Dans l'estuaire de la Gironde, Cordouan, le «roi des phares», espère son sacre à l'Unesco

Surnommé le «roi des phares» pour son histoire et sa prestance, Cordouan espère être couronné samedi par l'Unesco. MEHDI FEDOUACH / AFP
Surnommé le «roi des phares» pour son histoire et sa prestance, Cordouan espère être couronné samedi par l'Unesco. MEHDI FEDOUACH / AFP
Short Url
Publié le Jeudi 22 juillet 2021

Dans l'estuaire de la Gironde, Cordouan, le «roi des phares», espère son sacre à l'Unesco

  • Surnommé le «roi des phares» pour son histoire et sa prestance, Cordouan espère être couronné samedi par l'Unesco
  • Dernier phare de mer habité en France et deuxième phare qui serait inscrit par l'Unesco après celui de La Corogne, en Espagne, l'imposante tour tronconique de pierre claire balise l'entrée du plus grand estuaire d'Europe

LE VERDON-SUR-MER, FRANCE : Surnommé le "roi des phares" pour son histoire et sa prestance, Cordouan espère être couronné samedi par l'Unesco: cette sentinelle maritime battue par le vent et la houle depuis 400 ans, entre océan Atlantique et estuaire de la Gironde, pourrait entrer au patrimoine mondial de l'humanité.

Dernier phare de mer habité en France et deuxième phare qui serait inscrit par l'Unesco après celui de La Corogne, en Espagne, l'imposante tour tronconique de pierre claire balise l'entrée du plus grand estuaire d'Europe, aux courants capricieux et rochers piégeux, à sept kilomètres du Verdon-sur-Mer (Gironde) et dix de Royan (Charente-Maritime).

cordouan
Dernier phare de mer habité en France et deuxième phare qui serait inscrit par l'Unesco après celui de La Corogne, en Espagne, l'imposante tour tronconique de pierre claire balise l'entrée du plus grand estuaire d'Europe. NICOLAS TUCAT / AFP

Bâti sur un plateau qui se dévoile à marée basse dans des reflets verts et bleus, tranchant avec le jaune des bancs de sable, et ceint d'un épais mur de pierres qui le protège des assauts de l'eau à marée haute, tel un bouclier, Cordouan ne se dévoile au public qu'à la belle saison et seulement si la mer le veut bien.

"Superbe", "classieux", "bluffant"... C'est peu de dire que le phare, entré à l'inventaire des Monuments historiques dès 1862, comme Notre-Dame de Paris, fait impression. Des visiteurs s'étonnent que l'Unesco n'ait pas reconnu plus tôt sa "valeur universelle exceptionnelle".

cordouan
"Son aspect, son architecture, son état de conservation, son histoire, l'accès compliqué... C'est un château!" NICOLAS TUCAT / AFP

"Son aspect, son architecture, son état de conservation, son histoire, l'accès compliqué... C'est un château!", remarque Jacques, retraité de 69 ans et "fan de phare" venu de Nantes. "En plus, c'est un phare riant, avec sa couleur moins austère que celle du granit de Bretagne".

"Cordouan, c'était la première chose à faire sur ma liste de jeune retraitée. Cette richesse, ces sculptures... Je ne le voyais pas aussi grand à l'intérieur", glisse Martine, une Girondine de 61 ans.

cordouan
Il y a 301 marches à gravir pour passer de la mer au ciel. NICOLAS TUCAT / AFP

Débarqués du bateau à marée basse, les visiteurs (environ 24.000 par an hors crise sanitaire) sont instruits de la riche histoire et la valeur patrimoniale du lieu par des gardiens qui vivent dans ce bâtiment propriété de l'Etat mais géré par le Syndicat mixte pour le développement durable de l'estuaire de la Gironde (Smiddest).

Voulu par Henri III pour remplacer une vieille tour à feu anglaise, construit sous Henri IV et rehaussé sous Louis XVI, le phare est inauguré en 1611 comme un bâtiment "à la mesure du pouvoir royal" dans un pays sortant à peine des guerres de religion, expliquent-ils.

«Tout beau, tout propre»

Une fois franchi le portique à colonnes qui marque l'entrée de cette tour de 67 mètres, avec ses pierres ouvragées et ses mascarons, figures humaines de style grotesque, il y a 301 marches à gravir pour passer de la mer au ciel.

Il faut traverser l'"appartement du Roi" - où jamais roi n'a mis les pieds -, puis une chapelle à vitraux et au sol de marbre - où quelques visiteurs allument des cierges -, et emprunter un escalier hélicoïdal de pierres, comme suspendu, pour rejoindre la coursive extérieure, juste sous la lanterne.

De là-haut, un panorama à 360 degrés, de Soulac-sur-Mer à La Palmyre, s'offre au visiteur dont l'oeil aiguisé peut distinguer la forme de proue de navire de l'église en béton brut de Royan.

cordouan
Voulu par Henri III pour remplacer une vieille tour à feu anglaise, construit sous Henri IV et rehaussé sous Louis XVI, le phare est inauguré en 1611 comme un bâtiment "à la mesure du pouvoir royal". MEHDI FEDOUACH / AFP

C'est à Cordouan, expliquent les gardiens, que le scientifique Augustin Fresnel a expérimenté sa fameuse lentille en 1823. Depuis, ce dispositif de plaques de verre, qui permet "d'aplatir le faisceau lumineux pour l'intensifier", équipe tous les phares du monde. Ici, une simple ampoule de 250 watts porte le signal lumineux à 39 km.

Venu à la force des bras, en kayak de mer, Christophe Bonnin - visiteur régulier de l'édifice - se félicite des toutes dernières campagnes de travaux effectuées pour la candidature Unesco: "Le phare est vraiment tout beau, tout propre".

Renforcement du chemin d'accès, reprise de pierres  rongées par le sel, restauration de la chapelle... Maçons, cordistes, sculpteurs et tailleurs de pierres se sont succédé l'hiver, depuis 2019, pour un coût de 2 millions d'euros supporté par l'Etat et les collectivités territoriales.

En quittant Cordouan, visiblement à regret, un homme lance aux gardiens: "Vous avez une très belle résidence secondaire!". Une habitude pour eux: "Il y en a toujours un qui demande à rester à notre place".


Gaza à l’IMA: lumière de l’histoire sur un champ de ruine et de désespoir

Equipes franco-palestiniennes dans les fouilles de Blakhiya. (IMA)
Equipes franco-palestiniennes dans les fouilles de Blakhiya. (IMA)
Détail d'une mosaïque byzantine, site de Jabaliya. (IMA)
Détail d'une mosaïque byzantine, site de Jabaliya. (IMA)
Photo de l'exposition. (IMA)
Photo de l'exposition. (IMA)
Short Url
  • A défaut d’un avenir lisible, Gaza possède un passé glorieux, qu’une exposition exceptionnelle organisée par l’Institut du Monde Arabe (IMA) à Paris cherche aujourd’hui à rappeler au monde
  • Les pièces exposées – environ 130 sur un total de 500 – sont elles-mêmes le reflet du sort de Gaza

PARIS: Depuis 2007, date à laquelle Israël a imposé un blocus sur Gaza, l’enclave palestinienne, coupée hermétiquement du reste du monde, était déjà souvent décrite comme une prison à ciel ouvert.

Au lendemain du 7 octobre 2023, cette prison s’est tragiquement transformée en cimetière à ciel ouvert : des dizaines de milliers de morts et de blessés, des familles déplacées sans cesse, fuyant d’un point à l’autre de l’enclave sous les frappes de l’armée israélienne.

Aujourd’hui, Gaza n’est plus qu’un champ de ruines. Les images qui nous parviennent sont insoutenables : des corps déchiquetés, des femmes, des hommes, des enfants tirés des décombres à mains nues, des files interminables de civils poussant des charrettes de fortune ou marchant sans fin, à la recherche d’un abri. Deux millions de personnes y survivent dans une précarité absolue, entre famine, insécurité et insalubrité.

Gaza est devenue synonyme de mort, de misère, de désespoir. Et pourtant, à défaut d’un avenir lisible, Gaza possède un passé glorieux, qu’une exposition exceptionnelle organisée par l’Institut du Monde Arabe (IMA) à Paris cherche aujourd’hui à rappeler au monde. Intitulée « Trésors de Gaza, 5000 ans d’histoire », elle offre une plongée saisissante dans la richesse historique et culturelle de ce territoire meurtri.

Alors que, depuis le début de la guerre, certains discours tentent de déshumaniser la population gazaouie, cette exposition répond par l’Histoire. Elle témoigne de l’ancrage profond de Gaza dans la civilisation, de son rôle de carrefour entre l’Asie, l’Afrique, l’Arabie et la Méditerranée.

Les pièces exposées – environ 130 sur un total de 500 – sont elles-mêmes le reflet du sort de Gaza. Propriété de l’Autorité palestinienne, elles étaient en exil depuis 2006, stockées au Musée d’Art et d’Histoire de Genève, comme des centaines de milliers de Palestiniens loin de leur terre.

Parmi ces œuvres : des amphores, statuettes, stèles funéraires, lampes à huile, figurines, mosaïques… datant de l’âge du bronze jusqu’à l’époque ottomane. Un ensemble archéologique devenu d’autant plus précieux à mesure que les sites originels sont détruits.

Grâce à la coopération du musée genevois et au soutien de l’Autorité nationale palestinienne, l’IMA a pu présenter une sélection de chefs-d’œuvre issus des fouilles franco-palestiniennes menées depuis 1995. La spectaculaire mosaïque d’Abu Baraqeh, ainsi que des pièces de la collection privée de Jawdat Khoudary (offerte à l’Autorité palestinienne en 2018) sont exposées pour la première fois en France.

Cette exposition donne à voir un visage trop souvent ignoré de Gaza : celui d’un territoire prestigieux, vanté dans l’Antiquité pour sa douceur de vivre, convoité pour sa position stratégique entre les empires égyptien et perse, prisé par les commerçants caravaniers, port des richesses venues d’Orient, d’Afrique et d’Arabie.

Cartographie des bombardements

Mais ce patrimoine est aujourd’hui menacé. Depuis octobre 2023, l’Unesco a documenté, via des images satellitaires, des dommages sur 69 sites culturels à Gaza : 10 sites religieux – dont l’église grecque orthodoxe de Saint-Porphyre, détruite le 19 octobre 2024 – 43 bâtiments à intérêt historique ou artistique, 7 sites archéologiques, 6 monuments, 2 dépôts de biens culturels mobiliers et 1 musée.

L’exposition inclut également une cartographie des bombardements, élaborée par plusieurs groupes de recherche, un recensement des récentes découvertes archéologiques, ainsi qu’une série de photographies rares de Gaza au début du XXe siècle, issues des archives de l’École biblique et archéologique française de Jérusalem.

Pour Jack Lang, président de l’IMA, « Rien n’est pire que l’abandon et l’oubli. Cette exposition, que je qualifierais de salut public, rend hommage à Gaza, vibrante et merveilleusement jeune. » Il ajoute : « Plus que jamais aujourd’hui, en particulier depuis le 7 octobre, Gaza mérite que l’on raconte son Histoire. »

En conclusion, Lang revendique l’exposition, comme un acte militant en souhaitant qu’elle puisse « contribuer à redonner espoir dans l’avenir de Gaza loin des projets déments de Riviera et des déplacements forcés des palestiniens.

Organisée en partenariat avec le ministère du Tourisme et des Antiquités de Palestine et le Musée d’Art et d’Histoire de Genève, l’exposition est visible à l’Institut du Monde Arabe jusqu’au 2 novembre prochain.

 


L'huile de peregrina d'Arabie saoudite, nouvelle perle du monde de la beauté

Un agriculteur d'AlUla récolte de la peregrina. (Photo fournie)
Un agriculteur d'AlUla récolte de la peregrina. (Photo fournie)
La société AlUla Peregrina Trading Company s'apprête à présenter son huile active et ses extraits de peregrina au salon in-cosmetics Global, qui se tiendra ce mois-ci à Amsterdam. (Photo fournie)
La société AlUla Peregrina Trading Company s'apprête à présenter son huile active et ses extraits de peregrina au salon in-cosmetics Global, qui se tiendra ce mois-ci à Amsterdam. (Photo fournie)
Short Url
  • L'huile vierge de peregrina d'APTC est légère mais profondément nourrissante
  • Ella aide à hydrater la peau, à améliorer l'élasticité, à réduire les ridules et à stimuler la densité des cheveux

DUBAÏ: Un joyau caché dans le désert fait sensation sur la scène mondiale, et il se trouve au cœur de l'Arabie saoudite.  L'AlUla Peregrina Trading Company (APTC) s'apprête à présenter ses huiles actives et ses extraits de peregrina à in-cosmetics Global – un salon professionnel sur les ingrédients cosmétiques – qui se tiendra à Amsterdam ce mois-ci.   

L'histoire de l'ingrédient phare d'APTC est aussi riche que le désert lui-même. L'arbre peregrina, originaire d'AlUla, pousse dans le rude climat arabe. Il produit des graines riches en nutriments qui sont appréciées depuis des siècles et l'APTC donne aujourd'hui à ce trésor ancien une tournure moderne.

Abobakar Alanazi, président-directeur général d'APTC, voit dans cet arbre un symbole de résilience et de beauté. «C'est un véritable joyau de la nature», a-t-il déclaré à Arab News. «Ce qui le rend exceptionnel pour les soins de la peau et des cheveux, c'est la composition unique de son huile et de ses extraits qui regorgent d'antioxydants, d'acides gras essentiels et de composés bioactifs qui nourrissent, protègent et rajeunissent la peau.»

L'huile vierge de peregrina d'APTC est «légère mais profondément nourrissante», a-t-il ajouté, «aidant à hydrater la peau, à améliorer l'élasticité, à réduire les ridules et à stimuler la densité des cheveux».

Pour Alanazi, cette huile «illustre l'essence de l'héritage du désert et de la longévité en matière de beauté, mêlant la sagesse ancienne à l'innovation moderne en matière de soins de la peau pour un équilibre parfait».

L'APTC travaille directement avec 159 agriculteurs locaux, ce qui garantit la traçabilité de chaque bouteille d'huile de peregrina, de la ferme à la peau. Alanazi a également indiqué que 90 % des employés d'APTC sont des locaux, dont 70 % sont des femmes.  

«Nous sommes fiers de faire de la peregrina un atout pour AlUla et l'Arabie saoudite, en mettant l'accent sur l'autonomisation des communautés locales», a-t-il déclaré.

Mais il n'a pas été facile de se faire une place sur la scène internationale de la beauté. «L'un de nos plus grands défis a été de positionner le désert d'Arabie sur la carte du marché mondial des ingrédients», a déclaré M. Alanazi.

Mais l'APTC a désormais conclu des partenariats avec des marques internationales, notamment un accord exclusif avec Cartier pour le lancement de produits de soins de la peau utilisant l'huile de peregrina hivernée. Il s'agit de trois produits cosmétiques haut de gamme: une huile pure pour le visage et les cheveux, une crème pour le visage et des huiles aromatiques.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


« Theater Tour », une initiative pour célébrer la culture locale dans toute l'Arabie saoudite

Bahr » a été écrit par Abdulrahman Al-Marikhi et réalisé par Sultan Al-Nawa. (Fourni)
Bahr » a été écrit par Abdulrahman Al-Marikhi et réalisé par Sultan Al-Nawa. (Fourni)
Bahr » a été écrit par Abdulrahman Al-Marikhi et réalisé par Sultan Al-Nawa. (Phot Fournie)
Bahr » a été écrit par Abdulrahman Al-Marikhi et réalisé par Sultan Al-Nawa. (Phot Fournie)
Short Url
  • La pièce primée Bahr est jouée pour la première fois à Bahreïn, puis à Jubail, Dammam et Al-Ahsa.
  • Ce nouveau projet vise à stimuler le théâtre local, l'engagement communautaire et la sensibilisation culturelle dans tout le pays.

RIYAD : Jeudi, la Commission saoudienne du théâtre et des arts du spectacle a lancé l'initiative « Theater Tour », qui vise à présenter des représentations théâtrales exceptionnelles dans les villes, les gouvernorats et les villages du Royaume.

Le projet a pour objectif de promouvoir la scène culturelle et les arts du spectacle, tout en encourageant l'engagement communautaire, a rapporté l'agence de presse saoudienne.

La première phase débutera avec la pièce Bahr (Mer), qui se déroulera du 3 avril au 3 mai, a ajouté l'agence de presse saoudienne.

La production débutera à Baha du 3 au 5 avril au théâtre du prince Sultan bin Abdulaziz du centre culturel, avant de se rendre à Jubail du 17 au 19 avril dans la salle de conférence de la commission royale à Al-Fanateer.

Elle se poursuivra à Dammam du 24 au 26 avril au théâtre de l'université Imam Abdulrahman bin Faisal, puis se terminera à Al-Ahsa du 1^(er) au 3 mai au théâtre de la Société pour la culture et les arts. 

Ce projet s'inscrit dans le cadre des efforts déployés par la Commission pour mieux faire connaître le secteur du théâtre et des arts du spectacle, tout en veillant à ce que les services culturels soient accessibles dans les zones mal desservies et auprès des communautés marginalisées.

Il vise également à soutenir les troupes de théâtre locales, à stimuler la production théâtrale et à renforcer la contribution du secteur culturel au produit intérieur brut national.

L'initiative favorise également les opportunités d'investissement et sert de plateforme pour découvrir et soutenir les talents émergents, a rapporté la SPA.

La pièce Bahr, écrite par Abdulrahman Al-Marikhi et mise en scène par Sultan Al-Nawa, a été saluée par la critique et a remporté plusieurs prix prestigieux, notamment ceux du meilleur acteur, du meilleur scénario et de la meilleure production globale lors du premier festival de théâtre de Riyad, ainsi que ceux des meilleurs effets musicaux et du meilleur metteur en scène lors du 19ᵉ festival de théâtre du Golfe.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com