L'Arabie saoudite avance à grands pas vers les solutions durables

(Photo/Fournie)
(Photo/Fournie)
(Photo/Fournie)
(Photo/Fournie)
(Photo/Fournie)
(Photo/Fournie)
Short Url
Publié le Dimanche 06 juin 2021

L'Arabie saoudite avance à grands pas vers les solutions durables

(Photo/Fournie)
(Photo/Fournie)
(Photo/Fournie)
  • L'Arabie saoudite surpasse 172 pays en matière de préservation et de protection des environnements naturels
  • Naqaa Solutions, le premier fournisseur de solutions de durabilité environnementale en Arabie saoudite, a lancé un nouveau produit durable : Le Distributeur automatique inversé

DJEDDAH : La Vision 2030 de l'Arabie saoudite prévoit de s'attaquer aux problèmes environnementaux et de mettre en œuvre des solutions durables. Au cours des cinq dernières années, le Royaume a fait de grands pas en avant en matière d'initiatives « vertes » allant du recyclage à la gestion des déchets. 

Au début de cette année, un décret royal a approuvé la création de cinq centres nationaux pour l'environnement et le lancement d'un fonds en faveur de l'environnement. Ces décisions s'inscrivent dans le cadre d'un plan national visant à réglementer les structures institutionnelles dans le domaine de l'environnement, sachant que le changement climatique et la durabilité figurent parmi les principaux défis à relever par l'Arabie saoudite en matière d'environnement. 

Sous le thème « Generation Restoration » (ou Restaurer les générations), le vice-ministre de l'Environnement, de l'Eau et de l'Agriculture, Mansour Al-Mushaiti, a annoncé que le Royaume entendait consacrer de gros efforts à la restauration et à la protection des écosystèmes et ce, grâce à une série de campagnes qui seront menées au cours de la prochaine décennie. 

Le ministère a engagé 17 initiatives en faveur de l'environnement, ainsi que des services météorologiques dans le cadre du Programme de transformation nationale 2020 (National Transformation Program). 

M. Al-Mushaiti précise par ailleurs que le ministère mène actuellement une action visant à créer un centre de lutte contre le changement climatique, à supprimer les cultures gourmandes en eau et à introduire des technologies non polluantes et économes en eau. Ces initiatives, au nombre de 64, s'inscrivent dans le cadre de la stratégie nationale pour l'environnement. 

Soucieuse de devenir une ville sans déchets, la municipalité de Médine s'est associée à Bee'ah, une société émiratie, fondée en 2007 et reconnue comme étant l'une des principales entreprises de solutions durables au Moyen-Orient. Ce partenariat a pour objectif de fournir des solutions de gestion des déchets. 

Grâce à un éventail de projets allant du conseil en matière d'environnement aux énergies renouvelables, en passant par la technologie, le transport durable et la formation et le développement, la société Bee'ah s'est développée au sein du Royaume et a obtenu trois contrats relatifs aux services de gestion des déchets à Médine, qui couvriront 70 % de la superficie de la ville et desserviront 1,2 million de personnes. Ces services couvriront la collecte et le transport des déchets solides, la désinfection et l'assainissement des poubelles, des sessions de formation, des ateliers mais aussi des campagnes de sensibilisation. 

1
Kholud Al-Fadhli est à la tête du groupe Green Leaves PlayGroup. Cela fait 11 jours qu'elle travaille à réaliser la plus grande carte du monde à partir de bouchons de bouteilles en plastique ; elle se prépare à battre le record mondial de 250 mètres carrés du Guiness (Photo, Fournie)

« Nous sommes fiers du fait que Bee'ah ait été chargée, l'année dernière, d'appliquer à la ville de Médine ses solutions de nettoyage des villes et de collecte des déchets de calibre mondial. Nous développons une feuille de route exhaustive portant sur la gestion des déchets afin de faire de Médine la ville la plus propre du Moyen-Orient », confie à Arab News Mohamed Al-Hosani, PDG de Bee'ah en Arabie Saoudite. 

M. Al-Hosani estime que le Royaume fait des avancées remarquables dans la promotion du développement durable et la protection de son environnement. 

En début d'année, le prince héritier, Mohammad ben Salmane, a lancé l'Initiative verte pour l'Arabie saoudite ainsi que l'Initiative verte pour le Moyen-Orient. Ces deux initiatives prévoient une réduction de 60 % des émissions de carbone, une augmentation de 50 % de la capacité énergétique grâce aux énergies renouvelables à l'horizon 2030 ainsi que la plantation de 50 milliards d'arbres au Moyen-Orient. 

Il a déclaré que le Royaume a souscrit une série d'engagements au titre de la Vision 2030 et au sommet du Groupe des Vingt (G20) qui s'est tenu à Riyad l'année dernière, des engagements qui soulignent une volonté de favoriser la durabilité. 

FAITS MARQUANTS 

  • L'Arabie saoudite arrive en tête du classement mondial de l'Indice de protection des espèces. 
  • Le Royaume occupe la première place dans les classements relatifs à la « diminution du couvert végétal » et à la « disparition des zones humides ». 
  • Des efforts sont entrepris pour établir un centre de lutte contre le changement climatique dans le Royaume. 

Dans le même temps, Naqaa Solutions, le premier fournisseur de solutions de durabilité environnementale en Arabie saoudite, a lancé un nouveau produit durable : Le Distributeur automatique inversé (Reverse Vending Machine - RVM). 

Le RVM sert à collecter des produits recyclables spécifiques et propose en même temps des motivations.  

Les récipients à boissons occupent à eux seuls jusqu'à 50 % de la capacité d'une poubelle ordinaire, ce qui fait du RVM un outil idéal pour les écoles, les universités, les magasins, les supermarchés et les stades. 

Ces machines sont compactes, autonomes et acceptent tous les récipients en polyéthylène téréphtalate (PET) et en aluminium. Créé en premier lieu pour offrir aux citoyens un moyen facile de recycler, le RVM respecte à la lettre les directives européennes en matière d'environnement et permet de séparer et de compresser automatiquement les bouteilles et canettes de boissons. 

« Sous une direction ambitieuse, l'Arabie saoudite se tourne plus que jamais vers la durabilité dans tous ses aspects, et la conservation de l'environnement fait partie intégrante de la mise en œuvre de la Vision 2030 du Royaume et de l'amélioration de la qualité de vie », explique à Arab News Mouna Eusman, cofondatrice de Naqaa Solutions. 

« Chez Naqaa, nous nous efforçons de rester à la hauteur et d'accélérer la transition vers un avenir durable, selon le plan élaboré par le gouvernement », ajoute-t-elle. 

Kholud Al-Fadhli est à la tête du groupe Green Leaves PlayGroup. Cela fait 11 jours qu'elle travaille à réaliser la plus grande carte du monde à partir de bouchons de bouteilles en plastique ; elle se prépare à battre le record mondial de 250 mètres carrés du Guiness. 

C'est Caroline Chaptini qui a réalisé la plus grande mosaïque de bouchons de bouteilles au monde à ce jour, le 30 mai 2020 à Miziara, au Liban. Cette mosaïque s'étend sur 196,94 mètres carrés. 

« Battre ce record représente une idée passionnante pour le Royaume », souligne-t-elle. En effet, plus de la moitié de la carte est déjà constituée de près de 300 000 bouchons de bouteilles multicolores. 

« À l'occasion de la Journée mondiale de l'environnement, j'aimerais mettre en lumière l'importance de la protection de notre planète à bien des égards. J'ai choisi de collecter le plastique », confie-t-elle à Arab News. 

L'idée lui est venue trois mois auparavant lorsqu'elle a lancé une campagne de collecte de bouchons de bouteilles en plastique. 

« Je me suis adressée au début à ma famille et mes amis. Mais le cercle s'est agrandi et j'ai donc décidé de lancer une campagne pour encourager les gens à ne pas jeter leurs bouchons de bouteille, à les collecter et à me les envoyer pour m'aider à battre un record mondial à partir de ces bouchons qui dessineront la carte du monde », explique-t-elle. 

« Je souhaitais relever le défi de réaliser cette carte. J'ai expliqué aux gens que le recyclage était un acte louable et qu'une fois la carte terminée, je confierais tous les bouchons à Mawakeb Al-Ajer, une organisation caritative de Djeddah, qui les enverra à son tour dans des usines de recyclage. Ces usines profiteront des actions caritatives des gens qui ont participé au projet. Il s'agit d'un défi personnel ; (un) objectif à la fois écologique et caritatif ». 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Vision Golfe 2026 confirme son rôle de moteur du partenariat économique entre la France et le CCG

L’événement a été inauguré par Roland Lescure, ministre français de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, ainsi que par Nicolas Forissier, ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité, aux côtés de Louis Margueritte, directeur général de Business France. (Photo fournie)
L’événement a été inauguré par Roland Lescure, ministre français de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, ainsi que par Nicolas Forissier, ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité, aux côtés de Louis Margueritte, directeur général de Business France. (Photo fournie)
  • Organisé par Business France, le forum s’est imposé comme un rendez-vous incontournable pour les acteurs économiques souhaitant renforcer les liens commerciaux et d’investissement entre les deux régions
  • L’événement a été inauguré par Roland Lescure, ministre français de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, ainsi que par Nicolas Forissier, ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité

PARIS:  L’édition 2025 de Vision Golfe a confirmé son statut de principale plateforme de coopération économique entre la France et les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), réunissant à Paris plus de 1 200 participants, parmi lesquels des ministres, de hauts responsables gouvernementaux et des dirigeants d’entreprises de premier plan venus de France et de l’ensemble de la région du Golfe.

Organisé par Business France, le forum s’est imposé comme un rendez-vous incontournable pour les acteurs économiques souhaitant renforcer les liens commerciaux et d’investissement entre les deux régions, dans un contexte marqué par la diversification économique des pays du Golfe et la recherche de nouveaux partenariats stratégiques.

L’événement a été inauguré par Roland Lescure, ministre français de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, ainsi que par Nicolas Forissier, ministre délégué chargé du Commerce extérieur et de l’Attractivité, aux côtés de Louis Margueritte, directeur général de Business France.

La forte présence de responsables du Golfe a également marqué cette édition. Parmi eux figuraient Son Excellence l’ingénieur Khalid bin Saleh Al-Mudaifer, vice-ministre saoudien de l’Industrie et des Ressources minérales, Son Excellence Mohammed Abdulrahman Al Hawi, sous-secrétaire au ministère de l’Investissement des Émirats arabes unis, ainsi que Son Excellence Khalid Ebrahim Humaidan, gouverneur de la Banque centrale de Bahreïn. Leur participation a illustré la volonté commune de franchir une nouvelle étape dans la coopération économique entre la France et les pays du CCG.

Tout au long de la journée, les échanges ont porté sur plusieurs secteurs stratégiques appelés à façonner l’économie de demain, notamment l’énergie, l’intelligence artificielle, l’industrie, la santé, la sécurité alimentaire et l’investissement. Plus de 3 500 rencontres d’affaires (B2B) ont été organisées, offrant aux entreprises françaises et du Golfe l’opportunité d’explorer de nouvelles perspectives de collaboration.

Au-delà des discussions, le forum a débouché sur des résultats concrets avec la signature de plusieurs protocoles d’accord stratégiques. Parmi les annonces marquantes figure un partenariat dans le domaine des technologies quantiques entre Quandela et Mekdam Holding Group, illustrant l’intérêt croissant du Golfe pour les technologies de pointe.

Dans le secteur de la sécurité alimentaire, un autre accord a été conclu entre SEMMARIS, gestionnaire du Marché International de Rungis, et Abu Dhabi Food Hub. Cette coopération vise à renforcer les échanges de savoir-faire et à soutenir le développement de chaînes d’approvisionnement alimentaires plus résilientes et innovantes.

Ces accords témoignent du rôle croissant de Vision Golfe en tant que catalyseur de partenariats concrets entre la France et les pays du Golfe. Alors que les économies de la région poursuivent leur transformation dans le cadre de stratégies ambitieuses telles que la Vision 2030 saoudienne ou les plans de diversification économique des Émirats arabes unis et de Bahreïn, le forum apparaît plus que jamais comme un espace privilégié pour construire des collaborations durables, fondées sur l’innovation, l’investissement et la confiance mutuelle.


Troisième édition du « French-Saudi youth business club »: un dialogue portée par l’innovation la culture et la jeunesse

Rahma Alazhrani et Caroline Petroque- Gomer s’exprimant ensemble lors de la rencontre. (Photo Arlette Khouri)
Rahma Alazhrani et Caroline Petroque- Gomer s’exprimant ensemble lors de la rencontre. (Photo Arlette Khouri)
  • Dans le prolongement de l’événement « Vision Golfe », cette rencontre a rassemblé entrepreneurs, institutions et jeunes talents autour d’une ambition commune : construire des partenariats durables tournés vers l’avenir
  • Au cœur des échanges, la transformation profonde engagée par l’Arabie saoudite dans le cadre de la Vision 2030 a occupé une place centrale, comme l’a souligné Axel Baroux, directeur régional de Business France pour le Moyen-Orient

PARIS: La troisième édition du « French-Saudi Business Youth », qui s’est tenue à Paris à l’Institut du monde arabe, a confirmé la vitalité du dialogue entre la France et l’Arabie saoudite.

Dans le prolongement de l’événement « Vision Golfe », cette rencontre a rassemblé entrepreneurs, institutions et jeunes talents autour d’une ambition commune : construire des partenariats durables tournés vers l’avenir.

Au cœur des échanges, la transformation profonde engagée par l’Arabie saoudite dans le cadre de la Vision 2030 a occupé une place centrale, comme l’a souligné Axel Baroux, directeur régional de Business France pour le Moyen-Orient.

« Ce dialogue ne cesse de se renforcer et de se structurer autour de stratégies ambitieuses », a-t-il souligné, en insistant sur le fait que le Royaume connaît « une transformation économique majeure, portée par des projets gigantesques, un développement culturel affirmé et des investissements massifs dans de nombreux secteurs ».

Dans ce contexte, les entreprises françaises disposent d’une opportunité stratégique. Business France joue un rôle clé en facilitant leur implantation, en identifiant les bons partenaires locaux et en accompagnant leur développement sur le long terme.

Les secteurs concernés sont nombreux : infrastructures, énergie, technologies, environnement, mais aussi industries culturelles.

IMA
Le fondateur et président du « French Saudi Hoth Business Club » prononçant un mot d’ouverture. (Photo Arlette Khouri)

La dimension culturelle a également été largement mise en avant. Plusieurs interventions ont rappelé que l’architecture constitue souvent « la première impression qu’un visiteur perçoit d’un pays ».

Elle ne se limite pas à la construction de bâtiments, mais reflète une identité, une histoire et une vision. En Arabie saoudite, les nouveaux projets intègrent cette dimension en cherchant à préserver l’authenticité culturelle tout en accompagnant la modernisation.

Cette approche se traduit par une volonté de créer des espaces où « culture et hospitalité » occupent une place centrale.

Les projets sont conçus pour offrir une expérience globale, mêlant patrimoine, innovation et qualité d’accueil, dans le but de construire des environnements qui ne soient pas seulement fonctionnels, mais également porteurs de sens et d’émotion.

La coopération franco-saoudienne s’inscrit pleinement dans cette logique, et l’expertise française, notamment dans les domaines de l’architecture, du design et de la culture, est perçue comme une source d’inspiration et un partenaire naturel pour accompagner ces transformations.

Par ailleurs, les témoignages d’entrepreneuses engagées dans la cybersécurité ont apporté un éclairage concret sur les conditions de réussite de cette coopération.

Elles ont rappelé que « la cybersécurité repose avant tout sur la confiance : confiance dans les données, dans les outils et dans les partenaires ».

Construire cette confiance suppose de prendre le temps de comprendre les contextes culturels et les modes de fonctionnement de chacun, car « avant de faire du business, il faut comprendre qui nous sommes et avec qui nous travaillons », ont-elles souligné.

Trois idées fortes se dégagent de cette rencontre : la complémentarité des profils, la nécessité de comprendre les contextes et l’importance de la résilience.

Dans un environnement en mutation rapide, tous les projets n’avancent pas au même rythme, mais la persévérance reste essentielle.

Enfin, la jeunesse apparaît comme un moteur fondamental de cette dynamique. Au-delà de l’âge, elle incarne un état d’esprit fait de curiosité, d’ouverture et de capacité d’adaptation. Elle est appelée à jouer un rôle clé dans la construction de passerelles entre les deux pays.


De la sécurité hydrique à l’IA, Vision Golfe trace la prochaine étape de la coopération France-GCC

Short Url
  • Vision Golfe 2026 a mis en lumière l’attention croissante portée par la France et les pays du Golfe à la résilience, à la souveraineté et à la compétitivité, par des discussions consacrées surtout à la sécurité hydrique et à l’intelligence artificielle
  • Au-delà des débats stratégiques, les nombreuses rencontres B2B et B2G ont souligné la volonté du forum de favoriser des partenariats concrets, des investissements et une coopération économique durable

PARIS: La résilience stratégique s’est imposée comme le thème central de la première journée de Vision Golfe 2026, qui a réuni à Paris des décideurs politiques français et du Golfe, des chefs d’entreprise, des investisseurs et des innovateurs afin d’explorer de nouvelles perspectives de coopération dans un environnement mondial de plus en plus complexe.

Placée sous le thème « De la coopération à la transformation », cette édition du forum a mis en avant une ambition commune : dépasser les relations économiques traditionnelles pour construire des partenariats plus profonds, capables de soutenir la compétitivité à long terme, une croissance durable et la souveraineté économique.

Le forum s’est ouvert avec les interventions de Louis Margueritte, directeur général de Business France, des ministres français Roland Lescure et Nicolas Forissier, ainsi que les allocutions de Khalid bin Saleh Al-Mudaifer, vice-ministre saoudien de l’Industrie et des Ressources minérales chargé des affaires minières, et de Jean-Yves Le Drian, ancien ministre français. Tous ont souligné l’importance stratégique croissante de la coopération entre la France et les pays du Golfe dans des domaines allant de l’investissement et du développement industriel à la souveraineté économique et à la croissance de long terme.

Dans un contexte marqué par les incertitudes géopolitiques, les ruptures technologiques et les pressions croissantes sur les ressources critiques, les discussions ont porté tout au long de la journée sur les moyens de renforcer la résilience grâce à la coopération dans les domaines de l’investissement, de l’innovation, des infrastructures et du capital humain. 

--
Roland Lescure, ministre français de l’Économie. (Photo fournie)

Compétitivité économique et autonomie stratégique

Un thème récurrent a émergé au fil des échanges : le lien croissant entre compétitivité économique et autonomie stratégique.

Qu’il s’agisse des ressources critiques, des infrastructures numériques, des capacités industrielles ou des chaînes d’approvisionnement, les intervenants ont souligné que la résilience économique dépend de plus en plus de la capacité à réduire les vulnérabilités tout en préservant des partenariats internationaux solides.

La notion de souveraineté dépasse désormais les seules considérations de sécurité pour englober l’accès aux technologies, aux talents, aux financements et à des écosystèmes industriels résilients. 

--
Louis Margueritte, directeur général de Business France. (Photo fournie)

Cette vision élargie de la résilience a constitué le fil conducteur de plusieurs discussions de la journée.

Lors du panel intitulé « Sécurité hydrique, décarbonation et souveraineté : des stratégies intégrées pour une gestion circulaire des ressources », la question de l’eau s’est imposée comme un enjeu central des stratégies économiques.

Les échanges ont montré que la sécurité hydrique n’est plus perçue uniquement comme un défi environnemental ou infrastructurel, mais comme un pilier stratégique du développement économique, de la croissance industrielle, de la sécurité alimentaire et de la résilience climatique.

Le panel réunissait Abdullah Bin Tuwaym, directeur des transactions à la Saudi Water Partnership Company (SHARAKAT), Mohammed Al-Zuabi, directeur général de Marafiq, Luis de Lope, directeur général de SAUR International, et Iheb Triki, cofondateur et directeur général de Kumulus Water.

Les discussions ont porté sur l’évolution des partenariats public-privé, le financement des infrastructures durables, le rôle des technologies numériques dans la gestion des services publics et l’importance croissante de l’économie circulaire dans la gestion des ressources.

Les intervenants ont souligné que les pays du GCC ont fait de la sécurité hydrique une priorité stratégique nationale grâce à des investissements dans le dessalement, le traitement des eaux usées et les infrastructures de services publics avancées. L’attention se porte désormais davantage sur l’efficacité, la réutilisation de l’eau, les technologies décentralisées et le renforcement de la coopération public-privé afin de consolider la souveraineté des ressources à long terme.

Complémentarité des atouts de la France et du Golfe

Ces échanges ont illustré une prise de conscience plus large parmi les acteurs français et du Golfe : la sécurité des ressources est devenue une composante essentielle de la résilience économique.

Si l’eau symbolise le défi de la rareté, l’intelligence artificielle a été présentée comme l’une des plus grandes opportunités de croissance pour les années à venir.

Le panel « IA et technologies émergentes : construire un leadership franco-golfique dans la course mondiale à l’innovation » a examiné la manière dont les deux régions peuvent renforcer leur position dans un environnement technologique mondial de plus en plus compétitif.

Les intervenants ont insisté sur le fait que l’IA n’est plus seulement une question d’innovation. Elle est devenue un facteur stratégique influençant la productivité, la compétitivité industrielle, les services publics et les capacités technologiques nationales.

Les discussions ont mis en évidence la complémentarité des atouts des deux régions. La France apporte des institutions de recherche de premier plan, un savoir-faire industriel et des écosystèmes d’innovation reconnus, tandis que les pays du Golfe disposent de stratégies nationales ambitieuses, d’importantes capacités d’investissement et d’une forte capacité de déploiement à grande échelle.

Selon les participants, un renforcement de la coopération permettrait d’accélérer l’innovation, d’attirer les talents et de consolider la souveraineté technologique à un moment où la compétition mondiale pour les technologies avancées s’intensifie.

La question de la résilience a également occupé une place importante lors du panel « Corridors stratégiques : renforcer la connectivité et la résilience dans la logistique mondiale », animé par Ali Itani, responsable d’Arab News France et Japon.

Réunissant Gérard Mestrallet, envoyé spécial du président de la République française pour le corridor économique Inde-Moyen-Orient-Europe (IMEC), Charles-Emmanuel de Beauregard (QNB), Alexandre Joseph (Bahri) et Poul Hestbaek (Folk Maritime Services Company), cette discussion a mis en lumière l’importance croissante des réseaux de transport et de logistique.

Les perturbations récentes du commerce mondial ont révélé les vulnérabilités des chaînes d’approvisionnement, poussant gouvernements et entreprises à repenser les flux de marchandises, d’énergie et de ressources stratégiques entre les régions.

Les intervenants ont souligné que les corridors de transport, les routes maritimes et les plateformes logistiques sont désormais considérés comme des actifs stratégiques au service de la sécurité économique et de la compétitivité.

Selon eux, le renforcement de la connectivité entre l’Europe et le Golfe sera essentiel pour soutenir les échanges commerciaux, les investissements et le développement industriel à venir.

Si les discussions ont largement porté sur les technologies, les infrastructures et les ressources, les intervenants ont rappelé à plusieurs reprises que la transformation de long terme repose avant tout sur le capital humain.

Les systèmes éducatifs, le développement des compétences et la formation professionnelle doivent évoluer pour répondre aux besoins d’économies en mutation rapide.

Les participants ont souligné l’importance de préparer les nouvelles générations aux métiers émergents tout en favorisant l’apprentissage tout au long de la vie et l’adaptation des compétences.

Alors que la France et les pays du Golfe poursuivent d’ambitieuses stratégies de diversification économique, le capital humain apparaît comme un levier essentiel de compétitivité et d’innovation. 

--
Des responsables politiques français et du Golfe, des dirigeants d’entreprise, des investisseurs et des innovateurs réunis à Paris à l’occasion de Vision Golfe 2026 pour explorer de nouvelles opportunités de coopération. (Photo fournie)

Parallèlement aux sessions de conférence, une série de rencontres entre entreprises (B2B) et entre entreprises et institutions publiques (B2G) s’est tenue tout au long de la journée, renforçant la dimension concrète et opérationnelle du forum.

Si les discussions ont couvert des sujets aussi variés que la gestion de l’eau, l’intelligence artificielle, la logistique ou encore l’éducation, un même constat s’est imposé lors de cette première journée de Vision Golfe 2026 : la compétitivité économique de demain reposera sur des partenariats plus étroits dans les secteurs stratégiques.

À mesure que le forum se poursuit, l’attention devrait progressivement se déplacer de l’identification des priorités communes vers la mise en œuvre de projets, d’investissements et de collaborations capables de transformer ces ambitions en réalisations concrètes pour la France comme pour les pays du Golfe.