«Bibliothèque ouverte»: les touristes d'AlUla voient dans les anciennes inscriptions d'Ikmah un passé lointain

C'est la montagne Ikmah, ou la «bibliothèque ouverte», comme l'appellent les habitants d'AlUla. (Photo fournie)
C'est la montagne Ikmah, ou la «bibliothèque ouverte», comme l'appellent les habitants d'AlUla. (Photo fournie)
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Publié le Vendredi 22 octobre 2021

«Bibliothèque ouverte»: les touristes d'AlUla voient dans les anciennes inscriptions d'Ikmah un passé lointain

  • Ikmah abrite plus de cinq cents inscriptions de la civilisation Dadan et Lihyan
  • Certaines inscriptions ont été écrites par les scribes professionnels de la région tandis que d'autres n'étaient que des croquis de voyageurs et d’habitants de passage

ALULA: Imaginez le temps d’avant les téléphones portables, des e-mails ou même du papier. À cette époque, les moments importants étaient relatés par des croquis sur des rochers.

C'est la montagne Ikmah, ou la «bibliothèque ouverte», comme l'appellent les habitants d'AlUla. AlUla était un point essentiel sur la route commerciale que beaucoup empruntaient à travers la péninsule Arabique. Les voyageurs s'arrêtaient à la montagne pour documenter leurs histoires ou graver leurs noms pour ceux qui les suivaient.

«Nous appelons Ikmah la “bibliothèque ouverte”. Si vous voulez savoir pourquoi elle porte ce nom, regardez autour de vous pendant quelques secondes et vous verrez des inscriptions partout sur la montagne», déclare à Arab News le conteur Amal Aljahani.

Ikmah abrite plus de cinq cents inscriptions de la civilisation Dadan et Lihyan.
Ikmah abrite plus de cinq cents inscriptions de la civilisation Dadan et Lihyan. (Photo fournie)

Ikmah abrite plus de cinq cents inscriptions de la civilisation Dadan et Lihyan. Les premiers textes de la montagne ont été étudiés et traduits par des historiens et des archéologues et remontent aux IXe et Xe siècles avant Jésus-Christ.

Les langues présentes sur la montagne comprennent l'araméen, le talmudique, le dadanitique, le minaen, le nabatéen, le grec, le latin et l'arabe. Zone importante pour les historiens, les experts en linguistique arabe et les archéologues, la montagne offre un aperçu de l'ère préarabe.

Les touristes du Royaume et les visiteurs du monde entier se rassemblent pendant des heures pour s'asseoir devant les hauts sommets et observer les techniques délicates de la langue ancienne transformées progressivement en lettres arabes modernes que nous connaissons aujourd'hui.

Certaines inscriptions ont été écrites par les scribes professionnels de la région tandis que d'autres n'étaient que des croquis de voyageurs et d’habitants de passage.

De nombreux messages diffèrent par leur signification; certaines inscriptions sont des noms écrits dans l'ancien texte arabe, mais beaucoup sont des récits d'événements en cours de la communauté locale.

Ces inscriptions décrivent les rois qui régnaient sur le pays, les croyances religieuses du peuple ou elles étaient parfois de simples notes à l’intention d’autres visiteurs.

Ikmah occupait une place importante dans le cœur des habitants et des voyageurs. C'était un lieu sacré pour le culte et les sacrifices païens ainsi que pour la documentation. L'une des inscriptions sur les montagnes a été écrite par une femme nommée «Mirwa», qui a gravé son nom dans les rochers et a détaillé une offrande qu'elle a faite à sa divinité.

Certaines inscriptions ont été écrites par les scribes professionnels de la région tandis que d'autres n'étaient que des croquis de voyageurs et d’habitants de passage.
Certaines inscriptions ont été écrites par les scribes professionnels de la région tandis que d'autres n'étaient que des croquis de voyageurs et d’habitants de passage. (Photo fournie)

«Cette femme avait l'habitude de venir ici et de faire des offrandes à sa divinité pour qu’elle la bénisse ainsi que ses enfants. L'inscription indique que la divinité s’est exécutée. C'est le genre de messages que les gens ont écrits ici sur cette belle montagne», déclare Amal Aljahani.

Mirwa est revenue pour ajouter une autre inscription qui indique que ses prières avaient été exaucées et ses fils bénis.

Certaines de ces inscriptions sont personnelles, tandis que d'autres sont des noms ou des dessins d'animaux et d'instruments de musique.

La plus ancienne inscription de l'ère islamique – connue sous le nom de «Naqsh Zuhayr» – et les premiers aperçus de la langue arabe sont documentés du côté est. Ces inscriptions remontent à 644 après J.-C.

La montagne abrite différentes méthodes d'inscription, déclare M. Aljahani, telles que «la gravure à l'intérieur de l'alphabet pour être plus clair».

Il ajoute: «L’autre méthode est ce que nous appelons la “3D”. C'est la plus difficile. Ils ont magnifiquement sculpté entre les lettres de l'alphabet à l'aide de pierres de sable pour que le message soit plus précis.»

En 2017, la Commission royale d'AlUla a fermé l’accès à la montagne pour commencer la préparation du site à la visite du public. Le site d’Ikmah est désormais prêt et ouvert au public sous la supervision de la Commission.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

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Liban: nouvelles frappes israéliennes sur Beyrouth et sa banlieue

La fumée s’élève du site d’une frappe aérienne israélienne dans la banlieue sud de la capitale libanaise, Beyrouth, le 10 mars 2026. (AFP)
La fumée s’élève du site d’une frappe aérienne israélienne dans la banlieue sud de la capitale libanaise, Beyrouth, le 10 mars 2026. (AFP)
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  • Israël a mené de nouvelles frappes sur Beyrouth et sa banlieue sud, visant des infrastructures du Hezbollah Depuis début mars, près de 500 personnes ont été tuées et environ 760.000 déplacées au Liban. Depuis début mars, près de 500 personnes ont été tuée
  • Pour la deuxième fois depuis le début de la guerre début mars, le centre de la capitale a été touché, un appartement dans la zone d'Aïcha Bakkar ayant été frappé

BEYROUTH: Israël a mené mercredi de nouvelles frappes sur Beyrouth et sa banlieue sud, bastion du Hezbollah pro-iranien, alors que son offensive a fait quelque 760.000 déplacés au Liban.

Pour la deuxième fois depuis le début de la guerre début mars, le centre de la capitale a été touché, un appartement dans la zone d'Aïcha Bakkar ayant été frappé, a indiqué l'agence officielle Ani.

Cet organe a par ailleurs fait état d'un "raid violent" sur la banlieue sud de la capitale, régulièrement visé depuis dix jours. Des images en direct d'AFPTV ont montré des colonnes de fumée s'élevant des sites touchés.

L'armée israélienne avait annoncé plus tôt une vague de frappes sur Beyrouth, disant cibler "des infrastructures du Hezbollah".

Près de 500 personnes ont été tuées par les opérations israéliennes depuis le 2 mars, selon des chiffres officiels.

Et au moins 759.300 personnes ont été déplacées depuis le début de la campagne de frappes, lancée début mars en réponse à des tirs du Hezbollah, selon des chiffres publiés mardi par le gouvernement libanais.

La représentante du HCR au Liban, Karolina Lindholm Billing, a averti mardi à Genève que "le nombre de personnes déplacées continue d'augmenter".

"La plupart ont fui précipitamment, presque sans rien, et cherchent refuge à Beyrouth, au Mont-Liban, dans la région du nord du Liban et dans certaines parties de la Békaa", a-t-elle expliqué.

Dans l'immense Cité sportive à Beyrouth, un camp de toile a été installé pour accueillir les déplacés fuyant les bombes.

"Nous avons fui à pied à deux heures du matin et avons passé la première nuit dehors", sur le front de mer, a raconté mardi à l'AFP Fatima Chehadé, une habitante de la banlieue sud âgée 35 ans, mère de quatre enfants dont un bébé.

Mardi après-midi, de violentes frappes avaient déjà visé le sud de la capitale, pilonné depuis neuf jours.

Des images de l'AFPTV ont montré un nuage de fumée se dégager de ce quartier, qui abrite en temps normal entre 600.000 et 800.000 habitants.

Dans le sud du Liban, l'armée israélienne a également frappé mardi le secteur de Tyr, après avoir exhorté la population à évacuer.

Selon Ani, le maire et un conseiller municipal de la ville de Jwaya, près de Tyr, ont été tués.

Des raids "successifs" sur la ville de Qana, également près de Tyr, ont fait cinq morts et cinq blessés, selon le ministère de la Santé mercredi.

Près de la frontière avec Israël, des combattants du Hezbollah ont attaqué à plusieurs reprises des troupes israéliennes près des villes frontalières de Khiam et d’Odaisseh, a déclaré la formation libanaise dans un communiqué.

L’Ani a également fait état d'"affrontements entre le Hezbollah (...) et une force ennemie en périphérie de la localité d'Aitaroun", dans ce secteur.

Israël a enjoint à plusieurs reprises les habitants d'évacuer une vaste zone du sud, s'étendant de la frontière jusqu'au fleuve Litani, à une trentaine de km plus au nord.

Les derniers habitants d'un village chrétien frontalier avec Israël, Alma Al-Chaab, qui avaient résisté aux avertissements israéliens, ont été évacués mardi par les Casques bleus, selon une source de l'ONU et un correspondant de l'AFP.

"83 personnes sont parties, personne n'est resté parce qu'ils se sentaient en danger", a indiqué à l'AFP le maire du village, Chadi Sayah.

La plaine orientale de la Békaa, un bastion du Hezbollah frontalier de la Syrie, est également pilonnée par l'armée israélienne.

Mardi, les présidents libanais, Joseph Aoun, et syrien, Ahmad al-Chareh, sont convenus de mieux "contrôler" leur frontière commune, au lendemain d'un incident frontalier, a annoncé la présidence à Beyrouth.

La Syrie avait dénoncé dans la nuit des tirs d'artillerie du Hezbollah pro-iranien vers son territoire.


L’Arabie saoudite intercepte des missiles balistiques visant la base aérienne Prince Sultan

Plusieurs missiles balistiques visant l’Arabie saoudite ont été interceptés. (REUTERS)
Plusieurs missiles balistiques visant l’Arabie saoudite ont été interceptés. (REUTERS)
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  • Le Conseil des ministres saoudien a fermement condamné mardi les attaques iraniennes visant le Royaume

RIYAD : L’Arabie saoudite a abattu sept missiles balistiques, a annoncé le ministère de la Défense tôt mercredi.

Six des missiles visaient la base aérienne Prince Sultan, tandis qu’un autre a été intercepté alors qu’il se dirigeait vers la Province orientale.

Cinq drones ont également été abattus alors qu’ils se dirigeaient vers le champ pétrolier de Shaybah, dans le Rub al-Khali (le Quart Vide).

Onze autres drones ont été détruits à Al-Kharj, Hafar Al-Batin et dans d’autres zones de la Province orientale, a indiqué le ministère.

La guerre, lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, s’est intensifiée, affectant la stabilité régionale et déclenchant une crise énergétique mondiale.

Mardi, le Conseil des ministres saoudien a fermement condamné les attaques iraniennes visant le Royaume, les États du Golfe et d’autres pays de la région, affirmant qu’elles menacent la sécurité régionale et violent le droit international.

La session du Conseil, présidée par le prince héritier Mohammed ben Salmane par visioconférence, a réaffirmé le droit de l’Arabie saoudite de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger sa sécurité, sa souveraineté et son intégrité territoriale.

Le Brent a atteint un niveau historique de 120 dollars le baril lundi avant de redescendre à 90 dollars mardi.

Amin Nasser, directeur général de Saudi Aramco, le premier exportateur mondial de pétrole, a déclaré aux journalistes : « Les conséquences pour les marchés pétroliers mondiaux seraient catastrophiques, et plus la perturbation se prolongera… plus les conséquences pour l’économie mondiale seront graves. »

La Maison-Blanche a déclaré que les prix de l’essence chuteront une fois que les objectifs des États-Unis dans la guerre seront atteints.

Le conflit pourrait se prolonger pendant des mois, malgré les propos du président américain Donald Trump affirmant qu’il pourrait toucher à sa fin. Mais les Gardiens de la révolution iraniens ont déclaré qu’il prendra fin lorsqu’ils en décideront. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Qatar: Les attaques contre les installations énergétiques au Moyen-Orient auront des «répercussions à travers le monde» 

Plusieurs fortes explosions ont été entendues mardi à Doha, capitale du Qatar, ont rapporté des journalistes de l'AFP, l'Iran poursuivant ses attaques de représailles contre ses voisins du Golfe abritant des bases militaires américaines. (AFP)
Plusieurs fortes explosions ont été entendues mardi à Doha, capitale du Qatar, ont rapporté des journalistes de l'AFP, l'Iran poursuivant ses attaques de représailles contre ses voisins du Golfe abritant des bases militaires américaines. (AFP)
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  • "Les attaques contre les installations énergétiques qui ont eu lieu, des deux côtés, constituent un précédent dangereux (...) elles auront des répercussions à travers le monde"
  • Dans un communiqué publié sur X, le ministère de la Défense a dit avoir "intercepté une attaque de missile". Le ministère de l'Intérieur a de son côté fait état d'un "niveau de menace sécuritaire élevé"

DOHA: Le Qatar a mis en garde mardi contre les conséquences économiques mondiales des attaques contre les infrastructures énergétiques, au onzième jour de la guerre au Moyen-Orient.

"Les attaques contre les installations énergétiques qui ont eu lieu, des deux côtés, constituent un précédent dangereux (...) elles auront des répercussions à travers le monde", a affirmé le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, Majed al-Ansari, lors d'une conférence de presse à Doha.