Paris-2024: la contestation peine à se faire entendre

Photo d'illustration AFP
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Publié le Samedi 14 août 2021

Paris-2024: la contestation peine à se faire entendre

  • Tokyo a éteint sa flamme olympique et désormais les yeux sont rivés sur Paris
  • Le temps presse et les chantiers sont lancés, notamment en Seine-Saint-Denis, qui accueillera l'athlétisme et le tir, le centre aquatique et les villages des médias et des athlètes

SAINT-DENIS : Le "rouleau compresseur" Paris-2024 est en route, se désolent des associations et habitants de Seine-Saint-Denis, dont les recours contre certains aménagements sont balayés alors que les partisans des JO vantent leur "héritage" pour le département le plus pauvre de France.

Tokyo a éteint sa flamme olympique et désormais les yeux sont rivés sur Paris. Le temps presse et les chantiers sont lancés, notamment en Seine-Saint-Denis, qui accueillera l'athlétisme et le tir, le centre aquatique et les villages des médias et des athlètes.

A l'exception du Stade de France à Saint-Denis, tout est à construire. Une opportunité "inespérée", louent les élus locaux qui récupéreront les infrastructures.

A Dugny, le maire Quentin Gesell est soulagé du lancement des travaux du village des médias sur sa commune, construit sur une partie du parc départemental classé Natura 2000.


Au terme d'une longue bataille judiciaire, la cour administrative d'appel de Paris a donné début juillet son feu vert, estimant qu'il n'existait pas "d'alternative satisfaisante". Aussitôt dit, pelleteuses et ouvriers ont envahi le site.


En avril dernier, la même juridiction avait pourtant interrompu les travaux en suspendant une partie de l'autorisation préfectorale, à ses yeux pas assez argumentée, qui permet de déroger à certaines dispositions du code de l'environnement quand "l'intérêt public majeur" d'un projet est prouvé.


"Ce qu'on entend par intérêt général, c'est évidemment celui des JO et qui balaie d'un revers de main les arguments à la fois environnementaux et sociaux", regrette Cécile Gintrac, du comité citoyen de vigilance de Paris-2024.

Pollution de l'air

"C'est David contre Goliath. On est arrivé au bout des recours", soupire aussi Jean-Marie Baty, président du MNLE 93 nord-est parisien (Mouvement national de lutte pour l'environnement) qui a porté le combat avec des riverains.


L'association n'a pas souhaité saisir le Conseil d'Etat. "Trop coûteux" et la décision pourrait prendre des mois.


Sur un autre front, à Saint-Denis, une partie des parents d'élèves et riverains mènent depuis plus de deux ans la fronde contre l'aménagement d'un échangeur autoroutier situé tout près d'un groupe scolaire de près de 700 élèves. Ce gigantesque chantier doit fluidifier l'accès au village olympique.


"Les Jeux olympiques se font coûte que coûte, au prix de la santé des enfants", accuse Hamid Ouidir, parent d'élève à la FCPE 93.  


La cour administrative d'appel de Paris, qui leur avait donné raison en référé, les a finalement déboutés l'année dernière. Ils ont saisi le Conseil d'État.


"Les JO c'est un rouleau compresseur, on se bat avec nos petits moyens", explique Benjamin Darras, un habitant. Il est comme beaucoup de son quartier "favorable" à l'événement planétaire mais avec "quelques modifications". 


Même si la municipalité a promis d'y mesurer la qualité de l'air, les contestataires jugent le projet inconcevable à l'heure où la justice vient de condamner l'Etat à payer 10 millions d'euros pour ses manquements dans la lutte contre la pollution, qui fait 40.000 morts par an en France. 

«Trouver un équilibre»

Autre bataille, celle des jardins ouvriers d'Aubervilliers, dont une partie doit être détruite pour laisser place à une piscine d'entraînement.


Grand Paris Aménagement, détenteur du terrain, a indiqué avoir relogé les jardiniers sur des parcelles voisines.


Mais les "Jadistes" refusent de quitter cette "terre nourricière", explique la militante Dolores Mijatovic. "On n'est pas contre le centre aquatique, on leur demande juste de changer les plans pour ne pas empiéter sur les jardins". "Usée" par une année de lutte, la bénévole n'est "pas optimiste".


"La montre tourne et il y a un calendrier à tenir, c'est pourquoi les décisions de justice vont dans le sens des JO, il n'est plus question de revenir en arrière", analyse Mme Gintrac, du comité de vigilance. 


Un argument rejeté par la Solideo, la société chargée de livrer les ouvrages. "Il n'existe pas de privilège olympique", y assure-t-on, rappelant que les recours ont fait suspendre les travaux.


"Les JO sont un accélérateur énorme pour des projets portés par les collectivités", insistent la Solideo et la Mairie de Paris. Le département va récupérer 70% des réalisations pérennes, soit 3,2 milliards d'euros d'investissements.


La ville hôte s'accorde avec les opposants au sujet du village des médias et de la piscine d'entraînement qui "ne sont pas indispensables à l'organisation des JO", selon Pierre Rabadan, chargé des JO à la Mairie de Paris.


Pour le maire PS de Saint-Denis Mathieu Hanotin, "un projet 100% positif n'existe pas, il s'agit de trouver un équilibre", dans un département longtemps oublié par les pouvoirs publics. 


La manifestation de soutien à Le Pen "n'est pas un coup de force", dit Bardella

La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
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  • « Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française.
  • « Cela nous semblait nécessaire que nous puissions nous exprimer directement aux Français.

STRASBOURG : La manifestation de soutien à Marine Le Pen prévue dimanche à Paris « n'est pas un coup de force », mais une mobilisation « pour la démocratie », a assuré mercredi Jordan Bardella, président du Rassemblement national, à des journalistes au Parlement européen à Strasbourg.

« Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française. C'est une mobilisation en réalité, non pas contre, mais pour la démocratie française », a déclaré l'eurodéputé au sujet de ce rassemblement annoncé par le RN après la condamnation de la triple candidate à la présidentielle à une peine d'inéligibilité immédiate.

« Cela nous semblait nécessaire (...) que nous puissions nous exprimer directement aux Français par l'intermédiaire de ces discours qui seront prononcés dimanche avec l'ensemble de nos cadres, de nos parlementaires et de nos militants », a-t-il ajouté.

Cette condamnation, que le RN qualifie de « scandale démocratique », compromet grandement ses chances de concourir une quatrième fois à la fonction suprême en 2027.

Pour Jordan Bardella, cela ne change « absolument rien » à sa relation avec Marine Le Pen, « si ce n'est qu'elle est peut-être encore plus forte qu'elle ne l'a été par le passé ».

« Je suis à ses côtés, je vais continuer à l'être (...) Nous allons évidemment mener le combat », a assuré l'eurodéputé qui faisait son retour au Parlement européen après avoir manqué les deux premiers jours de la session.

Il a qualifié de « bonne nouvelle » l'annonce de la justice qu'une décision en appel devrait être rendue « à l'été 2026 », donc bien avant la présidentielle.


Condamnation de Marine Le Pen: Macron rappelle au gouvernement l'indépendance de la justice

Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés
  • Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours ».

PARIS : Mercredi en Conseil des ministres, le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés, après la condamnation de la cheffe de l'extrême droite Marine Le Pen qui a suscité des attaques contre les juges, ont rapporté des participants.

Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours », selon ces sources. La justice a déjà fait savoir qu'un nouveau procès en appel pourrait se tenir dans des délais qui laissent une porte ouverte à une éventuelle candidature présidentielle en 2027 de la leader du Rassemblement national (RN), principale formation d'extrême droite française. 

Devant la presse, à l'issue du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Sophie Primas a rapporté mercredi les propos du chef de l'État.

« La première chose qu'il a rappelée, a poursuivi Mme Primas, est que la justice est évidemment indépendante et prend ses décisions en toute indépendance, et qu'il faut donc la respecter comme l'un des piliers de notre démocratie. La première, a-t-elle dit, est que la justice est indépendante et qu'elle prend ses décisions en toute indépendance et qu'il faut donc la respecter comme un pilier de notre démocratie.

« La troisième chose, pour rappeler que les menaces qui sont faites à l'encontre des magistrats sont absolument insupportables et intolérables, puisque nous sommes encore une fois dans une démocratie. Et la justice est tout à fait indépendante et doit être respectée », a-t-elle ajouté.

« Et la troisième chose, pour rappeler que chacun a le droit à une justice équivalente et que le droit est le même pour tous. »


Bac: l'épreuve de maths en première se précise pour l'an prochain

La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
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  • Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté
  • L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première,

PARIS : Le projet d'épreuve de mathématiques en classe de première pour l'an prochain, qui vise à mettre en œuvre le « choc des savoirs » annoncé par l'ex-ministre de l'Éducation nationale Gabriel Attal, a été présenté mardi devant une instance consultative de l'Éducation nationale, étape-clé avant sa publication.

Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté instaurant cette « épreuve terminale de culture mathématique aux baccalauréats général et technologique ».

Ils ont recueilli 0 voix pour, 27 contre, 31 abstentions et 4 refus de prendre part au vote (l'administration ne votant pas dans cette instance), un vote indicatif qui n'empêche pas la mise en œuvre de la réforme, selon des sources syndicales.

Cette épreuve écrite d'une durée de deux heures, qui entrera en vigueur au printemps 2026, sera « affectée d'un coefficient 2 » (points pris sur l’épreuve du Grand oral en terminale), selon ces textes, consultés par l'AFP.

L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première, un projet confirmé en novembre 2024 par sa successeure, Anne Genetet.

Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré (collèges et lycées), qualifie auprès de l'AFP la mesure de « rafistolage supplémentaire du bac Blanquer », décidé en 2019 par l'ex-ministre Jean-Michel Blanquer.

Pour Jérôme Fournier, secrétaire national du SE Unsa, la nouvelle épreuve « alourdit la fin de l'année pour les élèves et les correcteurs ».

La première partie, qui est commune à tous les élèves, sera sous forme de QCM et pourrait être corrigée automatiquement, ce à quoi « de nombreuses organisations syndicales sont opposées », a-t-il ajouté, tandis que la deuxième partie devrait consister en des résolutions de problèmes.

Des projets de textes ont par ailleurs été votés au CSE relatif à « la mise en place du +parcours renforcé+ en classe de seconde générale et technologique » ou professionnelle à partir de la rentrée 2026, avec trois votes pour, 45 contre et 13 abstentions.

Mis en place par la ministre Élisabeth Borne, ce parcours est destiné aux élèves n’ayant pas obtenu le diplôme du brevet. Son organisation relèvera « de l’autonomie de l’établissement sur la base indicative de deux heures hebdomadaires sur tout ou partie de l’année », selon le projet d'arrêté.

Sophie Vénétitay déplore « une coquille vide » tandis que Tristan Brams (CFDT Éducation) regrette l'absence de « moyens supplémentaires ».