En arabe ou en français, la littérature tunisienne en plein renouveau

Pour l'éditrice Elisabeth Daldoul, palestino-tunisienne fondatrice, en 2005, de la maison Elyzad, «pour les anciennes générations, il y avait des sujets dont ils ne parlaient pas. Les plus jeunes ne se mettent pas cette pression» et sont «bien moins cadenassés». (Photo, AFP)
Pour l'éditrice Elisabeth Daldoul, palestino-tunisienne fondatrice, en 2005, de la maison Elyzad, «pour les anciennes générations, il y avait des sujets dont ils ne parlaient pas. Les plus jeunes ne se mettent pas cette pression» et sont «bien moins cadenassés». (Photo, AFP)
Aujourd'hui, la littérature tunisienne peut aborder des thèmes jadis tabous, comme l'intime, alors que sous le régime du dictateur Zine El Abidine Ben Ali, aucun livre ne sortait sans le blanc-seing du bureau de la censure. (Photo, AFP)
Aujourd'hui, la littérature tunisienne peut aborder des thèmes jadis tabous, comme l'intime, alors que sous le régime du dictateur Zine El Abidine Ben Ali, aucun livre ne sortait sans le blanc-seing du bureau de la censure. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 19 novembre 2021

En arabe ou en français, la littérature tunisienne en plein renouveau

  • La Foire Internationale du Livre fait son retour après deux ans d'absence pour cause de pandémie
  • L’engouement des lecteurs est la conséquence de l'agitation que le pays a connue après la révolution de 2011

TUNIS : Grâce aux efforts d'éditeurs pionniers et à l'engouement des lecteurs, la littérature tunisienne connaît un renouveau, en dialecte local et en français, favorisé aussi par le coût prohibitif des livres importés.

Alors que la Foire Internationale du Livre de Tunis fait son retour après deux ans d'absence pour cause de Covid, les éditeurs prévoient une ruée sur les ouvrages qui bénéficieront jusqu'au 21 novembre de la traditionnelle remise de 20%.

Une vingtaine de pays sont représentés pour la 36e édition, qui met la Mauritanie à l'honneur, avec 150 exposants tunisiens et 300 éditeurs arabes et internationaux.

Pour l'écrivain Yamen Manai, dont le cinquième roman en français "Bel Abîme" est paru en septembre, il y a "un renouveau de la scène littéraire tunisienne, beaucoup de blogueurs et influenceurs, un engouement vis-à-vis de certaines sorties de livres et d'écrivains que le public commence à suivre et encourager".

A ses yeux, "c'est la conséquence de l'agitation que le pays a connue après la révolution (de 2011), on a envie de revivre après des années d'immobilisme".

Sous le régime du dictateur Zine El Abidine Ben Ali, aucun livre ne sortait sans le blanc-seing du bureau de la censure, rappelle-t-il.

Aujourd'hui, la littérature tunisienne peut "aborder des thèmes jadis tabous comme la sexualité, l'intime", expliquait récemment l'écrivain à l'AFP.

Son éditrice Elisabeth Daldoul, palestino-tunisienne fondatrice, en 2005, de la maison Elyzad, qui accompagne d'autres auteurs de renom comme Ali Bécheur, dresse un constat similaire.

"Pour les anciennes générations, il y avait des sujets dont ils ne parlaient pas. Les plus jeunes ne se mettent pas cette pression" et sont "bien moins cadenassés", selon elle.

Elyzad, consacrée à l'international en 2021 avec le Goncourt du Premier roman (Emilienne Malfatto avec "Que sur toi se lamente le Tigre"), propose "des romans à des prix tunisiens (autour de 10 dinars, environ 3 euros) pour que les gens puissent y avoir accès", explique Mme Daldoul, qui fait imprimer ses livres en Tunisie. Alors qu'elle était l'une des pionnières, il y a désormais "une vingtaine d'éditeurs (locaux), dont cinq en français", se félicite-t-elle.

Le gérant de la célèbre librairie El Kitab sur l'avenue Bourguiba à Tunis confirme le boom de la littérature tunisienne, en particulier en "derja", le dialecte arabe local. Il qualifie de "livre-phénomène" le roman "Hestiriya" de l'auteure Faten Fazaa, qui ose briser les tabous sur la prostitution ou l'homosexualité. "En moins d'un mois, on a vendu 800 exemplaires, 38 par jour en moyenne", explique à l'AFP Jamel Chérif.

Un tel succès s'explique, selon lui, par le choix original d'écrire en arabe tunisien: "même quelqu'un qui n'a jamais tenu de livre peut le lire. Et ses livres parlent du quotidien avec des histoires parfois intimes".

Autre succès: les ouvrages de Hassanine Ben Ammou, qui relatent, en mêlant arabe littéraire et dialectal, l'histoire tunisienne à travers la vie de personnages attachants ("Rahmana" par exemple).

"Avec la situation actuelle en Tunisie, marquée par une crise politique, économique et sanitaire, les lecteurs (...) cherchent des livres qui racontent leur quotidien, parlent de leur société, leurs traditions et leur mode de vie", analyse M. Cherif.

Sans doute aussi que le "facteur prix explique la forte demande de livres tunisiens car ils sont beaucoup moins chers que les autres", dit-il.

A pouvoir d'achat comparable, "c'est comme si un livre importé était vendu à 340 euros", explique Mme Daldoul, soulignant que "ce problème se pose dans tout le Maghreb".

Pour l'éditrice, le goût des Tunisiens pour les livres ne demande qu'à être encouragé.

"Depuis 2011, de nombreux clubs de lecture ont fleuri partout dans le pays, ils produiront probablement des vocations", estime-t-elle. Même si rares sont les librairies hors de Tunis ou de grandes villes comme Sfax ou Bizerte.

Dans un pays "longtemps précurseur" avec 400 bibliothèques publiques, aujourd'hui "souvent moribondes ou transformées en salles de lecture", "il faudrait une volonté politique, promouvoir le livre à l'école, former des bibliothécaires, etc.", plaide-t-elle.

Et, en associant éditeurs et clubs de lecture, "il suffirait de pas grand chose", estime Mme Daldoul, pour que les gens poussent plus facilement les portes des librairies et que les bibliothèques "redeviennent des lieux d'échange".


Décès de la chanteuse britannique Marianne Faithfull, voix singulière du rock

L'icône de la pop britannique Marianne Faithfull se produit sur scène lors d'un concert le 15 mars 2007 à Châlons-en-Champagne, dans l'est de la France. La chanteuse et actrice britannique Marianne Faithfull, surtout connue pour son tube "As Tears Go By", est décédée à l'âge de 78 ans, a annoncé un porte-parole le 30 janvier 2025. (AFP)
L'icône de la pop britannique Marianne Faithfull se produit sur scène lors d'un concert le 15 mars 2007 à Châlons-en-Champagne, dans l'est de la France. La chanteuse et actrice britannique Marianne Faithfull, surtout connue pour son tube "As Tears Go By", est décédée à l'âge de 78 ans, a annoncé un porte-parole le 30 janvier 2025. (AFP)
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  • La chanteuse et actrice britannique Marianne Faithfull, icône folk-rock à la voix singulière et à la vie mouvementée, est décédée jeudi à l'âge de 78 ans
  • Mick Jagger et Keith Richards ont exprimé leur tristesse sur les réseaux sociaux

LONDRES: La chanteuse et actrice britannique Marianne Faithfull, icône folk-rock à la voix singulière et à la vie mouvementée, est décédée jeudi à l'âge de 78 ans, une disparition qui a aussitôt suscité l'hommage des Rolling Stones.

Mick Jagger et Keith Richards ont exprimé leur tristesse sur les réseaux sociaux. "Elle était une merveilleuse amie, une magnifique chanteuse et une grande actrice", a écrit Jagger, qui a partagé sa vie. "Elle va me manquer", a aussi réagi Richards.

Un peu plus tôt, un porte parole de la chanteuse avait annoncé son décès. "Elle s'est éteinte paisiblement à Londres aujourd'hui, en compagnie de sa famille", indique un communiqué transmis à l'AFP.

La chanteuse Carla Bruni-Sarkozy a dit "au-devoir à sa très chère amie Marianne". "Repose en paix, Marianne", a écrit l'autrice J.K. Rowling.

A l'époque du "Swinging London" dans les années 1960, la chanteuse blonde est repérée lors d'une soirée par le manager des Stones, Andy Oldham. Mick Jagger et Keith Richards lui proposent de chanter leur titre "As Tears Go By" (1964), avec lequel elle entre dans le Top 10 britannique à seulement 17 ans.

Viennent ensuite d'autres succès: "Come and Stay With Me", "This Little Bird" et "Summer Nights".

Marquée par des hauts et des bas liés à des problèmes de toxicomanie, sa carrière l'a aussi menée au théâtre et au cinéma.

Marianne Faithfull est née le 29 décembre 1946 à Londres d'un père officier, espion de Sa Majesté, et d'une aristocrate autrichienne.

Mariée à 18 ans avec le galeriste John Dunbar, elle le quitte bientôt pour Mick Jagger, dont elle sera la compagne et la muse entre 1966 et 1970.

En 1968, elle joue le rôle d'une motarde nue sous sa combinaison en cuir dans "La motocyclette" de Jack Cardiff, avec Alain Delon.

C'est l'époque où elle est entraînée dans ce qu'elle appellera le "cirque permanent" des Rolling Stones, et devient progressivement accro à l'héroïne.

 

- Renaissance musicale -

 

Sa relation avec Mick Jagger et leurs frasques, qui font la Une des tabloïds britanniques, auraient inspiré les tubes "Wild Horses" et "You Can't Always Get What You Want".

S'ensuivent une tentative de suicide, la fin de leur relation, la perte de la garde de son fils né de sa précédente union, et une descente aux enfers dans les squats et les rues de Soho, à Londres.

Elle survit de justesse à une overdose, mais les drogues dures et la nicotine ont marqué sa voix, devenue rocailleuse.

Elle confiait à l'AFP en 2014: "honnêtement, certains de mes souvenirs des années 60 sont merveilleux et d'autres sont horribles".

Elle traverse ensuite une période punk, pendant laquelle elle chante des textes mordants et désabusés comme "Why D'Ya Do It?" ou "Working Class Hero" de John Lennon. L'album "Broken English" (1979), qui signe son retour, est considéré comme un classique.

Elle prend ensuite un tournant plus jazz et blues, avec son album "Strange Weather". Dans les années 1990, une cure de désintoxication lui permet de remonter la pente.

Au cinéma, elle apparaît dans "Intimité" de Patrice Chéreau ou Marie-Antoinette (2006) de Sofia Coppola, où elle interprète Marie-Thérèse d'Autriche.

Ces dernières années, la chanteuse avait souffert de multiples problèmes de santé, dont un cancer du sein et une maladie pulmonaire causée par des années de tabagisme.

Elle avait collaboré avec des artistes comme PJ Harvey et Nick Cave, qui l'ont décrite comme une de leurs sources d'inspiration.

En 2020, elle avait été sévèrement affectée par le Covid-19 et hospitalisée, au point où les médecins ont cru qu'elle n'y survirait pas. Mais la chanteuse était allée au bout de son 21e et dernier album, "She Walks in Beauty".

"Cette pandémie m'a salement touchée, j'ai failli mourir", avait-elle confié à l'AFP en 2021, craignant "ne plus pouvoir chanter un jour".

Marianne Faithfull, qui a vécu à Paris, était rentrée à Londres depuis quelques années pour se rapprocher de son fils et de ses petits-enfants.


Eurovision 2025: Louane représentera la France

La chanteuse française Louane pose sur le tapis rouge à son arrivée pour assister à la 26e édition de la cérémonie des NRJ Music Awards au Palais des Festivals, à Cannes, dans le sud-est de la France, le 1er novembre 2024. (AFP)
La chanteuse française Louane pose sur le tapis rouge à son arrivée pour assister à la 26e édition de la cérémonie des NRJ Music Awards au Palais des Festivals, à Cannes, dans le sud-est de la France, le 1er novembre 2024. (AFP)
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  • La chanteuse pop Louane, 28 ans, a annoncé jeudi sur Instagram qu'elle allait "représenter la France" à l'Eurovision
  • La chanteuse "portera les espoirs de tout un pays lors de la grande finale de l’Eurovision 2025, le 17 mai à Bâle en Suisse", a confirmé France Télévisions dans un communiqué

PARIS: La chanteuse pop Louane, 28 ans, a annoncé jeudi sur Instagram qu'elle allait "représenter la France" à l'Eurovision, concours européen dont la finale se tiendra le 17 mai à Bâle, en Suisse.

"Je suis sûre que tu es fière, que tu regardes de loin, alors tu sais quoi ? Je vais le faire pour nous, je vais le faire pour nos rêves: je vais représenter la France à l'Eurovision", a annoncé l'interprète de "Secret" et autres tubes pop, dans un message vidéo posté sur son compte Instagram (1,2 million d'abonnés).

Anne Peichert - alias Louane - fait référence à sa mère, décédée d'un cancer en 2014. Sa vidéo est illustrée par des photos de famille d'elle, enfant puis adolescente déjà passionnée de musique.

"Je me rappelle de toutes ces soirées, des paillettes dans mes yeux chaque année, on ne pouvait rater ça pour rien au monde", se remémore aussi Louane, en voix off de cette vidéo d'annonce.

"On était à des années-lumières de s'imaginer que ce soit possible mais t'en rêvais. Moi aussi j'en rêvais de cette vie-là, de ce moment", ajoute-t-elle.

La chanteuse "portera les espoirs de tout un pays lors de la grande finale de l’Eurovision 2025, le 17 mai à Bâle en Suisse", a confirmé France Télévisions dans un communiqué.

"C'est une grande fierté d'accueillir Louane dans la famille Eurovision. Une artiste authentique, passionnée et passionnante. Elle a déjà conquis le public français qui la connaît et l'aime depuis toujours", déclare Alexandra Redde-Amiel, cheffe de la délégation française à l'Eurovision et directrice des divertissements et des jeux de France Télévisions, dans ce communiqué.

La chanteuse, appréciée par un public intergénérationnel, a vu sa carrière décoller après sa participation au télé-crochet musical "The Voice" (TF1) en 2014.

L'émission lui permet aussi d'être repérée pour jouer le premier rôle dans le film "La Famille Bélier", gros succès de fin 2014 avec 7,5 millions d'entrées.

Son premier opus "Chambre 12", certifié double diamant, marque le coup d'envoi d'un succès aussi populaire que durable.

Pour "Solo", cinquième album studio sorti en octobre, l'artiste travaille avec son compagnon, le chanteur et musicien Florian Rossi, et dévoile une facette plus intime d'elle-même.

Elle succède à Slimane, qui avait pris la quatrième place de l'Eurovision en 2024, avec "Mon amour".

La France n'a plus remporté ce grand concours européen de la chanson depuis la victoire de Marie Myriam, en 1977.


Ithra présente des trésors islamiques historiques lors de la deuxième biennale des arts islamiques 

La biennale de cette année, intitulée « And All That Is In Between », explore les différentes façons dont la foi est vécue, exprimée et célébrée. (Photo fournie)
La biennale de cette année, intitulée « And All That Is In Between », explore les différentes façons dont la foi est vécue, exprimée et célébrée. (Photo fournie)
La biennale de cette année, intitulée « And All That Is In Between », explore les différentes façons dont la foi est vécue, exprimée et célébrée. (Photo fournie)
La biennale de cette année, intitulée « And All That Is In Between », explore les différentes façons dont la foi est vécue, exprimée et célébrée. (Photo fournie)
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  • Un édit ancien, un fragment de tapis de prière et un manuscrit religieux parmi les objets exposés
  • L'événement explore les façons dont la foi est vécue, exprimée et célébrée

DJEDDAH : Des objets islamiques historiques sont exposés par le Centre du roi Abdulaziz pour la culture mondiale à l'occasion de la deuxième édition de la Biennale des arts islamiques qui se tient actuellement à Djeddah.

Se déroulant jusqu'au 25 mai dans l'emblématique terminal occidental du Hadj, la biennale de cette année, intitulée « And All That Is In Between » (en français, « Et tout ce qui se trouve entre les deux »), explore les façons dont la foi est vécue, exprimée et célébrée.

Parmi les pièces exposées figurent un édit du sultan ottoman Mustafa III, qui a régné de 1757 à 1774, concernant la tombe du prophète Mahomet, un fragment de tapis de prière, un manuscrit de tafsir (interprétation du Coran), un support de manuscrit pliant, une lampe de mosquée et un grand minbar (chaire) en bois.

Ithra, qui est reconnu comme un leader mondial dans le domaine des arts et du patrimoine islamiques, présentera ses pièces dans la section Al-Madar de la biennale. Cette exposition rassemble des contributions d'institutions locales et internationales de premier plan, soulignant la richesse et la diversité de la culture islamique.

« C'est un privilège pour Ithra de participer à la biennale », a déclaré Farah Abushullaih, directrice du musée d'Ithra. « C'est un privilège pour la collection islamique d'Ithra d'être présentée une fois de plus à cette prestigieuse biennale, qui célèbre la diversité et la profondeur des arts islamiques ».

« Notre participation souligne notre engagement permanent à préserver et à partager le riche patrimoine de l'art islamique avec un public mondial, tout en développant la connaissance des concepts clés des traditions islamiques qui ont façonné et continuent de façonner les identités islamiques aujourd'hui », a-t-elle ajouté. 

Les objets exposés, qui ont été soigneusement sélectionnés en collaboration avec Heather Ecker et Marika Sardar de l'équipe de conservation d'Al-Madar, reflètent le thème du waqf. Ce concept islamique fondamental consiste à consacrer des biens au bénéfice de la communauté, en soutenant des initiatives religieuses, éducatives ou caritatives.

La participation d'Ithra s'inscrit dans sa mission d'inspirer, d'enrichir et d'encourager l'appréciation du patrimoine islamique par le biais de diverses initiatives, notamment sa conférence triennale sur l'art islamique et ses grandes expositions. L'exposition "In Praise of the Artisan" (Éloge de l'artisan) présente plus de 130 œuvres historiques et contemporaines, dont beaucoup sont exposées au public pour la première fois.

Grâce à sa solide programmation de conférences, d'ateliers et de démonstrations en direct, Ithra continue d'honorer le passé et le présent, en positionnant l'artisanat islamique comme une tradition vivante. Ses efforts soulignent le rôle de l'institution en tant que championne mondiale de l'échange culturel et de la créativité.

La Biennale des arts islamiques, organisée par la Fondation de la Biennale de Diriyah, offre une plateforme pour explorer les arts et les traditions islamiques.

La première édition de l'événement en 2023, à laquelle Ithra a également participé, a attiré plus de 600 000 visiteurs.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com