Une école de ballet londonienne a pour objectif de se développer en Arabie saoudite

L’école Grace & Poise a pour ambition d’offrir des leçons de danse à la communauté musulmane. (Photo Guy Corbishley)
L’école Grace & Poise a pour ambition d’offrir des leçons de danse à la communauté musulmane. (Photo Guy Corbishley)
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Publié le Jeudi 24 juin 2021

Une école de ballet londonienne a pour objectif de se développer en Arabie saoudite

  • Cette école musulmane de ballet, située à Londres, utilise la poésie pour accompagner les danseuses
  • La directrice de l’école de danse est elle-même l’auteure de textes poétiques qui sont «écrits pour fonctionner spécifiquement avec une chorégraphie».

LONDRES: Une école musulmane de ballet, située à Londres et qui utilise la poésie pour accompagner les danseuses, a choisi d’étendre son enseignement dans des pays qui comptent d’importantes populations musulmanes. «L’Arabie saoudite figure bien entendu sur la liste», prévient sa directrice.

L’école Grace & Poise («grâce et équilibre», NDLR) offrira aux amateurs de la communauté musulmane la possibilité d’apprendre l’art du ballet. Elle permettra aux jeunes filles de «suivre une formation professionnelle dans le respect du cadre de l'islam».

C’est de la poésie, et non de la musique, qui accompagne les ballets. Dans cette école fondée en 2019, les salles de cours n’accueillent que des femmes.

«Nous espérons nous développer dans les pays à majorité musulmane afin de rendre le ballet plus accessible à la communauté musulmane, et l’Arabie saoudite figure bien entendu sur la liste en raison de sa population. Nous avons également reçu des invitations de la part de différents pays, comme la Malaisie, et nous souhaitons nous élargir autant que nous le pouvons», explique la fondatrice de l’école, Maisie Alexandra Byers.

«Au début, quand je comptais fonder l'école, je n’avais rien trouvé qui ressemble à la méthode d’apprentissage que j’avais en tête; c'est pourquoi je souhaite maintenant l’élargir à l’échelle internationale», ajoute-t-elle.

Byers, âgée de 26 ans, voue sa vie à sa passion, la danse. Elle possède un diplôme d’étude chorégraphique de l'Académie royale de danse. Elle a fondé son école après être «tombée amoureuse de l'islam»; elle s’est convertie à cette religion il y a trois ans.

Son école lui permet de continuer sa carrière en enseignant le ballet tout en continuant à pratiquer sa religion. Son souhait est de rendre la danse «accessible aux musulmanes» et de «l'adapter à leurs valeurs».

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L’école Grace & Poise a pour ambition d’offrir des leçons de danse à la communauté musulmane. (Photo Guy Corbishley)

«Il s’agit d’un changement intéressant; il m’aurait été difficile de continuer avec le style de vie qui était le mien quand je faisais du ballet auparavant. La fondation de cette école m’a permis de m’épanouir dans mon développement professionnel et de donner la possibilité à d’autres personnes passionnées par la danse de faire la même chose», confie Byers.

«J'ai commencé à explorer le domaine de la poésie et j’ai incorporé ce genre littéraire à mes activités chorégraphiques. Nous avons un programme d’enseignement qui mêle poésie et ballet et qui ne pourrait pas fonctionner avec de la musique. Cette méthode convient, naturellement, aux musulmanes qui n’écoutent pas de musique, et, pour les autres, elle constitue une approche artistique à part entière, dont elles tirent un grand bénéfice», confie-t-elle.

Byers estime que, alors qu’une méthode traditionnelle associe les gestes du ballet à la musique, le fait d’utiliser la poésie permet de mieux assimiler la compréhension de ces gestes.

La directrice de l’école est elle-même l’auteure de textes poétiques qui sont «écrits pour fonctionner spécifiquement avec une chorégraphie». Elle raconte le déroulement d’une séance: «J’enregistre moi-même les textes, puis les danseuses réalisent les différents exercices chorégraphiques, accompagnées par la poésie. Cette pratique est adaptée aux gestes et aux déplacements des danseuses.»

«Le ballet apporte de nombreux bienfaits, sur le plan de l’engagement cognitif, grâce à la poésie. Il y a aussi le développement physique: vous aurez la posture, l'alignement, le contrôle, la stabilité et la coordination. Avec la poésie, le bien-être émotionnel de l'enfant est également pris en compte, ainsi que son expression faciale. Cette méthode permet en outre de développer son goût pour la narration. Ce sont là des compétences fondamentales.»

Rendre le ballet accessible aux jeunes filles issues de milieux pauvres constitue l’un des objectifs de Byers, qui a le désir de leur apporter des compétences transmissibles et de les aider à sortir de leur situation.

«Il y a beaucoup d'enfants qui peuvent profiter de manière holistique d’un développement physique, cognitif, émotionnel et social à travers une discipline comme le ballet. Cependant, ils ne rencontrent que rarement cette chance, principalement parce que leurs parents ne sont pas en mesure de financer des activités parascolaires», regrette-t-elle.

«Le grand défi consiste à proposer à la communauté musulmane des activités bénéfiques et plus accessibles, notamment sur le plan financier», affirme-t-elle.

L’autre défi auquel se trouve confrontée Byers réside dans le manque d’intérêt qu’accordent certaines personnes aux arts de la scène – la science, les mathématiques ou d’autres matières scolaires étant souvent privilégiées.

«Beaucoup de gens, pour diverses raisons, n’ont jamais assisté à un ballet. Ils ne sont donc pas en mesure de percevoir la richesse de cet art. À moins de travailler dans le domaine de l'éducation, il n’est pas évident de comprendre quel profit on peut retirer de la danse. Parfois, je remarque que, dans l’esprit de certaines personnes, des disciplines comme les sciences, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques priment les matières créatives», indique Byers.

Pour autant, l’école qu’elle a fondée prospère. Elle dispose de quatre sites à Londres.

Byers travaille également avec des écoles islamiques qui proposent des leçons de ballet dans le cadre du cours d'éducation physique.

«Beaucoup d'écoles islamiques aiment particulièrement ce que nous faisons, parce qu'elles reconnaissent la valeur éducative du ballet. Elles saisissent la portée de son apprentissage et constatent que, à de nombreux égards, il est interconnecté; elles voient dans l’art du ballet ce qu’il est vraiment. C’est justement ce que nous essayons de faire: lentement mais sûrement, nous souhaitons amener le plus de personnes possible à découvrir l’essence profonde de la danse», conclut Byers.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


À l’IMA, l’exposition d’Ahmed Muhanna exprime l’inhumain devenu quotidien à Gaza

Le peintre gazaoui Ahmed Muhanna à l'œuvre. (Photo IMA)
Le peintre gazaoui Ahmed Muhanna à l'œuvre. (Photo IMA)
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  • Les mots d’Ahmed Muhanna résonnent comme un appel à la survie. Il ne peint pas seulement la guerre ; il peint surtout celles et ceux qui continuent de vivre malgré elle et de la subir
  • Le peintre gazaoui Ahmed Muhanna, affirme : « Mon art, aujourd’hui, est une tentative de saisir ce paradoxe : comment rester humain dans ce chaos, et comment l’espoir peut survivre jusque sous les décombres. »

PARIS: À Gaza, la vie ne se raconte plus, elle se subit. Ici, l’inhumain est devenu quotidien et exister est devenu synonyme de survivre, tandis que le lendemain est synonyme d’incertitude.

Le quotidien des Gazaouis n’est qu’un enchaînement de peur, de privations, de douleurs et d’absences.

Tout manque : l’eau, les soins, la sécurité. Les gestes les plus simples de la vie ont disparu, et le confort n’est plus qu’un souvenir abstrait.

Dans les regards des enfants, quelque chose s’est éteint. Ces yeux, autrefois porteurs d’insouciance, sont désormais voilés par l’horreur et le deuil. La perte d’êtres chers est devenue une expérience précoce, presque banale, et la normalité appartient désormais à un autre temps.

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Alors que les œuvres sont arrivées à Paris après leur passage à Marseille, Muhanna, lui, est resté derrière, dans cette bande de Gaza encerclée par Israël, qui impose à ses habitants un blocus sans fin. (Photo IMA)

À Gaza, la peur et la faim sont devenues des habitudes, et l’âge n’y a plus vraiment de sens puisque le déplacement et la mort frappent les nouveau-nés tout autant que les adultes et les vieillards.

La menace est constante, jour et nuit. Elle plane, elle fait partie de la vie, elle est la vie. Alors on se réveille, on fait semblant de vivre, tandis que tout peut basculer à chaque instant. La peur de mourir ou d’être déchiqueté s’est installée comme une seconde peau.

Et pourtant, malgré tout, Gaza résiste.

On continue de chanter, de sourire parfois. On se marie encore, on apprend, on transmet, on donne la vie. Créer devient un acte de résistance, un refus de disparaître.

Les mots d’Ahmed Muhanna résonnent comme un appel à la survie. Il ne peint pas seulement la guerre ; il peint surtout celles et ceux qui continuent de vivre malgré elle et de la subir.

Car au cœur de ce concentré de violence absurde et d’oppression aveugle, il reste des artistes, des danseurs, des comédiens, des femmes et des hommes qui, par l’art, tentent de témoigner et d’alerter.

Parmi eux, le peintre gazaoui Ahmed Muhanna, qui affirme : « Mon art, aujourd’hui, est une tentative de saisir ce paradoxe : comment rester humain dans ce chaos, et comment l’espoir peut survivre jusque sous les décombres. »

Les mots d’Ahmed Muhanna résonnent comme un appel à la survie. Il ne peint pas seulement la guerre ; il peint surtout celles et ceux qui continuent de vivre malgré elle et de la subir.

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Ses œuvres, réalisées dans un dénuement extrême, portent en elles la trace directe de la réalité gazaouie. Faute de toiles, il utilise les cartons d’aide alimentaire récupérés auprès du Programme alimentaire mondial. Faute de matériel, il improvise avec des couleurs de fortune, trouvées ici et là.

Dans ses dessins, il y a la douleur, les blessures, la tristesse, mais aussi la lumière, la mémoire et, surtout, cette volonté farouche de ne pas céder à l’effacement.

Alors que les œuvres sont arrivées à Paris après leur passage à Marseille, Muhanna, lui, est resté derrière, dans cette bande de Gaza encerclée par Israël, qui impose à ses habitants un blocus sans fin.

L’Institut du monde arabe (IMA), à Paris, a mis en lumière cette voix singulière dans le cadre d’une exposition exceptionnelle consacrée à Ahmed Muhanna et, à travers lui, aux habitants de Gaza.

À travers plus de 60 œuvres, le visiteur est plongé dans une expérience artistique, mais surtout humaine, car chacune des œuvres exposées témoigne d’un quotidien brisé, de vies déchirées et d’enfances volées.

Ces œuvres, élaborées dans la douleur, interrogent : que reste-t-il de l’humanité quand tout s’effondre ? Et comment, malgré tout, continuer à s’exprimer ?

Alors que les œuvres sont arrivées à Paris après leur passage à Marseille, Muhanna, lui, est resté derrière, dans cette bande de Gaza encerclée par Israël, qui impose à ses habitants un blocus sans fin.

La soirée de présentation s’est tenue en présence de plusieurs personnalités : Chawki Abdelamir, directeur général de l’Institut du monde arabe, Audrey Pulvar, adjointe à la maire de Paris, Antoine Renard, directeur du Programme alimentaire mondial, et Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la Francophonie.

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Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la Francophonie. (Photo Arlette Khouri)
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Muhanna, pour qui l’art est devenu un ultime refuge, a dû s’exprimer en duplex depuis Gaza, s’interrogeant sur ce que l’art peut encore face à la haine et à la destruction.

Dans un monde où tout vacille, où la mort peut surgir à chaque instant, dessiner, peindre et raconter sans chercher à embellir devient une manière de dire : « Nous sommes encore là. »

Visiblement touchée par ces bouts de carton qui racontent la vie d’un peuple, Éléonore Caroit a déclaré à Arab News en français que les œuvres de Muhanna rendent la guerre à Gaza plus concrète et plus humaine. Elles montrent les visages et la souffrance des civils au-delà des chiffres et des images relayés par les médias.

Caroit souligne que, malgré l’aide apportée par la France, notamment sur le plan alimentaire, celle-ci reste insuffisante face à l’ampleur de la crise. Selon elle, les œuvres exposées permettent de contrer les manipulations et de transmettre une vérité essentielle : les populations souffrent et le conflit doit cesser.


Orthographe : le ministre de l'Education chute sur «dilemme» mais maîtrise «rhododendron»

"Quand on écrit, on fait tous des erreurs (...) prenez 10 minutes pour vous relire", lance le ministre aux futurs candidats du bac.
"Quand on écrit, on fait tous des erreurs (...) prenez 10 minutes pour vous relire", lance le ministre aux futurs candidats du bac.
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  • Le verbe "proscrire", à la première personne de l'imparfait du subjonctif, provoque aussi l'hésitation du ministre - avant que le "que je proscrivisse" sorte de la bouche de l'un des chroniqueurs
  • En ce qui concerne la présence ou non de majuscules sur "ministre de l'Education nationale", Edouard Geffray peut rappeler les règles sans être contesté: ministre n'a jamais droit à une majuscule, "contrairement à Président"

PARIS: Le ministre de l'Education Edouard Geffray, qui prône "l'intransigeance" sur l'orthographe au bac, a subi mardi un test d'orthographe plus rigolard que sérieux sur le plateau de "C à vous", trébuchant sur "dilemme", mais obtenant l'indulgence du jury en se rattrapant avec "rhododendron".

Sur l'ardoise qu'un chroniqueur lui tendait, le ministre a d'abord griffonné sous la dictée, le mot "accueil".

"Il y a un problème!", corrige Anne-Elisabeth Lemoine. Le ministre efface ce qu'il a écrit, avant de ré-écrire, cette fois-ci apparemment sans faute.

Edouard Geffray tombe ensuite dans le piège du mot "dilemme", qui ne prend pas de "n" à la fin, contrairement à ce qu'il écrit sur son ardoise. "Il me semble que les deux orthographes sont possibles. Non ? Au temps pour moi", s'excuse-t-il.

Mais le ministre se rattrape avec "rhododendron", qu'il écrit sans faute. "Coccyx" le fait là encore hésiter, mais il est sauvé par Anne-Elisabeth Lemoine, qui lui propose d'être son assistante IA -même si le ministre venait de rappeler qu'il était contre toute forme d'assistance par une Intelligence artificielle pendant les examens.

Le verbe "proscrire", à la première personne de l'imparfait du subjonctif, provoque aussi l'hésitation du ministre - avant que le "que je proscrivisse" sorte de la bouche de l'un des chroniqueurs.

En ce qui concerne la présence ou non de majuscules sur "ministre de l'Education nationale", Edouard Geffray peut rappeler les règles sans être contesté: ministre n'a jamais droit à une majuscule, "contrairement à Président", rappelle-t-il. Quant à savoir si Education nationale prend une majuscule, "cela dépend des usages", affirme-t-il.

Le ministre finit par obtenir une appréciation mi-figue mi-raisin de ses correcteurs, ( "15 sur 20", "début laborieux, peut mieux faire"), mais opère un rétablissement remarqué en expliquant que ce petit examen démontre bien que "le vrai enjeu, c'est la relecture".

"Quand on écrit, on fait tous des erreurs (...) prenez 10 minutes pour vous relire", lance-t-il aux futurs candidats du bac.


« The Other Bennet Sister » : quand Mary Bennet sort enfin de l’ombre

Ella Bruccoleri dans « The Other Bennet Sister ». (Fournie)
Ella Bruccoleri dans « The Other Bennet Sister ». (Fournie)
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  • The Other Bennet Sister réinvente l’univers d’Orgueil et Préjugés en plaçant Mary Bennet, longtemps éclipsée par ses sœurs, au cœur du récit
  • La série séduit par une héroïne authentique, une évolution crédible et une romance de la Régence portée par chaleur, sincérité et charme

DUBAÏ : Mary Bennet — l’enfant du milieu maladroite dans Orgueil et Préjugés de Jane Austen — a toujours vécu dans l’ombre de ses sœurs plus glamour, davantage connue pour ses faux pas sociaux que pour une grande histoire d’amour.

Mais The Other Bennet Sister braque les projecteurs sur Mary et, ce faisant, livre une série pleine de charme qui mêle récit d’apprentissage et romance de la Régence avec un résultat des plus réjouissants.

Adaptée du roman de Janice Hadlow, la série débute en revisitant les événements familiers d’Orgueil et Préjugés. Plutôt que d’imposer aux spectateurs une nouvelle relecture exhaustive, elle s’appuie sur la voix off de Mary, aussi pragmatique que savoureuse, pour résumer l’histoire emblématique d’Austen avec un mélange d’esprit et d’exaspération. Nous assistons une fois encore aux drames de la famille Bennet, mais cette fois à travers le regard de la sœur perpétuellement reléguée à l’arrière-plan.

Ces premiers épisodes sont particulièrement réussis parce qu’ils permettent au public de retrouver l’univers d’Austen. Mais la série prend véritablement son envol lorsque Mary quitte la maison familiale pour s’installer à Londres. À partir de là, The Other Bennet Sister cesse d’être un simple récit parallèle ludique pour devenir une œuvre plus riche et plus profonde.

À Londres, Mary devient gouvernante chez sa tante et son oncle, interprétés avec charme par Indira Varma et Richard Coyle. Leur demeure devient un refuge où Mary commence peu à peu à découvrir qui elle est, au-delà des attentes et des humiliations qui avaient façonné son existence.

Surtout, sa transformation ne paraît jamais artificielle. Trop souvent, les récits consacrés à des femmes longtemps ignorées gomment leurs aspérités pour les conformer aux standards traditionnels de beauté, d’élégance ou d’assurance. Ici, même lorsqu’elle s’épanouit, Mary reste maladroite, directe et socialement gauche. Elle parle encore avec trop de franchise. Elle continue de mal interpréter certaines situations. Elle ne s’intègre toujours pas complètement. C’est cette honnêteté qui donne à la série sa véritable force émotionnelle.

Et puis il y a la romance. La série comprend parfaitement pourquoi les histoires d’amour situées à l’époque de la Régence fascinent autant le public. Mary attire l’attention de deux prétendants très différents : le charismatique M. Ryder — incarné avec un charme irrésistible par Laurie Davidson — et le sensible avocat M. Heyward (Donal Finn). La série reprend plusieurs codes bien connus du genre, mais avec tant de sincérité et de chaleur que cela n’a finalement aucune importance.

The Other Bennet Sister réussit parce qu’elle comprend quelque chose que les adaptations de Jane Austen oublient souvent : tout le monde n’est pas Elizabeth Bennet. Certaines personnes sont maladroites. Certaines mettent plus de temps à trouver leur voix. Et parfois, ce sont précisément ces histoires-là qui méritent d’être racontées. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com