Changement climatique : Boris Johnson exhorte les pays riches à agir

Le Premier ministre britannique Boris Johnson devant le siège des Nations unies lors de la 76ème session de l'Assemblée générale des Nations unies, à New York, aux États-Unis, le 20 septembre 2021. (Photo, Reuters)
Le Premier ministre britannique Boris Johnson devant le siège des Nations unies lors de la 76ème session de l'Assemblée générale des Nations unies, à New York, aux États-Unis, le 20 septembre 2021. (Photo, Reuters)
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Publié le Mardi 21 septembre 2021

Changement climatique : Boris Johnson exhorte les pays riches à agir

  • Les pays en voie de développement vont payer le prix de 200 ans de croissance économique dans le monde développé, déclare le Premier ministre britannique à l'issue de la réunion de l’ONU
  • Le président égyptien présente un plan de développement conçu pour atteindre les Objectifs de développement durable des Nations unies tout en accordant la priorité aux besoins des Égyptiens

NEW YORK : Le Premier ministre britannique Boris Johnson a exhorté le monde développé à prendre des mesures urgentes contre le changement climatique. Il a averti que les pays qui ont le moins contribué à la crise climatique sont ceux qui risquent aujourd'hui de payer le prix le plus élevé.

S'exprimant lundi au siège des Nations unies à New York, où se tient la 76ème session de l'Assemblée générale, Johnson a déclaré qu'un certain nombre de dirigeants mondiaux ayant participé à une réunion à huis clos qu'il avait convoquée avaient présenté des arguments "très puissants" incitant le monde développé à prendre des mesures urgentes en matière de changement climatique.

« Nous avons écouté certains des pays les plus menacés, les Maldives, le Bangladesh et les Îles Marshall, implorer le monde développé de passer à l'action et de fournir les fonds nécessaires aux transformations contre le changement climatique dans les pays en développement », a-t-il déclaré.

« C'est le monde en développement qui subit les conséquences du changement climatique catastrophique sous la forme d'ouragans, d'incendies et d'inondations, ainsi que les dommages économiques réels et à long terme auxquels il est confronté. Pourtant, c'est le monde développé qui, pendant 200 ans, a rejeté dans l'atmosphère le carbone qui provoque l'accélération de ce changement climatique. »

Le Premier ministre britannique a déclaré qu'il y avait « de faibles signes de progrès » de la part de certains pays développés qui commencent à prendre des mesures, mais que les États-Unis étaient les mieux placés pour envoyer un signal clair indiquant que les pays développés occidentaux sont prêts à agir.

Le financement à long terme visant à aider les pays à se développer sans contribuer davantage au changement climatique est l'une des pierres angulaires de l'accord de Paris de 2015. Les pays développés se sont engagés, dans le cadre de cet accord, à contribuer à hauteur de 100 milliards de dollars par an à ce financement jusqu'en 2025.

Cet objectif n'a pas été atteint en 2019 et 2020 et, selon le Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, la collecte de fonds de cette année risque d'être inférieure d'environ 20 milliards de dollars.

Johnson a déclaré que des progrès avaient été accomplis en vue de la réalisation de cet objectif financier, et que les États-Unis pouvaient faire une « énorme différence » dans ces efforts. Une contribution américaine enverrait un « signal extrêmement puissant au monde, aux pays en développement, que nous, pays occidentaux industrialisés, prenons cette question au sérieux », a-t-il déclaré.

Johnson et Guterres ont tous deux souligné le rôle clé que peut jouer un financement créatif et durable, par les pays riches qui en ont le plus les moyens, dans la lutte contre le changement climatique.

« Les nations développées doivent passer à l'action », a affirmé Guterres. « De nombreux propriétaires et gestionnaires d'actifs et d'autres institutions financières réorientent désormais leurs investissements vers une économie décarbonée, durable et résiliente ».

« Mais ces flux financiers privés ne couvriront pas les besoins immédiats des nombreux pays qui ont besoin d'un soutien maintenant, ou qui ne peuvent pas emprunter de l'argent en raison du poids de leur dette. »

C'est pourquoi « un soutien accru des institutions financières internationales est également crucial », a-t-il ajouté.

Plus tôt, les dirigeants d'un certain nombre de pays ont fourni des détails sur leurs plans visant à lutter contre le changement climatique, tout en développant leurs économies et leurs sociétés civiles.

Parmi eux figurait le président égyptien Abdel Fattah El-Sissi, qui a déclaré que la réunion de lundi intervenait à un « moment crucial pour le monde ».

Il a réitéré le soutien de l'Égypte aux Objectifs de développement durable des Nations unies, un ensemble d'objectifs mondiaux interdépendants liés à des questions telles que le climat, la pauvreté, l'éducation, les soins de santé et l'égalité des sexes, qui sont conçus comme un plan directeur pour un avenir meilleur et plus durable.

« En plus du développement durable, nous devons augmenter la croissance et éliminer la pauvreté et le chômage », a déclaré El-Sissi. « Mais nous avons aussi la complexité de la situation politique dans de très nombreuses régions du monde, et nous avons le changement climatique et son impact dévastateur sur l'eau et la sécurité alimentaire. »

Ces défis doivent être abordés de manière « globale et durable », a-t-il déclaré, ajoutant qu'il donnera la priorité aux « intérêts du citoyen égyptien », mais que cette approche est également conforme aux objectifs des ODD.

Il a toutefois mis en garde contre le fait que les pays africains ont dû faire face à une baisse du flux de l'aide internationale au développement tout au long de la pandémie.

« Dans ce contexte, nous espérons voir se poursuivre cet important effort international, afin que nous puissions atteindre nos objectifs communs et créer un meilleur avenir pour les générations futures », a conclu El-Sissi.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Pourparlers Iran-Etats-Unis : «des bases très solides» en vue d'un accord final, selon JD Vance

Les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis tenus dimanche en Suisse pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient ont permis d'établir des "bases très solides" en vue d'un accord final, a affirmé lundi le vice-président américain JD Vance. (AFP)
Les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis tenus dimanche en Suisse pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient ont permis d'établir des "bases très solides" en vue d'un accord final, a affirmé lundi le vice-président américain JD Vance. (AFP)
  • "Nous avons réalisé de nombreux progrès satisfaisants. Nous avons fait exactement ce que nous voulions faire", a assuré JD Vance, qui va rentrer aux Etats-Unis
  • Côté iranien, l'équipe conduite par le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, et le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, a quitté le Burgenstock, à l'issue de "18 heures d'intenses discussions", selon l'agence de presse Irna

BURGENSTOCK: Les pourparlers entre l'Iran et les Etats-Unis tenus dimanche en Suisse pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient ont permis d'établir des "bases très solides" en vue d'un accord final, a affirmé lundi le vice-président américain JD Vance.

"Nous avons posé des bases très solides pour aboutir à un accord final réussi. L'accord final, c'est la maison. Nous en avons posé les fondations. Nous n'avons pas encore construit la maison, mais nous avons posé des bases solides pour atteindre une issue favorable pour le peuple américain", a-t-il déclaré aux journalistes.

Après la signature d'un protocole d'accord la semaine dernière et un démarrage dans le chaos, ces négociations, lancées dimanche dans le complexe hôtelier du Burgenstock, dans les Alpes suisses, doivent aboutir, sous un délai de 60 jours renouvelables, à un document final.

"Nous avons réalisé de nombreux progrès satisfaisants. Nous avons fait exactement ce que nous voulions faire", a assuré JD Vance, qui va rentrer aux Etats-Unis.

Côté iranien, l'équipe conduite par le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, et le chef de la diplomatie, Abbas Araghchi, a quitté le Burgenstock, à l'issue de "18 heures d'intenses discussions", selon l'agence de presse Irna.

Des négociations vont toutefois se poursuivre au niveau technique.

"Nos équipes, en collaboration avec les Iraniens, les Qataris et les Pakistanais, ont réalisé d'importants progrès hier. Elles continueront à travailler au niveau technique avec les équipes présentes ici au Burgenstock", a indiqué JD Vance.

"Ces négociations techniques se poursuivront ensuite au cours des semaines et des jours à venir. Nous voulions mettre en place une structure pour garantir une supervision politique adéquate", a-t-il ajouté.


Iran et Etats-Unis s'accordent sur une feuille de route pour un accord définitif sous 60 jours

Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint. (AFP)
Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint. (AFP)
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  • Les Etats-Unis et l'Iran se sont entendus sur une "feuille de route" pour conclure dans les 60 jours un accord définitif pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient
  • "La médiation pakistanaise et qatarie a permis des progrès majeurs afin de mettre un terme à la guerre au Liban"

BURGENSTOCK: Les Etats-Unis et l'Iran se sont entendus sur une "feuille de route" pour conclure dans les 60 jours un accord définitif pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, lors de leur première séance de négociations en Suisse, ont annoncé lundi les médiateurs pakistanais et qatari.

Les délégations se sont "mises d'accord sur une feuille de route visant à parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours, jetant ainsi les bases d'un démarrage immédiat de nouvelles discussions techniques" qui se poursuivront cette semaine en Suisse, ont écrit les gouvernements pakistanais et qatari dans un communiqué conjoint.


Les négociations entre l'Iran et les Etats-Unis vont démarrer en Suisse

Le vice-président américain JD Vance est arrivé en Suisse dimanche, atterrissant à la base aérienne d’Emmen à 5 h 59 (03 h 59 GMT), selon son porte-parole. (AFP)
Le vice-président américain JD Vance est arrivé en Suisse dimanche, atterrissant à la base aérienne d’Emmen à 5 h 59 (03 h 59 GMT), selon son porte-parole. (AFP)
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  • Les négociations américano-iraniennes s’ouvrent en Suisse dans un contexte tendu, marqué par la poursuite des violences au Liban et des divergences sur l’application du protocole d’accord, notamment sur le nucléaire et un cessez-le-feu
  • L’escalade régionale s’intensifie avec la fermeture annoncée du détroit d’Ormuz par l’Iran, tandis que les États-Unis appellent à la retenue et poursuivent les discussions diplomatiques

BURGENSTOCK: Les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran pour trouver une paix durable au Moyen-Orient doivent débuter dimanche matin dans un hôtel de luxe des Alpes suisses, quatre jours après la signature d'un protocole d'accord, déjà malmené, pour mettre fin aux hostilités.

Ces pourparlers, centrés sur le programme nucléaire iranien, sont prévus pour une durée renouvelable de 60 jours. Avant même qu'ils ne commencent, les écueils se sont accumulés, avec la poursuite des combats au Liban malgré une clause de l'accord-cadre prévoyant la fin des hostilités sur tous les fronts, et l'annonce par Téhéran d'une nouvelle fermeture du détroit d'Ormuz en représailles.

Sur le front libanais, des frappes israéliennes ont fait au moins 30 morts samedi dans l'est et le sud du Liban, avant une accalmie constatée par un correspondant de l'AFP en fin de journée, lorsque l'armée israélienne a reçu l'ordre de cesser les affrontements avec le Hezbollah pro-iranien.

Les pourparlers débuteront dans le courant de la matinée, a annoncé la diplomatie suisse, précisant que la délégation américaine, dirigée par le vice-président américain JD Vance, et la délégation iranienne, menée par le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf, étaient arrivées à l'hôtel de luxe de Bürgenstock, surplombant le lac de Lucerne, site des discussions. Les pays médiateurs, le Pakistan et le Qatar, sont également sur place.

Arrivée samedi soir, la délégation iranienne compte aussi, selon la télévision d'Etat iranienne, le chef de la diplomatie Abbas Araghchi et le gouverneur de la Banque centrale Abdolnaser Hemmati.

Les discussions devraient durer "quelques jours", a affirmé JD Vance à la presse samedi soir, ajoutant qu'il ne pourrait rester en Suisse "qu'un jour ou deux".

"J'espère qu'on va faire des progrès sur la question nucléaire et sur la question du cessez-le-feu au Liban. Ce sont les deux points principaux sur lesquels je pense que nous allons nous concentrer", a-t-il déclaré.

L'émissaire Steve Witkoff et le gendre du président Donald Trump, Jared Kushner, se trouvent également en Suisse, selon JD Vance.

Les pourparlers sont censés mener à un accord final pour mettre un terme au conflit au Moyen-Orient, déclenché par des frappes israélo-américaines sur l'Iran le 28 février. Les hostilités ont causé des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

- Protocole "en danger" -

Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a toutefois prévenu samedi les Etats-Unis que le protocole d'accord serait "en danger" si ses clauses n'étaient pas appliquées rapidement, en référence à la situation au Liban.

Le conseiller militaire du guide suprême iranien, Mohsen Rezaei, a lui appelé à la prudence face à tout "optimisme", affirmant sur X que "l'ennemi a montré qu'il ne tenait pas ses promesses".

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre au Moyen-Orient par des tirs de roquettes sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien, tué au début de la guerre.

Depuis, les opérations israéliennes au Liban ont fait 4.057 morts, selon le dernier bilan, samedi, du ministère libanais de la Santé.

L'armée israélienne a annoncé pour sa part qu'un de ses soldats avait été tué samedi dans le sud du Liban, portant à 36 le nombre de ses pertes depuis le début du conflit. Elle a précisé samedi que ses troupes ne mèneraient "pas de frappes proactives", mais qu'elles opéreraient "de manière défensive" au sein de la bande territoriale du sud du Liban occupée par Israël.

Avant son départ pour la Suisse, le vice-président américain a assuré que la situation "s'améliore" au Liban.

"Le gros problème, c'est que vous allez avoir quelqu'un qui va commencer à tirer et ensuite quelqu'un va répondre, et donc vous avez en quelque sorte ce problème de l'oeuf et de la poule où il faut réussir à arrêter les tirs suffisamment longtemps pour que le cessez-le-feu tienne, c'est ce qu'on essaie de faire", a-t-il dit.

- Ormuz fermé -

Après les nouveaux affrontements au Liban, le commandement central de l'armée iranienne a annoncé que "le détroit d'Ormuz serait fermé au trafic maritime", une "première mesure en réponse à la violation des engagements par l'ennemi". Il a menacé "d'autres mesures" si nécessaire "pour contraindre l'ennemi à respecter ses obligations".

La réouverture du détroit a constitué l'un des points clés du protocole d'accord américano-iranien. L'Iran avait verrouillé au début de la guerre cette voie maritime stratégique par laquelle transitaient auparavant quelque 20% des hydrocarbures mondiaux, provoquant une flambée des cours du pétrole.

Après l'annonce par l'Iran de sa nouvelle fermeture, le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a indiqué que ses forces demeuraient "vigilantes". Selon lui, 55 navires marchands ont franchi le détroit de manière sûre samedi.

Téhéran a également évoqué la possible mise en place de "frais" de service maritime pour les navires voulant y transiter. Le président américain Donald Trump a lui aussi menacé d'appliquer un péage dans le détroit en cas d'échec des discussions avec l'Iran.