Jordanie: le changement climatique et la croissance démographique aggravent la pénurie d’eau

Alors que les avertissements scientifiques sur une terrible sécheresse due au changement climatique se multiplient, de nombreux Israéliens et Jordaniens sont inquiets pour le fleuve qui les sépare, et pour les ressources essentielles mais limitées qu’ils partagent. (Photo, AFP)
Alors que les avertissements scientifiques sur une terrible sécheresse due au changement climatique se multiplient, de nombreux Israéliens et Jordaniens sont inquiets pour le fleuve qui les sépare, et pour les ressources essentielles mais limitées qu’ils partagent. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 02 septembre 2021

Jordanie: le changement climatique et la croissance démographique aggravent la pénurie d’eau

  • Bien que le changement climatique ait rendu le climat plus sec au Moyen-Orient, la Jordanie en souffre plus que ses voisins
  • Selon les chiffres officiels, la consommation d’eau par personne et par an a chuté à 80 m3, contre 3 400 au début du siècle

AMMAN: Dans un puits souterrain privé à Amman, Imad Souleiman attend pendant des heures pour pomper de l’eau dans le conteneur de son camion. Il la revend ensuite à des clients privés dans cette ville tentaculaire de quatre millions d’habitants.

Sa clientèle dans capitale jordanienne ne cesse de croître, en raison du changement climatique, de la croissance démographique, de la corruption et du délabrement des infrastructures. Les habitants ont décidé de s’approvisionner auprès de coûteux camions-citernes privés, plutôt que de compter sur l’eau du robinet, qui ne fonctionne qu’un jour par semaine.

«Cette année, l’augmentation de la demande par rapport aux années précédentes est d’environ 70 à 80%», explique  M. Souleiman à Reuters. Les réservoirs sur les toits où ses clients stockent leur eau sont désormais omniprésents dans le paysage de la ville.

Le changement climatique a rendu le climat plus sec au Moyen-Orient, et la Jordanie en souffre plus que ses voisins. «Les précipitations n’ont pas dépassé 60% de la moyenne», indique pour sa part Omar Salameh, fonctionnaire du ministère de l’Eau.

En outre, la population jordanienne a doublé au cours des vingt dernières années – augmentant les besoins – et le pays a connu plusieurs vagues de réfugiés, dont plus d’un million de Syriens.

Selon les chiffres officiels, la consommation d’eau par personne et par an a chuté à 80 m3, contre 3 400 au début du siècle. M. Salameh affirme même que les réserves disponibles ne suffisent que pour trois des dix millions d’habitants de la Jordanie.

Les aquifères situés sous le désert étant surexploités, et le débit du fleuve Jourdain-Yarmouk étant affecté par des détournements en amont en Israël et en Syrie, les agriculteurs de la vallée du Jourdain, le grenier à blé du pays, sont également touchés.

«La pénurie d’eau nous a affectés, nous ne pouvons pas planter les cultures d’été comme habituellement, ce qui a un impact financier», déplore Jehad Tawalbeh, un agriculteur qui a hérité de la ferme de son père. L’agriculture consomme actuellement environ 60% des réserves d’eau, mais elle n’est pas la seule responsable des pénuries, qui ont été aggravées par la corruption et la mauvaise planification.

On estime que plus de la moitié de l’eau pompée est dilapidée en raison de vols et de fuites dans les canalisations, malgré les milliards de dollars de fonds versés par des donateurs occidentaux.

Divers projets ont été mis en place: construction de dizaines de barrages, de réservoirs et de stations de traitement de l’eau, édification d’un pipeline d’un milliard de dollars transportant de l’eau douce d’un grand réservoir dans le sud vers la capitale Amman. Mais ce ne sont que des mesures palliatives.

Une étude de l’université de Stanford, publiée en 2021, a dressé un sombre tableau, montrant que la consommation d’eau par habitant en Jordanie pourrait être divisée par deux d’ici à la fin du siècle. Sans intervention, peu de ménages auront alors accès à ne serait-ce que 40 litres d’eau courante par personne et par jour, selon l’étude.

Dreid Mahasseneh, spécialiste de l’eau et ancien fonctionnaire du gouvernement, estime que seuls d’énormes projets de dessalement, comme un canal reliant la mer Rouge à la mer Morte proposé depuis longtemps, pourront répondre aux besoins futurs de la population croissante. «Notre sort pourrait être en danger si nous continuons ainsi. On pourrait constater des migrations forcées, une instabilité socio-économique et politique, de la soif et des scénarios sombres. L’avenir de notre pays sera menacé», prévient M. Mahasseneh.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les défenses saoudiennes interceptent des drones visant le champ de Shaybah d’Aramco

Une photo d’archive montre Shaybah, site de l’usine de liquides de gaz naturel et de production pétrolière d’Aramco dans le désert isolé de la Rub’ al-Khali, proche des Émirats arabes unis. (Photo AFP)
Une photo d’archive montre Shaybah, site de l’usine de liquides de gaz naturel et de production pétrolière d’Aramco dans le désert isolé de la Rub’ al-Khali, proche des Émirats arabes unis. (Photo AFP)
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  • Les forces de défense saoudiennes continuent d’intercepter des drones en direction de Shaybah
  • Le porte-parole du ministère de la Défense annonce que des drones se dirigeant vers le champ de Shaybah ont été interceptés et détruits dans la Rub’ al-Khali

RIYAD : Les défenses aériennes de l’Arabie saoudite ont stoppé une nouvelle vague de frappes aériennes, cette fois ciblant le champ de Shaybah d’Aramco, a indiqué le ministère de la Défense samedi matin.

Dans une série de publications sur X, le porte-parole du ministère, le général de division Turki Al-Maliki, a déclaré qu’un total de 16 drones en direction du champ de Shaybah, répartis en quatre vagues, ont été interceptés et détruits dans la Rub’ al-Khali.

Dans des messages distincts, Al-Maliki a aussi annoncé « l’interception et la destruction » d’un missile balistique et d’un missile de croisière tirés vers la base aérienne Prince Sultan à Al-Kharj.

Un autre drone a été intercepté à l’est de la capitale nationale, Riyad, a tweeté le porte-parole.

La menace de missile constitue la troisième tentative de frappe consécutive sur Al-Kharj, une zone industrielle clé située à environ 80 kilomètres au sud-est de Riyad.

La tentative sur le champ de Shaybah est la première depuis le 28 février, date à laquelle Israël et les États-Unis ont lancé une campagne aérienne massive contre l’Iran, déclenchant une vague de frappes de représailles de Téhéran contre divers objectifs dans le Golfe, y compris des raffineries et des sites industriels.

Les forces de défense saoudiennes ont continué d’intercepter les drones en approche de Shaybah, de la base aérienne Prince Sultan et de Riyad, selon un communiqué officiel du ministère samedi.

Situé au cœur de la Rub’ al-Khali, également connu sous le nom de Quart Vide, Shaybah est l’un des champs « super-géants » les plus vitaux de l’Arabie saoudite. Au-delà de ses immenses réserves pétrolières, le champ constitue une pierre angulaire de la stratégie gazière du Royaume, avec une usine de récupération high-tech fournissant des liquides de gaz naturel (LGN) essentiels au secteur pétrochimique.

Les attaques aériennes contre l’Arabie saoudite s’inscrivent dans une montée massive de l’agression aérienne dans tout le Golfe. Au cours des dernières 24 heures seulement, la région a vu les Émirats arabes unis intercepter plus de 125 drones et 6 missiles balistiques.

Vendredi, les défenses aériennes saoudiennes ont abattu cinq missiles dirigés vers la base aérienne Prince Sultan, quatre drones dans la région est de Riyad et un drone chacun dans la Province orientale et à Al-Kharj.

Jeudi, le Royaume a détruit trois missiles de croisière ciblant Al-Kharj, quelques heures seulement après qu’une attaque de drone ait été stoppée au-dessus de la raffinerie de Ras Tanura dans la Province orientale.

Ces attaques se poursuivent malgré les protestations et condamnations émises par le Conseil de coopération du Golfe (CCG), la Ligue arabe et l’Organisation de la coopération islamique.

Lors d’une réunion ministérielle extraordinaire tenue à Riyad le 1er mars, le CCG a affirmé le droit collectif des États membres à défendre leurs territoires contre « l’agression perfide iranienne ».

Suite à une session du Cabinet présidée par le prince héritier Mohammed ben Salmane le 3 mars, l’Arabie saoudite a déclaré se réserver le « plein droit » de riposter. Le Cabinet a souligné que le Royaume prendra toutes les mesures nécessaires pour protéger son territoire, ses citoyens et ses résidents contre ces frappes persistantes. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'Iran ne frappera plus ses voisins sauf s'il est visé depuis ces pays, dit son président

Le président iranien Masoud Pezeshkian, Gholam‑Hossein Mohseni‑Eje’i, le chef du pouvoir judiciaire, et Alireza Arafi, vice‑président de l’Assemblée des experts, assistent à la réunion du conseil de direction intérimaire de l’Iran dans un lieu inconnu en Iran le 1ᵉʳ mars 2026. (WANA via Reuters)
Le président iranien Masoud Pezeshkian, Gholam‑Hossein Mohseni‑Eje’i, le chef du pouvoir judiciaire, et Alireza Arafi, vice‑président de l’Assemblée des experts, assistent à la réunion du conseil de direction intérimaire de l’Iran dans un lieu inconnu en Iran le 1ᵉʳ mars 2026. (WANA via Reuters)
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  • Le président iranien Masoud Pezeshkian annonce que l'Iran ne frappera plus ses voisins du Golfe, sauf en cas d’attaque venant de ces pays
  • Il présente des excuses aux pays voisins pour les attaques précédentes, alors que 13 personnes ont été tuées depuis le début du conflit, dont une fillette de 11 ans au Koweït

TEHERAN: Le président iranien Masoud Pezeshkian a affirmé samedi que ses voisins du Golfe ne seraient plus attaqués par l'Iran, sauf si des frappes étaient tirées depuis ces pays.

"Le conseil de direction provisoire a décidé (vendredi) qu'il n'y aurait plus d'attaques sur les pays voisins, plus de missiles tirés, sauf si une attaque sur l'Iran provenait de ces pays", a-t-il déclaré dans un discours diffusé à la télévision d'Etat.

Plusieurs pays du Golfe abritent des bases militaires américaines. Les voisins de l'Iran ont été ciblés par des drones et missiles depuis le début du conflit le 28 février. L'Iran a affirmé ne viser que des intérêts ou bases américains, ce qu'ont contesté les pays visés.

"Je m'excuse (...) auprès des pays voisins qui ont été attaqués par l'Iran", a aussi déclaré le président iranien.

Treize personnes ont été tuées dans les pays du Golfe depuis le début de la guerre, dont une fillette de 11 ans touchée par des débris dans une zone résidentielle du Koweit.


Les attaques "illégales" au Moyen-Orient risquent de devenir incontrôlables, alerte le chef de l'ONU

Une famille déplacée des banlieues sud de Beyrouth après l’avertissement de l’armée israélienne, qui a poussé les habitants à évacuer avant des frappes aériennes. (Reuters)
Une famille déplacée des banlieues sud de Beyrouth après l’avertissement de l’armée israélienne, qui a poussé les habitants à évacuer avant des frappes aériennes. (Reuters)
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  • Le chef de l’Organisation des Nations unies avertit que l’escalade des attaques au Moyen-Orient pourrait devenir incontrôlable et appelle à des négociations diplomatiques
  • L’ONU alerte sur l’augmentation des besoins humanitaires, notamment à Gaza et au Liban, et sur les risques pour l’économie mondiale

NATIONS-UNIES: La situation provoquée par "toutes les attaques illégales" au Moyen-Orient et au-delà risque de devenir incontrôlable, a alerté vendredi le secrétaire général de l'ONU, tandis que l'organisation s'inquiète des besoins humanitaires qui augmentent.

"Toutes les attaques illégales au Moyen-Orient et au-delà provoquent des souffrances et des préjudices immenses aux civils à travers la région, et pose un grand risque pour l'économie mondiale, en particulier les populations les plus vulnérables", a-t-il déclaré dans un communiqué.

"La situation pourrait devenir incontrôlable pour tout le monde. Il est temps d'arrêter les combats et d'engager des négociations diplomatiques sérieuses. Les risques ne pourraient pas être plus grands", a-t-il ajouté.

Lors d'une conférence à New York, le chef des opérations humanitaires de l'ONU (Ocha), Tom Fletcher, a lui fustigé les sommes "ahurissantes" dépensées chaque jour dans cette guerre "tandis que les hommes politiques continuent à se vanter de couper les budgets d'aide".

"Nous assistons à une alliance de plus en plus mortifère entre la technologie et des tueries en toute impunité. Nous assistons à une attaque persistante contre les systèmes et les lois censés freiner nos plus bas instincts et des guerres irréfléchies", a-t-il ajouté.

Le diplomate s'est en particulier inquiété d'une guerre qui "ravage les marchés, les chaînes d'approvisionnement, les prix alimentaires", et perturbe les couloirs maritimes comme le détroit d'Ormuz.

Alors "nous nous mobilisons en prévision d'une augmentation des besoins humanitaires dans toute la région", en prépositionnant des marchandises et en cherchant d'autres routes d'approvisionnement, a-t-il assuré, s'inquiétant en particulier de l'impact sur des populations déjà dans le besoin, notamment au Liban ou à Gaza.

Après avoir fermé samedi tous les points de passage vers le petit territoire palestinien, Israël a rouvert un seul d'entre eux, Kerem Shalom, aggravant certaines pénuries, a déploré Tom Fletcher.

Il a notamment indiqué que l'ONU n'avait pu faire entrer à Gaza que moins d'un million de litres de carburant cette semaine, "bien en dessous" des plus de deux millions considérés comme "le strict minimum pour faire tourner les services".

En outre, "il va y avoir également moins d'attention portée à d'autres crises, de la République démocratique du Congo au Soudan, en passant par le Soudan du Sud (...) l'Ukraine et d'autres", a-t-il insisté.