Soudan: jet de gaz lacrymogènes sur des manifestants contre le coup d’État à Khartoum

Une manifestation contre la prise de contrôle militaire d'octobre et un accord ultérieur qui a réintégré Hamdok à Khartoum, au Soudan, le dimanche 19 décembre 2021. (AP)
Une manifestation contre la prise de contrôle militaire d'octobre et un accord ultérieur qui a réintégré Hamdok à Khartoum, au Soudan, le dimanche 19 décembre 2021. (AP)
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Publié le Dimanche 19 décembre 2021

Soudan: jet de gaz lacrymogènes sur des manifestants contre le coup d’État à Khartoum

  • Les manifestations contre le coup d'État se sont poursuivies même après la réintégration du Premier ministre le mois dernier
  • Les manifestants exigent que le gouvernement soit à l’abri de toute implication militaire

KHARTOUM (Reuters) – Les forces de sécurité soudanaises ont tiré des gaz lacrymogènes et utilisé des grenades assourdissantes pour tenter d’éparpiller des centaines de milliers de manifestants dans la capitale Khartoum dimanche à la suite du coup d'État militaire du 25 octobre.

Les manifestations contre le coup d'État se sont poursuivies même après la réintégration du Premier ministre le mois dernier, les manifestants exigeant que le gouvernement soit à l’abri de toute implication militaire.

Dimanche, des manifestants ont marché vers le palais présidentiel, marquant le troisième anniversaire des manifestations qui ont déclenché un soulèvement populaire qui a renversé l'autocrate islamiste de longue date Omar Al-Bashir.

Ils se sont rassemblés à moins d'un kilomètre du palais, scandant « le peuple est plus fort et reculer est impossible ». Certains manifestants ont couru dans les rues secondaires pour se protéger des gaz lacrymogènes.

Bien que les forces de sécurité aient bloqué les ponts vers la capitale, les manifestants ont pu traverser un pont reliant la ville d'Omdurman au centre de Khartoum, mais ont été accueillis par de puissants gaz lacrymogènes, ont déclaré des témoins à Reuters.

Des témoins ont également déclaré à Reuters que des manifestants tentaient de traverser un pont reliant Bahri, au nord de Khartoum, à la capitale.

Des manifestations étaient également prévues dans d'autres villes du pays, et des images partagées sur les réseaux sociaux montraient leurs prémisses dans des villes comme Port Soudan sur la côte de la mer Rouge et El-Deain dans la région occidentale du Darfour.

Samedi soir, le Premier ministre Abdalla Hamdok a averti dans un communiqué que la révolution soudanaise faisait face à un revers majeur et que l'intransigeance politique de toutes parts menaçait l'unité et la stabilité du pays.

Les forces de sécurité ont bouclé les principales routes menant à l'aéroport et au quartier général de l'armée, et les forces de sécurité, y compris les forces de soutien rapide conjointes de l'armée et des paramilitaires, ont été fortement déployées autour du palais présidentiel.

Les manifestants ont bloqué les routes autour de la zone où se déroulait la manifestation. Certains portaient des drapeaux soudanais et des photos de manifestants tués lors de manifestations au cours des derniers mois. D'autres distribuaient des masques Covid-19 et portaient des civières pour évacuer d’éventuels blessés.

C’est la neuvième d'une série de manifestations contre le coup d'État qui se sont poursuivies même après que l'armée a réintégré Hamdok, qui avait été assigné à résidence, le 21 novembre et l'a libéré ainsi que d'autres détenus politiques de premier plan.

Le Comité central des médecins soudanais indique que 45 personnes ont été tuées lors de la répression contre les manifestants depuis le coup d'État.

Les partis politiques militaires et civils se partageaient le pouvoir depuis la destitution de Bashir. Mais l'accord de réintégration de Hamdok se heurte à l'opposition des manifestants qui l'avaient auparavant considéré comme un symbole de résistance au régime militaire et avaient dénoncé son accord avec l'armée comme une trahison.

Les parties civiles et les comités de résistance de quartier qui ont organisé plusieurs manifestations de masse exigent un régime civil à part entière sous le slogan « pas de négociation, pas de partenariat, pas de légitimité ».

Samedi soir et tôt dimanche matin, des personnes sont arrivées dans des convois de bus en provenance d'autres États, dont le Nord Kordofan et Gezira, pour se joindre aux manifestations à Khartoum, ont indiqué des témoins.

Vendredi, un rassemblement de membres de partis civils, connu sous le nom de coalition des Forces de la liberté et du changement, a été interrompu par des gaz lacrymogènes d'une source peu claire alors que des témoins ont déclaré à Reuters que les forces de sécurité n’étaient pas présentes sur les lieux.

 

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.


Plus d’un million de Libanais risquent de souffrir de la faim d’ici août, avertit l’ONU

Les femmes et les enfants continuent d’être touchés de manière disproportionnée. (AFP/Archives)
Les femmes et les enfants continuent d’être touchés de manière disproportionnée. (AFP/Archives)
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  • Les récents progrès en matière de sécurité alimentaire ont été anéantis par une forte escalade de la violence, replongeant le Liban dans un état de crise, selon des analystes
  • Cette situation intervient alors que les autorités israéliennes émettent un nouvel ordre de déplacement visant 16 zones du sud du Liban, enjoignant les habitants à se rendre dans la ville voisine de Saïda

​​​​​​NEW YORK : Plus d’un million de personnes au Liban risquent de faire face à une insécurité alimentaire aiguë dans les mois à venir, alors que la violence, les déplacements massifs et les difficultés économiques aggravent une situation humanitaire déjà fragile, a averti l’ONU mercredi.

Cette annonce intervient le même jour où les autorités israéliennes ont émis un nouvel ordre de déplacement pour 16 zones situées au sud du fleuve Litani, demandant aux habitants de se relocaliser dans la ville voisine de Saïda.

Le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a déclaré que ce nouvel ordre accentue les pressions liées aux déplacements à travers le pays, alors que les civils continuent de payer le prix des hostilités en cours.

Les femmes et les enfants restent particulièrement touchés, a-t-il ajouté, avec des rapports faisant état d’une hausse des détresses psychologiques. Beaucoup font face à des difficultés accrues liées au déplacement, à la séparation familiale et à la dégradation des conditions économiques. Les abris surpeuplés augmentent également le risque de violences basées sur le genre, aggravant encore la vulnérabilité des populations déplacées.

« Nous et nos partenaires répondons aux besoins croissants là où l’accès le permet », a déclaré Dujarric aux journalistes à New York, tout en soulignant que les opérations humanitaires restent limitées par un accès restreint aux zones touchées.

La crise est encore aggravée par la détérioration des conditions de sécurité alimentaire. Une nouvelle analyse de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture et du Programme alimentaire mondial conclut que les progrès récents ont été inversés par la récente escalade de la violence, replongeant le Liban dans une situation de crise.

Les dernières données de la Classification intégrée des phases de la sécurité alimentaire indiquent qu’environ 1,24 million de personnes — soit près d’une sur quatre parmi celles évaluées — devraient faire face à une insécurité alimentaire de « phase 3 » (niveau de crise) ou pire d’ici août. Cela signifie que les ménages sont contraints d’adopter des stratégies d’adaptation sévères, comme sauter des repas ou vendre des biens essentiels pour pouvoir se nourrir.

Malgré l’ampleur de la crise, le financement des efforts humanitaires reste gravement insuffisant. L’appel éclair pour le Liban n’a jusqu’à présent recueilli qu’un peu plus de 117 millions de dollars, soit seulement 38 % des 308 millions nécessaires pour répondre aux besoins les plus urgents.

Dujarric a averti que sans un soutien financier immédiat supplémentaire et un meilleur accès humanitaire, la situation risque de se détériorer davantage, exposant des millions de personnes à un risque accru de faim et de précarité dans les mois à venir. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com