L'oasis d'Al-Hassa: l’énigme des sables

Les scientifiques estiment que ce sont des techniques agricoles traditionnelles employées depuis plusieurs siècles qui ont préservé ce joyau, l’un des plus verdoyants de la région. Ces méthodes sont encore utilisées de nos jours, mais elles ont été sensiblement modernisées. (Photo fournie)
Les scientifiques estiment que ce sont des techniques agricoles traditionnelles employées depuis plusieurs siècles qui ont préservé ce joyau, l’un des plus verdoyants de la région. Ces méthodes sont encore utilisées de nos jours, mais elles ont été sensiblement modernisées. (Photo fournie)
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Publié le Lundi 04 octobre 2021

L'oasis d'Al-Hassa: l’énigme des sables

  • Cet ancien cours d'eau, le plus étendu du monde, a longtemps intrigué les scientifiques
  • Avant la découverte des sacs plastique, les agriculteurs utilisaient des grappes de palmiers

LA MECQUE: L'oasis d'Al-Hassa est réputée pour être l'un des trésors naturels du monde. Située dans la Province orientale de l’Arabie saoudite, elle abrite des palmiers verdoyants, des sources d'eau limpide et un secret jalousement gardé depuis des siècles.

Cet ancien cours d'eau, le plus étendu du monde, a longtemps intrigué les scientifiques. Ils se sont demandés comment il était parvenu à perdurer et à alimenter en eau son environnement dense et fertile.

Les chercheurs ont enfin trouvé la clé de ce mystère.

En effet, les scientifiques estiment que ce sont des techniques agricoles traditionnelles employées depuis plusieurs siècles qui ont préservé ce joyau, l’un des plus verdoyants de la région. Ces méthodes sont encore utilisées de nos jours, mais elles ont été sensiblement modernisées.

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L'oasis d'Al-Hassa est réputée pour être l'un des trésors naturels du monde. Photo fournie.

Saïd al-Hulaibi, spécialiste de l'agriculture originaire d'Al-Hassa, a passé des années à examiner l'oasis; il voulait comprendre comment cette région a réussi à maintenir sa fertilité. «Le secret de la longévité de l'oasis réside dans les diverses méthodes d'irrigation employées par les agriculteurs», confie-t-il à Arab News.

Les immenses aquifères souterrains fournissent une grande quantité d'eau souterraine, ce qui favorise un éventail de méthodes d'irrigation qui préservent l'oasis ainsi que sa «richesse enchanteresse», explique M. Al-Hulaibi.

«Les agriculteurs d'Al-Hassa recourent à des méthodes d'irrigation conventionnelles héritées de leurs ancêtres. Al-Hassa se trouve sur un sol de sable mélangé à de la boue ou à de l'argile fertile. Sa faible altitude, en comparaison avec d'autres régions d'Arabie saoudite, lui a permis de disposer constamment d'eau», indique-t-il.

Selon M. Al-Hulaibi, les précipitations remplissent le vide qui existe entre les couches sédimentaires pour former une zone inondée en contrebas des montagnes d'Al-Hassa.

FAITS MARQUANTS

- Saïd al-Hulaibi, spécialiste de l'agriculture originaire d'Al-Hassa, a passé des années à examiner l'oasis; il voulait comprendre comment cette région a réussi à maintenir sa fertilité.

- Selon lui, le secret de la longévité de l'oasis, réside dans les différentes méthodes d'irrigation employées par les agriculteurs.

- Les immenses aquifères souterrains fournissent une grande quantité d'eau souterraine, ce qui favorise un éventail de méthodes d'irrigation qui préservent l'oasis ainsi que sa «richesse enchanteresse», explique M. Al-Hulaibi.

«Il n'y a pas longtemps encore, l'eau jaillissait abondamment. Comme elle était enfermée sous la montagne, elle se dégageait sous la forme de sources. Les agriculteurs doivent ainsi arroser leurs palmiers une fois par semaine ou toutes les deux semaines», précise-t-il.

M. Al-Hulaibi explique que les agriculteurs ont transformé ces sources en de longs canaux qui couraient à la surface du sol afin d’irriguer leurs cultures.

«Si l’on avance vers l'est de la péninsule Arabique, en direction de la mer, une pente géologique apparaît. On en déduit que l'eau s'écoule naturellement de la partie élevée jusqu'à la partie la plus basse, c’est-à-dire Al-Hassa.»

Les compétences des agriculteurs ont permis de détourner le cours des rivières locales: Al-Khudood, Al-Dughani, Kulaibwa, Sulaisel, Duraiq et Baraber. La région est ainsi devenue un centre agricole grâce à l'abondance d'eau, qu’elle soit potable ou utilisée pour irriguer les terres.

Les rivières sillonnent des forêts touffues de palmiers et de nouveaux canaux sont occasionnellement creusés pour améliorer l'irrigation. Ce brassage de sources d'eau se poursuit depuis de nombreux siècles.

M. Al-Hulaibi raconte que le nombre de rivières a considérablement diminué dans les années 1960; la société Wakuti a donc été chargée de réaliser une étude sur l'oasis dans la mesure où Al-Hassa constituait à l'époque une source incontournable de dattes, qu’elles soient destinées à la consommation locale ou à l'exportation.

«La société a transmis ses recommandations au roi Faysal. Ce dernier a donné l'ordre de sauver l'oasis d'Al-Hassa. C'est ainsi qu'est né le projet d'irrigation et de drainage d'Al-Hassa. Le gouvernement a eu la bonne idée de rétablir les rivières existantes, grâce à des pompes spécialisées: l'eau était pompée des aquifères vers des rivières de béton qui existent encore de nos jours. Ces dernières s'écoulaient vers l'Est et le Nord, apportant de l’eau fraîche à l'ensemble des fermes», raconte-t-il.

«La rivière principale se subdivisait en un petit cours d'eau appelé “Al-Abou” puis en un canal qui se déversait dans l’ultime destination, c’est-à-dire le Fahl [un canal directement relié à la ferme et aux palmiers].»

Dans un second temps, la société allemande Holzmann s’est chargée des travaux de rénovation et a équipé la rivière d'éléments de grande qualité, mais aussi d'un mécanisme exceptionnel qui fonctionne encore parfaitement aujourd’hui.

Les agriculteurs d'Al-Hassa irriguaient autrefois leurs plantations en les immergeant, en «inondant» la terre avec de l'eau. Cette vieille méthode, bien connue, est souvent appelée «ruissellement» car l'eau ruisselle à la surface.

Holzmann a suivi la même approche en immergeant le «tuyau» (un tuyau en plastique mobile de trois mètres de long) dans le canal qui traverse la palmeraie puis en le ramenant dans le canal de Fahl pour relier l'eau à la palmeraie.

Le canal se situe à 1,5 mètre au-dessus du Fahl, ce qui assure une grande aspiration vers le bas. Des tuyaux sont installés dans le canal et parcourent l'étang ou le «Mijassahm», comme l'appellent les habitants d'Al-Hassa. Sous l'effet de la pression, l'eau jaillit de l'étang sous forme de cascade et traverse les canaux intérieurs avant de se déverser dans les bassins. La couleur de la terre plongée dans l’eau vire à l'argenté.

D’après M. Al-Hulaibi, les agriculteurs d'Al-Hassa ont acquis leurs compétences en agriculture et en ingénierie sans suivre de formation particulière: ils ont travaillé chaque jour et ont tiré profit d’une expérience transmise de génération en génération.

«C’est avec une infinie tendresse que l'agriculteur s’occupe des pousses qu'il prélève sur un grand palmier; chacune d’elles pèse 30 kg. Il agit avec autant de soin que s’il était en présence d’un bébé qui vient de sortir du ventre de sa mère. Il enlève soigneusement la pousse, qu’il conserve dans un paillis.»

Avant la découverte des sacs plastique, les agriculteurs utilisaient des grappes de palmiers.

«Une fois récoltées, les grappes étaient déposées dans un bain d'eau; elles formaient ensuite une corde solide qui permettait de conserver le jeune arbre dans le paillis. Lorsque le l’arbrisseau grandissait et s'étendait, la corde se détachait automatiquement, et il poursuivait sa croissance. On utilise toutes les parties d’un palmier, on ne jette rien.»

Semer des graines de haricot autour du jeune palmier est une autre technique héritée des ancêtres. En effet, cette plante grimpante protège le jeune palmier de la chaleur et de la sécheresse. En outre, ce dernier apprécie le surplus d'humidité que lui procure la plante de haricot.

Si Al-Hassa est réputée pour ses palmiers, des pastèques, des citrouilles et des courges sont également cultivées dans la région et les agriculteurs construisent des dômes à l'aide de feuilles de palmier afin d’éloigner les oiseaux migrateurs.

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Si Al-Hassa est réputée pour ses palmiers, des pastèques, des citrouilles et des courges sont également cultivées dans la région et les agriculteurs construisent des dômes à l'aide de feuilles de palmier afin d’éloigner les oiseaux migrateurs. Photo fournie.

Selon M. Al-Hulaibi, les agriculteurs d'Al-Hassa procèdent à ce que l'on appelle «l'irrigation régulière». Il précise que l'irrigation d'une plante qui vient d'être semée est une mauvaise pratique, surtout si le sol est argileux et qu’elle a lieu pendant la période de floraison.

«Il convient d'accorder aux plantes le temps nécessaire pour qu'elles allongent leurs racines et puisent de l'eau dans le sol: c'est ce qui favorise leur croissance», préconise-t-il.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com.


« Les calculs à court terme de Netanyahou pourraient déclencher une “guerre régionale qui n’épargnera personne” », met en garde l’envoyé syrien

« Les calculs politiques à court terme de Netanyahou pourraient déclencher une “guerre régionale qui n’épargnera personne” », met en garde l’envoyé syrien. (Photo ONU)
« Les calculs politiques à court terme de Netanyahou pourraient déclencher une “guerre régionale qui n’épargnera personne” », met en garde l’envoyé syrien. (Photo ONU)
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  • Ibrahim Olabi déclare au Conseil de sécurité de l’ONU qu’Israël a frappé la base aérienne d’Abu Al-Duhur à huit reprises et que les incursions et les « actes d’agression » se poursuivent, notamment les enlèvements, les bombardements et d’autres violations
  • La Syrie se trouve « à un moment charnière » alors que des millions de personnes déplacées rentrent enfin chez elles, a déclaré le coordinateur adjoint des secours d’urgence de l’ONU, mais « ce retour ne signifie pas la fin des besoins humanitaires », a-t

NEW YORK : Les frappes militaires et les incursions israéliennes poussent la région vers la catastrophe, a déclaré jeudi au Conseil de sécurité de l’ONU le représentant permanent de la Syrie auprès de l’ONU, Ibrahim Olabi. 

« La région tout entière se trouve au seuil d’une guerre régionale qui n’épargnerait personne », a-t-il déclaré, en raison des « calculs électoraux étroits du Premier ministre israélien ». 

Ses remarques interviennent alors que de hauts responsables de l’ONU ont informé le Conseil de la situation humanitaire en Syrie et de l’avancement de la transition politique post-Assad. 

Israël a mené huit frappes aériennes contre la base aérienne d’Abu Al-Duhur, a poursuivi ses incursions sur le territoire syrien et a persisté dans des « actes d’agression, notamment des enlèvements, des bombardements et des violations » qui « ne cessent pas », a déclaré M. Olabi. 

Il a critiqué « l’attitude irresponsable » du ministre israélien de la Défense, Israel Katz, qui s’est rendu cette semaine auprès des troupes israéliennes du côté syrien du mont Hermon et a déclaré qu’elles y resteraient indéfiniment, qualifiant cela de « défi flagrant à la légitimité internationale et aux résolutions de ce Conseil ». 

Il a indiqué que la Syrie s’engageait sérieusement dans les efforts diplomatiques menés sous l’égide des États-Unis visant à désamorcer l’escalade, mais a averti que « tous les efforts internationaux et régionaux déployés depuis des mois pour assurer la sécurité et la stabilité dans la région risquent désormais d’être réduits à néant par les illusions qui n’existent que dans l’imagination d’un gouvernement imprudent et extrémiste ». 

Les attaques israéliennes « ne nous feront pas changer de cap », a ajouté M. Olabi, ni « le choix de la Syrie en faveur de la stabilité », qui, selon lui, ne peut être réalisé que si Israël met fin à ses attaques, cesse ses incursions, se conforme pleinement à l’accord de désengagement de 1974 et se retire des territoires qu’il occupe depuis le 8 décembre 2024. 

Abordant la question du Golan occupé, M. Olabi a cité la résolution 497 du Conseil de sécurité, adoptée en 1981, et en a rappelé la conclusion selon laquelle la « décision d’Israël d’imposer ses lois, sa juridiction et son administration dans le Golan syrien occupé » était « nulle et non avenue, et sans effet juridique international ». 

Il a noté qu’une résolution de l’Assemblée générale adoptée ce mois-ci, réaffirmant ce principe, avait recueilli le soutien de 123 États, contre 97 auparavant. 

M. Olabi a exposé sa vision de ce qu’il a qualifié de tournant pour la Syrie. Il a notamment mis en avant trois événements marquants survenus ce mois-ci. Premièrement, la visite du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, à Damas, qui, selon lui, a mis fin à « une ère de tensions entre les Nations unies et la Syrie » au profit d’« une nouvelle phase […] placée sous le signe du partenariat ». 

Deuxièmement, la visite du Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, qui a marqué ce qu’il a qualifié de fin de « l’ère des déplacements et des réfugiés » et le début d’une ère de « retour », plus de 3 millions de Syriens étant déjà rentrés chez eux. 

Et troisièmement, la visite de Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, qui, selon lui, a ouvert «une nouvelle phase de coopération plus large» après «l’ère de l’ambiguïté». 

M. Olabi s’est également félicité de la décision prise cette semaine par les États-Unis de retirer la Syrie de leur liste des États soutenant le terrorisme après 47 ans, et a remercié le président Donald Trump. 

Il a évoqué le réchauffement des relations avec la Russie, la Chine et le Pakistan, et a souligné que l’intégration et la dissolution complètes des Forces démocratiques syriennes au sein de l’Armée arabe syrienne constituaient la preuve d’« un véritable processus d’intégration nationale […] fondé sur l’égalité entre les citoyens et non sur des quotas sectaires ». 

Il a cité une série de signes de reprise économique en Syrie : la reprise des vols internationaux vers l’Allemagne ; de nouveaux systèmes de paiement électronique ; les préparatifs en vue de sortir de la « liste grise » du Groupe d’action financière (GAFI), qui recense les pays présentant des faiblesses reconnues dans leurs efforts de lutte contre le blanchiment d’argent et d’autres crimes financiers ; et la réouverture du salon commercial de la Foire internationale de Damas. 

Pour les Syriens, « le rétablissement d’un vol direct ou l’ouverture d’un compte bancaire… ce ne sont pas des détails mineurs ; ce sont au contraire des signes du retour à la vie elle-même », a déclaré M. Olabi. 

Il a également noté que les tribunaux avaient rendu des jugements à l’encontre de l’ancien président syrien, Bachar al-Assad, de son frère Maher et d’autres membres de l’ancien régime pour des crimes commis contre des citoyens syriens, et a remercié le Liban d’avoir extradé un ancien officier recherché. 

Moment charnière

Lors d’un point d’information au Conseil sur la situation humanitaire en Syrie, Indrika Ratwatte, secrétaire général adjoint par intérim et coordinateur adjoint des secours d’urgence, a déclaré que le pays se trouvait « à un moment charnière », avec près de 2 millions de personnes déplacées à l’intérieur du pays et plus de 1,7 million de réfugiés ayant regagné leur foyer depuis la chute du régime d’Assad en décembre 2024. 

Il a toutefois averti que « le retour ne signifie pas la fin des besoins humanitaires », soulignant que plus de 5,5 millions de personnes restent déplacées à l’intérieur du pays, dont 833 000 vivent dans plus de 1 200 camps. 

Il a indiqué que les engins explosifs avaient fait plus de 2 400 victimes, dont 865 morts, depuis décembre 2024, et que l’appel humanitaire international en faveur de la Syrie n’était financé qu’à hauteur de 30 %. 

« C’est précisément le moment où les investissements peuvent transformer des progrès fragiles en une reprise durable », a déclaré M. Ratwatte, appelant à un financement soutenu, à un soutien aux rapatriés et à des efforts pour « empêcher la Syrie d’être entraînée dans un conflit régional ». 

S’exprimant depuis Damas, le représentant spécial adjoint pour la Syrie, Claudio Cordone, s’est félicité de la décision américaine de lever la désignation de la Syrie comme «État soutenant le terrorisme », et a cité une projection du Fonds monétaire international prévoyant «une croissance à deux chiffres en 2026» pour le pays. 

Il a toutefois averti que « la pauvreté généralisée et la recrudescence de l’inflation signifient que les conditions restent très difficiles pour la plupart des Syriens ». 

M. Cordone a également fait part de ses inquiétudes concernant la poursuite des opérations militaires israéliennes dans le sud de la Syrie, « notamment les incursions terrestres répétées, les perquisitions domiciliaires et la destruction de biens privés et agricoles », et a déclaré que la présence d’Israël à l’est de la ligne de cessez-le-feu « violait la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Syrie ». 

Il a condamné la frappe israélienne du 18 août contre la base aérienne d’Abu Al-Duhur, dans le gouvernorat d’Idlib, et s’est félicité des « récents contacts directs entre Israël et la Syrie et des pourparlers en Jordanie », ainsi que des efforts de médiation américains. Il a également soulevé un certain nombre de préoccupations d’ordre national, notamment des informations faisant état de décès en détention et de disparitions, et a exhorté les autorités syriennes à instaurer « un moratoire sur toutes les exécutions ».


Syrie: le président Chareh fait du chef kurde Mazloum Abdi l'un de ses conseillers

Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas. (AFP)
Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas. (AFP)
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  • M. Abdi, connu sous plusieurs noms, a été pendant des années le chef des FDS, un groupe dirigé par les Kurdes et soutenu par Washington, qui avaient été le fer de lance de la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI)
  • Mardi, il a annoncé la dissolution des FDS, dans le cadre d'un accord conclu en janvier avec Ahmed al-Chareh visant à intégrer complètement les institutions kurdes dans l'appareil d'Etat

DAMAS: Le président syrien Ahmed al-Chareh a nommé vendredi conseiller à la présidence le dirigeant kurde Mazloum Abdi, quelques jours après que celui-ci a annoncé la dissolution de ses Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le cadre d'un accord d'intégration avec Damas.

"Moustafa Khalil Abdi est nommé conseiller auprès de la présidence de la République", indique le décret signé par M. Chareh et publié par l'agence de presse officielle Sana.

M. Abdi, connu sous plusieurs noms, a été pendant des années le chef des FDS, un groupe dirigé par les Kurdes et soutenu par Washington, qui avaient été le fer de lance de la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Mardi, il a annoncé la dissolution des FDS, dans le cadre d'un accord conclu en janvier avec Ahmed al-Chareh visant à intégrer complètement les institutions kurdes dans l'appareil d'Etat.

L'accord d'intégration représente une victoire majeure pour M. Chareh, mais met fin aux espoirs d'autonomie des Kurdes.

"Absolument historique": l'envoyé spécial américain en Syrie, également ambassadeur en Turquie, Tom Barrack, s'est félicité mardi de cette décision qui "ressemble à une véritable intégration (...) visant à renforcer la souveraineté de la Syrie".

"Sacrifices consentis"

"Garantir des rôles de premier plan à nos précieux partenaires", y compris M. Abdi au sein du gouvernement, "témoigne du respect dû à leur leadership, aux sacrifices consentis par nos partenaires kurdes et à la contribution constructive qu'ils ont apportée à la stabilité régionale", avait ajouté M. Barrack, sans préciser quel rôle l'ex-chef des FDS était appelé à occuper.

Les FDS ont été formées en 2015 à l'initiative des Etats-Unis, impressionnés par les combattants kurdes qui avaient vaincu l'EI à Kobané, dans le nord de la Syrie, et qui cherchaient un partenaire fiable dans la lutte en cours contre les jihadistes.

A leur apogée, elles comptaient environ 100.000 combattants, kurdes et arabes, et contrôlaient de vastes zones du nord et du nord-est de la Syrie, des régions riches en pétrole.

Mais Mazloum a adhéré à l'accord d'intégration à la suite des affrontements de janvier dernier, au cours desquels les Kurdes ont perdu de vastes portions de territoire au profit des troupes gouvernementales, alors même que Washington, soutien de longue date des Kurdes, se rapprochait des nouvelles autorités de Damas.

M. Chareh a de son côté signé un décret consacrant les droits nationaux des Kurdes et reconnaissant le kurde comme langue nationale – une mesure sans précédent depuis l'indépendance de la Syrie en 1946.

M. Abdi a annoncé la semaine dernière que l'intégration de l'administration kurde à l'Etat syrien était achevée, ajoutant "notre combat se poursuivra afin d'inscrire les droits de notre peuple dans la Constitution."


Tunisie: pour les coupures d'eau et électricité, le président dénonce des «actes prémédités»

Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics. (AFP)
Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics. (AFP)
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  • Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics
  • Dans un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi, M. Saied a assuré que les longues coupures, qui peuvent dépasser les dix heures d'affilée, y compris à Tunis, "ne sont pas de simples événements passagers ni des cas isolés"

TUNIS: Le président tunisien Kais Saied, doté des pleins pouvoirs depuis l'été 2021, a dénoncé des "actes prémédités" visant à "attiser les tensions" pour expliquer les coupures d'eau et d'électricité qui rythment le quotidien des Tunisiens depuis le début de l'été.

Tout juillet, puis de nouveau en cette fin août, des températures caniculaires frôlant les 50 degrés ont fait grimper la consommation d'électricité et d'eau, deux services publics.

Dans un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi, M. Saied a assuré que les longues coupures, qui peuvent dépasser les dix heures d'affilée, y compris à Tunis, "ne sont pas de simples événements passagers ni des cas isolés".

M. Saied s'est exprimé après une réunion avec sa cheffe de gouvernement, les ministres concernés et les dirigeants des deux entreprises publiques, Steg (électricité) et Sonède (eau).

Dans son communiqué, M. Saied, coutumier des déclarations à caractère complotiste, affirme que "les enquêtes ont démontré" que les coupures "dans plusieurs zones ne résultaient pas de pannes ordinaires".

Selon lui, il s'agit "d'actes prémédités visant à enflammer la situation par tous les moyens, à répandre mensonges et rumeurs afin de semer la confusion" et à "maltraiter les citoyens jusque dans les services les plus élémentaires".

Comme en juillet, la Steg a recommencé à publier des avis de "délestages", destinés à soulager son réseau sous forte tension, en listant les villes concernées ainsi que les quartiers de Tunis, une agglomération d'environ trois millions d'habitants sur 12 millions.

Les Tunisiens subissent aussi de fréquentes coupures d'eau, car une bonne partie de l'approvisionnement en eau courante nécessite un pompage.

La production de bouteilles d'eau minérale, dont les Tunisiens sont de gros consommateurs, a en outre été perturbée par ces coupures d'électricité et une pénurie de bouteilles en plastique. Dans les supermarchés, l'eau est rationnée à un pack de six par personne et est devenue introuvable dans les épiceries.

"Les ennemis de la patrie et ceux qui les soutiennent sont désormais démasqués aux yeux du peuple tunisien", a poursuivi M. Saied, prévoyant "un échec" pour ces "tentatives de provocation" et "ces plans criminels, d'où qu'ils viennent" tant que le pays restera "soudé".

En juillet 2021, M. Saied avait limogé son Premier ministre et gelé le Parlement, réduit depuis à un rôle de chambre d'enregistrement.

Plusieurs ONG tunisiennes et étrangères, dont Human Rights Watch et Amnesty International, l'ont accusé de dérive autoritaire à travers une restriction des droits et libertés et l'emprisonnement des principaux leaders de l'opposition, de dizaines de journalistes, avocats et militants.