Au Soudan, un nouveau Conseil de transition sans le bloc pro-civils

Cette décision intervient deux jours seulement avant les manifestations de masse prévues contre le coup d'État du 25 octobre. (Photo, Reuters/Archives)
Cette décision intervient deux jours seulement avant les manifestations de masse prévues contre le coup d'État du 25 octobre. (Photo, Reuters/Archives)
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Publié le Jeudi 11 novembre 2021

Au Soudan, un nouveau Conseil de transition sans le bloc pro-civils

  • Après la chute en 2019 du dictateur Omar el-Béchir, un Conseil de souveraineté, composé de civils et militaires, avait été mis en place pour chapeauter la transition vers la démocratie sous la présidence du général Burhane
  • Le 25 octobre, ce dernier a dissous toutes les institutions, décrété l'Etat d'urgence et arrêté la plupart des dirigeants civils du pays

KHARTOUM : Le général Abdel Fattah al-Burhane, auteur d'un putsch au Soudan fin octobre, a nommé jeudi un nouveau Conseil de souveraineté, dont ont été exclus les représentants du bloc réclamant un transfert du pouvoir aux civils.

Après la chute en 2019 du dictateur Omar el-Béchir, un Conseil de souveraineté, composé de civils et militaires, avait été mis en place pour chapeauter la transition vers la démocratie sous la présidence du général Burhane.

Le 25 octobre, ce dernier a dissous toutes les institutions, décrété l'Etat d'urgence et arrêté la plupart des dirigeants civils du pays.

Depuis des jours, les militaires annonçaient la formation "imminente" d'autorités pour mener le pays vers des élections libres, assurant seulement avoir dû écarter des dirigeants civils qui n'étaient pas d'accord avec eux sur le chemin à prendre vers la démocratie.

Le gouvernement, dont plusieurs ministres sont toujours détenus et le Premier ministre Abdallah Hamdok en résidence surveillée, n'a, lui, jusqu'ici pas été remplacé et ses membres continuent de se revendiquer comme les seules autorités "légitimes" du pays.

Avec son décret de jeudi soir, le général Burhane conserve la présidence du Conseil de souveraineté, a annoncé la télévision d'Etat.

Le général Mohamed Hamdan Daglo, dit "Hemedti", à la tête des très puissantes Forces de soutien rapide, des paramilitaires accusés d'exactions dans la région du Darfour (ouest) ou lors de la répression de la révolte anti-Béchir, reste son numéro deux.

Le nouveau Conseil de souveraineté, comme l'ancien, compte 14 membres. Seuls 13 noms ont toutefois été annoncés par la présentatrice de Sudan TV. Le quatorzième membre doit représenter l'Est du pays, où des manifestants ont bloqué pendant un mois et demi le poumon commercial du Soudan, Port-Soudan, et ses docks, et n'a visiblement pas encore été accepté par tous.

Normalisation, soufisme et apolitisme

Sur les 13 noms annoncés, seuls quatre sont nouveaux. En lieu et place des quatre représentants des Forces de la liberté et du changement (FLC), l'union des forces civiles née de la révolte anti-Béchir, dont certains ont été arrêtées le jour du coup d'Etat, quatre personnalités non-partisanes ont été choisies.

Parmi eux figure Abou al-Qassem Bortoum, un homme d'affaires qui avait plaidé la normalisation avec Israël --projet-phare des militaires au pouvoir depuis 2019--, posée comme condition par Washington pour sortir le Soudan de sa liste noire des Etats soutenant le "terrorisme".

M. Bortoum, 55 ans, a été député sous Omar el-Béchir et gère aujourd'hui des compagnies agricoles et de transport.

Autre nouveau membre du conseil: Salma al-Moubarak, issue d'une grande famille soufie du Soudan. Sans passé politique, elle est la deuxième femme du Conseil avec Raja Nicola, la représentante de la minorité chrétienne copte qui conserve son poste.

Les neuf membres qui se maintiennent au Conseil de souveraineté sont des représentants de l'armée ou de groupes rebelles armés ayant signé fin 2020 la paix avec Khartoum après des années de conflits meurtriers aux quatres coins du pays.

Mardi, la Troïka (Grande-Bretagne, Etats-Unis et Norvège) à la manoeuvre sur le dossier soudanais depuis des années, avait appelé le général Burhane à ne pas prendre "de décision unilatérale", l'exhortant à réinstaller M. Hamdok dans ses fonctions.

De nouveau jeudi, les ambassadeurs européens ont rencontré la ministre des Affaires étrangères déposée Mariam al-Sadeq al-Mahdi, demandant une nouvelle fois "le retour à l'ordre constitutionnel" et "la libération immédiate des détenus", ministres, manifestants, militants et même passants, arrêtés ces dernières semaines.

Ces arrestations en masse n'ont malgré tout pas entamé la détermination des partisans d'un transfert du pouvoir au civil. Ils appellent à une nouvelle "manifestation du million" samedi.

 


L'Iran appelle les civils à quitter les zones situées à proximité des forces américaines dans la région

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont appelé vendredi les civils à se tenir à l'écart des lieux abritant des forces américaines au Moyen-Orient, près d'un mois après le début de la guerre. (AFP)
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont appelé vendredi les civils à se tenir à l'écart des lieux abritant des forces américaines au Moyen-Orient, près d'un mois après le début de la guerre. (AFP)
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  • Les "lâches" forces américano-israéliennes "tentent d'utiliser des sites civils et des innocents comme boucliers humains", ont affirmé les Gardiens sur leur site Sepah News, après que l'Iran a menacé de cibler les hôtels du Golfe
  • "Nous vous recommandons de quitter de toute urgence les lieux où sont stationnées les troupes américaines afin qu'aucun mal ne vous soit fait", ajoutent-ils

TEHERAN: Les Gardiens de la Révolution iraniens ont appelé vendredi les civils à se tenir à l'écart des lieux abritant des forces américaines au Moyen-Orient, près d'un mois après le début de la guerre.

Les "lâches" forces américano-israéliennes "tentent d'utiliser des sites civils et des innocents comme boucliers humains", ont affirmé les Gardiens sur leur site Sepah News, après que l'Iran a menacé de cibler les hôtels du Golfe.

"Nous vous recommandons de quitter de toute urgence les lieux où sont stationnées les troupes américaines afin qu'aucun mal ne vous soit fait", ajoutent-ils.

 


Attaque de drones sur le principal port de Koweït, des dégâts

Le principal port commercial de Koweït a été visé vendredi à l'aube par une attaque de drones "ennemis", ont annoncé les autorités portuaires. (AFP)
Le principal port commercial de Koweït a été visé vendredi à l'aube par une attaque de drones "ennemis", ont annoncé les autorités portuaires. (AFP)
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  • L'attaque sur le port de Shuwaikh a fait des dégâts matériels mais pas de victimes, ont-elles précisé dans un communiqué publié sur X
  • Une deuxième port, en construction et situé dans le nord de l'émirat a également été visé, a ensuite annoncé le ministère des travaux publics

KOWEIT: Le principal port commercial de Koweït a été visé vendredi à l'aube par une attaque de drones "ennemis", ont annoncé les autorités portuaires.

L'attaque sur le port de Shuwaikh a fait des dégâts matériels mais pas de victimes, ont-elles précisé dans un communiqué publié sur X.

Une deuxième port, en construction et situé dans le nord de l'émirat a également été visé, a ensuite annoncé le ministère des travaux publics.

Selon cette source, le port de Mubarak al-Kabeer a été touché tôt vendredi matin par des drones et des missiles qui ont causé, là aussi, des dégâts matériels mais n'ont pas fait de victimes.

Les pays du Golfe font l'objet d'une campagne de représailles iraniennes depuis le début de l'offensive américano-israélienne sur l'Iran il y a un mois et les tirs - pour la plupart interceptés - sont quasiment quotidiens.


L'armée israélienne dit avoir mené des frappes d'ampleur sur Téhéran

L'armée israélienne a dit tôt vendredi avoir mené des frappes d'ampleur dans la capitale iranienne Téhéran, presqu'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'armée israélienne a dit tôt vendredi avoir mené des frappes d'ampleur dans la capitale iranienne Téhéran, presqu'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "Il y a peu, l'armée a terminé une série de frappes à grande échelle visant des infrastructures du régime terroriste iranien au coeur de Téhéran", a-t-elle indiqué dans un bref communiqué, sans plus de détails
  • Quelques heures plus tard, elle a précisé avoir "pris pour cible des sites et des infrastructures" utilisés par l'Iran "pour produire des armes, principalement des missiles balistiques"

JERUSALEM: L'armée israélienne a dit tôt vendredi avoir mené des frappes d'ampleur dans la capitale iranienne Téhéran, presqu'un mois après le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Il y a peu, l'armée a terminé une série de frappes à grande échelle visant des infrastructures du régime terroriste iranien au coeur de Téhéran", a-t-elle indiqué dans un bref communiqué, sans plus de détails.

Quelques heures plus tard, elle a précisé avoir "pris pour cible des sites et des infrastructures" utilisés par l'Iran "pour produire des armes, principalement des missiles balistiques".

Elle a aussi annoncé avoir "frappé diverses cibles liées aux dispositifs de puissance de feu du régime" dans l'ouest de l'Iran, dont "des lanceurs de missiles et des sites de stockage de missiles, qui constituaient une menace" pour Israël.

Le Moyen-Orient est plongé depuis le 28 février dans une guerre déclenchée par des frappes conjointes des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran, auxquelles Téhéran a riposté par des tirs de missiles et de drones visant Israël et plusieurs pays de la région.