Dans la mer Rouge d’Égypte, les coraux disparaissent en raison du réchauffement des océans

Des coraux sains servent d’habitat à près d’un quart de la faune marine et protègent le monde des catastrophes naturelles. Ces récifs aux couleurs éblouissantes sont menacés par la hausse des températures de la mer en raison du changement climatique et du réchauffement de la planète (Photo, AFP)
Des coraux sains servent d’habitat à près d’un quart de la faune marine et protègent le monde des catastrophes naturelles. Ces récifs aux couleurs éblouissantes sont menacés par la hausse des températures de la mer en raison du changement climatique et du réchauffement de la planète (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 07 octobre 2021

Dans la mer Rouge d’Égypte, les coraux disparaissent en raison du réchauffement des océans

Des coraux sains servent d’habitat à près d’un quart de la faune marine et protègent le monde des catastrophes naturelles. Ces récifs aux couleurs éblouissantes sont menacés par la hausse des températures de la mer en raison du changement climatique et du réchauffement de la planète (Photo, AFP)
  • Avec la pollution et la pêche à la dynamite, le réchauffement climatique a causé la disparition de 14% des récifs coralliens de la planète entre 2009 et 2018
  • Les récifs coralliens ne couvrent qu’une infime partie (0,2%) des fonds marins, mais ils abritent au moins un quart de tous les animaux et plantes marins

CHARM EL-CHEIKH: Debout sur un bateau tanguant doucement dans la mer Rouge, l’instructeur de plongée égyptien Mohammed Abdelaziz observe les touristes qui font de la plongée au milieu des coraux aux couleurs éclatantes, une merveille naturelle aujourd’hui menacée par le changement climatique. 

«S’ils disparaissent, nous disparaîtrons tous avec eux», lance-t-il en parlant des récifs coralliens aux couleurs chatoyantes, un écosystème riche en espèces situé juste en dessous des eaux turquoise et apprécié des amateurs de plongée du monde entier. 

Les récifs coralliens, souvent surnommés les «jungles de l’océan» en raison de leur riche biodiversité, sont menacés partout dans le monde car la hausse des températures de la mer et l’acidification provoquent des épisodes catastrophiques de «blanchissement». 

Avec la pollution et la pêche à la dynamite, le réchauffement climatique a causé la disparition de 14% des récifs coralliens de la planète entre 2009 et 2018, d’après une nouvelle enquête du Réseau mondial de surveillance des récifs coralliens, la plus importante jamais réalisée. 

Certaines études ont révélé que de nombreuses espèces de corail de la mer Rouge, qui est également bordée par la péninsule saoudienne, le Soudan et l’Érythrée, sont exceptionnellement résistantes à la chaleur, mais les professionnels locaux affirment avoir déjà constaté les dégâts. 

«Les effets du réchauffement climatique sont visibles à nos yeux», a observé Islam Mohsen, 37 ans, un autre instructeur de plongée local de la station balnéaire de Charm el-Cheikh. «Nous pouvons voir les coraux se décolorer et devenir blancs.» 

Les récifs coralliens ne couvrent qu’une infime partie (0,2%) des fonds marins, mais ils abritent au moins un quart de tous les animaux et plantes marins. 

La mer Rouge et le golfe d’Aden possèdent les communautés de récifs coralliens les plus diversifiées sur le plan biologique en dehors de l’Asie du Sud-Est. 

La mer Rouge, qui compte un peu plus de 5% des récifs coralliens du monde, renferme 209 types de coraux, selon le ministère égyptien de l’Environnement. 

La nouvelle étude mondiale indique que la couverture de coraux durs vivants dans la région a fluctué au cours des dernières décennies, mais a globalement diminué, passant de 36,1% en 1997 à 34,3% en 2019. 

Les causes de la dégradation des récifs varient en fonction de l’endroit, mais comprennent les activités touristiques, le développement côtier, le ruissellement en surface et la surpêche, selon le rapport. 

Des mesures ont été prises en Égypte pour protéger les récifs et la faune marine qui sont essentiels pour le secteur touristique local. 

La Chambre égyptienne de la plongée et des sports nautiques, qui gère 269 centres de plongée et plus de 2 900 plongeurs professionnels, a protégé les zones vulnérables avec des bouées pour empêcher les bateaux de s’amarrer. 

Elle a également suspendu les cours de plongée pour débutants dans certaines zones afin de permettre aux récifs endommagés de se rétablir. 

Mais la menace la plus imminente, bien plus difficile à résoudre, est le réchauffement climatique. 

Les océans absorbent plus de 90% de l’excès de chaleur provenant des émissions de gaz à effet de serre, protégeant ainsi les surfaces terrestres, mais provoquant d’énormes vagues de chaleur marine de longue durée. Celles-ci poussent de nombreuses espèces de coraux au-delà de leurs limites de tolérance. 

«Lorsque la température de l’océan augmente, il absorbe davantage de dioxyde de carbone, ce qui crée de l’acide carbonique», a expliqué Katherine Jones, consultante en changement climatique basée au Caire. 

«Non seulement la température augmentera mais le niveau de PH va lui aussi changer», ce qui affectera tous les animaux à coquilles, a-t-elle souligné. «Nous allons perdre beaucoup d’animaux sauvages et l’écosystème va changer d’une manière qui nous affecte en tant qu’humains en termes de ressources.» 

«Les récifs coralliens sont des pépinières pour les bébés poissons et une aire d’alimentation pour les plus gros poissons... c’est un élément essentiel de l’écosystème.» 

En 2018, Charm el-Cheikh a accueilli une conférence des agences des Nations unies appelant à la protection des récifs coralliens «avant qu’il ne soit trop tard». 

L’Égypte prévoit également d’accueillir la conférence des parties sur les changements climatiques (COP27) en novembre de l’année prochaine. 

Un rapport réalisé par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a averti que jusqu’à 90% des récifs coralliens «pourraient disparaître d’ici le milieu du siècle», même si la hausse des températures se stabilise en dessous de 1,5oC. 

Mme Jones a prévenu qu’en l’état actuel des choses, il n’est plus possible d’inverser le changement climatique et ses effets, mais seulement de les ralentir, pour éviter les pires conséquences. 

«Même si les humains disparaissaient complètement de la Terre demain ou si nous arrêtions de produire toute sorte d’émissions, dit-elle, la température continuera à augmenter toute seule.» 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


L'Iran "n'abandonnera pas le Hezbollah", assure le groupe libanais

Le Hezbollah a déclaré samedi qu’un message en provenance de Téhéran indiquait que l’Iran n’abandonnerait pas le groupe militant libanais, et que la dernière proposition de la République islamique visant à mettre fin à la guerre entre les États-Unis et l’Iran incluait un cessez-le-feu au Liban. (Reuters/File)
Le Hezbollah a déclaré samedi qu’un message en provenance de Téhéran indiquait que l’Iran n’abandonnerait pas le groupe militant libanais, et que la dernière proposition de la République islamique visant à mettre fin à la guerre entre les États-Unis et l’Iran incluait un cessez-le-feu au Liban. (Reuters/File)
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  • Le Hezbollah affirme avoir reçu un message iranien confirmant que Téhéran continuera de soutenir le mouvement libanais malgré les tensions régionales et la guerre avec les États-Unis
  • Selon le Hezbollah, la dernière proposition iranienne transmise à Washington via des médiateurs pakistanais inclut un cessez-le-feu au Liban dans le cadre d’un accord visant une “fin permanente” du conflit

BEYROUTH: Le Hezbollah a affirmé samedi qu'un message en provenance de l'Iran montrait qu'il n'abandonnerait pas le groupe libanais pro-iranien, et que la dernière proposition de Téhéran visant à mettre fin à la guerre avec les Etats-Unis incluait un cessez-le-feu au Liban.

Le Hezbollah a indiqué dans un communiqué que son chef Naïm Qassem avait reçu un message du ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, assurant que l'Iran "ne renoncera pas à son soutien aux mouvements qui réclament la justice et la liberté, au premier rang desquels le Hezbollah".

Dans la dernière proposition iranienne transmise à Washington par des médiateurs pakistanais visant à obtenir "une fin permanente" de la guerre, la demande d'inclure le Liban dans le cessez-le-feu a été mise en avant, ajoute le communiqué.


Guerre au Moyen-Orient: un médiateur pakistanais à nouveau à Téhéran

Le maréchal pakistanais Asim Munir est accueilli par le ministre iranien de l’Intérieur, Eskandar Momeni, à son arrivée à Téhéran le 22 mai 2026. (Relations publiques interarmées via Reuters)
Le maréchal pakistanais Asim Munir est accueilli par le ministre iranien de l’Intérieur, Eskandar Momeni, à son arrivée à Téhéran le 22 mai 2026. (Relations publiques interarmées via Reuters)
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  • Le Pakistan intensifie ses efforts de médiation entre les États-Unis et l’Iran, avec la visite du chef de l’armée pakistanaise à Téhéran, mais les divergences restent profondes sur la guerre, le détroit d’Ormuz et les sanctions américaines
  • Washington envisage de nouvelles frappes contre l’Iran malgré les discussions diplomatiques, tandis que les tensions régionales continuent d’impacter l’économie mondiale et la sécurité au Liban

TEHERAN: Le chef de l'armée pakistanaise, pays médiateur dans le conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu vendredi à Téhéran pour tenter de mettre fin à la guerre, sur fond de menace de Donald Trump de reprendre ses frappes dans un conflit qui perturbe gravement l'économie mondiale.

"Le maréchal Asim Munir est arrivé à Téhéran dans le cadre des efforts de médiation en cours", a annoncé l'armée pakistanaise dans un communiqué en fin de journée.

Mais les informations en provenance de Washington et Téhéran viennent tempérer les espoirs d'un accord imminent.

"C'est la poursuite du processus diplomatique. On ne peut pas nécessairement dire que cela signifie que nous avons atteint un tournant ou une situation décisive", a mis en garde le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, Esmaïl Baghaï, à la télévision d'Etat.

Selon lui, les divergences restent "profondes" et des "questions importantes" en suspens: la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban, la situation dans le détroit d'Ormuz et le blocus américain des ports iraniens, a-t-il énuméré, cette fois cité par l'agence de presse Isna.

A ce stade, le volet nucléaire, où là aussi l'écart entre les deux parties est grand, n'est pas abordé, a-t-il insisté.

- Guerre impopulaire -

Quelques heures plus tard, les médias américains Axios et CBS ont rapporté que Washington envisageait de nouvelles frappes contre Téhéran.

Selon CBS News, des militaires américains se préparent à d'éventuelles nouvelles frappes au cours du week-end, qui dure jusqu'à lundi aux Etats-Unis. Vendredi matin, le président américain a rassemblé ses plus proches conseillers pour discuter de la guerre, affirme de son côté le média Axios.

Et Donald Trump a annoncé qu'il ne pourrait pas assister au mariage de son fils Don Jr. et qu'il devait rester à Washington plutôt que de se rendre dans un de ses golfs, pour des "raisons ayant trait aux affaires de l'Etat."

Il a cependant déclaré lors d'un discours près de New York que les dirigeant iraniens "ont désespérément envie de conclure un accord."

Depuis le cessez-le-feu du 8 avril, Donald Trump souffle le chaud et le froid sur une éventuelle reprise des hostilités avec Téhéran. Il a plusieurs fois menacé de reprendre les combats, sans donner suite.

Le président américain cherche une issue à cette guerre impopulaire dans son pays, qui a gravement perturbé l'économie mondiale, en raison du quasi blocage du stratégique détroit d'Ormuz par Téhéran, par où transite en temps normal un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde.

De son côté, le pouvoir iranien a répété qu'il ne cèderait "jamais à l'intimidation" et les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont eux menacé d'étendre la guerre "bien au-delà de la région" en cas de nouvelle attaque américaine.

Malgré les "trahisons répétées" des Etats-Unis, l'Iran "a pris part au processus diplomatique avec une approche responsable (...) et cherche à atteindre un résultat raisonnable et équitable", a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, cité par des médias iraniens.

- Morts au Liban -

D'autres pays, notamment le Qatar qui est comme ses voisins frappé de plein fouet par ce blocage maritime, multiplient aussi les efforts de médiation.

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien a confirmé la visite d'une délégation qatarie vendredi, saluant les "efforts précieux" de nombreux Etats.

Les marchés boursiers mondiaux voulaient eux croire à un accord: les Bourses européennes ont clôturé la semaine en hausse, tout comme Wall Street qui a terminé sur un record pour la deuxième séance d'affilée.

Sur le marché pétrolier en revanche, la nervosité est de mise par crainte d'une pénurie d'offre: le baril de Brent de la mer du Nord a progressé de 0,94% à 103,54 dollars, et son équivalent américain, le baril de WTI, a grappillé 0,26% à 96,60 dollars.

Au Liban, les frappes israéliennes se poursuivent en dépit du cessez-le-feu en vigueur entre Israël et le Hezbollah pro-iranien depuis mi-avril.

Vendredi, dix personnes ont été tuées dans le sud du pays, selon le ministère libanais de la Santé.

Par ailleurs, Israël a mené cinq attaques aériennes vendredi soir dans l'est du Liban, une région jusqu'alors épargnée par les frappes israéliennes, et sur des bâtiments dans la ville côtière de Tyr.


Liban: neuf blessés dans une frappes israélienne sur un hôpital

Jeudi, les frappes quotidiennes se sont poursuivies, a rapporté l'Agence nationale d'information libanaise (Ani). Un photographe de l’AFP a vu de la fumée s’élever après un raid sur la localité de Hanniyeh.  Dans le même temps, le Hezbollah a revendiqué des attaques simultanées contre des forces israéliennes qui occupent plusieurs localités du sud du Liban. (AFP)
Jeudi, les frappes quotidiennes se sont poursuivies, a rapporté l'Agence nationale d'information libanaise (Ani). Un photographe de l’AFP a vu de la fumée s’élever après un raid sur la localité de Hanniyeh. Dans le même temps, le Hezbollah a revendiqué des attaques simultanées contre des forces israéliennes qui occupent plusieurs localités du sud du Liban. (AFP)
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  • Le ministère a précisé que les différentes sections de l'hôpital, dont les urgences et l'unité de soins intensifs, ont été endommagées ainsi que des ambulances stationnées dans la cour de l'établissement
  • Il a mis en ligne une vidéo qui montre des éclats de verre dispersés dans l’un des couloirs de l’hôpital, des fenêtres et des portes soufflées, ainsi qu’un plafond effondré dans l’un des bureaux, tandis qu’un membre du personnel se trouve sur les lieux

BEYROUTH: Neuf personnes ont été blessées jeudi dans une frappe israélienne qui a endommagé un hôpital du sud du Liban, selon le ministère de la Santé, l'armée israélienne poursuivant ses raids malgré une trêve fragile avec le Hezbollah pro-iranien.

Dans un communiqué, le ministère a "vivement dénoncé" la frappe qui a "infligé de graves dégâts à l'hôpital gouvernemental de Tebnine".

Il a précisé que la frappe a fait "neuf blessés, parmi lesquels sept membres du personnel de l'hôpital dont cinq femmes".

Le ministère a précisé que les différentes sections de l'hôpital, dont les urgences et l'unité de soins intensifs, ont été endommagées ainsi que des ambulances stationnées dans la cour de l'établissement.

Il a mis en ligne une vidéo qui montre des éclats de verre dispersés dans l’un des couloirs de l’hôpital, des fenêtres et des portes soufflées, ainsi qu’un plafond effondré dans l’un des bureaux, tandis qu’un membre du personnel se trouve sur les lieux.

Le ministère avait indiqué mercredi que trois hôpitaux dans le sud avaient été fermés et 16 autres endommagés depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah pro-iranien le 2 mars.

Les frappes israéliennes ont coûté la vie à 3.089 personnes au Liban, dont 116 secouristes et personnels de la santé, depuis le début des hostilités, selon le ministère de la Santé libanais.

Par ailleurs, ce même ministère a révisé jeudi à la hausse un bilan concernant une frappe sur la localité de Deir Qanun al-Nahr mardi qui a fait 14 morts, dont trois femmes et quatre enfants, contre 10 indiqué précédemment.

Jeudi, les frappes quotidiennes se sont poursuivies, a rapporté l'Agence nationale d'information libanaise (Ani). Un photographe de l’AFP a vu de la fumée s’élever après un raid sur la localité de Hanniyeh.

Dans le même temps, le Hezbollah a revendiqué des attaques simultanées contre des forces israéliennes qui occupent plusieurs localités du sud du Liban.

Il a dit avoir mené "une vaste attaque contre différentes positions" israéliennes dans trois localités au moyen de "drones d'attaques et de roquettes en salves répétées", selon un communiqué.

Un cessez-le-feu qui devait expirer le 17 mai a été prolongé de 45 jours à l'issue de négociations entre le Liban et Israël, inédites depuis des décennies, sous médiation américaine.

Le Liban a été plongé dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars, lorsque le Hezbollah a lancé une attaque sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei.