Alors que la crise économique s’aggrave, l’armée libanaise se retire des banlieues de Beyrouth

Les habitants de la banlieue sud de la capitale libanaise ont été surpris lorsque l'armée a retiré ses forces des points de contrôle de la région. (Photo, AFP/Archives)
Les habitants de la banlieue sud de la capitale libanaise ont été surpris lorsque l'armée a retiré ses forces des points de contrôle de la région. (Photo, AFP/Archives)
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Publié le Samedi 25 septembre 2021

Alors que la crise économique s’aggrave, l’armée libanaise se retire des banlieues de Beyrouth

  • L'armée déclare que son redéploiement est une conséquence de la crise économique qui sévit
  • Le juge Bitar, qui dirige l’enquête sur l’explosion du port, subit d’énormes pressions politiques

BEYROUTH : L'armée libanaise a «redéployé» des soldats en les retirant de plusieurs régions, notamment la banlieue Sud de Beyrouth, son commandement a déclaré dans un communiqué que ce geste est destiné «à réduire les charges économiques pesant sur l'armée».

L'armée connaît de profondes difficultés à cause de la crise économique du Liban. Dans son discours tristement célèbre de mars, Joseph Aoun, chef de l'armée libanaise, avait déclaré : «Les soldats se battent comme les autres ; le salaire d'un soldat a perdu de sa valeur et les soldats ont également faim comme les autres libanais».

Le chef de l’armée Joseph Aoun, qui est actuellement en visite en Turquie, a rencontré vendredi son homologue turc et d'autres responsables auxquels il a demandé un soutien logistique, notamment des équipements et des machines.

Il se rendra aussi à Washington fin septembre pour demander une aide américaine directe et de l'assistance militaire à l'armée libanaise.

Ces derniers mois, plusieurs soldats ont déserté l’armée car la dépréciation de la livre libanaise a vu la valeur relative de leurs salaires chuter à l'équivalent de $60 par mois. Mais le commandement de l'armée affirme que le nombre de déserteurs reste «limité».

Les habitants de la banlieue Sud de la capitale libanaise ont été surpris lorsque l'armée a retiré ses forces des points de contrôle de la région. Des soldats y sont déployés depuis 2013, lorsque les banlieues ont été pris pour cibles par des bombardements imputés à Daech, et considérés comme liés à la guerre en Syrie ainsi qu’à l'ingérence du Hezbollah, dans les intérêts du régime du président syrien Bashar Assad.

Toutefois, le commandement de l'armée libanaise a souligné vendredi que ses troupes «continueront à mettre en place des points d'observation dans toutes les zones, à effectuer des patrouilles et à accomplir des missions de sécurité».

Pendant ce temps-là, des dizaines de familles de victimes de l'explosion d'août 2020 dans le port de Beyrouth se sont rassemblées dans la capitale pour protester contre les pressions politiques exercées sur le juge Tarek Bitar, qui dirige l'enquête sur cette explosion.

Bitar a récemment été menacé par le Hezbollah et, vendredi, l'avocat représentant Nohad Machnouk, l'ancien ministre de l'Intérieur mis en cause dans cette affaire, a déposé une requête demandant l'exclusion de Bitar de l'enquête.

Si Bitar devait être démis de l'affaire, il serait le deuxième juge à avoir été retiré de telle enquête. Comme son prédécesseur, le juge Fadi Sawan, Bitar a délivré une assignation à comparaître pour un ancien Premier ministre, des ministres et des responsables de la sécurité dans le cadre de l’enquête sur l'explosion du port de Beyrouth.

Machnouk avait visité Dar Al-Fatwa, la plus haute autorité sunnite du Liban, où il a prononcé un discours dans lequel il a affirmé que Bitar «reçoit ses ordres de» Salim Jreissati, membre du Courant patriotique libre dirigé par Gebran Bassil et conseiller du président libanais Michael Aoun, le beau-père de Bassil.

Machnouk a mis en garde contre la convocation de l'ancien Premier ministre Hassan Diab, également accusé dans cette affaire, sur la base d'une assignation à comparaître émise par Bitar après que Diab ne s'est pas présenté à l'interrogatoire. Il a signalé que Bitar est en train de mettre en œuvre «un programme politique, loin de la constitution, de la loi et de la logique».

Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a auparavant, aussi accusé Bitar d'être «politisé».

L'ancien ministre Youssef Fenianos, un autre accusé dans l'affaire, a de plus demandé que le dossier soit transféré de Bitar à un autre juge.

La campagne contre Bitar s'est intensifiée vendredi. Le Mufti Jaafari, Cheikh Ahmad Qabalan, a averti dans son sermon du vendredi : «Il est interdit de jouer avec le feu. Ce qui s'est passé dans l'enquête… augmente les doutes sur les faits falsifiés ainsi que les demandes de congédiement du juge Bitar, car le pays regorge de corruption».

Après sa rencontre avec le président vendredi, le patriarche maronite Bechara Boutros Al-Rahi a déclaré : «Les confessions religieuses ne doivent pas interférer dans la justice ; nous sommes un pays qui sépare entre la religion et l'État».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Maroc: au moins quatre morts dans l'effondrement d'un immeuble à Fès

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  • Dans certains quartiers périphériques de Fès, de nombreux bâtiments sont érigés sans respecter les normes de construction en vigueur
  • Les opérations de recherches se poursuivent pour tenter de secourir "d'autres personnes susceptibles d'être piégées sous les décombres", ont précisé les autorités locales

RABAT: Au moins quatre personnes sont décédées jeudi dans l'effondrement d'un immeuble à Fès, dans le nord du Maroc, selon un bilan provisoire des autorités locales qui poursuivent leurs opérations à la recherche d'éventuelles autres victimes coincées sous les décombres.

Six autres personnes ont été blessées à des degrés divers dans l'effondrement de cet immeuble résidentiel de quatre étages, situé dans un quartier périphérique de cette ville, selon les mêmes sources, citées par l'agence officielle MAP.

Dans certains quartiers périphériques de Fès, de nombreux bâtiments sont érigés sans respecter les normes de construction en vigueur.

Les opérations de recherches se poursuivent pour tenter de secourir "d'autres personnes susceptibles d'être piégées sous les décombres", ont précisé les autorités locales.

Le périmètre de l'accident a été sécurisé et les habitants des immeubles mitoyens ont été évacués à titre préventif.

Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances et les causes du sinistre.

Début décembre, 22 personnes avaient été tuées dans l'effondrement de deux immeubles mitoyens déjà à Fès, le pire accident de ce type ces dernières années dans le pays.

Toujours à Fès, neuf personnes avaient péri en mai 2025 dans l'effondrement d'un immeuble d'habitation. En février 2024, cinq personnes étaient aussi mortes dans l'effondrement d'une maison dans la vieille ville.

 


«Flottille pour Gaza»: un ministre d'extrême droite choque avec une vidéo de militants à genoux et mains liées

Le ministre d'extrême droite israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a provoqué un tollé au sein même de son gouvernement et à l'étranger en publiant une vidéo de militants d'une nouvelle "flottille pour Gaza" agenouillés et les mains liées, après leur arrestation en mer. (AFP)
Le ministre d'extrême droite israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a provoqué un tollé au sein même de son gouvernement et à l'étranger en publiant une vidéo de militants d'une nouvelle "flottille pour Gaza" agenouillés et les mains liées, après leur arrestation en mer. (AFP)
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  • Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a jugé de telles images "pas conformes avec les valeurs d'Israël"
  • Et son ministre des Affaires étrangères Gideon Saar a accusé son collègue d'avoir "sciemment nui" à l'image du pays avec "ce spectacle honteux"

ASHDOD: Le ministre d'extrême droite israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a provoqué un tollé au sein même de son gouvernement et à l'étranger en publiant une vidéo de militants d'une nouvelle "flottille pour Gaza" agenouillés et les mains liées, après leur arrestation en mer.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a jugé de telles images "pas conformes avec les valeurs d'Israël". Et son ministre des Affaires étrangères Gideon Saar a accusé son collègue d'avoir "sciemment nui" à l'image du pays avec "ce spectacle honteux".

"Non, vous n'êtes pas le visage d'Israël", a insisté le chef de la diplomatie, M. Ben Gvir défendant au contraire "une grande source de fierté".

Les forces israéliennes, qui avaient intercepté lundi au large de Chypre les bateaux de la flottille, ont entamé mercredi le transfert et le placement en détention, dans le sud d'Israël, des centaines de militants propalestiniens qui se trouvaient à bord.

"Bienvenue en Israël, nous sommes chez nous", lance, triomphant, Itamar Ben Gvir sur des images publiées sur sa chaîne Télégram, avec l'hymne national israélien en musique de fond.

On y voit des dizaines de militants agenouillés les uns à côté des autres, visages collés au sol et mains liées, sur le pont d'un bateau de la marine israélienne. Une jeune femme qui crie "Libérez la Palestine" au passage du ministre, se retrouve la tête pressée vers le sol par les services de sécurité.

"Monstrueux" 

Les réactions étrangères, tout particulièrement de pays comptant des ressortissants arrêtés, n'ont pas tardé. Le traitement réservé aux détenus a été jugé "inadmissible" par Rome qui a exigé "des excuses", "monstrueux, indigne et inhumain" par Madrid, "odieux" par Ottawa.

Dublin s'est dit "consterné et choqué", alors que la sœur de la présidente irlandaise Catherine Connolly figure parmi les participants à la flottille.

La France a convoqué l'ambassadeur israélien pour les "agissements inadmissibles" du ministre Ben Gvir, coutumier des outrances, tout comme la Belgique qui a jugé les images "profondément troublantes", l'Espagne, l'Italie, les Pays-Bas et la Nouvelle-Zélande.

L'Allemagne, qualifiant l'épisode de "totalement inacceptable", s'est réjouie d'entendre des voix israéliennes critiques du ministre, dont l'ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee a critiqué les "actes méprisables".

La Turquie, d'où était précisément partie la flottille, s'est montrée la plus virulente en dénonçant la "mentalité barbare" du gouvernement israélien.

"Vous n'avez pas le droit de traiter ainsi des citoyens polonais qui n'ont commis aucun crime. Dans le monde démocratique, nous n'abusons pas des personnes détenues et nous ne réjouissons pas à leurs dépens", s'est indigné le chef de la diplomatie polonaise Radoslaw Sikorski en exigeant des "conséquences" pour M. Ben Gvir.

La ministre australienne des Affaires étrangères Penny Wong a qualifié d'"humiliant" le traitement infligé par Israël aux militants et dénoncé des images "choquantes et inacceptables".

 "Au service du Hamas" 

Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël.

"Ayant mis le cap sur Gaza pour y apporter de l'aide humanitaire et contester le blocus illégal, ces participants civils ont été enlevés de force dans les eaux internationales", a fustigé l'organisation de défense des droits humains Adalah.

Une cinquantaine de navires avaient quitté la Turquie la semaine dernière avec pour objectif de briser le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, ravagée par deux ans de guerre.

S'il a critiqué le comportement de son ministre, Benjamin Netanyahu a appelé à expulser les militants "dès que possible". "Israël a pleinement le droit d'empêcher de provocatrices flottilles de partisans terroristes du Hamas d'entrer dans nos eaux territoriales et d'atteindre Gaza", a-t-il jugé dans un communiqué.

Pour le ministère des Affaires étrangères, cette initiative n'est "rien de plus qu'un coup de communication au service" du mouvement islamiste palestinien qui a mené l'attaque sans précédent contre Israël en octobre 2023, déclenchant la guerre à Gaza.

Le Hamas a également fustigé mercredi la vidéo, en dénonçant la "dépravation morale" d'Israël.

Israël contrôle tous les points d'entrée vers la bande de Gaza, sous blocus israélien depuis 2007.

Pendant la guerre à Gaza, où une trêve fragile est en vigueur depuis octobre 2025, le territoire a connu de graves pénuries de nourriture, de médicaments et d'autres biens essentiels, Israël ayant parfois complètement interrompu les livraisons d'aide humanitaire.

Une précédente flottille avait été interceptée en avril dans les eaux internationales au large de la Grèce et la plupart des militants expulsés vers l'Europe.


L'armée israélienne appelle à évacuer de nouveaux villages du sud du Liban

L'armée israélienne a appelé mardi à évacuer douze villages du sud du Liban, en prévision de nouvelles attaques contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en cours. (AFP)
L'armée israélienne a appelé mardi à évacuer douze villages du sud du Liban, en prévision de nouvelles attaques contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en cours. (AFP)
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  • La majorité des villages énumérés par M. Adraee sont situés au-delà de la "ligne jaune", qui délimite une zone d'une dizaine de kilomètres de profondeur dans le sud du Liban à l'intérieur de laquelle l'armée israélienne poursuit ses opérations
  • Israël et le Hezbollah pro-iranien poursuivent leurs affrontements malgré la trêve, principalement dans le sud du Liban, et l'armée israélienne a déjà mené des frappes au-delà de cette "ligne jaune"

JERUSALEM: L'armée israélienne a appelé mardi à évacuer douze villages du sud du Liban, en prévision de nouvelles attaques contre le Hezbollah malgré un cessez-le-feu en cours.

"Les violations répétées de l'accord de cessez-le-feu par le Hezbollah obligent l'armée israélienne à opérer", écrit sur son compte X le porte-parole de l'armée, Avichay Adraee, quelques jours après la tenue de discussions à Washington entre représentants israéliens et libanais et l'annonce de la prolongation de la trêve entre les deux pays.

La majorité des villages énumérés par M. Adraee sont situés au-delà de la "ligne jaune", qui délimite une zone d'une dizaine de kilomètres de profondeur dans le sud du Liban à l'intérieur de laquelle l'armée israélienne poursuit ses opérations afin de protéger la population du nord d'Israël des tirs du Hezbollah.

Israël et le Hezbollah pro-iranien poursuivent leurs affrontements malgré la trêve, principalement dans le sud du Liban, et l'armée israélienne a déjà mené des frappes au-delà de cette "ligne jaune".

Selon l'agence nationale d'information libanaise ANI, des frappes israéliennes ont visé mardi "plusieurs localités dans le sud" du pays.

Le mouvement pro-iranien Hezbollah a pour sa part affirmé dans un communiqué avoir visé un rassemblement de soldats et de véhicules dans le nord d’Israël avec "un essaim de drones d'attaque".

Depuis le début de la guerre, les frappes israéliennes ont tué plus de 3.000 personnes au Liban selon les autorités libanaises.

Côté israélien, 20 soldats et un contractuel travaillant pour l'armée ont été tués au Liban depuis le début de la guerre, le 2 mars.