Le Maroc, un pays stable marqué par de profondes inégalités

Le Maroc est marqué par de profondes inégalités mais le royaume jouit de stabilité dans un Maghreb agité par des soubresauts politiques. (AFP).
Le Maroc est marqué par de profondes inégalités mais le royaume jouit de stabilité dans un Maghreb agité par des soubresauts politiques. (AFP).
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Publié le Vendredi 10 septembre 2021

Le Maroc, un pays stable marqué par de profondes inégalités

  • En 1912, le Maroc est divisé en deux protectorats, espagnol dans sa partie nord, et français dans le reste du pays. Il accède à l'indépendance en 1956.
  • Le 20 février 2011, dans le sillage du Printemps arabe, des dizaines de milliers de jeunes manifestent, après l'appel du "Mouvement du 20-février" réclamant des réformes, plus de démocratie et moins de corruption

RABAT: Le Maroc, où le parti islamiste PJD, à la tête du gouvernement depuis une décennie, a subi mercredi une spectaculaire déroute lors des élections législatives, est marqué par de profondes inégalités mais le royaume jouit de stabilité dans un Maghreb agité par des soubresauts politiques.

En 1912, le Maroc est divisé en deux protectorats, espagnol dans sa partie nord, et français dans le reste du pays. Il accède à l'indépendance en 1956.


A la mort du roi Mohammed V en 1961, son fils Hassan II lui succède et accompagne la modernisation du royaume après la décolonisation.


Monarque populaire, son long règne sera entaché par des violations des droits humains perpétrées durant les "années de plomb", de 1970 à 1999.


En 1991, le bagne de Tazmamart (sud-est), où ont été internés des opposants, est détruit. En 1992, une réforme de la Constitution intègre le concept de droits humains.

 

Les dates-clés du Maroc depuis l'accession au trône du roi Mohammed VI en 1999      

 

  • Le 23 juillet 1999, Mohammed VI, alors âgé de 35 ans, succède officiellement à son père, le roi Hassan II, décédé le même jour après 38 ans de règne.
  • Le 30, le nouveau roi est intronisé et prononce son premier "discours du Trône", affirmant qu'il souhaite pouvoir "alléger le poids de la pauvreté" pesant sur la majorité de la population marocaine.
  • Les premiers actes de rupture sont spectaculaires pour les Marocains: le jeune monarque autorise le retour d'exil de l'opposant historique Abraham Serfaty et se sépare de Driss Basri, le tout-puissant ministre de l'Intérieur de son père, symbole à lui seul des trois décennies des "années de plomb" (1970 à 1999).
  • Il entreprend un voyage dans la province berbère rétive du Rif (nord), et ouvre la voie à l'indemnisation des prisonniers politiques.
  • Les législatives de 2002 marquent une étape dans la démocratisation d'un pays où les scrutins étaient largement manipulés.
  • Les réformes lancées préservent néanmoins les pouvoirs très étendus du monarque qui garde la haute main sur les secteurs stratégiques.
  • Le 16 mai 2003, la capitale économique Casablanca (ouest) est secouée par cinq attentats suicide faisant 33 morts, majoritairement des Marocains.
  • Le pays muscle son dispositif sécuritaire au nom de la lutte antiterroriste.
  • Mais le 28 avril 2011, une attaque à la bombe fait 17 morts, dont des touristes étrangers, à Marrakech (ouest). 
  • Fin 2018, un groupe radicalisé de la région de Marrakech décapite deux jeunes touristes scandinaves au nom du groupe jihadiste Etat islamique (EI) dans les montagnes du Haut Atlas (centre). 
  • Le 20 février 2011, dans le sillage du Printemps arabe, des dizaines de milliers de jeunes manifestent, après l'appel du "Mouvement du 20-février" réclamant des réformes, plus de démocratie et moins de corruption.
  • Le 1er juillet, les Marocains votent massivement pour le 'oui' au référendum sur la réforme constitutionnelle qui renforce les pouvoirs du Premier ministre et du Parlement tout en préservant la prééminence politique et religieuse du monarque.
  • En novembre, le Parti justice et développement (PJD, islamiste), cantonné jusque-là dans l'opposition, remporte les législatives.
  • En 2016, le PJD remporte une nouvelle victoire aux législatives mais son chef Abdelilah Benkirane est incapable de former un gouvernement.
  • Le roi nomme le numéro deux du parti, Saad Eddine El Othmani, à la tête d'une coalition gouvernementale dans laquelle le PJD ne pilote pas les postes stratégiques.
  • Après une décennie à la tête du gouvernement, le PJD a subi mercredi une spectaculaire déroute lors des élections législatives au profit de partis libéraux considérés comme proches du palais.
  • Fin 2016 naît le mouvement de protestation du "Hirak" dans la région montagneuse berbère du Rif, qui avance des revendications sociales et économiques.
  • Des centaines de manifestants sont arrêtés et condamnés, dont le leader Nasser Zefzafi à 20 ans de prison, pour "complot visant à porter atteinte à la sécurité de l'Etat".
  • Sur fond de malaise social, des mouvements agitent d'autres régions s'estimant marginalisées, comme Sidi Ifni (sud) en 2009 ou la cité minière sinistrée de Jerada (nord-est) en 2017-2018.
  • Début 2017, le Maroc réintègre l'Union africaine, qu'il avait quittée en 1984 pour protester contre l'admission de la République arabe sahraouie démocratique, autoproclamée par les indépendantistes du Front Polisario au Sahara occidental.
  • Le 10 décembre 2020, le Maroc normalise ses relations avec Israël après avoir obtenu une reconnaissance par les Etats-Unis de Donald Trump de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.
  • Alger rompt avec Rabat -Le 24 août 2021, l'Algérie rompt ses relations diplomatiques avec Rabat, invoquant des "actes hostiles incessants perpétrés par le Maroc contre l'Algérie".

Grands chantiers

En 2007, le méga-port de Tanger-Méditerranée (nord), premier port en volume d'Afrique, est inauguré. Son extension en 2019 en fait "le premier de Méditerranée".


En 2016, sont inaugurées l'immense centrale solaire Noor (sud) et la première ligne TGV du continent africain en 2018.

Inégalités

Déjà profondes au Maroc, les inégalités sociales se sont creusées depuis le début de la pandémie de coronavirus.


L'économie s'est contractée de 7,1% en 2020 et le taux de pauvreté a bondi de 1,7% à 11,7% à l'échelle nationale durant le confinement, selon l'institut marocain des statistiques.


Pilier de l'économie, les recettes du secteur touristique, avoisinant les 80 milliards de dirhams en 2019 (environ 7,5 milliards d'euros), ont chuté de 65% jusqu'à début 2021, selon le ministère des Finances.


En juillet 2020, le roi a annoncé une généralisation de la couverture sociale "au profit de tous les Marocains" au cours des cinq prochaines années et la création d'un fonds de 11 milliards d'euros pour relancer l'économie.

Pôles touristiques 

Pays du Maghreb que bordent l'Atlantique et la Méditerranée, le Maroc a une population de 36 millions d'habitants. L'islam est religion d'Etat.


Mohammed VI défend un islam tolérant et modéré qui assure la liberté de culte pour les juifs et les chrétiens étrangers.


Plusieurs sites sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco, dont les Médina d’Essaouira, de Fès et de Tétouan et la ville historique de Meknès.


Mais, avec la fermeture des frontières et les restrictions sanitaires, l'industrie touristique a plongé dans une crise sans précédent. 

Ceuta et Melilla

Les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, dans le nord du Maroc, sont les seules frontières terrestres entre l'Afrique et l'Union européenne.


En mai, Ceuta a vu arriver entre 8.000 et 10.000 migrants en 48 heures, une vague migratoire inédite à la faveur d'un relâchement des contrôles par les autorités marocaines, sur fond de tensions avec l'Espagne.


Le CCG déclare que les hostilités iraniennes compromettent le dialogue et les relations régionales

Photo de groupe lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG à Koweït City, le 2 juin 2025. (File/AFP)
Photo de groupe lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du CCG à Koweït City, le 2 juin 2025. (File/AFP)
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  • Le communiqué indique que la poursuite de l'agression iranienne ne fera qu'accentuer l'isolement de l'Iran
  • Affirmation du droit des États du CCG à se défendre conformément au droit international

LONDRES : Un communiqué du Conseil de coopération du Golfe a déclaré mercredi que les hostilités iraniennes sapaient la confiance et fermaient la porte au dialogue.

Le communiqué souligne que "l'agression ne permet pas d'établir des relations ni de favoriser la compréhension ou le rapprochement".

La déclaration ajoute que la poursuite de l'approche agressive de l'Iran ne fera qu'accentuer son isolement, avertissant que de telles politiques affaiblissent la stabilité régionale.

Elle précise également que la porte de la compréhension reste ouverte à ceux "qui choisissent le langage de la sagesse et du bon voisinage".

Le Conseil a réaffirmé son entière solidarité avec le Bahreïn, le Koweït et la Jordanie, soulignant que la sécurité des États du Golfe est indivisible et que toute attaque contre un membre constitue une attaque contre tous.

Le Conseil a condamné les actions de l'Iran, a tenu Téhéran pour responsable de leurs conséquences sur la sécurité régionale, la navigation internationale et l'approvisionnement en énergie, et a appelé la communauté internationale à demander des comptes aux responsables.

Il a également affirmé le droit des États du CCG à se défendre conformément au droit international et à la charte des Nations unies.

Cette déclaration a été faite alors que les ministres des affaires étrangères du CCG participaient à la 167e session du conseil ministériel du CCG à Bahreïn.

La réunion du CCG pour les États arabes du Golfe s'est tenue à Manama sous la présidence du ministre des affaires étrangères de Bahreïn, Abdullatif bin Rashid Al-Zayani.


Liban: au moins 12 morts dans des frappes israéliennes dans le sud

Un ambulancier court devant des voitures calcinées qui ont été touchées lors d'une frappe aérienne israélienne à Sidon, dans le sud du Liban, mercredi. (AP)
Un ambulancier court devant des voitures calcinées qui ont été touchées lors d'une frappe aérienne israélienne à Sidon, dans le sud du Liban, mercredi. (AP)
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  • Malgré l'annonce le 4 juin d'un accord entre Israël et le Liban pour un nouveau cessez-le-feu, l'armée israélienne poursuit ses raids sur le pays, et le Hezbollah revendique des attaques quotidiennes contre ses forces dans le sud
  • "Israël n’est pas en guerre contre vous. Nous sommes en guerre contre le Hezbollah, qui a pris votre pays en otage (...) Nous aspirons à la paix avec vous, avec le Liban (...). Rejoignez Israël"

BEYROUTH: Israël a poursuivi mercredi ses frappes au Liban, faisant au moins 12 morts, selon une source médicale à l'AFP, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, appelant les Libanais à "rejoindre" la lutte de son pays contre le Hezbollah pro-iranien.

L'armée israélienne a en outre arrêté et enlevé en Israël, pour interrogatoire, deux habitants d'un village frontalier du sud, avant leur remise en liberté dans la soirée.

Malgré l'annonce le 4 juin d'un accord entre Israël et le Liban pour un nouveau cessez-le-feu, l'armée israélienne poursuit ses raids sur le pays, et le Hezbollah revendique des attaques quotidiennes contre ses forces dans le sud.

"Israël n’est pas en guerre contre vous. Nous sommes en guerre contre le Hezbollah, qui a pris votre pays en otage (...) Nous aspirons à la paix avec vous, avec le Liban (...). Rejoignez Israël", a déclaré M. Netanyahu dans un message en anglais adressé au peuple libanais.

Dans le même temps, Donald Trump a douché mercredi les espoirs d'un accord avec Téhéran pour mettre fin à la guerre régionale. Il a affirmé que son armée allait "attaquer" l'Iran dès mercredi, l'accusant de duplicité.

Dans le sud, près de Tyr, huit personnes ont été tuées dans des frappes sur le village de Tayr Debba et quatre autres dans la localité de Deir Qanoun an-Nahr, a indiqué une source médicale à l'AFP.

L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) a aussi rapporté d'autres bombardements sur une trentaine de localités dans le sud et l'est du Liban, dont trois villages méridionaux dont Israël avait ordonné plus tôt l'évacuation.

La veille, de violents raids sur la ville de Tyr avaient fait 11 morts et Israël avait ordonné à l'ensemble des habitants de la ville millénaire et de ses environs d'évacuer, provoquant un exode précipité.

Plus au nord, une frappe israélienne a visé une voiture dans le centre de la grande ville côtière de Saïda, porte du sud du Liban, a indiqué l'Ani.

Un correspondant de l'AFP y a vu des secours retirer deux personnes d'un véhicule en feu.

Villages chrétiens isolés 

De son côté, le Hezbollah a revendiqué de nouvelles attaques contre des troupes israéliennes dans des localités qu'elles occupent dans le sud.

Dans la zone frontalière, une patrouille israélienne a enlevé "un membre du conseil municipal de Kfar Chouba et un employé de la municipalité alors qu'ils effectuaient des travaux de pompage d'eau", selon l'Ani.

L'armée israélienne a indiqué pour sa part avoir interpellé et "transféré sur le territoire israélien pour y être interrogés", deux "suspects" qui "s'étaient approchés de la zone où les soldats israéliens mènent des opérations".

La municipalité de Kfar Chouba a annoncé qu'ils étaient revenus libres au village dans la soirée. Affirmant qu'ils "n'avaient aucune intention de s’approcher des forces israéliennes", elle a condamné un "acte hostile envers deux innocents qui accomplissaient une mission humanitaire".

Kfar Chouba est l'un des rares villages frontaliers dont les habitants sont restés malgré les ordres d'évacuation de l'armée israélienne, qui occupe désormais une partie du sud du pays.

Parmi ces villages figure une poignée de localités chrétiennes, dont les représentants ont appelé mardi soir l'État libanais à "ouvrir des couloirs humanitaires".

Le communiqué du "Rassemblement des villages chrétiens frontaliers" souligne que les routes les desservant sont désormais "coupées ou extrêmement dangereuses".

Depuis le début, le 2 mars, de la nouvelle guerre au Liban entre le Hezbollah et Israël, les frappes israéliennes ont fait 3.696 morts, selon le dernier bilan des autorités.

Le mouvement chiite a entraîné le Liban dans cette guerre régionale pour soutenir l'Iran, qui exige que tout accord de paix avec Washington inclut la fin des hostilités sur le front libanais.


Liban: les «négociations directes» avec Israël, seule voie pour sortir de la guerre 

Jean-Pierre Lacroix (à droite), sous-secrétaire général des Nations unies chargé des opérations de paix, serre la main du ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, lors d'une rencontre à Beyrouth le 7 janvier 2026. (AFP)
Jean-Pierre Lacroix (à droite), sous-secrétaire général des Nations unies chargé des opérations de paix, serre la main du ministre libanais des Affaires étrangères, Youssef Raggi, lors d'une rencontre à Beyrouth le 7 janvier 2026. (AFP)
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  • "La prétendue résistance menée par le Hezbollah (pro-iranien) n'a ni libéré Jérusalem, ni pu sauver Gaza, n'a même pas pu défendre le Liban"
  • "Au contraire, ça nous a précipité dans encore plus de violence, encore plus d'occupation (israélienne)"

PARIS: Les "négociations directes" entre le gouvernement libanais et Israël sont "la seule voie" pour rétablir la paix au Liban, a estimé mercredi le ministre libanais des Affaires étrangères lors d'une audition devant l'Assemblée nationale française.

"Le Hezbollah fait tout ce qu'il peut pour empêcher ces négociations directes", a déploré Youssef Raggi, entendu par la Commission des Affaires étrangères. "Mais pour l'Etat libanais, pour le gouvernement, c'est la seule voie pour essayer de voir comment régler le problème dans sa globalité", a-t-il ajouté, appelant au pragmatisme et soulignant que l'option militaire avait "prouvé son inefficacité".

"La prétendue résistance menée par le Hezbollah (pro-iranien) n'a ni libéré Jérusalem, ni pu sauver Gaza, n'a même pas pu défendre le Liban", a également affirmé le ministre libanais, violemment hostile au Hezbollah et à son parrain iranien.

"Au contraire, ça nous a précipité dans encore plus de violence, encore plus d'occupation (israélienne)".

Il a en outre jugé "absurde" l'argumentaire du Hezbollah qui dit défendre "le pays contre l'invasion et contre l'occupation israélienne" puisque Israël a assuré n'avoir "aucune ambition territoriale sur le Liban".

Israël occupe une partie du sud du Liban le long de sa frontière, et a avancé en profondeur dans le Liban comme jamais en près de 30 ans depuis le début de cette nouvelle guerre.

Le ministre a enfin avancé qu'il ne s'agissait pas de désarmer le Hezbollah "pour faire plaisir aux Etats-Unis, ni aux Arabes, ni à la communauté internationale". C'est une demande, c'est une exigence purement libanaise" - également réclamée avec force par Israël.

"Nous voulons que le Hezbollah, comme toutes les autres petites organisations qui lui sont alliées (...) soient désarmées pour que nous puissions enfin vivre dans un pays normal".

Le Hezbollah a entraîné le 2 mars le Liban dans la guerre pour soutenir l'Iran attaqué par les Etats-Unis et Israël.

Les frappes israéliennes ont depuis fait 3.666 morts, selon le dernier bilan des autorités libanaises.