Du Grand débat aux Grenelle, Ségur et Beauvau: les réunions de concertation se généralisent

À l'approche de l'élection présidentielle, Emmanuel Macron rencontre des fonctionnaires à la préfecture du Lot le 3 juin 2021 à Cahors, dans le sud-ouest de la France. (Photo, AFP)
À l'approche de l'élection présidentielle, Emmanuel Macron rencontre des fonctionnaires à la préfecture du Lot le 3 juin 2021 à Cahors, dans le sud-ouest de la France. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 06 juin 2021

Du Grand débat aux Grenelle, Ségur et Beauvau: les réunions de concertation se généralisent

  • Emmanuel Macron a multiplié pendant son mandat les grandes réunions de concertation sur des sujets majeurs, avec des résultats variables
  • Ces États généraux ont essuyé de nombreuses critiques, venues principalement de la gauche et des rangs écologistes

PARIS: Grand débat national, Ségur de la santé, Grenelle de l'éducation et maintenant États généraux de la justice: Emmanuel Macron a multiplié pendant son mandat les grandes réunions de concertation sur des sujets majeurs, avec des résultats variables.

Alimentation

Tenus dès le début du quinquennat, en 2017, les États généraux de l'alimentation rassemblaient agriculteurs, industrie agroalimentaire et grande distribution afin de rééquilibrer le système en faveur des agriculteurs.

Mais la loi qui a suivi, en 2018, n’a guère changé la donne dans les faits. Un nouveau texte, issu de la majorité, va être examiné en juin à l'Assemblée pour aller plus loin. Il promet notamment d'éviter que les prix agricoles servent de variables d'ajustement lors des négociations commerciales.

Bioéthique

Cette consultation publique, organisée début 2018 par le Comité consultatif national d'éthique (CCNE), avait pour but d'aider le gouvernement à revoir la législation sur la bioéthique en 2019. La procréation – PMA pour toutes et GPA – et la fin de vie avaient particulièrement mobilisé le public.

À l'issue de la consultation, un rapport, rendu début juin 2018, avait synthétisé les débats publics sans préconisation, ni prise de position.

Grand débat

Annoncé fin 2018, en plein mouvement des "gilets jaunes", comme un "outil consultatif de sortie de crise", le "grand débat national" a permis à Emmanuel Macron de reprendre l'initiative en ressuscitant les cahiers de doléances autour de quatre thèmes (transition écologique, fiscalité, démocratie et citoyenneté, organisation de l'État et des services). 

Après 10 000 réunions locales étalées sur deux mois, Emmanuel Macron annonce notamment une baisse de l'impôt sur le revenu, une réindexation des petites retraites sur l'inflation, la convention citoyenne sur le climat, ou encore la suppression de l'Ena.

Violences conjugales

Organisé après une forte mobilisation des associations féministes, le "Grenelle contre les violences conjugales" avait abouti fin 2019 au déploiement de bracelets anti-rapprochement pour les conjoints violents, de places d'hébergement supplémentaires, d'ordonnances de protection judiciaire et de téléphones "grave danger" pour les femmes victimes.

Le nombre de féminicides a atteint en 2020 un plus bas depuis 15 ans. Mais plusieurs affaires récentes ont soulevé des questions sur le suivi des dossiers par la police et la justice.

Santé

Lancé après le premier confinement lié au Covid-19, le "Ségur de la santé" s'est traduit à l'été 2020 par un plan d'investissement de 19 milliards d'euros pour l'hôpital et les Ehpad. Des accords salariaux ont permis une augmentation des agents hospitaliers à hauteur de 183 euros net par mois.

Mais un vent de mobilisation a persisté ces derniers mois dans la rue, à l'initiative de certains "oubliés du Ségur" (dans le secteur médico-social notamment) et de soignants lessivés par trois vagues épidémiques en un an.

Éducation

Lancé fin octobre 2020, le "Grenelle de l'Éducation" a débouché le 26 mai sur un coup de pouce salarial pour les enseignants: 700 millions d'euros, dont 400 millions dédiés aux nouvelles primes, pour lesquels la ventilation reste à faire. 

Les syndicats enseignants ont pointé des "mesurettes" et l'absence d'une loi pluriannuelle pour graver dans le marbre ces hausses de salaires.

Sécurité

Le "Beauvau de la sécurité", concertation inédite organisée par le ministère de l'Intérieur réunit forces de l'ordre et élus autour de nombreuses thématiques (formation, encadrement, lien avec la population, relations avec la justice, captation vidéo...).

Les conclusions sont attendues courant juillet et doivent nourrir un projet de loi d'orientation et de programmation de la sécurité intérieure (Lopsi), dont la mise en œuvre pourrait n'intervenir qu'après la présidentielle de 2022.

Laïcité

Les "États généraux de la laïcité" annoncés en avril doivent permettre d'avoir sur ce sujet sensible un débat apaisé, allant d'intellectuels comme l'essayiste Caroline Fourest, les philosophes Henri Pena Ruiz et Gaspard Koenig jusqu'à "50 000 jeunes", objectif visé pour une "grande consultation". 

Dès leur lancement, ces États généraux ont essuyé de nombreuses critiques, venues principalement de la gauche et des rangs écologistes. Marlène Schiappa a promis d'en dresser le bilan en juillet.


La France et Israël veulent éviter que l'Iran se dote de l'arme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
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  • Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël
  • Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis

PARIS: La France et Israël ont pour "objectif commun de ne pas laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire", a déclaré jeudi le chef de la diplomatie israélienne Gideon Saar lors d'une conférence de presse à Paris.

Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël. Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis.

Interrogé sur l'imminence d'un conflit direct avec l'Iran, Gideon Saar ne s'est toutefois pas prononcé. "Nous n'excluons pas la voie diplomatique", a-t-il dit. Les Iraniens "ont clairement indiqué qu'ils étaient prêts à une négociation indirecte avec les Etats-Unis et je ne serais pas surpris si cette négociation commençait", a-t-il dit.

Mercredi, le chef de la diplomatie française avait estimé que si les négociations sur le programme nucléaire iranien venaient à échouer, "une confrontation militaire" serait "presque inévitable".

L'inquiétude monte alors que les discussions semblent dans l'impasse et que la fenêtre pour négocier un nouveau traité avec Téhéran doit se refermer à l'automne.

"Il y a a une coopération entre l'Iran, le Hezbollah (libanais) et le Hamas (palestinien). Et nous ne laisserons pas faire les activités terroristes de là-bas contre Israël et nos civils", a par ailleurs dénoncé Gideon Saar.

Sur la reprise des opérations militaires meurtrières à Gaza, il a martelé que l'objectif israélien était d'anéantir toute menace du groupe islamiste palestinien Hamas.

Il a en outre assuré que son gouvernement était "engagé à faire libérer tous les otages". Il a balayé l'idée que celui-ci "sacrifiait" les otages, soulignant que les autorités rencontraient les familles des otages constamment et qu'elles ne portaient pas toutes le même point de vue sur la politique menée à Gaza.

Le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, a accusé mardi le Premier ministre Benjamin Netanyahu de "sacrifier" les captifs à Gaza en ordonnant des frappes intenses sur le territoire palestinien.

La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans la partie nord du territoire palestinien, après un appel à évacuer de l'armée israélienne.

Concernant le Liban, où Israël a frappé à deux reprises la banlieue sud de Beyrouth en dépit du fragile cessez-le-feu conclu il y a 4 mois, M. Saar a affirmé que son pays souhaitait la stabilité au Liban, mais ne laisserait pas le mouvement pro-iranien Hezbollah "se réarmer".

"Nous souhaitons normaliser nos relations avec le Liban", a-t-il assuré. "C'est peut-être prématuré du point de vue libanais", a-t-il dit, tout en faisant part de début de négociations "sur certaines problématiques". "Nous avons une équipe qui négocie sur (...) les différends à la frontière", a-t-il dit.

Gideon Saar a par ailleurs annoncé avoir invité le ministre français en Israël, assurant avoir "un dialogue continu" avec les autorités françaises. Et la visite de M. Barrot pourrait avoir lieu "prochainement".


Concertation sur les retraites : en quête d'une feuille de route

Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
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  • Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.
  • Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

PARIS : Les cinq organisations patronales et syndicales participant à la concertation sur les retraites, surnommée « l'ex-"conclave" », consacrent leur réunion hebdomadaire de jeudi au projet d'une nouvelle feuille de route globale pour les discussions, ainsi qu'aux questions de l'égalité femmes-hommes et des droits familiaux.

Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.

Selon des sources concordantes, les participants devraient découvrir le projet de note pendant la séance.

Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

Cette autonomisation fait suite à la colère des syndicats, après les déclarations de M. Bayrou enterrant l'hypothèse d'un retour à 62 ans, alors qu'il avait auparavant promis que les discussions se tiendraient « sans totem ni tabou ».

« Je n'ai aucun doute qu'on va arriver à définir des objectifs partagés », a déclaré mercredi à l'AFP Éric Chevée, le négociateur de la CPME (patronat), même si « cela prend encore huit jours de plus ».

La question de l'âge de départ en retraite, le point le plus contesté de la réforme des retraites de 2023, a déjà été évoquée lors des premières réunions, sans qu'un rapprochement des positions des syndicats et du patronat n'apparaisse. 

Elle ne devrait être abordée que lors des discussions finales de la fin mai, lorsque les participants essaieront d'aboutir à un accord sur des mesures concrètes, expliquent les participants aux négociations.

L'autre sujet des discussions de jeudi, à savoir l'égalité femmes-hommes face aux retraites à travers les droits familiaux et parentaux, est une thématique importante pour la CFDT, et un indicateur clef de sa capacité à obtenir des avancées pour les salariés à l'occasion de ces négociations.


Conférence sur la lutte contre le terrorisme à l'ère de l'Intelligence Artificielle 

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
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  • Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial
  • Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes

PARIS: La Sénatrice Nathalie Goulet organise une conférence sur un sujet crucial pour l’avenir de la sécurité internationale. Intitulée "La lutte contre le terrorisme à l’heure de l’intelligence artificielle", cette conférence se tiendra le lundi 14 avril 2025 au Palais du Luxembourg, à Paris.

Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial. Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes tout en respectant les droits fondamentaux et les libertés individuelles.