La rénovation de l'église de la Nativité à Bethléem met au jour des trésors millénaires

Des chrétiens marchent devant l'église de la Nativité à la veille de Noël dans la ville biblique de Bethléem, le 19 décembre 2021. (AFP)
Des chrétiens marchent devant l'église de la Nativité à la veille de Noël dans la ville biblique de Bethléem, le 19 décembre 2021. (AFP)
Des chrétiens allument des bougies devant la grotte de l'église de la Nativité, dans la ville de Bethléem, en Cisjordanie, le 19 décembre 2021. Ce site classé au patrimoine mondial de l'UNESCO est en cours de restauration depuis 2013. (AFP)
Des chrétiens allument des bougies devant la grotte de l'église de la Nativité, dans la ville de Bethléem, en Cisjordanie, le 19 décembre 2021. Ce site classé au patrimoine mondial de l'UNESCO est en cours de restauration depuis 2013. (AFP)
Des chrétiens visitent la basilique Grecque à l'église de la Nativité, le 19 décembre 2021. (AFP)
Des chrétiens visitent la basilique Grecque à l'église de la Nativité, le 19 décembre 2021. (AFP)
Des fidèles se rassemblent à l'entrée de la chapelle Sainte-Catherine qui fait partie de l'église de la Nativité, le 19 décembre 2021. (AFP)
Des fidèles se rassemblent à l'entrée de la chapelle Sainte-Catherine qui fait partie de l'église de la Nativité, le 19 décembre 2021. (AFP)
Une vue de l'église de la Nativité où Jésus Christ serait né, dans la ville biblique de Bethléem. (AFP)
Une vue de l'église de la Nativité où Jésus Christ serait né, dans la ville biblique de Bethléem. (AFP)
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Publié le Samedi 25 décembre 2021

La rénovation de l'église de la Nativité à Bethléem met au jour des trésors millénaires

  • Cette année, à Noël, les personnes qui visiteront l'endroit où l’on pense que Jésus-Christ est né pourront découvrir des éléments mis à jour pour la première fois depuis des siècles
  • Des fonts baptismaux, une lanterne en verre et une mosaïque d’un ange font partie des nombreuses découvertes surprenantes réalisées au cours des travaux de restauration

AMMAN : Au terme de plusieurs années de rénovation méticuleuse, un trésor inestimable a été mis au jour dans l'église de la Nativité, située à Bethléem, en Cisjordanie. Il s'agit de reliques, d'objets d'art et d'artefacts vieux de plusieurs siècles et jusque-là enfouis sous terre.

Pour les chrétiens, Jésus-Christ est né à l'endroit même où se dresse aujourd'hui l'église. Ils célèbrent cet événement le 25 décembre de chaque année. Les chrétiens se rendent donc en pèlerinage dans la ville de Bethléem et plus précisément dans cette église.

Ces deux dernières années, les pèlerins et les touristes n’ont plus fait la queue devant ce site en raison de la pandémie de Covid-19. Mais ceux qui ont eu la chance de s'y rendre ont pu constater les changements importants qui se sont produits depuis que les rénovations ont été entamées.

Pour les chrétiens, Jésus-Christ est né à l'endroit même où se dresse aujourd'hui l'église de la Nativité. (Fourni)
Pour les chrétiens, Jésus-Christ est né à l'endroit même où se dresse aujourd'hui l'église de la Nativité. (Fourni)

La première église construite sur le site en 339 a été inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco en 2012. L’édifice qui lui a été substitué après un incendie survenu au Ve siècle conserve des vestiges du sol du bâtiment original, en mosaïques élaborées.

La restauration minutieuse réalisée sur plusieurs années a permis de révéler pour la première fois depuis des siècles de nombreux éléments dissimulés : maçonnerie originale, ornements fins et objets précieux tombés dans l'oubli.

C'est en 2013 que la rénovation a été initiée grâce à un don généreux du philanthrope palestinien Saïd Khoury. En visitant l'église, ce dernier a remarqué que l'eau de pluie suintait à travers le toit qui se détériorait.

Résolu à agir pour protéger ce monument, M. Khoury a rencontré le président palestinien Mahmoud Abbas pour aborder la rénovation de l'église et a fait don d'un demi-million de dollars pour démarrer les travaux ; il était alors président de la Consolidated Contractors Company (CCC), dont le siège est à Athènes.

La restauration a été financée par des donateurs du monde entier. (Fourni)
La restauration a été financée par des donateurs du monde entier. (Fourni)

Aussitôt le Comité présidentiel chargé de la restauration de l'église de la Nativité créé, les dons ont afflué des quatre coins du monde pour financer les travaux.

Avec le soutien de la Consolidated Contractors Company (CCC), un appel d'offres international a été lancé pour réaliser les travaux de rénovation selon les normes les plus strictes, de manière à préserver le statut de l'église en tant que patrimoine mondial.

« C'est la société italienne Piacenti qui a remporté l'appel d'offres ; forte d'une solide expérience en restauration qui s’étale sur trois générations, elle a réalisé les travaux conformément aux critères de l'Unesco », explique à Arab News Mazen Karam, directeur général de la Bethlehem Development Foundation.

Avec ses collègues de la fondation, M. Karam réunit les fonds et supervise les travaux de rénovation. Ils sont ravis des découvertes considérables qui ont été faites au cours de la restauration. Parmi celles-ci figure une magnifique lampe en verre artisanale.

L'équipe de restauration a par ailleurs découvert des fonts baptismaux dissimulés sous une couche de marbre et un ange sur le mur nord de la basilique, qui était recouvert de plâtre.

« L'ange fait partie des nombreuses découvertes surprenantes que nous avons faites à l'église depuis que nous avons commencé les travaux de rénovation », explique M. Karam.

Une autre grande surprise était au rendez-vous : la porte originale de l'édifice qu'un roi arménien aurait offerte à l'église et qui a été fidèlement restaurée.

Les guides touristiques invitent les visiteurs à admirer la beauté de l'église à partir de la Place de la Mangeoire à la nuit tombée pour découvrir le nouvel éclairage qui illumine les murs restaurés.

À l'entrée de l'église, les visiteurs traversent la Porte de l'humilité, porte en pierre délibérément basse pour obliger les fidèles à se prosterner en signe de révérence.

À l'intérieur, on se rend compte des efforts soutenus qui ont permis de restaurer les hauts plafonds, les piliers, les murs et les peintures.

Plus important encore, la restauration a freiné la détérioration causée par la pluie. C'est en 1480 que le toit a été réparé pour la dernière fois, pendant le règne des Mamelouks.  « Nous pouvons à présent affirmer que le plafond tiendra le coup pour les 1000 années à venir », précise M. Karam.

Au cours des travaux de réparation, la toiture a été entièrement recouverte de 1 625 mètres carrés de feuilles de plomb et près de 8 % de ses poutres en bois ont été remplacées par du bois ancien importé d'Italie et renforcé par des raccords en acier de manière à protéger la basilique des séismes.

FAITS MARQUANT

C'est en 1480 que le toit a été réparé pour la dernière fois, pendant le règne des Mamelouks.

Cette église ne fait plus partie de la liste du patrimoine mondial en péril de l'Unesco depuis 2019.

Le coût de la restauration s'élève à ce jour à quelque 15 millions de dollars ; 2, 8 millions de dollars supplémentaires sont à prévoir.

Les fenêtres en bois de l'église, au nombre de 42, ont toutes été remplacées et munies de double vitrage déviant les rayons UV. Les travaux ont également permis de rénover, consolider et de nettoyer près de 3 365 m² de plâtres à l'intérieur de l'église, de 3 076 m² de façades extérieures en pierre et de 125 m² de mosaïques murales. Cinquante colonnes en pierre ont été restaurées et repeintes.

La rénovation a été tellement réussie et efficace que l'Unesco a retiré l'église de la Nativité de la liste du patrimoine mondial en péril en 2019.

La Bethlehem Development Foundati (Fondation pour le développement de Bethléem) a exprimé sa gratitude pour le soutien « infiniment professionnel et respectueux » du Comité présidentiel et du gouvernement palestinien, qui ont assuré les ressources et les compétences requises pour mener à bien les travaux.

Le coût de la restauration s'élève à ce jour à quelque 15 millions de dollars. Néanmoins, les travaux sont loin d'être achevés et un financement supplémentaire de 2 millions de dollars est à prévoir pour achever cette phase du projet.

À ce jour, les travaux achevés comprennent la restauration des carreaux de marbre datant du sixième siècle qui recouvrent le Bêma (le sanctuaire, la zone située à l'extrémité orientale de l'église, devant l'abside, NDRL) situé devant l'iconostase orthodoxe et le transept (une nef transversale qui coupe à angle droit la nef principale d’une église, NDRL) sud.

Les projets qui attendent encore d'être financés comprennent la préservation des dalles de pierre de l'avant-cour, l'installation d'un système anti-incendie et de systèmes de climatisation, la consolidation de la structure des coins nord et sud de la basilique, le renforcement du mur extérieur du côté sud pour résister aux séismes, et la restauration de la nef centrale.

La partie la plus vulnérable de l'église qui doit être rénovée est sans doute la grotte de la Nativité dans laquelle Jésus est né, selon les chrétiens. Une étoile d'argent indique l'endroit où Jésus est né.

Selon la fondation, la grotte doit être réparée de toute urgence. Le coût des réparations est estimé à 2,8 millions de dollars. En effet, elle a subi des tremblements de terre et des incendies pendant des siècles et a été usée par le passage de millions de personnes qui l'ont visitée.

Le problème n'est pas uniquement financier. En raison de son importance religieuse, les travaux effectués dans la grotte doivent d'abord être approuvés par les trois églises qui gardent le site :  orthodoxe, catholique et arménienne.

Au cours de la restauration du site, les pèlerins et les touristes ne pourront pas se rendre dans la grotte pendant huit mois ou presque.

« La rénovation de la grotte passe par une série d'étapes préalables aux travaux », explique à Arab News un représentant de la fondation. « Cela requiert l'approbation des trois églises et la somme de 2,8 millions de dollars supplémentaires, sans oublier que les travaux devront être achevés d'ici à 2023, y compris la rénovation de la grotte, si le financement nécessaire est assuré ». 

Les trois églises, la municipalité de Bethléem et le ministère palestinien du Tourisme envisagent une restauration par étapes qui autoriserait la tenue de prières et la visite de la grotte selon un calendrier déterminé.

Pour M. Karam, cette démarche permettra aux fidèles de prier dans l'église de la Nativité et offrira aux personnes de toutes confessions la possibilité de s'y rendre pendant les travaux de réparation afin de découvrir son histoire.

« En visitant l'église de la Nativité, vous l'aiderez à demeurer un témoignage de l'église vivante et vous l'empêcherez de se transformer en musée », déclare-t-il.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Mondial-2026: le Maroc a confirmé son nouveau statut et regarde déjà vers 2030

Des supporters marocains réagissent en regardant le quart de finale de la Coupe du monde 2026 opposant leur équipe à la France, disputé aux États-Unis, depuis le stade Prince Moulay Abdellah, transformé en fan zone, à Rabat, au Maroc. (AFP)
Des supporters marocains réagissent en regardant le quart de finale de la Coupe du monde 2026 opposant leur équipe à la France, disputé aux États-Unis, depuis le stade Prince Moulay Abdellah, transformé en fan zone, à Rabat, au Maroc. (AFP)
  • Malgré son élimination face à la France (2-0), le Maroc confirme sa progression parmi les grandes nations du football
  • Les Lions de l'Atlas se projettent déjà vers la CAN 2027 et le Mondial 2030 avec de fortes ambitions

LOS ANGELES: Eliminé en quart de finale par la France (2-0) jeudi, le Maroc a néanmoins confirmé lors du Mondial-2026 son statut de nation forte et, certaine d'être sur la bonne voie, se projette déjà sur "sa" Coupe du monde dans quatre ans.

Comme en 2022, les Lions de l'Atlas ont en effet fini par plier face aux Bleus, sur le même score. Et avec cette fois le sentiment d'avoir été battus par une équipe qui leur a été assez largement supérieure, quand la demi-finale perdue sans démériter au Qatar avait pu à l'époque faire naître quelques regrets.

"Nous avons tout donné face à un adversaire très fort. Mais nous continuerons à construire une équipe capable de lutter pour les titres", s'empressait de déclarer à l'issue du match le sélectionneur Mohamed Ouahbi.

Car pour le Maroc, l'enseignement de cette Coupe du monde dépasse largement l'issue de ce quart de finale: après avoir créé la surprise lors de la précédente édition, il a confirmé qu'il fallait désormais bien compter sur lui sur l'échiquier mondial, dans la foulée d'une Coupe d'Afrique des nations remportée sur tapis vert (le Tribunal arbitral du sport doit encore statuer) à domicile, qui aurait pu jeter un voile sur ses prétentions.

Mohamed Ouahbi, qui a succédé à Walid Regragui, a réussi, en un peu plus de trois mois à peine, à transfigurer le style de jeu des Lions de l'Atlas, devenu plus proactif, offensif, basé sur la possession.

- "Croire en notre projet" -

"Je suis très fier de ce que nous avons réalisé. Je suis agréablement surpris par la vitesse avec laquelle les joueurs ont assimilé ma philosophie de jeu. Ils ont montré une immense envie de progresser", a souligné le technicien.

Son équipe, menée par le capitaine Achraf Hakimi, s'est montrée conquérante lors de ses cinq premiers matches. Elle a d'abord fait plus que jeu égal avec le Brésil (1-1) pour son entrée en lice, puis elle a su faire preuve de grandes ressources mentales pour renverser les Pays-Bas en 16es (1-1, 3-2 t.a.b.) et elle s'est montrée implacable en 8e face au Canada pays coorganisateur (3-0).

Tant et si bien que le Maroc était perçu comme un adversaire de taille pour la France et les paroles de Mohamed Ouahbi prononcées en début de tournoi - "Le Maroc est entré dans une nouvelle ère, une ère où nous devons croire en notre capacité à être sacrés champions du monde" - ont été prises au sérieux.

A commencer par les Bleus de Kylian Mbappé, qui n'ont pas pris de haut leurs adversaires et ont mis fin à leur aventure plus tôt qu'ils ne l'avaient envisagé.

"Cette défaite ne doit pas briser notre détermination", a déclaré Ouahbi. "Nous devons continuer à croire en notre projet, poursuivre notre travail et rester concentrés sur les fondamentaux."

- "L'avenir sera très beau" -

Un mot d'ordre venu rappeler la double stratégie au long cours mise en place par la Fédération.

La première se repose sur la formation des jeunes, qui a déjà porté ses fruits avec le titre glané au Mondial des moins de 20 ans l'an passé, déjà sous les ordres de Ouahbi à la tête d'une génération talentueuse appelée à jouer chez les A, Gessime Yassine ayant été le seul convoqué pour le tournoi.

La seconde vise à convaincre les binationaux de choisir le Maroc, à l'image d'Ayyoub Bouaddi, né à Senlis il y a 18 ans, passé par les sélections de jeunes en équipe de France et qui s'est décidé juste avant le Mondial à jouer pour le pays de ses parents.

"Nous disposons d’un grand vivier de jeunes joueurs et de toutes les conditions nécessaires pour continuer à progresser", a dit le sélectionneur.

Son homologue Didier Deschamps ne pouvait qu'abonder: "A part Achraf Hakimi, qui compte plus d’une centaine de sélections, beaucoup de joueurs sont encore au début de leur parcours international. Cela laisse penser que le Maroc aura un avenir avec le sourire".

Dans quatre ans, le Maroc coorganisera le prochain Mondial, avec l'Espagne et le Portugal. Et il n'y a aucune raison pour que ses ambitions viennent à baisser.

"Il y aura d'abord une Coupe d’Afrique des Nations (en 2027) avec des éliminatoires à bien préparer et puis une compétition que nous voulons remporter à domicile en 2030", a martelé Mohamed Ouahbi, convaincu que "l'avenir sera très beau si cette équipe continue sur cette voie".


Des photographies de la Coupe du Monde au Qatar exposées à Mexico

Mêlant photographie, installations multimédias et objets emblématiques du sport, l’exposition explore l’impact de la précédente Coupe du Monde bien au-delà du football. (Fourni)
Mêlant photographie, installations multimédias et objets emblématiques du sport, l’exposition explore l’impact de la précédente Coupe du Monde bien au-delà du football. (Fourni)
  • L’exposition « Journeys to Greatness: Qatar 2022 Legacy » à Mexico présente des photographies de Tasweer illustrant l’impact humain et culturel de la Coupe du Monde Qatar 2022
  • Ouverte jusqu’au 9 août au Centro de Cultura Digital, elle met en avant l’héritage du tournoi à travers la photographie, des installations multimédias et des objets sportifs

DUBAÏ : Des photographies mettant en lumière les histoires humaines qui ont marqué la Coupe du Monde de la FIFA Qatar 2022 sont arrivées à Mexico, où elles sont présentées dans le cadre d’une exposition qui établit un lien entre l’héritage du tournoi et la Coupe du Monde actuelle.

Une sélection d’images de « After the Game », l’une des expositions phares de la troisième édition du Tasweer Photo Festival Qatar en 2025, est présentée dans « Journeys to Greatness: Qatar 2022 Legacy ». Organisée par le Musée olympique et sportif 3-2-1 Qatar, en partenariat avec le ministère mexicain de la Culture à travers le Centro de Cultura Digital, l’exposition s’inscrit dans le cadre de l’Année de la Culture Qatar-Canada-Mexique 2026.

Associant photographie, installations multimédias et souvenirs sportifs, l’exposition explore les répercussions de la précédente Coupe du Monde au-delà du terrain, en mettant l’accent sur les personnes, les cultures et les communautés réunies par cet événement.

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Les photographies de Tasweer sont présentées dans différentes sections de l’exposition, notamment « Look of the Game », « Matches and Players » et « Unity in Diversity ». (Fourni)

Les photographies de Tasweer sont présentées dans différentes sections de l’exposition, notamment « Look of the Game », « Matches and Players » et « Unity in Diversity ». Plutôt que de documenter l’action sur le terrain, elles mettent en lumière les célébrations des supporters, les échanges culturels et les rencontres du quotidien.

« L’héritage de Qatar 2022 appartient non seulement aux joueurs et aux matchs, mais aussi aux supporters qui ont donné vie à cette compétition », a déclaré Abdulla Al-Mulla, directeur du Musée olympique et sportif 3-2-1 Qatar, soulignant que l’exposition illustre la manière dont le tournoi continue de créer des liens au-delà des frontières.

De son côté, Khalifa Al-Obaidli, directeur du Tasweer Photo Festival, a déclaré : « La photographie possède une capacité unique à préserver les émotions. Les œuvres présentées pour la première fois dans After the Game capturent les expériences, les rencontres et l’humanité partagée qui ont fait de Qatar 2022 une étape marquante et profondément transformatrice. »

L’exposition est présentée au Centro de Cultura Digital de Mexico jusqu’au 9 août. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


IMA: « Raconte moi ton mariage », un événement qui met à l’honneur une France multiculturelle

Sous un soleil écrasant, le parvis de l’Institut du monde arabe (IMA) s’est transformé, le temps d’une journée, en une immense fête populaire.  Des centaines de personnes, de toutes générations et de toutes origines, sont venues participer à « Raconte-moi ton mariage », une création de l’artiste Mohamed Bourouissa, organisée en partenariat par l’IMA et le Grand Palais. (Photo Arlette Khouri)
Sous un soleil écrasant, le parvis de l’Institut du monde arabe (IMA) s’est transformé, le temps d’une journée, en une immense fête populaire. Des centaines de personnes, de toutes générations et de toutes origines, sont venues participer à « Raconte-moi ton mariage », une création de l’artiste Mohamed Bourouissa, organisée en partenariat par l’IMA et le Grand Palais. (Photo Arlette Khouri)
  • Pendant quelques heures, Paris prend les couleurs d’un mariage maghrébin
  • Mais derrière cette ambiance joyeuse se dessine un projet précis : faire du mariage un récit collectif, transmettre une mémoire familiale et rappeler que les traditions populaires ont pleinement leur place dans le paysage culturel français

PARIS: Sous un soleil écrasant, le parvis de l’Institut du monde arabe (IMA) s’est transformé, le temps d’une journée, en une immense fête populaire.

Des centaines de personnes, de toutes générations et de toutes origines, sont venues participer à « Raconte-moi ton mariage », une création de l’artiste Mohamed Bourouissa, organisée en partenariat par l’IMA et le Grand Palais.

Les youyous résonnent, les mains se parent de henné, un orchestre nord-africain entraîne la foule dans une danse spontanée, les enfants courent entre les voitures décorées de fleurs, tandis que les visiteurs se mêlent aux comédiens sans toujours distinguer où s’arrête la représentation et où commence la réalité.

Pendant quelques heures, Paris prend les couleurs d’un mariage maghrébin. Mais derrière cette ambiance joyeuse se dessine un projet précis : faire du mariage un récit collectif, transmettre une mémoire familiale et rappeler que les traditions populaires ont pleinement leur place dans le paysage culturel français.

Conçue à partir de témoignages recueillis auprès d’habitants de Gennevilliers, Saint-Denis, Pantin ou Saint-Ouen, la performance donne vie à des histoires de mariage issues de l’immigration maghrébine.

Des cortèges de voitures fleuries convergent vers l’IMA avant de poursuivre leur route jusqu’au Grand Palais, où un couscous géant, des concerts et des spectacles prolongent la fête jusque tard dans la nuit.

Une nouvelle étape dans l’évolution de l’IMA

Pour Chawki Abdel Amir, vice-président de l’Institut du monde arabe, cette manifestation marque une nouvelle étape dans l’évolution de l’institut.

« On nous reproche parfois d’être trop intellectuels », déclare-t-il à Arab News en français. « Or, la culture, ce ne sont pas seulement les colloques ou les collections patrimoniales ; c’est aussi la cuisine, les coutumes, les mariages. Nous voulions montrer une culture vivante, joyeuse, telle qu’elle est réellement vécue. »

Dans une période internationale marquée par les conflits et les tensions, il revendique le choix d’offrir « un peu de bonheur » et de faire du parvis de l’IMA un lieu où les cultures populaires retrouvent toute leur vitalité.

Au-delà de l’aspect festif, il voit également dans cette célébration une manière d’assumer sereinement des identités parfois contestées, malgré les polémiques récurrentes autour des cortèges de mariage ou des youyous.

Il regrette que certains cherchent à faire disparaître des expressions culturelles pourtant parfaitement compatibles avec les valeurs de la République.

Ses propos font écho aux initiatives de certaines municipalités visant, au nom de l’ordre public ou d’une conception très restrictive de la neutralité, à encadrer, voire à décourager, certaines manifestations festives inspirées des cultures d’origine.

« La France est une idée universelle, rappelle-t-il. Elle s’est toujours enrichie des cultures qui la composent. Vouloir effacer ces particularités, c’est finalement appauvrir ce qu’elle représente. »

Le cortège lui-même illustre cette volonté de rendre visibles des traditions souvent confinées à la sphère privée.

Au volant de la voiture des mariés, l’un des participants raconte avec enthousiasme cette traversée de Paris, commencée à Gennevilliers.

Le convoi a emprunté les grands axes de la capitale, traversé Bir-Hakeim, longé les Champs-Élysées avant de rejoindre l’Institut du monde arabe.

En célébrant des traditions parfois regardées avec méfiance, « Raconte-moi ton mariage » apparaît finalement comme une réponse joyeuse à ceux qui voudraient uniformiser les expressions culturelles au nom d’une conception étriquée de l’identité française.

Tout au long du parcours, les passants applaudissaient, klaxonnaient et répondaient spontanément à la fête. « Les gens participaient comme s’ils assistaient à un vrai mariage », raconte-t-il avec émotion.

« C’était formidable de voir autant de sourires. Même devant l’Assemblée nationale, nous avions l’impression de partager un moment avec toute la ville. »

Pour Mohamed Bourouissa, cette réaction confirme l’ambition de son projet. « On ne voit pas cela tous les jours à Paris, indique-t-il. Je voulais rejouer le rituel du mariage parce qu’il est porteur de joie, d’amour et de mémoire. C’est un moment qui rassemble toute une communauté, mais qui parle aussi à tout le monde. »

L’artiste explique avoir voulu dépasser le simple folklore pour transformer ces récits familiaux en une œuvre contemporaine.

Les histoires recueillies auprès de familles venues principalement du Maghreb, mais aussi du Liban et d’autres horizons du monde arabe, deviennent ici une matière artistique qui relie les générations. La traversée entre les villes populaires de la périphérie parisienne et le cœur de la capitale revêt d’ailleurs une portée hautement symbolique.

« J’ai eu l’impression de vivre une véritable odyssée, confie-t-il, car cette traversée raconte quelque chose de notre histoire commune. »

En célébrant des traditions parfois regardées avec méfiance, « Raconte-moi ton mariage » apparaît finalement comme une réponse joyeuse à ceux qui voudraient uniformiser les expressions culturelles au nom d’une conception étriquée de l’identité française.