Nasser Kamel: «Je rêve d'un Erasmus méditerranéen»

Le secrétaire général de l'Union pour la Méditerranée, Nasser Kamel, à Madrid le 25 mai 2021.
Le secrétaire général de l'Union pour la Méditerranée, Nasser Kamel, à Madrid le 25 mai 2021.
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Publié le Vendredi 11 juin 2021

Nasser Kamel: «Je rêve d'un Erasmus méditerranéen»

  • Seulement 1,5% des entreprises dans notre espace Mena sont capables de faire du e-commerce
  • Pour un Erasmus méditerranéen, il faut des fonds et de la mobilité, du Sud vers le Nord, pour nos jeunes étudiants. Il est également nécessaire d’accroître une internationalisation des diplômes

NICE: Organisation intergouvernementale, lancée en 2008 à l’initiative de Nicolas Sarkozy, l’Union pour la Méditerranée réunit 42 pays, dont les 27 membres de l’Union européenne (UE). Depuis sa création, l’UPM s’est donnée pour objectif de favoriser la coopération régionale. Vingt-cinq ans après la Déclaration de Barcelone, si de nombreux projets ont pu voir le jour, le bilan d’intégration reste mitigé, les disparités se creusent entre les pays du Nord et du Sud, et le manque de coopération Sud-Sud est criant. C’est ce qui ressort du premier rapport d’étape sur l’intégration régionale dans l’UPM. Arab News en Français a rencontré son secrétaire général, Nasser Kamel. Ancien ambassadeur d’Égypte à Paris, puis à Londres, il nous livre sa lecture de ce rapport, mais aussi ses recommandations pour une intégration régionale réussie.

Après plusieurs années à se chercher, à s’organiser, l’UPM est parvenue à se doter d’une feuille de route. L’institution semble s’être remise sur les rails, mais elle peine encore à se faire connaître du grand public. En quoi se distingue-t-elle des autres outils de coopération Nord-Sud? 

Nous faisons partie d’un écosystème, nous travaillons ensemble, que ce soit en faveur du climat, de l’environnement, des énergies renouvelables, de l’économie bleue, de l’éducation,  de la recherche scientifique, ou encore de l’emploi. Nous avons d’ailleurs été les premiers à étudier les défis et les problématiques de la zone, à proposer des pistes aux décideurs politiques et à agir pour faire avancer la cause de l’intégration régionale.

L’UPM se distingue aussi par son mode de travail. Nous sommes une organisation internationale, ce qui nous donne le pouvoir de réunir 42 pays à la même table, et à tous les niveaux, qu’il s’agisse de ministres, de membres de la société civile, d’acteurs de terrain. Nous sommes pleinement ouverts à collaborer avec tous les partenaires, comme ceux du Dialogue 5+5 , via le Sommet des deux rives, Forum de la Méditerranée… Il y a donc une très grande complémentarité des outils existants.

Une complémentarité mais aussi une grande disparité. C’est ce qui ressort de votre rapport sur l’intégration régionale des pays de la zone, réalisé avec l’OCDE. Une conclusion qui n’est pas vraiment une surprise… Pourquoi, dès lors, avoir réalisé cette étude?

Ce rapport a été commandé par nos décideurs politiques, nos ministres des Affaires étrangères il y a trois ans. Son but était de réaliser un état des lieux de l’intégration régionale au sens large, et sur la disparité et les manques. Il a permis de présenter des recommandations aux décideurs. Mais à ma grande surprise, le rapport pointe les progrès réalisés. La région a en effet pu diversifier sa production. Elle n’exporte plus seulement des matières premières. Elle joue maintenant un rôle plus important dans la chaîne de production à l’échelle régionale. Le Maroc en constitue un exemple, avec son industrie automobile, acteur important sur le marché au sud et au nord du pays. D’autres États comme l’Égypte ont également pu diversifier leur base de production. Mais la réalité est là. Oui, 75% des échanges dans la zone euro-méditerranéenne se font entre les pays de l’UE, 15% entre la zone Europe et les pays du Sud…et 5% seulement entre les pays du Sud de la Méditerranée. C’est un véritable problème.

Pour produire ce rapport, nous avons choisi cinq critères bien déterminés: le commerce, les infrastructures, les finances, la mobilité, la coopération scientifique. Pour chacun de ces indicateurs, nous avons réalisé des études approfondies, pays par pays, sous-région par sous-région, et nous avons fait des recommandations très concrètes avec l’OCDE, à destination des décideurs politiques. Ce rapport n’est pas destiné à rester dans les tiroirs. Il fait partie d’une série de rapports, et sera mis à jour tous les deux ans.

Parmi les thèmes principaux abordés: la transformation digitale. La crise sanitaire a révélé l’importance du numérique. Quelles sont vos recommandations pour permettre à certains pays de rattraper leur retard?

Il y a des chiffres vraiment choquants. Seulement 1,5% des entreprises dans notre espace Mena sont capables de faire du e-commerce. Quand on voit que 8% à peine des PME ont une présence digitale, il reste énormément à faire. Dans ce sens, la transformation digitale est une priorité de l’UPM pour les trois à cinq prochaines années. Elle devient une priorité nationale pour la majorité de nos pays, et c’est une véritable source de satisfaction, mais il y a encore beaucoup à faire à propos de cette quatrième Révolution industrielle. Il faut miser sur l’éducation et la formation et nous avons mis en place des programmes. Au Maroc, par exemple, nous aidons des jeunes femmes en leur apprenant à commercialiser leurs produits de beauté à travers des plates-formes digitales, et donc à les commercialiser en Europe et au-delà.

En parlant justement d’éducation et de formation, peut-on rêver d’un Erasmus méditerranéen?

Je rêve tout autant que vous d'un Erasmus méditerranéen ! Nous avons déjà un programme, mais qui a nettement moins de moyens que le programme Erasmus de l’UE. On a vu comment Erasmus a changé la nature même de la jeunesse européenne. Il n’y a pas un jeune Européen qui n’a pas passé un an ou plus dans un autre pays de l’UE, ce qui a renforcé l’identité européenne de chacun d’eux. Nous avons un programme dans la région mais qui reste très limité. Pour avoir un Erasmus avec un certain impact, il faut des fonds. Il faut aussi de la mobilité, surtout du Sud vers le Nord, pour nos jeunes étudiants. Enfin, il est nécessaire d’accroître (et nous y travaillons) une internationalisation des diplômes, une reconnaissance des enseignements entre les pays. Il faudrait que les enseignants-chercheurs et professeurs puissent circuler librement dans la région. C’est désirable, mais nous n’en sommes pas encore là.

La pandémie de Covid-19 est aussi une occasion de repenser la manière de travailler ensemble, en particulier en ce qui concerne le défi environnemental, particulièrement en Méditerranée. Comment peut-on, selon vous, limiter les effets du changement climatique sur les pays du pourtour méditerranéen?

Nous avons été les premiers à sonner l’alarme par rapport à la spécificité de la région, doublement plus en danger que le reste du monde. Nous sommes la 22e région du monde (la première étant l’Antarctique) à être touchée. Dix villes de Méditerranée sont en danger à cause du réchauffement climatique, dans une zone où 70% de la population va vivre dans des grandes villes, pour la plupart côtières, ce n’est donc pas un débat intellectuel, mais une question existentielle. C’est le message que nous passons à la jeunesse de la région, aux décideurs politiques. Il y aura une rencontre ministérielle sur l’action climatique en Égypte les 4 et 5 octobre prochain. J’espère que l’on adoptera une vision commune et ambitieuse que l’on pourra présenter, ensemble, au sommet de la Terre, ou à la Cop 26, à Glasgow, l’objectif étant de présenter un front uni autour de ce défi planétaire. 

L’eau constitue l’un des grands défis du XXIᵉ siècle. Le pourtour méditerranéen est une des zones les plus pauvres en eau dans le monde. Son accès y est très inégalement réparti, et pourtant il n’y a pas véritablement de stratégie commune liée à l’eau. On parle surtout de projets au cas par cas. L’un de ces projets phares prévoit d’ailleurs la mise en place d’une installation de dessalement des eaux à Gaza. Où en est ce projet aujourd’hui?  

Ce projet a pris du retard, mais deux dernières années on a pu résoudre les trois principaux obstacles: tout d’abord celui de la mobilisation des fonds. Ils sont sécurisés auprès de tous les pays membres de l’UE, des pays du Golfe, de la Banque de développement islamique. Le deuxième défi était de garantir l’approvisionnement en énergie, problème qui a été résolu. Enfin, il fallait des garanties de certains pays voisins pour faciliter la construction de ce projet, et nous les avons obtenues. L’appel d’offre est lancé, et dans quelques mois, les contrats initiaux seront accordés. Le travail va donc commencer. Sur ce projet spécifique, nous sommes arrivés au stade de mise en œuvre.

Cela dit, nous travaillons sur la problématique de l’eau à l’échelle régionale. Le plus important à mon avis est la gestion de cette ressource, déjà très limitée dans notre région et qui, selon les prévisions, diminuera encore de 20 à 25% au cours des prochaines années, à cause de l’impact du changement climatique. Nous travaillons sur plusieurs axes. Nous regardons d’abord comment mieux gérer cette ressource: actuellement, il y a beaucoup de pertes en raison d’une mauvaise gestion notamment dans la conduite de nos activités agricoles. Toutefois, nous avons avancé. Nous avons pu instaurer auprès des responsables du secteur de la région des bonnes conduites à adopter en matière de gestion de cette ressource précieuse. 

Par ailleurs, nous nous sommes penchés sur la finance: comment encourager le privé à investir davantage dans ce secteur, à créer des partenariats entre le public et privé? Il reste énormément à faire, mais je crois qu’il existe quand même une vision commune. Ce n’est pas vraiment un secteur où l’on parle de coopération entre États mais plus d’une gestion pays par pays.

Les ambitions de l’UPM ne sont-elles pas freinées par les différents conflits politiques? Par exemple le conflit israélo-palestinien?

Certains secteurs sont impactés par le contexte géopolitique existant dans une sous-région ou une autre. Mais hormis la problématique du dessalement d’eau, donc du projet très spécifique de Gaza, nous n’avons pas constaté un impact important sur notre capacité à travailler. Gaza n’est pas un exemple valable pour l’ensemble de la région. Mais il est vrai qu’on ne peut nier que les conflits ont un impact sur beaucoup de choses. De plus en plus de pays membres, lors des rencontres sur des thématiques comme la préservation de l’environnement ou l’autonomisation des femmes, parviennent à laisser de côté les problématiques géopolitiques. Ils partagent tous le désir d’avancer sur ces thématiques. Des thématiques qui ne divisent pas, mais qui au contraire réunissent.

Cela ne paraît pas toujours être le cas. Certains conflits ralentissent le développement de projets. Celui du Sahara, par exemple, empoisonne les relations entre le Maroc et l’Algérie, et entrave la mise en œuvre d’une véritable Union du Maghreb arabe, de projets et donc du renforcement du processus régional d’intégration. N’est-ce pas problématique lorsqu’on sait que le Maghreb est l’une des régions les moins intégrées d’Afrique et du monde? 

Je ne suis pas aussi pessimiste que certains concernant une intégration régionale au Maghreb plus renforcée. Certes, les différends entre les pays de la région ont un impact et cela continuera d’en avoir sur certaines questions. Mais on voit que ces pays, lors de rencontres par exemple autour de l’agriculture, du climat sont coopératifs, ils s’engagent, participent à des projets, et ont généralement une attitude positive. Toutefois, je suis d’accord avec vous, sans ces problématiques, on aurait avancé beaucoup plus rapidement.

En 2019, vous avez rencontré le secrétaire général de l’Union du Maghreb arabe. Il s’agissait de la première visite officielle de l’UMA à l’UPM…

Toutes les initiatives sous-régionales font partie du projet. Si les sous-régions s’intègrent mieux, la région entière s’intégrera mieux. J’avais assuré au secrétaire général M. Baccouche notre disponibilité à mettre tous nos moyens au service à l’Union du Maghreb arabe. Cela fait partie de mon ADN d’appuyer toute initiative sous-régionale, pour parvenir à réaliser nos objectifs communs de bâtir une région en paix, en sécurité et prospère. 


L'Iran tire des missiles sur les États arabes du Golfe, un mort à Abu Dhabi

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  • Oman appelle toutes les parties à cesser le combat, mettant en garde contre des "conséquences désastreuses"
  • Le Koweït, le Qatar, les Émirats arabes unis et la Jordanie, qui ont tous une présence militaire américaine, ont déclaré avoir intercepté les missiles iraniens

DUBAI : Plusieurs États arabes du Golfe ont déclaré avoir été visés par des missiles iraniens samedi après que Téhéran eut promis de riposter aux frappes des États-Unis et d'Israël, provoquant un conflit dans une partie du monde arabe qui s'enorgueillit d'une relative sécurité.

Les médias d'État des Émirats arabes unis ont déclaré qu'une personne avait été tuée à Abou Dhabi, mais n'ont donné aucun détail.

Le Koweït, le Qatar, les Émirats arabes unis et la Jordanie, qui ont tous une présence militaire américaine, ont déclaré avoir intercepté les missiles iraniens. "Tous les territoires occupés et les bases criminelles américaines dans la région ont été frappés par les puissants missiles iraniens. Cette opération se poursuivra sans relâche jusqu'à ce que l'ennemi soit vaincu de manière décisive", ont déclaré les Gardiens de la révolution iraniens.

Vrombissements, fumée grise

Bahreïn a confirmé qu'une attaque avait eu lieu sur son territoire et a déclaré qu'un centre de service de la cinquième flotte américaine avait été touché. La vidéo d'un témoin de l'agence Reuters montre un panache de fumée grise s'élevant près de la côte de la petite nation insulaire, tandis que les sirènes retentissent.


Selon cinq témoins, dont deux correspondants de Reuters, de fortes détonations ont été entendues à Abu Dhabi et à Dubaï tout au long de la journée de samedi. Certains habitants ont reçu une alerte téléphonique leur demandant de se réfugier dans le bâtiment sécurisé le plus proche et de s'éloigner des fenêtres en raison de la menace de missiles.

Un témoin a déclaré à Reuters avoir entendu cinq détonations en succession rapide qui ont fait vibrer les fenêtres d'une maison située près de la Corniche d'Abou Dhabi. D'autres témoins dans les régions d'Al-Dhafra et de Bateen ont également entendu de fortes détonations. Samedi après-midi, des avions de chasse ont été aperçus autour de l'île de Yas, à Abu Dhabi.

Les Émirats arabes unis ont réussi à intercepter plusieurs missiles iraniens, a rapporté l'agence de presse nationale WAM.

"Les autorités compétentes du pays se sont également occupées de la chute d'éclats d'obus sur une zone résidentielle de la ville d'Abou Dhabi, qui a provoqué des dégâts matériels et la mort d'une personne de nationalité asiatique", a déclaré WAM.

Les autorités de l'aviation civile des Émirats arabes unis ont annoncé la fermeture temporaire et partielle de l'espace aérien du pays à titre de mesure de précaution exceptionnelle.

Une deuxième vague de frappes iraniennes a ensuite été interceptée, des fragments de missiles tombant sur la capitale Abu Dhabi sans faire de blessés.

"Le ministère de la défense a annoncé que les défenses aériennes des Émirats arabes unis avaient réussi à intercepter une nouvelle vague de missiles iraniens.

"Des fragments des missiles interceptés sont tombés dans différentes zones d'Abou Dhabi, notamment sur l'île de Saadiyat, à Khalifa City, à Bani Yas, à Mohamed bin Zayed City et à Al Falah", a-t-il ajouté, confirmant qu'"il n'y a pas eu de blessés dans ces endroits".

Le ministère de l'économie des Émirats arabes unis a déclaré qu'il détenait des réserves stratégiques de produits de base qui étaient abondants et "sûrs", et a exhorté les citoyens et les résidents à éviter de faire des réserves, a rapporté l'agence de presse nationale WAM.

Des témoins font état d'une explosion et de missiles au-dessus de Dubaï

Des témoins à Dubaï ont entendu une explosion et vu des missiles filer dans le ciel après que l'Iran a lancé une attaque meurtrière contre les Émirats arabes unis samedi.

"C'était une grosse explosion qui a fait trembler les fenêtres", a déclaré à l'AFP un témoin qui a requis l'anonymat, faisant écho à un récit similaire d'un autre habitant de Dubaï.

Une autre habitante a déclaré avoir vu trois missiles se diriger dans le ciel avant de disparaître au loin, les décrivant comme des "boules de feu" suivies d'une traînée de fumée.


La Jordanie défendra ses intérêts "de toutes ses forces" : porte-parole du gouvernement

Le gouvernement jordanien a appelé samedi à l'arrêt de l'escalade militaire au Moyen-Orient mais a déclaré qu'il défendrait les intérêts du royaume "de toutes ses forces", après que les États-Unis et Israël ont lancé des frappes sur l'Iran.

"La Jordanie ne participe pas au conflit dans la région et ne permettra à personne de violer sa souveraineté. Elle défendra ses intérêts de toutes ses forces", a déclaré le porte-parole du gouvernement, Mohammad Momani, à la chaîne de télévision officielle jordanienne Al-Mamlaka.


"La position de la Jordanie est claire quant à la nécessité d'arrêter l'escalade dans la région", a-t-il ajouté.

Les forces armées jordaniennes ont déclaré avoir réussi à intercepter 13 missiles balistiques depuis samedi matin, dans le cadre d'une opération qui a causé des dégâts mais n'a pas fait de victimes.

"Les forces armées ont engagé 49 drones et missiles balistiques ciblant le territoire jordanien aujourd'hui", a déclaré une source militaire, ajoutant que "13 missiles balistiques ont été interceptés avec succès par les systèmes de défense aérienne jordaniens, tandis que des drones ont été abattus".

Le communiqué précise que "l'opération d'interception a causé des dégâts matériels mais n'a pas fait de victimes".

"Le personnel de la défense civile et de la police a répondu à 12 rapports de chutes d'objets et de débris dans les gouvernorats de la capitale Amman, Zarqa, Jerash, Madaba et Irbid entre ce matin et 14 heures (1100 GMT)", a ajouté le communiqué.

Réponse régionale

Au Qatar, l'armée a déclaré dans un communiqué avoir intercepté des missiles iraniens avant qu'ils n'atteignent le territoire qatari après une "coordination conjointe". Plusieurs vagues successives d'explosions ont été entendues dans la capitale qatarie, Doha.

Après que l'ambassade des États-Unis a lancé un avertissement pour que les habitants de Doha se mettent à l'abri, de nombreux résidents ont poursuivi leurs activités habituelles. Les acheteurs se trouvaient dans les supermarchés, les baigneurs se rendaient au bord de la mer et un bus jaune à impériale rempli de touristes traversait le quartier West Bay de la ville. Plus tard, lorsque le gouvernement a diffusé un avertissement de mise à l'abri sur les téléphones portables, on a vu moins de gens dans les rues et la circulation s'est fluidifiée.

L'armée koweïtienne affirme avoir fait face aux missiles iraniens en fermant l'espace aérien du pays.

Un drone a frappé l'aéroport international du Koweït, selon l'autorité de l'aviation civile, causant des blessures mineures.

"Un drone a visé l'aéroport international du Koweït, causant des blessures légères à un certain nombre d'employés, ainsi que des dommages matériels limités au terminal des passagers", a déclaré l'autorité dans un communiqué.

Le premier ministre libanais, Nawaf Salam, a déclaré que son pays refusait d'être entraîné dans la guerre.

Les autorités craignent que le groupe militant libanais Hezbollah, soutenu par l'Iran, ne s'implique dans le conflit.

Juste avant le début de l'opération, Israël a annoncé qu'il menait des frappes sur les infrastructures du Hezbollah dans le sud du Liban

Les compagnies aériennes internationales ont suspendu leurs vols dans tout le Moyen-Orient, les cartes de vol montrant que l'espace aérien au-dessus de l'Iran était pratiquement vide.

Le médiateur Oman exhorte toutes les parties à "cesser immédiatement les opérations militaires".

Oman a appelé toutes les parties à cesser les combats samedi, mettant en garde contre les "conséquences désastreuses" des attaques lancées par les États-Unis et Israël contre l'Iran, qui a riposté par des tirs de missiles de grande envergure.

Le ministère des affaires étrangères d'Oman, médiateur dans les récents pourparlers entre les États-Unis et l'Iran, a exprimé son "profond regret face aux opérations militaires lancées par Israël et les États-Unis contre la République islamique d'Iran, mettant en garde contre le danger d'une escalade du conflit qui aurait des conséquences désastreuses pour la région".

Oman a déclaré qu'il appelait "toutes les parties à cesser immédiatement les opérations militaires et demandait instamment au Conseil de sécurité des Nations unies de convoquer une réunion d'urgence pour imposer un cessez-le-feu".


Des médias israéliens affirment que le guide suprême iranien Khamenei a été tué

Photo fournie par le bureau du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, le montrant lors d'un rassemblement religieux à Téhéran le 19 février 2026. (AFP/KHAMENEI.IR)
Photo fournie par le bureau du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, le montrant lors d'un rassemblement religieux à Téhéran le 19 février 2026. (AFP/KHAMENEI.IR)
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  • Deux télévisions israéliennes affirment samedi soir que le guide suprême iranien Ali Khamenei a été tué dans l'attaque israélo-américaine
  • "Source israélienne: Khamenei est mort", indique un bandeau de la chaîne 12

JERUSALEM: Deux télévisions israéliennes affirment samedi soir que le guide suprême iranien Ali Khamenei a été tué dans l'attaque israélo-américaine lancée samedi matin sur l'Iran.

"Source israélienne: Khamenei est mort", indique un bandeau de la chaîne 12. "Source israélienne: Ali Khamenei a été éliminé", affiche pour sa part la télévision publique KAN.

 

 

 


Le Liban n'acceptera pas d'être entraîné dans le conflit, dit son Premier ministre

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam s’adresse à des journalistes de médias et d’agences de presse étrangères au Grand Sérail (palais du gouvernement) à Beyrouth, le 3 décembre 2025. (AFP)
Le Premier ministre libanais Nawaf Salam s’adresse à des journalistes de médias et d’agences de presse étrangères au Grand Sérail (palais du gouvernement) à Beyrouth, le 3 décembre 2025. (AFP)
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  • Les autorités libanaises, dont le Premier ministre Nawaf Salam et le président Joseph Aoun, ont affirmé leur refus d’impliquer le Liban dans l’escalade entre les États-Unis, Israël et l’Iran, appelant à la sagesse et à la préservation de l’unité nationale
  • Le Hezbollah, affaibli par son récent conflit avec Israël, a reporté le discours de son chef Naïm Qassem et maintient une posture défensive

BEYROUTH: Les dirigeants libanais, qui craignent une implication du Hezbollah après les frappes américaines et israéliennes contre l'Iran, ont affirmé samedi qu'ils refusaient d'entraîner leur pays dans le conflit.

Le Hezbollah a annoncé qu'un discours de son chef Naïm Qassem, prévu à 13h00 GMT, était reporté "en raison des développements".

Les Etats-Unis et Israël ont mené samedi une série de frappes contre l'Iran qui a riposté, faisant craindre un embrasement régional.

"Je réitère que nous n'accepterons pas que quiconque entraîne le pays dans des aventures qui menacent sa sécurité et son unité", a affirmé le Premier ministre Nawaf Salam sur X.

"A la lumière des sérieux développements dans la région, j'appelle à nouveau tous les Libanais à agir avec sagesse et patriotisme et à placer les intérêts du Liban et de son peuple au-dessus de toute considération", a-t-il ajouté.

Le président Joseph Aoun a estimé dans un communiqué "nécessaire d'éviter au Liban les catastrophes des conflits extérieurs".

La coordinatrice spéciale de l'ONU au Liban, Jeanine Hennis, a exhorté "toutes les parties au Liban" de "donner la priorité, en paroles et en actes, à la nécessité de protéger le pays et son peuple des développements régionaux".

Peu avant le début des frappes, Israël a annoncé avoir visé des positions "des infrastructures" du Hezbollah dans le sud du Liban.

L'agence nationale d'information (ANI, officielle) a indiqué que des raids avaient visé des régions montagneuses où le Hezbollah est fortement implanté.

Le Liban a dit craindre des attaques d'Israël contre ses infrastructures civiles en cas d'élargissement du conflit avec l'Iran.

Le Hezbollah n'interviendra pas militairement en cas de frappes américaines "limitées" contre l'Iran, mais considérera toute atteinte contre le guide suprême, Ali Khamenei, comme une "ligne rouge", avait indiqué mercredi à l'AFP un responsable de cette formation.

Le chef du Hezbollah répète que sa formation est en "position défensive" mais a affirmé qu'elle s'estimerait "visée" par toute attaque américaine contre l'Iran.

Lors des raids israéliens et américains sur l'Iran en juin dernier, le Hezbollah n'était pas intervenu.

La formation chiite est sortie affaiblie d'une guerre avec Israël, qui continue de la frapper malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024, et l'accuse de se réarmer.