En Floride, le variant Delta alimente l'inquiétude sur la santé des enfants

Le vaccin de Pfizer/BioNTech est autorisé depuis mai dès 12 ans aux Etats-Unis mais des essais cliniques sont toujours en cours pour les enfants plus jeunes. (AFP)
Le vaccin de Pfizer/BioNTech est autorisé depuis mai dès 12 ans aux Etats-Unis mais des essais cliniques sont toujours en cours pour les enfants plus jeunes. (AFP)
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Publié le Samedi 07 août 2021

En Floride, le variant Delta alimente l'inquiétude sur la santé des enfants

  • Selon le Dr Mobeen Rathore, spécialiste en maladies infectieuses chez les enfants à Jacksonville, minimiser les risques chez les plus jeunes était une erreur
  • «Les parents se retrouvent dans une situation impossible, à devoir choisir entre la santé, la vie de leur enfant, et leur retour à l'école»

MIAMI: De plus en plus d'enfants américains se retrouvent pris dans la vague d'infections au Covid-19 causée par le variant Delta aux Etats-Unis, provoquant l'inquiétude des parents et alimentant la controverse politique juste avant la réouverture des écoles. 

La flambée actuelle de l'épidémie est notamment concentrée en Floride, où certains districts scolaires ont annoncé vouloir défier l'ordre du gouverneur leur interdisant d'imposer le port du masque. 

"Les parents se retrouvent dans une situation impossible, à devoir choisir entre la santé, la vie de leur enfant, et leur retour à l'école", ont protesté des parents d'enfants handicapés dans une plainte déposée vendredi contre la décision du gouverneur.

La majorité des enfants infectés auront des symptômes légers voire pas de symptômes du tout et, jusqu'à présent, cette population n'était pas au coeur des préoccupations.

Mais avec Delta, un variant très contagieux, les choses changent. Celui-ci est largement à l'origine des 72 000 cas enregistrés chez les enfants et adolescents en une semaine fin juillet, selon une étude de l'Académie américaine de pédiatrie --un chiffre cinq fois plus élevé que fin juin. 

Près de 20 000 cas se trouvaient en Floride, selon les données de l'Etat, qui comptabilise également le plus haut nombre d'hospitalisations de mineurs dans le pays --143 à l'heure actuelle. 

"Nous avons sans aucun doute vu une hausse des cas ici, aux urgences et également dans les autres services de l'hôpital, ces deux ou trois dernières semaines", a confirmé à l'AFP le docteur Marcos Mestre, directeur médical dans un hôpital pour enfants de Miami. 

Crispation autour du masque 
Seulement environ 1% des enfants diagnostiqués positifs à la Covid-19 seront hospitalisés, selon lui, avec des complications plus probables pour les enfants diabétiques ou en surpoids. 

Si des études ont confirmé que Delta était le variant le plus contagieux à l'heure actuelle, il n'est pas encore sûr qu'il provoque des formes plus graves de la maladie. 

Des données préliminaires montrent que cela pourrait être le cas chez les adultes comme chez les enfants mais les recherches doivent se poursuivre pour en avoir le coeur net, selon Rochelle Walensky, directrice des Centres de lutte et de prévention des maladies (CDC), principale agence fédérale de santé publique du pays.

Une chose est claire: les régions du nord-est des Etats-Unis, où les taux de vaccination sont très élevés, observent les niveaux les plus bas d'infections chez les plus jeunes. En d'autres termes, les enfants sont le moins à l'abri dans les endroits où les adultes sont les moins vaccinés. 

Avec un nombre de cas ayant dépassé ceux enregistrés lors de la flambée de l'été il y a un an, les CDC recommandent aujourd'hui aux élèves, enseignants et personnels des écoles de garder leur masque, qu'ils soient vaccinés ou non. 

Mais le gouverneur républicain de Floride Ron DeSantis menace de couper les fonds aux écoles souhaitant suivre ces recommandations en réimposant l'obligation du port du masque.

La solution: le vaccin 
Plusieurs districts scolaires, dont le deuxième plus grand de Floride, ont annoncé qu'ils défieraient l'ordre du gouverneur. 

La bataille politique est remontée jusqu'à la Maison Blanche, le président Joe Biden ayant sollicité cette semaine les dirigeants locaux récalcitrants: "Si vous ne nous aidez pas, au moins ne vous mettez pas en travers de notre chemin". 

La réponse ne s'est pas faite attendre: "Si vous vous en prenez aux droits des parents de Floride, je me trouverai sur votre chemin", a rétorqué Ron DeSantis.

Selon le Dr Mobeen Rathore, spécialiste en maladies infectieuses chez les enfants à Jacksonville, minimiser les risques chez les plus jeunes était une erreur.

Les enfants "tombent malades, sont hospitalisés" et certains meurent du Covid-19, a souligné auprès de l'AFP le médecin, qui soutient le port du masque obligatoire à l'école.

Comme les adultes, les enfants devront à terme être vaccinés, dit-il.

Le vaccin de Pfizer/BioNTech est autorisé depuis mai dès 12 ans aux Etats-Unis mais des essais cliniques sont toujours en cours pour les enfants plus jeunes. 

Dans un centre de vaccination à Miami, Sara Medina, 33 ans, a confié à l'AFP être soulagée que le vaccin ouvre la voie au retour en classe de son fils de 12 ans, Jayden.

Les pédiatres plaident largement pour que les enfants puissent de nouveau se rendre à l'école en personne, ce qui bénéficie à leur santé mentale, leur apprentissage académique mais aussi social.

"C'est important d'avoir (le masque) juste au cas où", dit Jayden. "Pour que nous soyons tous en sécurité." 


L'Otan en plein doute sur son avenir face à la tempête Trump

Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, s'exprime lors d'une conférence et d'une réunion avec des étudiants de l'École d'économie de Varsovie (SGH), à Varsovie (Pologne), le 26 mars 2025. (Photo Wojtek RADWANSKI / AFP)
Le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, s'exprime lors d'une conférence et d'une réunion avec des étudiants de l'École d'économie de Varsovie (SGH), à Varsovie (Pologne), le 26 mars 2025. (Photo Wojtek RADWANSKI / AFP)
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  • Sous les coups de butoir de Donald Trump et de son équipe, l'Organisation du traité de l'Atlantique nord, vieille dame de plus de 75 ans, doit rapidement changer.
  • les États-Unis restent membres de l'OTAN, y compris pour la dissuasion nucléaire, mais se désengagent des forces conventionnelles, comme l'a évoqué le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth. 

BRUXELLES : Les tirs de barrage américains contre les pays européens de l'Otan ébranlent jusqu'aux fondements de l'Alliance atlantique, qui a cependant toutes les peines du monde à imaginer un avenir sans les États-Unis.

Sous les coups de butoir de Donald Trump et de son équipe, l'Organisation du traité de l'Atlantique nord, vieille dame de plus de 75 ans, doit rapidement changer. Un diplomate interrogé sous couvert d'anonymat décrit l'agressivité de la nouvelle administration américaine comme un « traumatisme ».

Ce changement se fera-t-il avec ou sans les États-Unis ? La question agite les couloirs du siège de l'Alliance à Bruxelles.

« On connaît la direction : moins d'États-Unis et plus d'Europe », résume un diplomate sous couvert d'anonymat. Cependant, de nombreuses questions restent en suspens.

En deux mois, Donald Trump s'en est pris au Canada qu'il entend voir devenir le 51ᵉ État américain, et au Danemark, dont il revendique l'un des territoires, le Groenland. 

Plusieurs responsables américains, dont le vice-président J. D. Vance, n'ont pas caché leur mépris à l'égard des Européens, considérés comme des « profiteurs » et des passagers clandestins d'une alliance où, dénoncent-ils, ils ne paient pas leur dû.

Depuis le 20 janvier, date du retour de Donald Trump à la Maison Blanche, « l'optimisme est de moins en moins de mise », confie un diplomate. « Les États-Unis n'ont pas encore pris de décisions concrètes, mais on dirait que chaque jour est porteur d'un nouveau coup contre les fondations de l'Alliance. »

- Transition « désordonnée » -

Pour Camille Grand, ancien secrétaire général adjoint de l'Otan et chercheur auprès de l'ECFR, trois scénarios sont possibles.

Celui de la transition ordonnée : les Américains se désengagent, mais en bon ordre, à la suite d'une négociation qui donne aux Européens le temps de se préparer. « Cela permet d'éviter les incertitudes », assure-t-il dans un entretien avec l'AFP.

Celui de la transition « désordonnée » : les États-Unis restent membres de l'OTAN, y compris pour la dissuasion nucléaire, mais se désengagent des forces conventionnelles, comme l'a évoqué le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth. 

Le retrait se fait « en mode crise », avec des « menaces et des annonces désordonnées ». C'est « le scénario dominant » aujourd'hui, estime l'analyste.

Il y a aussi le scénario cauchemar pour nombre d'Alliés : le retrait « de facto ou de jure ». Les États-Unis se désintéresseront de la défense du continent européen.

Donald Trump exige que les Européens et les Canadiens consacrent au moins 5 % de leur PIB à cette défense, alors qu'ils sont à moins de 2 % pour l'Italie ou l'Espagne. La marche est très haute. Mais tous savent qu'il faudra « annoncer » quelque chose au sommet de l'OTAN en juin, selon un diplomate.

Le Secrétaire général de l'Alliance Mark Rutte a évoqué un chiffre entre 3,5 et 3,7 %. Ce sera difficile, mais c'est une question de priorités dans les dépenses nationales, ajoute-t-il. 

Personne ne sait si ce chiffre sera suffisant pour Donald Trump.

- "Cinq ans" -

En attendant, beaucoup à Bruxelles et dans les autres capitales européennes s'interrogent sur un "après" Etats-Unis.

"Nous avons toujours su que le moment viendrait où l'Amérique se retirerait en quelque sorte et où l'Europe devrait faire davantage", rappelle ainsi Jamie Shea, ancien porte-parole de l'Otan et expert auprès du think tank londonien Chatam House.

Et le calendrier est très serré. Les Européens ont "cinq ans" pour recréer une dissuasion face à la menace russe, juge ainsi Camille Grand. Un calcul basé sur le temps jugé nécessaire, selon plusieurs services de renseignement, pour que la Russie reconstitue son armée et soit en mesure de menacer un pays de l'Otan, explique-t-il. 

Selon cet expert français, les Européens en sont capables, même si un investissement substantiel sera nécessaire pour combler l'apport américain en termes de renseignement, de satellites ou de logistique. « Il n'y a pas de raison que 500 millions d'Européens ne puissent pas dissuader 140 millions de Russes », assure-t-il.

Plusieurs pays en doutent. « Les États-Unis restent indispensables pour une dissuasion crédible », estime ainsi un diplomate européen auprès de l'Otan.


Le Wisconsin, théâtre d'une première défaite électorale pour Trump et Musk

 Donald Trump et Elon Musk. (Photo AFP)
Donald Trump et Elon Musk. (Photo AFP)
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  • Le président américain Donald Trump a essuyé mardi son premier revers électoral avec l'élection d'une juge démocrate dans le Wisconsin,
  • En Floride, deux législatives partielles ont également eu lieu mardi dans des circonscriptions solidement ancrées à droite et qui resteront dans l'escarcelle des républicains, selon les projections de plusieurs médias

WASHINGTON : Le président américain Donald Trump a essuyé mardi son premier revers électoral avec l'élection d'une juge démocrate dans le Wisconsin, un scrutin habituellement d'ampleur locale, marqué cette fois-ci par la forte implication d'Elon Musk.

Selon les projections de plusieurs médias américains, Susan Crawford, soutenue par les démocrates, a remporté un siège pour dix ans à la Cour suprême de cet État de la région des Grands Lacs.

Elle faisait face à Brad Schimel, soutenu par Donald Trump et par le multimilliardaire Elon Musk, et dont la victoire aurait fait basculer la haute instance du Wisconsin du côté conservateur.

En Floride, deux législatives partielles ont également eu lieu mardi dans des circonscriptions solidement ancrées à droite et qui resteront dans l'escarcelle des républicains, selon les projections de plusieurs médias.

Mardi soir, le président a mis à profit sa plateforme Truth Social pour se féliciter des deux « larges » victoires de son camp en Floride, mettant en avant son « soutien » aux candidats.

Il n'a en revanche pas commenté le résultat pour la Cour suprême du Wisconsin, préférant y retenir l'adoption, par un référendum organisé le même jour, d'une mesure obligeant les électeurs à présenter une pièce d'identité avec photo afin de pouvoir voter.

« C'est une grande victoire pour les républicains, peut-être la plus grande de la soirée », a-t-il écrit.

« Le plus important » 

Elon Musk n'a pas non plus réagi à la défaite de Brad Schimel, et a plutôt salué l'issue du référendum local. « C'était le plus important », a-t-il affirmé sur son réseau social X.

Le patron de Tesla et Space X s'inquiétait d'un potentiel rééquilibrage par la Cour suprême locale dans le découpage des circonscriptions électorales, en faveur des démocrates. État pivot, le Wisconsin avait été remporté par Donald Trump à la présidentielle de novembre.

« C'est l'une de ces situations étranges où une petite élection en apparence pourrait déterminer le destin de la civilisation occidentale », avait lancé Elon Musk mardi.

Le président républicain avait, lui, publié lundi sur Truth Social un message de soutien à Brad Schimel. Il s'en était surtout pris à Susan Crawford, qui serait, selon lui, « un désastre pour le Wisconsin et pour les États-Unis d'Amérique ».

Un peu plus de deux mois après le début de son mandat, les enquêtes d'opinion indiquent une baisse relative de la popularité de Donald Trump. Ces élections dans le Wisconsin et en Floride étaient les premières véritables épreuves auxquelles il faisait face dans les urnes depuis novembre.

Campagne onéreuse 

Mardi, le trumpiste Randy Fine a bien remporté le siège en jeu à la Chambre des représentants face au démocrate Josh Weil, mais avec une avance bien plus mince qu'il y a quelques mois.

Ces résultats ont « de quoi donner des sueurs froides à mes collègues républicains », a déclaré sur la chaîne MSNBC Hakeem Jeffries, responsable de la minorité démocrate à la Chambre des représentants. Cela fait écho à la difficulté de l'opposition à se faire entendre depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche.

Dans le Wisconsin, les deux camps avaient sorti l'artillerie lourde pour une élection qui, d'ordinaire, passe inaperçue dans le reste du pays.

Selon le Centre Brennan de l'université de New York, c'est « le scrutin judiciaire le plus coûteux de l'histoire américaine », avec plus de 98 millions de dollars déversés dans la campagne, dont 53 millions en faveur du candidat conservateur.

Elon Musk n'est pas étranger à cela.

« Il a dépensé plus de 25 millions de dollars pour essayer de m'empêcher de siéger à la Cour suprême du Wisconsin », a lancé dimanche Susan Crawford lors d'un rassemblement.

Son équipe de campagne avait récemment accusé Elon Musk de vouloir « acheter un siège à la Cour suprême du Wisconsin afin d'obtenir une décision favorable » dans des poursuites engagées par Tesla, son entreprise de véhicules électriques, contre les autorités du Wisconsin.


Amnesty International demande à la Hongrie d'arrêter M. Netanyahou

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. (Photo d'archives de l'AFP)
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. (Photo d'archives de l'AFP)
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  • Le Premier ministre israélien doit se rendre cette semaine dans un pays membre de la Cour pénale internationale
  • Cette visite " ne doit pas devenir un indicateur de l'avenir des droits humains en Europe "

LONDRES : Amnesty International a demandé à la Hongrie d'arrêter le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, à la suite d'informations selon lesquelles il se rendra dans cet État membre de l'UE mercredi à l'invitation de son homologue hongrois Viktor Orban.

M. Netanyahou fait l'objet d'un mandat d'arrêt délivré en novembre par la Cour pénale internationale en raison de la conduite d'Israël à Gaza.

M. Orban, proche allié de M. Netanyahu, a déclaré qu'il n'exécuterait pas le mandat. En tant qu'État membre, la Hongrie est tenue d'exécuter tout mandat d'arrêt délivré par la CPI.