Liban : Bassil déclare que son alliance avec le Hezbollah est en péril

Le discours télévisé de Gebran Bassil, qui dirige le Courant patriotique libre, signale un niveau de frustration sans précédent envers le Hezbollah. (Dossier/AFP)
Le discours télévisé de Gebran Bassil, qui dirige le Courant patriotique libre, signale un niveau de frustration sans précédent envers le Hezbollah. (Dossier/AFP)
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Publié le Lundi 03 janvier 2022

Liban : Bassil déclare que son alliance avec le Hezbollah est en péril

  • Bassil a imputé sa frustration à l'autre allié du Hezbollah, le mouvement Amal, dirigé par le président du Parlement Nabih Berri
  • Il a déclaré que ces derniers mois, le Hezbollah avait soutenu le mouvement Amal de Berri au détriment de sa propre alliance

BEYROUTH : Le député libanais Gebran Bassil a déclaré dimanche qu'une alliance vieille de 15 ans avec le puissant groupe chiite du pays, le Hezbollah, ne fonctionnait plus et devait évoluer.

Le discours télévisé de Gebran Bassil, qui dirige le Courant patriotique libre, signale un niveau de frustration sans précédent envers le Hezbollah et suggère que l'alliance de 2006 créditée d'avoir aidé à maintenir la paix dans le petit pays est en danger.

Les commentaires de Bassil interviennent au milieu d'une crise économique dévastatrice et également avant les élections législatives cruciales au cours desquelles son parti s'attend à une rude concurrence. Défaire l'alliance avec le Hezbollah lui coûterait plus de voix aux élections de mai.

Mais Bassil, un ancien ministre des Affaires étrangères, a déclaré que l'alliance érode sa crédibilité auprès de ses partisans. Bassil est également le gendre du président libanais Michel Aoun. Il s'est positionné comme un réformateur et aurait l'ambition de se présenter lui-même à la présidence.

Bassil a imputé sa frustration à l'autre allié du Hezbollah, le puissant mouvement chiite Amal, dirigé par le président du Parlement Nabih Berri. Il a déclaré que le Hezbollah avait ces derniers mois soutenu le mouvement Amal de Berri au détriment de sa propre alliance.

« Nous sommes parvenus à un accord avec le Hezbollah (en 2006) et non avec Amal », a déclaré Bassil dans un discours d'une heure. « Lorsque nous découvrons que celui qui prend les décisions dans (cette alliance) est Amal, c'est notre droit de revoir notre position. »

Le Hezbollah et ses alliés contrôlent la plupart des sièges au parlement et sont les principaux soutiens du gouvernement qui a pris ses fonctions en septembre. Mais le gouvernement et le parlement sont paralysés alors que les désaccords politiques s'approfondissent et que le Liban fait face à une crise économique sans précédent depuis 2019.

Berri est un rival de longue date de Bassil, qui l'a accusé d'avoir utilisé son pouvoir au parlement pour bloquer plusieurs de ses projets de loi.

Récemment, le Hezbollah et Amal ont largement critiqué l’enquête sur l’explosion du port de Beyrouth, accusant le juge d'être partial contre leurs alliés – une position en contradiction avec le parti de Bassil.

Le Hezbollah a demandé le dessaisissement du juge, entraînant une paralysie au sein du gouvernement. Les affrontements meurtriers d'octobre qui ont opposé des partisans d'Amal et du Hezbollah à des hommes armés chrétiens ont été déclenchés par le différend sur l'enquête et ont tendu davantage les relations avec le parti de Bassil, qui accusait Amal de violences.

Bassil a critiqué le Hezbollah pour ne pas avoir soutenu son parti sur les lois de réforme qui, selon lui, visent à éliminer la corruption et à garantir des politiques financières décentralisées, ou les efforts pour protéger les pouvoirs constitutionnels du président. De tels choix ont empêché Bassil de justifier auprès de ses partisans les décisions du Hezbollah, a-t-il ajouté, blâmant ouvertement Berri pour la rupture.

« Il est compréhensible que les Américains veuillent coincer le Hezbollah, mais on ne comprend pas pourquoi (le Hezbollah) veut se coincer lui-même », a déclaré Bassil à propos de l'alliance du Hezbollah avec Berri.

Le Hezbollah est désigné comme groupe terroriste par les États-Unis. Bassil a été placé sur une liste de sanctions américaines pour corruption. Il affirme que les sanctions visent à faire pression sur lui pour qu'il annule son alliance avec le Hezbollah.

« Nous ne voulons pas rompre le protocole d'accord (de 2006) », a déclaré Bassil. « Mais nous voulons qu'il évolue car il ne répond plus aux défis, notamment économiques et financiers, auxquels nous sommes confrontés. »

Les partisans saluent l'alliance comme un pas vers un Liban plus démocratique, transcendant la rivalité traditionnelle entre chrétiens et chiites. L'alliance avec des groupes chrétiens, traditionnellement du côté de l'Occident, a fourni au Hezbollah une couverture après sa guerre de 2006 avec Israël.

« Naturellement, nous sommes plus forts électoralement si nous sommes alliés au Hezbollah », a déclaré Bassil. « Mais entre gagner les élections et nous préserver, nous choisissons notre crédibilité et notre dignité. »

 Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

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Le prince héritier saoudien s'entretient avec le président iranien 

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  • Le prince héritier saoudien Mohamed ben Salmane s'est entretenu par téléphone avec le président iranien Masoud Pezeshkian
  • Au cours de cet appel, les dirigeants ont discuté des récents développements dans la région

RIYADH : Le prince héritier saoudien Mohamed ben Salmane s'est entretenu par téléphone avec le président iranien Masoud Pezeshkian, a rapporté tôt vendredi l'Agence de presse saoudienne.
Au cours de cet appel, les dirigeants ont discuté des récents développements dans la région et ont passé en revue plusieurs questions d'intérêt commun.


L'Arabie saoudite condamne l'escalade militaire israélienne et l'attaque contre un centre culturel à Gaza

L'agence de défense civile de Gaza a déclaré le 3 avril qu'au moins 31 personnes, dont des enfants, ont été tuées dans l'attaque israélienne contre l'école servant d'abri aux Palestiniens déplacés par la guerre (AFP).
L'agence de défense civile de Gaza a déclaré le 3 avril qu'au moins 31 personnes, dont des enfants, ont été tuées dans l'attaque israélienne contre l'école servant d'abri aux Palestiniens déplacés par la guerre (AFP).
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  • L'Arabie saoudite a appelé les membres du Conseil de sécurité de l'ONU à prendre des mesures décisives pour mettre fin à ce qu'elle a décrit comme une tragédie endurée par le peuple palestinien
  • Dans un communiqué, le Royaume a dénoncé le ciblage de l'école Dar Al-Arqam à Gaza, où des dizaines de personnes déplacées ont été tuées, et la destruction d'un entrepôt géré par le Centre saoudien pour la culture et le patrimoine dans la zone de Morag

RIYADH : Le ministère saoudien des Affaires étrangères a condamné jeudi la poursuite de l'escalade militaire israélienne dans les territoires palestiniens occupés, y compris les frappes sur les abris pour les civils déplacés à Gaza.

Dans un communiqué, le Royaume a dénoncé le ciblage de l'école Dar Al-Arqam à Gaza, où des dizaines de personnes déplacées ont été tuées, et la destruction d'un entrepôt géré par le Centre saoudien pour la culture et le patrimoine dans la zone de Morag, à l'est de Rafah. Cet entrepôt contenait des fournitures médicales destinées aux patients et aux blessés de Gaza.

Le ministère a déclaré que l'absence de mécanismes internationaux efficaces de responsabilisation a permis aux forces israéliennes de persister dans leurs violations du droit international et des principes humanitaires. Il a averti que l'impunité persistante contribue à l'intensification de la violence et constitue une menace pour la stabilité régionale et mondiale.

L'Arabie saoudite a appelé les membres du Conseil de sécurité des Nations unies à prendre des mesures décisives pour mettre fin à ce qu'elle a décrit comme une tragédie endurée par le peuple palestinien.


L'armée israélienne intensifie ses opérations à Gaza, 30 morts selon les secours

Ces dernières heures, les forces israéliennes ont commencé des opérations terrestres à Choujaïya, un quartier de Gaza-ville, "afin d'étendre la zone de sécurité", a indiqué l'armée en référence à la zone tampon qu'elle a établie à l'intérieur de la bande de Gaza, à la frontière avec Israël et avec l'Egypte. (AFP)
Ces dernières heures, les forces israéliennes ont commencé des opérations terrestres à Choujaïya, un quartier de Gaza-ville, "afin d'étendre la zone de sécurité", a indiqué l'armée en référence à la zone tampon qu'elle a établie à l'intérieur de la bande de Gaza, à la frontière avec Israël et avec l'Egypte. (AFP)
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  • Ces opérations interviennent après que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a promis d'accentuer la pression militaire sur le mouvement islamiste palestinien Hamas pour obtenir la libération des otages encore retenus à Gaza
  • Dans le même temps, l'armée israélienne a multiplié ses frappes en Syrie et au Liban voisins, tuant deux membres de la branche armée du Hamas dans un raid aérien contre un bâtiment à Saïda, ville du sud du Liban

GAZA: L'armée israélienne a lancé une nouvelle offensive au sol vendredi à Gaza-Ville, intensifiant ses opérations dans le territoire palestinien qui ont fait au moins 30 morts, selon la Défense civile.

Ces opérations interviennent après que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a promis d'accentuer la pression militaire sur le mouvement islamiste palestinien Hamas pour obtenir la libération des otages encore retenus à Gaza.

Dans le même temps, l'armée israélienne a multiplié ses frappes en Syrie et au Liban voisins, tuant deux membres de la branche armée du Hamas dans un raid aérien contre un bâtiment à Saïda, ville du sud du Liban.

Ces dernières heures, les forces israéliennes ont commencé des opérations terrestres à Choujaïya, un quartier de Gaza-ville, "afin d'étendre la zone de sécurité", a indiqué l'armée en référence à la zone tampon qu'elle a établie à l'intérieur de la bande de Gaza, à la frontière avec Israël et avec l'Egypte.

"Les soldats y ont éliminé de nombreux terroristes et démantelé des infrastructures terroristes du Hamas", a-t-elle dit, ajoutant que les soldats "autorisaient l'évacuation des civils de la zone de combat".

A Choujaïya, la Palestinienne Elena Helles raconte à l'AFP qu'elle ne peut sortir de sa maison, comme de nombreux habitants.

"Nous sommes coincés avec ma famille chez ma soeur. L'armée d'occupation est très proche de nous. Les obus et les missiles tombent sur les maisons et les tentes (de déplacés). La mort nous menace de toutes parts", dit-elle.

Selon la Défense civile locale, au moins 30 Palestiniens ont été tués dans les opérations israéliennes dans la bande de Gaza. Une source hospitalière a fait état de 25 morts dans une frappe sur une habitation de Khan Younès (sud).

"Arrêtez, ça suffit!" 

"C'était comme le Jour du Jugement dernier: ils ont bombardé avec des missiles, tout est devenu sombre, nous avons commencé à chercher nos enfants et nos biens, mais tout a disparu. Nos enfants ont disparu", Raghda al-Sharafa, en pleurant, au lendemain d'une frappe israélienne contre une école où étaient réfugiés des déplacés à Gaza-ville: "Arrêtez, ça suffit!"

La quasi-totalité des 2,4 millions d'habitants de Gaza ont été déplacés par les combats et vivent dans des conditions très dures, Israël bloquant l'entrée de l'aide humanitaire dans le territoire dévasté et assiégé.

Après deux mois de trêve à Gaza et plusieurs semaines de tractations infructueuses sur la façon de la prolonger, Israël a repris le 18 mars ses bombardements aériens suivis d'opérations terrestres dans le territoire.

La guerre a été déclenchée par une attaque sans précédent menée le 7 octobre 2023 par des commandos du Hamas infiltrés dans le sud d'Israël à partir de la bande de Gaza voisine où le mouvement islamiste a pris le pouvoir en 2007.

L'attaque a entraîné la mort de 1.218 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des chiffres officiels. Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 58 sont toujours otages à Gaza dont 34 sont mortes selon l'armée.

Israël a juré de détruire le Hamas, et mené en représailles une offensive dévastatrice à Gaza qui a fait au moins 50.609 morts, en majorité des civils, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l'ONU.

Selon ce ministère, au moins 1.249 Palestiniens ont été tués depuis la reprise des bombardements intenses israéliens le 18 mars dernier.

"Nous morcelons la bande de Gaza et nous augmentons la pression pas à pas pour qu'ils nous rendent nos otages", a déclaré M. Netanyahu mercredi.

Frappes au Liban et en Syrie 

Au Liban, l'armée israélienne a annoncé vendredi avoir tué dans une frappe à Saïda Hassan Farhat, un "commandant" du Hamas qui "a orchestré de nombreuses attaques terroristes contre des civils et soldats israéliens".

Les Brigades Ezzedine al-Qassam, branche armée du Hamas, ont confirmé dans un communiqué la mort de Hassan Farhat, et de son fils, également membre des Brigades. La fille de Hassan Farhat a également péri, selon elles.

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a dénoncé "une agression flagrante contre la souveraineté libanaise" et une "claire violation" de l'accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre entre Israël et le Hezbollah libanais, un allié du Hamas.

En Syrie, l'armée israélienne a aussi intensifié ses frappes meurtrières ces derniers jours et mené une incursion terrestre dans la sud du territoire syrien. Elle a y visé notamment des bases et un aéroport militaires.

Les autorités syriennes ont dénoncé "une tentative préméditée de déstabiliser" le pays.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a averti le président syrien par intérim, Ahmad al-Chareh, qu'il paierait un "lourd tribut" si la sécurité d'Israël était menacée.