loi espérée par le gouvernement dès le 17 janvier, en plein rebond épidémique (près de 24.000 patients étaient hospitalisés mercredi soir, dont près de 4.000 en soins critiques).


Je crains la haine


Brigitte Macron est revenue de son côté lors d'un entretien sur TF1 sur les violences visant les élus, notamment ceux en faveur du pass: "Je crains la violence, je crains la haine, je crains aussi cette espèce de crescendo permanent, on va de plus en plus loin".

Dans les intentions de vote, Emmanuel Macron reste favori. Les deux derniers sondages du jour (Elabe et Harris Interractive) le donnent en tête au premier tour entre 23 et 25%, devant Valérie Pécresse et Marine Le Pen, toutes deux à 16-17%, et l'autre candidat d'extrême droite Eric Zemmour (entre 13 et 15%).

A gauche, la socialiste Anne Hidalgo présente jeudi son projet présidentiel et espère se relancer après sa tentative avortée de rassembler une gauche fragmentée entre cinq candidatures.

Les priorités de son programme, dévoilé dès mercredi soir par le journal Le Monde, portent sur l'éducation, la santé, le pouvoir d'achat, la transition écologique, la jeunesse et les services publics.

Certaine mesures étaient déjà connues, comme l'augmentation du Smic de 15% (200 euros net par mois), la revalorisation des salaires des enseignants en début de carrière pour qu'ils atteignent ceux des cadres, l'abrogation de la réforme de l'assurance-chômage et de ParcourSup, la création d'un "minimum jeunesse" pour les jeunes de plus de 18 ans sous condition de ressources.

L'ex-garde des Sceaux Christiane Taubira, qui se soumettra au résultat de la Primaire populaire, une initiative citoyenne d'investiture du 27 au 30 janvier, devrait pour sa part officialiser sa candidature samedi à Lyon.

En tête de la gauche dans les sondages, le candidat de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon continue, lui, de tracer sa route, fustigeant la stratégie de "l'union à tout prix à gauche" qu'il compare à "une machine à désespérer".


La cote de popularité de Marine Le Pen en baisse même si elle reste en tête des personnalités, selon un sondage

La présidente du groupe parlementaire du Rassemblement national, Marine Le Pen (C-G), quitte les lieux après le verdict du procès en appel d'anciens et d'actuels membres du RN, jugés pour détournement de fonds publics européens dans l'affaire des emplois fictifs présumés au Parlement européen, à la cour d'appel de Paris, le 7 juillet 2026. (AFP)
La présidente du groupe parlementaire du Rassemblement national, Marine Le Pen (C-G), quitte les lieux après le verdict du procès en appel d'anciens et d'actuels membres du RN, jugés pour détournement de fonds publics européens dans l'affaire des emplois fictifs présumés au Parlement européen, à la cour d'appel de Paris, le 7 juillet 2026. (AFP)
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  • Jordan Bardella reste en tête des personnalités politiques les plus populaires (36%), devant Marine Le Pen (34%), dont la cote recule de 4 points après sa condamnation en appel
  • La confiance envers Emmanuel Macron progresse à 24% (+1), mais 48% des Français déclarent ne lui faire « pas du tout confiance »

PARIS: La cote de popularité de Marine Le Pen a baissé en juillet après sa condamnation en appel, la candidate RN restant néanmoins en haut du classement des personnalités politiques, juste derrière Jordan Bardella, selon un sondage Elabe pour Les Echos publié jeudi.

Alors que Mme Le Pen a officialisé sa candidature à la présidentielle de 2027 après sa condamnation en appel pour détournement de fonds, Jordan Bardella se maintient en tête du classement. Le président du RN jouit d'une "image positive" auprès de 36% des Français, malgré deux points perdus en un mois.

Marine Le Pen le talonne de près avec 34%, mais enregistre une baisse de quatre points.

Edouard Philippe et Gabriel Attal, ex-æquo, les suivent avec 30% d'opinions positives. Le président d'Horizons recule de 4 points et celui de Renaissance de 2 points.

Auprès des électeurs de gauche, François Ruffin retrouve la première place du classement (45%), suivi par le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon (42%).

L'ancien président François Hollande chute de cinq points, passant de la première à la troisième place, ex-æquo avec Fabien Roussel (41%), suivis par Raphaël Glucksmann en cinquième position (40%, -2).

Le sondage mesure également la cote de confiance du président Emmanuel Macron, qui gagne un point: 24% des Français interrogés dans ce sondage déclarent lui faire confiance pour affronter efficacement les problèmes qui se posent au pays.

Mais la part de ceux qui ne lui font "pas du tout confiance" est en hausse de 4 points, et concerne près d'un Français sur deux (48%).

La cote de confiance du Premier ministre Sébastien Lecornu est la même que celle du président (24%, -1). La part des Français ne lui faisant "pas du tout" confiance est plus basse, à 35% (+1).

Le sondage a été réalisé en ligne du 28 au 29 juillet, sur un échantillon de 1.004 personnes, représentatif des résidents de France métropolitaine âgés de 18 ans ou plus, selon la méthode des quotas.

La marge d'erreur est située entre 1,4 et 3,1 points.


«Optimisme» sur le front du mégafeu en Gironde, incendie maîtrisé dans les Landes

Après plus d'une semaine de lutte acharnée des pompiers et 42.000 hectares de forêt partis en fumée, l'optimisme prévaut enfin jeudi sur le front du mégafeu de Gironde même s'il est encore trop tôt pour savoir quand l'incendie sera fixé. (AFP)
Après plus d'une semaine de lutte acharnée des pompiers et 42.000 hectares de forêt partis en fumée, l'optimisme prévaut enfin jeudi sur le front du mégafeu de Gironde même s'il est encore trop tôt pour savoir quand l'incendie sera fixé. (AFP)
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  • "C'est la première journée un peu optimiste, puisqu'on a l'impression qu'on est en train de revenir sur le chemin d'une vie normale et que les choses commencent à s'améliorer nettement"
  • "Nous sommes résolument optimistes (...) On peut penser" que le pire est derrière nous avec ce "feu totalement inédit", a renchéri sur BFMTV le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez

LEGE-CAP-FERET: Après plus d'une semaine de lutte acharnée des pompiers et 42.000 hectares de forêt partis en fumée, l'optimisme prévaut enfin jeudi sur le front du mégafeu de Gironde même s'il est encore trop tôt pour savoir quand l'incendie sera fixé.

Bonne nouvelle également dans le département voisin des Landes. Le préfet Gilles Clavreul a annoncé en fin de journée que le feu près de Biscarrosse était "maîtrisé" et que tous les quartiers allaient "rouvrir" à la circulation. Cet incendie survenu il y a une semaine a brûlé 3.600 hectares et conduit à évacuer environ 30.000 personnes à titre préventif.

"C'est la première journée un peu optimiste, puisqu'on a l'impression qu'on est en train de revenir sur le chemin d'une vie normale et que les choses commencent à s'améliorer nettement", s'est réjouie sans triomphalisme la préfète de Gironde, Sophie Brocas, lors d'un point presse.

Elle a rappelé qu'après huit jours de combat contre le plus grave incendie en France depuis 1949, le feu était toujours "stabilisé" mais qu'il restait "deux points actifs" sur le cordon dunaire du Porge au sud de Lacanau et au hameau de Claouey à l'entrée de la presqu'île du Cap Ferret, toujours "inaccessible".

"Nous sommes résolument optimistes (...) On peut penser" que le pire est derrière nous avec ce "feu totalement inédit", a renchéri sur BFMTV le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez.

Le patron du Sdis 33, Marc Vermeulen, qui avait salué à la mi-journée "un nouveau cap, une forme de bascule", s'est toutefois gardé de dire quand ce mégafeu serait considéré comme "fixé".

"Vous répondre sur une date, ce serait trop hasardeux de ma part. Ça va dépendre à la fois de la réaction du terrain, du nombre de pieds de feu qui vont encore sortir, mais également des conditions météorologiques", a souligné l'officier.

Côté températures justement, les voyants sont pour l'instant au vert, ce qui devrait soulager les soldats du feu très éprouvés. La baisse se poursuivra vendredi en Gironde, selon Météo-France. Le département sera sous vigilance jaune aux orages pendant la nuit, jusqu'à 09H00 du matin.

Sur le terrain, 3.300 pompiers venus de toute la France, 1.500 militaires, 1.250 policiers et gendarmes, forestiers, agriculteurs et une cohorte de bénévoles conjuguent leurs efforts, épaulés par 24 moyens aériens dont sept fournis via le mécanisme européen de solidarité.

"Début de la fin du feu mais début de la crise" 

"C'est le début de la fin du feu, mais c'est le début de la crise", craint Nina Rosazza, gérante d'une métallerie à Andernos-les-Bains venue, avec d'autres artisans du coin, prêter main forte dans la forêt ravagée de Lanton. "Touristiquement, écologiquement, visuellement, c'est une catastrophe à long terme".

Si aucune perte humaine n'est à déplorer, les sauveteurs ont la "hantise" de trouver des animaux morts. Chats, poules, chiens, lapins... Une "brigade de secours animal", montée dans l'urgence par la mairie de Lège, arpente la commune armée de croquettes, de graines et de bidons d'eau pour "leur permettre de tenir" jusqu'à ce que leurs propriétaires reviennent, a constaté une journaliste de l'AFP.

La préfecture a autorisé 84.000 nouvelles personnes à rentrer "immédiatement" chez elles, dans neuf communes près de Bordeaux et l'autoroute A63 jusqu'à Bayonne a rouvert à 14H00. En revanche, comme les jours précédents, aucun TGV ne circulera jusqu'à dimanche au sud de Bordeaux, hormis ceux desservant Agen et Toulouse.

Au total, 144.000 des 220.000 personnes évacuées depuis le déclenchement du feu, le 22 juillet, ne sont plus concernées par ces mesures préventives.

"Une aiguille de pin et hop, ça repart" 

Malgré un certain optimisme, les autorités martèlent qu'il ne faut pas baisser la garde.

"Il suffit d'une aiguille de pin et hop, ça repart", explique le lieutenant Xavier, Mayennais qui a œuvré toute la nuit en forêt de Claouey dans le nord de la presqu'île du Cap Ferret.

Samuel Allix, producteur de pommes de terre à St-Jean d'Illac se réjouit de "bientôt pouvoir bosser" après "cinq jours" d'interdiction de récolter. "On a perdu beaucoup".

Selon le ministre de l'Economie, un quart des 82.000 salariés empêchés ces derniers jours d'aller travailler ont repris le travail jeudi. "A peu près 4.000 établissements", sur les 23.000 fermés ou évacués, ont rouvert, a détaillé Roland Lescure.

Pour l'instant, 230 sapeurs-pompiers ont été blessés dans la lutte contre cet incendie hors norme.

Les forêts s'enflamment d'autant plus facilement que la végétation et les sols sont très secs depuis des mois, une sécheresse accentuée par le changement climatique et les récentes canicules exceptionnelles.

Feux criminels à 70% 

Le sud-est de la France a lui aussi été touché par plusieurs incendies, en Corse, dans les Hautes-Alpes et dans le Var, des départements qui sont tous de nouveau en vigilance orange canicule.

Dans le Var, un nouveau feu virulent, au sud-est de Brignoles, a parcouru 130 hectares, moins de 24 heures après la fixation de l'incendie du massif du Gros Bessillon, toujours sous haute surveillance.

Enfin, un feu d'une ampleur très rare en Bourgogne est survenu dans un village de la côte viticole proche de Dijon mais a pu être fixé après avoir parcouru 150 hectares, dont 90 ont brûlé.

Sur la France entière, 275 interpellations ont été réalisées qui se sont traduites par 31 détentions, a mentionné Laurent Nuñez, rappelant que "70% des incendies sont criminels".

 


Nouveau départ de feu dans le Var: plus de 600 évacuations, 100 hectares parcourus

Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook. (AFP)
Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook. (AFP)
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  • Le feu s'est déclaré aux environs de 17H00 en périphérie de Brignoles, commune de 17.000 habitants, entrainant l'évacuation de plusieurs quartiers, selon la préfecture du Var
  • 250 pompiers, assistés de trois Canadair, deux Dash et sept hélicoptères ont été mobilisés, alors que le département du Var faisait face mercredi à des températures caniculaires

MARSEILLE: Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook.

"600 à 700 personnes" ont été évacuées, indique le maire, faisant état de 100 hectares de végétation parcourus depuis le déclenchement de ce nouveau feu, moins de 24 heures après l'annonce de la fixation de l'incendie du Gros Besillon, à une vingtaine de km plus au nord, qui a parcouru 4.500 hectares en huit jours.

Le feu s'est déclaré aux environs de 17H00 en périphérie de Brignoles, commune de 17.000 habitants, entrainant l'évacuation de plusieurs quartiers, selon la préfecture du Var. Parmi les personnes évacuées, 120 sont accueillies au Hall des expositions de Brignoles, a précisé M. Brémond.

250 pompiers, assistés de trois Canadair, deux Dash et sept hélicoptères ont été mobilisés, alors que le département du Var faisait face mercredi à des températures caniculaires.