Grâce à Merkel, les migrants syriens sont autorisés à choisir son successeur

Selon l’étude, la maîtrise de la langue et la situation socioéconomique sont deux facteurs déterminants de la participation des migrants, ainsi que la durée de leur séjour. (AFP)
Selon l’étude, la maîtrise de la langue et la situation socioéconomique sont deux facteurs déterminants de la participation des migrants, ainsi que la durée de leur séjour. (AFP)
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Publié le Lundi 20 septembre 2021

Grâce à Merkel, les migrants syriens sont autorisés à choisir son successeur

  • Les réfugiés nouvellement naturalisés ne sont pas tous aussi clairs que M. Saad sur leurs intentions de vote
  • Une étude montre que seulement 65 % de la population allemande issue de l’immigration avait voté en 2017

BERLIN : Tarek Saad souhaite aider d’autres réfugiés syriens qui ont fui la guerre dans leur pays à s’installer en Allemagne. Les élections fédérales du 26 septembre semblent être l’occasion idéale pour le faire. 

Dans son État d’adoption – le Schleswig-Holstein, sur la côte de la mer Baltique – M. Saad milite pour le parti social-démocrate qu’il a rejoint en 2016, deux ans après son arrivée en Allemagne. À l’époque, il avait survécu à deux blessures par balle en Syrie.

«Je me disais que ce qui me rend la vie difficile devait également être source de tourment pour les autres. Pour surmonter ces obstacles le plus rapidement possible, il faut intégrer un parti politique», affirme l’étudiant en sciences politiques, âgé de 28 ans.

«Nos parents ont vécu sous un système politique différent pendant de longues années (en Syrie). C’est l’occasion de former une nouvelle génération (en Allemagne)», poursuit Tarek Saad, qui, comme de nombreux réfugiés, votera pour la première fois en tant que citoyen allemand.

La décision de la chancelière Angela Merkel d’ouvrir les frontières allemandes à des centaines de milliers de réfugiés syriens en 2015 a été un enjeu déterminant de la dernière campagne électorale fédérale allemande en 2017.

Les réfugiés nouvellement naturalisés ne sont pas tous aussi clairs que M. Saad sur leurs intentions de vote. 

«Je me réjouis à l’idée de pouvoir voter mais je demeure prudent. Il se peut que je ne vote pas», déclare Maher Obaid, 29 ans, qui habite dans la ville de Singen à proximité de la frontière suisse.

M. Obaid, naturalisé en 2019, explique que le manque de clarté des partis en matière de politique étrangère, notamment en ce qui concerne la Syrie, est à l’origine de son hésitation.

S’IMPLIQUER

Le nombre de Syriens ayant acquis la nationalité allemande a augmenté de 74 % en 2020 pour atteindre 6 700, selon les statistiques fédérales. On estime que le nombre total de réfugiés syriens est beaucoup plus élevé – plus de 700 000 – mais obtenir la citoyenneté exige du temps et des efforts.

Une étude, menée en 2020 par le Conseil d’experts sur l’intégration et la migration, montre que seulement 65 % de la population allemande issue de l’immigration avait voté en 2017, contre 86 % des Allemands nés dans le pays. 

Selon l’étude, la maîtrise de la langue et la situation socioéconomique sont deux facteurs déterminants de la participation des migrants, ainsi que la durée de leur séjour.

«Plus une personne reste longtemps en Allemagne, plus elle a l’impression de comprendre la vie politique et de pouvoir y participer», rapporte l’étude.

Historiquement, les migrants venus du sud de l’Europe et de la Turquie en tant que travailleurs étrangers considéraient le parti social-démocrate comme celui qui servait au mieux leurs intérêts, indique une étude menée par l’Institut allemand d’études économiques (DIW).

En revanche, les Syriens sont plus susceptibles de soutenir le parti conservateur de Mme Merkel qui a modelé la politique migratoire entre 2013 et 2016 lorsque la majorité d’entre eux sont arrivés en Allemagne, constate l’étude.

Maintenant que la chancelière se retire de la vie politique après seize ans au pouvoir, de nombreux Syriens réfléchissent de manière différente.

«Les Syriens doivent faire preuve d’intelligence. Les mesures prises par Mme Merkel sont justes mais que fait son successeur?», s’interroge Abdelaziz Ramadan, directeur d’une organisation d’intégration des migrants à Leipzig ayant été naturalisé en 2019.

Un sondage informel réalisé auprès des membres d’un groupe de migrants syriens sur Facebook montre qu’ils voteraient, en majorité, pour le parti social-démocrate. Le parti vert est en deuxième place et l’option «peu m’importe» en troisième place.

Mahmoud al-Kutaifan, un médecin vivant à Fribourg-en-Brisgau, dans le sud-ouest, fait partie des rares Syriens naturalisés à temps pour pouvoir voter lors des élections de 2017. 

«À l’époque, j’ai suivi mon cœur. J’ai voté pour Angela Merkel parce qu’elle était venue en aide aux réfugiés», déclare-t-il.

Bien qu’il n’ait pas regretté cette décision, il réfléchit – comme de nombreux autres électeurs allemands – à l’ère post-Merkel et ne sait pas pour qui voter cette fois-ci.

«Les élections approchent à grands pas mais, pour ne rien vous cacher, je n’ai toujours pas pris ma décision.»


Liban: de nouvelles frappes israéliennes ciblent l'est du pays

L'agence de presse libanaise Ani a confirmé des frappes sur "deux maisons" à Machgara, et fait état de deux autres attaques israéliennes toujours dans l'est du pays, ces dernières non précédées d'appels à évacuer. (AFP)
L'agence de presse libanaise Ani a confirmé des frappes sur "deux maisons" à Machgara, et fait état de deux autres attaques israéliennes toujours dans l'est du pays, ces dernières non précédées d'appels à évacuer. (AFP)
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  • L'armée israélienne a annoncé avoir mené des frappes jeudi contre des cibles du Hezbollah dans plusieurs parties du Liban
  • "En réponse aux violations répétées des accords de cessez-le-feu par le Hezbollah, l'armée israélienne frappe des cibles" du mouvement "dans plusieurs régions du Liban"

BEYROUTH: L'armée israélienne a annoncé avoir mené des frappes jeudi contre des cibles du Hezbollah dans plusieurs parties du Liban, après avoir appelé les habitants de deux zones dans l'est du pays à l'évacuer.

"En réponse aux violations répétées des accords de cessez-le-feu par le Hezbollah, l'armée israélienne frappe des cibles" du mouvement "dans plusieurs régions du Liban", a indiqué un communiqué militaire.

Plus tôt, elle avait appelé les habitants des localités de Sohmor et de Machgara, situées l'une à proximité et l'autre dans la plaine de la Bekaa, un fief du Hezbollah, à évacuer la zone avant des frappes ciblant des infrastructures du mouvement chiite libanais.

L'agence de presse libanaise Ani a confirmé des frappes sur "deux maisons" à Machgara, et fait état de deux autres attaques israéliennes toujours dans l'est du pays, ces dernières non précédées d'appels à évacuer.

Malgré un cessez-le-feu qui a mis fin en novembre 2024 à plus d'un an d'hostilités, l'armée israélienne continue de mener régulièrement des frappes sur le territoire libanais, disant viser le Hezbollah pro-iranien et, de façon moins fréquente, le Hamas.

Le 8 janvier, l'armée libanaise a annoncé avoir mené à bien le désarmement du Hezbollah au sud du fleuve Litani, à quelque 30 kilomètres de la frontière avec Israël, conformément à l'accord de cessez-le-feu.

Israël avait jugé que ces efforts constituaient "un début encourageant" mais étaient "loin d'être suffisants".

Après les annonces de l'armée libanaise, l'armée israélienne a mené plusieurs frappes dans le sud du Liban, la plupart au nord du Litani, qui ont fait un mort selon les autorités libanaises.

Elle avait alors affirmé cibler un membre du Hezbollah et les infrastructures de la formation libanaise.

 


Syrie: l'armée accorde un nouveau délai aux civils pour fuir une zone sous contrôle kurde

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  • Toute la journée jeudi, des civils ont emprunté à pied ou à bord de voitures chargées de matelas, de camionnettes et même de tracteurs un "couloir humanitaire" mis en place par l'armée
  • Ils avaient jusqu'à 17H00 (14H00 GMT) pour le faire, mais l'armée a annoncé en début de soirée qu'ils pourraient à nouveau évacuer la zone vendredi entre 06H00 et 14H00 GMT

ALEP: L'armée syrienne a accordé un nouveau délai expirant vendredi soir aux civils pour fuir une zone du nord du pays qu'elle a l'intention de reprendre aux combattants kurdes, après les avoir délogés de la ville d'Alep.

Les forces syriennes ont massé d'importants renforts à Deir Hafer, à une cinquantaine de kilomètres à l'est d'Alep, et sommé les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, d'évacuer un secteur entre cette région et l'Euphrate, plus à l'est.

Toute la journée jeudi, des civils ont emprunté à pied ou à bord de voitures chargées de matelas, de camionnettes et même de tracteurs un "couloir humanitaire" mis en place par l'armée, selon les correspondants de l'AFP sur place.

Ils avaient jusqu'à 17H00 (14H00 GMT) pour le faire, mais l'armée a annoncé en début de soirée qu'ils pourraient à nouveau évacuer la zone vendredi entre 06H00 et 14H00 GMT.

L'armée avait utilisé ce même procédé à Alep la semaine dernière, avant de bombarder les quartiers tenus par les Kurdes.

Après des combats pour en déloger les derniers combattants, le pouvoir islamiste syrien, déterminé à étendre son autorité sur l'ensemble du pays, a pris dimanche le contrôle de l'ensemble d'Alep, principale ville du nord de la Syrie.

"Nouvelle guerre" 

Nadima Loueis, une femme de 54 ans, a emprunté avec son frère et sa nièce un pont branlant. "C'était difficile", témoigne-t-elle. "Nous étions encerclés à Deir Hafer, je vais chez mon frère à Alep".

"Beaucoup de gens veulent fuir", déclare à l'AFP Mahmoud al-Moussa, 30 ans, affirmant que les forces kurdes "ne laissent pas les gens partir et veulent les utiliser comme boucliers humains".

Les autorités syriennes ont aussi accusé les FDS d'empêcher les civils de partir, des affirmations rejetées comme "sans fondement" par leur porte-parole Farhad Shami.

Les Kurdes avaient profité du chaos de la guerre civile (2011-2024) pour s'emparer de vastes territoires du nord et du nord-est de la Syrie - incluant champs pétroliers et gaziers - après avoir défait le groupe jihadiste Etat Islamique (EI) avec l'appui d'une coalition multinationale.

Dans une interview télévisée, le président Ahmad al-Chareh a souligné que les Kurdes "contrôlent près du quart du territoire syrien", mais que les habitants de ces régions sont en majorité "des tribus arabes" alors que les Kurdes "ne constituent que 12 à 15% de leur population".

Cette poussée de tension intervient alors que l'application d'un accord conclu en mars 2025 pour intégrer les institutions civiles et militaires kurdes au sein de l'Etat syrien est bloquée en raison des exigences contradictoires des deux parties.

Jeudi, l'autorité autonome kurde a affirmé qu'elle restait prête au "dialogue" tout en appelant la communauté internationale à empêcher "une nouvelle guerre".

"Pression soutenue" 

Les FDS ont pour leur part prévenu que "'l'escalade militaire pourrait mener à une instabilité générale, menaçant la sécurité des prisons où sont détenus des membres de l'EI".

Plus de six ans après la défaite de l'EI, les camps et prisons gérés par l'administration autonome kurde abritent encore des dizaines de milliers de personnes ayant des liens présumés avec l'organisation jihadiste, dont un grand nombre d'étrangers que leurs pays, notamment européens, rechignent la plupart du temps à reprendre.

De son côté, le président syrien a affirmé dans l'interview accordée dimanche à la chaîne kurde irakienne Al-Chams, qu'elle a choisi de ne pas diffuser mais dont la télévision officielle syrienne a publié des extraits, que "la balle est dans le camp de Mazloum Abdi", le chef des puissantes FDS soutenues par les Etats-Unis.

Il a appelé les Kurdes à "oeuvrer main dans la main avec nous pour reconstruire la Syrie", tout en soulignant que l'accord de mars ne prévoyait "ni fédéralisme ni administration autonome".

Contrairement aux quartiers kurdes d'Alep, "une enclave isolée", les territoires contrôlés par les FDS sont "continus, riches en ressources et accueillent des forces américaines", explique l'analyste Nanar Hawach, de l'International Crisis Group.

"Damas ne peut pas y reproduire une offensive d'envergure" comme à Alep, selon lui, mais "peut exercer une pression soutenue" afin "d'affaiblir la position de négociation des FDS sans déclencher une confrontation totale".

 


Gaza: pour le Hamas, le comité d'experts palestinien va consolider la trêve

Les éléments clés de cette phase comprennent le retrait progressif des forces israéliennes et la démilitarisation de la bande de Gaza, y compris le désarmement du Hamas, ainsi que la mise en place de systèmes pérennes de réponse à la crise humanitaire. (AFP)
Les éléments clés de cette phase comprennent le retrait progressif des forces israéliennes et la démilitarisation de la bande de Gaza, y compris le désarmement du Hamas, ainsi que la mise en place de systèmes pérennes de réponse à la crise humanitaire. (AFP)
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  • L'Egypte, médiateur clé dans les pourparlers indirects de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, avait annoncé la veille la formation d'un comité technocratique palestinien de 15 membres
  • "La formation du comité est une étape qui va dans la bonne direction", a déclaré Bassem Naim

GAZA: Un haut responsable du Hamas a salué jeudi la formation d'un comité d'experts chargé d'administrer la bande de Gaza après la guerre, affirmant qu'il contribuerait à consolider le cessez-le-feu et empêcher un retour aux combats.

L'Egypte, médiateur clé dans les pourparlers indirects de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, avait annoncé la veille la formation d'un comité technocratique palestinien de 15 membres, qui opérerait sous la supervision générale du Conseil de la paix, un organe conçu par le plan de paix du président américain Donald Trump.

"La formation du comité est une étape qui va dans la bonne direction", a déclaré Bassem Naim, une des figures du mouvement islamiste palestinien, dans un communiqué.

"C'est essentiel pour consolider le cessez-le-feu, empêcher un retour à la guerre, traiter la crise humanitaire catastrophique et préparer une reconstruction globale", a-t-il ajouté.

Depuis le début de la guerre avec Israël le 7 octobre 2023, le Hamas a déjà déclaré qu'il ne cherchait pas à jouer un rôle dans une quelconque autorité de gouvernance future à Gaza.

Le Hamas "a salué la formation du comité et a annoncé sa disposition à remettre la gestion du secteur au comité national transitoire", a souligné M. Naïm.

Le Hamas n'est pas maître de l'intégralité de la bande de Gaza. Aux termes de l'accord de trêve, l'armée israélienne s'est repliée derrière une "ligne jaune" et contrôle encore plus de la moitié du petit territoire, dont la ville de Rafah dans le sud.

Conformément à la position officielle du mouvement islamiste, M. Naïm a également dit espérer que ce comité préfigure un gouvernement d'union palestinienne, alors que les deux principaux mouvements politiques palestiniens, le Hamas et le Fatah, restent divisés.

"La balle est désormais dans le camp des médiateurs, du garant américain et de la communauté internationale pour donner les moyens d'agir au comité", a-t-il dit, les exhortant à contrer ce qu'il a qualifié de tentatives du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d'entraver les prochaines étapes du cessez-le-feu.

Le principal émissaire de Washington, Steve Witkoff, a déclaré mercredi que le cessez-le-feu, entré en vigueur le 10 octobre, était passé à sa deuxième phase.

Les éléments clés de cette phase comprennent le retrait progressif des forces israéliennes et la démilitarisation de la bande de Gaza, y compris le désarmement du Hamas, ainsi que la mise en place de systèmes pérennes de réponse à la crise humanitaire.

La trêve entre Israël et le Hamas demeure très précaire. Les incidents sont quotidiens, les deux camps s'accusant mutuellement de violer les termes du cessez-le-feu.