A l'ONU, Biden plaide pour une «humanité fondamentale»

 «Notre avenir commun suppose que nous brisions le cycle de la guerre et de la destruction», déclare Biden à l’ONU. (Photo: AP)
«Notre avenir commun suppose que nous brisions le cycle de la guerre et de la destruction», déclare Biden à l’ONU. (Photo: AP)
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Publié le Mercredi 22 septembre 2021

A l'ONU, Biden plaide pour une «humanité fondamentale»

  • L’accueil réservé au discours du président fut, au mieux, mitigé; son message a été éclipsé par le chaos du retrait des troupes américaines d'Afghanistan
  • Avec le credo politique mis en avant par Biden, les États-Unis partagent une responsabilité avec la communauté internationale: trouver de nouvelles manières de mettre fin aux conflits

NEW YORK: Dans ce qui pourrait se révéler son moment le plus important sur la scène mondiale à ce jour, le président américain, Joe Biden, s'est présenté devant l'Assemblée générale des nations unies, à New York, pour proclamer la fin de deux décennies de guerre et annoncer un recalibrage des ressources américaines vers des sujets tels que le changement climatique, la technologie et le développement des infrastructures.

Pour son premier discours à l'Assemblée générale des nations unies en tant que président, Biden a mis en évidence une liste de priorités politiques qui comprenait également des travaux préparatoires destinés à faire face à la prochaine pandémie et des mesures accrues pour lutter contre le réchauffement climatique.

Toutefois, de graves défis attendent le président américain s’il veut convaincre les leaders mondiaux que, sous sa direction, la politique étrangère recherche des partenariats mondiaux plus importants.

L’accueil réservé au discours de Biden fut, au mieux, mitigé; son message a été éclipsé par le chaos du retrait des troupes américaines d'Afghanistan, qui a suscité de vives critiques de la part des alliés. Ces derniers, en effet, estiment ne pas avoir été réellement consultés.

Biden a déclaré à l'organisme international: «Notre avenir commun suppose que nous brisions le cycle de la guerre et de la destruction. À présent, nous devons à nouveau nous rassembler dans le but d’affirmer que l'humanité fondamentale qui nous unit est plus importante que des désaccords extérieurs. Nous devons être prêts face à la prochaine pandémie et au changement climatique.»

Le président affirme que les États-Unis ont «tourné une page» et que, pour la première fois en vingt ans, ils ne sont pas en guerre. Il insiste sur le fait qu'il n'y aurait pas de «nouvelle guerre froide» pour mobiliser les ressources nationales et signale que la nation regarde «ce qui nous attend, pas ce qui est derrière nous».

Le message de Biden au monde et aux concurrents de l'Amérique intervient à un moment où des questions de taille planent sur la capacité et la volonté de son administration de travailler en collaboration avec des alliés traditionnels et des partenaires régionaux.

Le président américain a cherché à définir un nouveau paradigme de la place de l'Amérique dans le monde. Il affirme notamment: «Nous allons diriger avec la puissance de notre exemple, pas seulement l'exemple de notre puissance. Nous nous défendrons, en particulier contre les menaces terroristes, et nous utiliserons la force si nécessaire. La mission doit être claire et réaliste, prise avec le consentement du peuple américain et, à chaque fois que c’est possible, avec nos alliés. L'utilisation de la puissance militaire devrait constituer le dernier recours. L'Amérique de 2021 n'est pas le pays qu'elle était après les attentats terroristes du 11-Septembre.»

Toutefois, des voix se sont élevées, se demandant si les États-Unis étaient prêts à se concentrer sérieusement sur la concurrence des «grandes puissances» avec des compétiteurs de même niveau.

L'administration Biden a traversé quelques mois particulièrement turbulents. Les défis auxquels sa politique étrangère a dû faire face ont été considérés avec inquiétude par les partenaires de l'Amérique à travers le monde. De l'Afghanistan à l'imbroglio diplomatique avec la France en passant par le retrait des principaux systèmes de défense américains du Moyen-Orient, la politique étrangère de Biden a alerté les principales capitales mondiales.

Ce qui rend plus difficiles encore les efforts déployés par le président américain pour se concentrer sur une nouvelle vision, radicale, des affaires étrangères, c’est sa cote de confiance actuelle – la plus basse depuis le début de sa présidence. 46% des personnes interrogées approuvent sa politique et 50% la désapprouvent.

De nombreuses capitales alliées ont murmuré en privé que l'ancien président Trump et son équipe de politique étrangère étaient, en réalité, plus disposés à les consulter et à collaborer avec elles dans les coulisses que Biden. Si «America First» («L’Amérique d’abord») fut le slogan de campagne dominant de Trump, les analystes et les diplomates d’Europe et d’ailleurs considèrent l’action de Biden comme une continuité et ils ne rejettent en rien l'approche de politique étrangère que proposait son prédécesseur sur plusieurs questions multilatérales sensibles.

Les nobles idéaux du projet de Biden qui consiste à «reconstruire un monde meilleur» et dans la perspective duquel il a tenté d’inviter les leaders mondiaux à un travail collectif sont susceptibles de se heurter à la vision concurrente de la Chine pour la gouvernance mondiale.

La professeure Brenda Shaffer, conseillère principale de la Fondation pour la défense des démocraties, a déclaré à Arab News que, «si les États-Unis voulaient véritablement limiter les actions de la Chine, ils n'auraient pas abandonné une base à Bagram, à proximité de Xinjiang. Au cours des dernières décennies, chaque administration américaine intervient et soutient qu'elle va se concentrer sur les grandes puissances sans se lancer dans l'édification de la nation; au bout du compte, c’est pourtant ce qu’elle fait à chaque fois.»

Elle ajoute: «Il est probable que Washington se concentre, à l'ONU, sur des questions qui font consensus au niveau international comme le changement climatique, la transition énergétique, l'éradication de la pauvreté, la justice…»

Le discours de Biden cherche à montrer que, la guerre en Afghanistan étant – en apparence – derrière eux, les États-Unis doivent désormais définir le changement climatique et la pandémie comme les nouvelles priorités nationales.

Selon Shaffer, l'accent mis par l'administration sur la diplomatie du changement climatique «place la Chine dans une excellente position. [Ce pays] a simplement besoin de parvenir à un accord sur un objectif afin de le mettre en œuvre plus tard; en échange, elle peut obtenir une véritable concession stratégique de Washington».

Tandis que Biden insiste sur le fait que son pays doit continuer à soutenir la démocratie et à repousser les régimes autoritaires, il n’est pas certain que les États-Unis soient idéalement placés pour affronter une Chine renaissante qui cherche à se démarquer sur la scène internationale, en particulier dans les régions en développement.

Selon Matthew Kroenig, un politologue qui travaille à l'université de Georgetown, «la Chine représente une menace globale pour le système international fondé sur des règles, notamment dans les institutions internationales. [Elle] a gagné en influence au sein des institutions dans le but de saper la mission fondatrice de ces organismes. La Chine met son veto aux résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU qui sont contraires à ses intérêts, entrave les tentatives l'OMS [Organisation mondiale de la santé, NDLR] pour mener une enquête pertinente sur les origines de la pandémie et empêche le CDH [Conseil des droits de l’homme, NDLR] de prendre des mesures sur le génocide au Xinjiang. J'aimerais que Biden s’exprime clairement au sujet de ce défi lancé par Pékin et qu'il appelle les pouvoirs responsables à s'unir de manière à faire face à cette menace».

Avec le credo politique mis en avant par Biden, les États-Unis partagent une responsabilité avec la communauté internationale: trouver de nouvelles manières de mettre fin aux conflits et de «briser le cycle de la guerre et de la destruction».

C'est peut-être plus facile à dire qu'à faire. Pour interrompre un tel cycle, une approche éclairée, qui tienne également compte des considérations nationales, sera nécessaire.

Kroenig explique que, «[si] le changement majeur de la stratégie américaine vers la concurrence des grandes puissances, l'éloignement du terrorisme et de l'insurrection s'est produit dans l'administration Trump, Biden ne fait que suivre cette trajectoire. Alors que Trump s'est fortement concentré sur la concurrence et la confrontation, Biden tente une approche plus équilibrée qui comprend, d'une part, le renforcement des États-Unis au niveau national et, d'autre part, la recherche d'un engagement avec la Chine sur des défis communs, comme le changement climatique».

Biden exhorte la communauté internationale à «se mettre au travail» sur les tâches communes qui l’attendent afin de créer un monde meilleur pour tous. La concurrence avec la Chine est de plus en plus susceptible de s'intensifier sur plusieurs fronts, indépendamment de l'intention du président américain de solliciter le dialogue plutôt que la confrontation. En outre, Biden soutient que les États-Unis et la communauté internationale se trouvent désormais à un «point d'inflexion» et qu’ils doivent décider de quelle façon le monde peut «se réunir pour affirmer l'humanité inhérente qui nous unit».

Au-delà de la noblesse d'un tel objectif, de nombreux alliés traditionnels des États-Unis se demanderont toujours si l'administration Biden sera à la hauteur des grands idéaux et des appels à l'amélioration de la vie à travers le monde ou si son discours ne sera qu’un détail sans importance parmi toute une série de bévues politiques.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Grèce: deux touristes agressés au couteau à l'entrée de l'Acropole

Un couple de touristes américains d'origine grecque a été victime d'une agression au couteau à l'entrée du site archéologique de l'Acropole à Athènes mardi matin, a indiqué la police grecque, les médias évoquant le geste d'un déséquilibré. (AFP)
Un couple de touristes américains d'origine grecque a été victime d'une agression au couteau à l'entrée du site archéologique de l'Acropole à Athènes mardi matin, a indiqué la police grecque, les médias évoquant le geste d'un déséquilibré. (AFP)
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  • Selon la police grecque, un homme a attaqué au couteau ce couple vers 08h05, blessant légèrement à la main la femme tandis que l’homme a été plus grièvement touché à la jambe
  • Tous deux ont été hospitalisés, rapporte l'agence de presse grecque Ana

ATHENES: Un couple de touristes américains d'origine grecque a été victime d'une agression au couteau à l'entrée du site archéologique de l'Acropole à Athènes mardi matin, a indiqué la police grecque, les médias évoquant le geste d'un déséquilibré.

Selon la police grecque, un homme a attaqué au couteau ce couple vers 08h05, blessant légèrement à la main la femme tandis que l’homme a été plus grièvement touché à la jambe. Tous deux ont été hospitalisés, rapporte l'agence de presse grecque Ana.

Des policiers motorisés sont arrivés rapidement sur les lieux, ont posé un garrot à l'homme pour arrêter l’hémorragie et immobilisé l'attaquant qui a ensuite été arrêté, précise Ana.

D'après les médias grecs, l'auteur de l'agression, un Grec d'une soixantaine d'années, semble avoir des problèmes psychologiques.


Analyse : Que signifie « Rahm Emanuel 2.0 » pour le Moyen-Orient ?

Longtemps considéré comme un critique virulent des dirigeants palestiniens, Rahm Emanuel envisagerait une candidature à la présidence américaine. (AFP)
Longtemps considéré comme un critique virulent des dirigeants palestiniens, Rahm Emanuel envisagerait une candidature à la présidence américaine. (AFP)
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  • L’ancien maire de Chicago a dévoilé une nouvelle vision de la paix au Moyen-Orient alors que les spéculations sur une candidature à la Maison-Blanche en 2028 s’intensifient
  • Autrefois connu comme un soutien indéfectible à Israël, Emanuel affirme désormais que les États-Unis doivent utiliser leur influence pour relancer la diplomatie

CHICAGO : En politique moyen-orientale, la paix ne se construit pas entre amis, mais entre ennemis. Cela signifie que les adversaires les plus acharnés ont parfois davantage de chances de parvenir à un accord que ceux qui se présentent comme des alliés.

Cette réalité a façonné certaines des avancées les plus importantes de la région, du traité de paix israélo-égyptien de 1979 aux accords d’Oslo de 1993, en passant par l’accord de paix entre la Jordanie et Israël en 1994.

Chacun de ces accords était imparfait, chacun a laissé la question centrale palestinienne sans réponse, mais tous reflétaient une même vérité difficile : les progrès n’ont généralement été possibles que lorsque les adversaires ont accepté de s’asseoir à la même table. 

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Une colonne de fumée s’élève après une frappe israélienne contre une zone industrielle de Gaza City. (AFP)

Aujourd’hui, Rahm Emanuel — fin stratège politique, ancien chef de cabinet de la Maison-Blanche et ancien maire de Chicago, ainsi que l’un des alliés américains d’Israël les plus connus — apparaît comme une voix qui estime que le cycle de l’hostilité peut être brisé.

Longtemps considéré comme un opposant farouche aux dirigeants palestiniens, Emanuel envisagerait une candidature présidentielle fondée en partie sur la promesse de restaurer l’influence américaine dans la région et de réengager les deux parties dans un véritable processus de paix.

Fort d’une carrière marquée par plusieurs succès politiques, Emanuel réfléchit à une candidature à la présidence en 2028 sous les couleurs du Parti démocrate, se présentant comme une personnalité capable d’aider Israéliens et Palestiniens à revenir à la table des négociations.


Le nouveau Premier ministre Burnham réunit son gouvernement, sans les proches de Starmer

Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham prononce son premier discours devant le 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 20 juillet 2026, après avoir été chargé par le roi de former le nouveau gouvernement. (Photo : AFP)
Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham prononce son premier discours devant le 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 20 juillet 2026, après avoir été chargé par le roi de former le nouveau gouvernement. (Photo : AFP)
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  • Andy Burnham a pris ses fonctions comme Premier ministre britannique, remaniant profondément son gouvernement et écartant plusieurs proches de Keir Starmer
  • Il doit annoncer ses premières mesures pour le pouvoir d'achat, tout en promettant une réindustrialisation, davantage de logements sociaux et des réformes majeures

LONDRES: Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham réunit mardi son gouvernement marqué par le départ de fidèles de son prédécesseur Keir Starmer et doit annoncer des mesures pour le pouvoir d'achat.

A 56 ans, celui qui était maire du Grand Manchester (nord de l'Angleterre) jusqu'au mois dernier est devenu le septième Premier ministre britannique depuis 2016, année du Brexit, en succédant lundi au démissionnaire Keir Starmer et ses deux ans au pouvoir.

Si l'on retrouve dans les rangs du nouveau gouvernement des figures déjà présentes dans l'équipe de Keir Starmer, des fidèles de l'ex-Premier ministre ont été éloignés, le journal The Times titrant même sur une "purge".

Le Financial Times pointe lui une "surprise": l'ancien ministre de la Défense John Healey, qui avait quitté le gouvernement Starmer sur fond de désaccord budgétaire, remplace Rachel Reeves aux Finances - une fidèle de Keir Starmer écartée.

John Healey fait face à une lourde tâche, dans un contexte de croissance atone et de finances contraintes par une dette publique élevée.

Le portefeuille de la Défense revient à Wes Streeting, ambitieux ex-ministre de la Santé qui avait envisagé un temps de défier Keir Starmer à la tête du Labour. Il sera chargé de mettre en œuvre le plan d'investissement sur dix ans pour moderniser l'armée britannique.

"Nous veillerons à ce que nos forces armées disposent des ressources nécessaires", a appuyé Wes Streeting dans une publication sur X suivant sa nomination, revenant sur la question des moyens alloués à la défense qui avait fragilisé en juin le gouvernement Starmer et accéléré sa chute.

Le nouveau ministre a également assuré l'Ukraine de son soutien, après que Andy Burnham a échangé par téléphone avec son dirigeant Volodymyr Zelensky, mais aussi avec Donald Trump ou Emmanuel Macron.

Ed Miliband, ministre de l'Energie sortant, devient chef de la diplomatie britannique. Shabana Mahmood, connue pour sa fermeté sur l'immigration, est elle maintenue à l'Intérieur.

Un autre très proche de Keir Starmer, ex-ministre de la Justice et vice-Premier ministre David Lammy, a lui été mis à l'écart du nouvel exécutif.

- "Changements profonds" -

La figure de l'aile gauche du parti Angela Rayner, qui fut numéro deux de Keir Starmer, retrouve son portefeuille du Logement.

Andy Burnham doit réunir mardi son équipe gouvernementale, et annoncer de premières mesures de lutte contre le coût de la vie.

Il souhaite agir rapidement en accord avec sa première allocution devant Downing Street la veille, où il a promis d'engager "les changements les plus profonds de ces quarante dernières années" au Royaume-Uni, lui faire retrouver sa "stabilité" et "redonner de l'espoir".

S'exprimant sans notes et sans pupitre en présence de son épouse Marie-France van Heel, de ses enfants et de sa mère, le nouveau Premier ministre a dit vouloir réindustrialiser le pays, construire plus de logements sociaux et bâtir une "nouvelle économie" dans laquelle les services essentiels sont davantage contrôlés par l'Etat.

Il a érigé en priorité de "mettre fin au sans-abrisme", après s'être rendu dans un refuge pour personnes sans domicile fixe au matin de sa nomination.

Les travaillistes comptent aussi sur Andy Burnham, surnommé "le roi du Nord", pour stopper l'ascension du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage, en tête des sondages pour les prochaines élections législatives prévues en 2029.

Après deux échecs pour prendre la tête du Labour en 2010 et 2015, Andy Burnham est devenu l'une des personnalités politiques les plus populaires du pays grâce au renouveau connu par l'agglomération de Manchester. Il a dit vouloir décentraliser le pouvoir et créer un "N°10 du Nord" à Manchester.