Comment j’ai raté ma carrière d’influenceuse à Dubaï

"c’est avec une joie non dissimulée que je me suis laissée submerger et noyer par les réjouissances"(Anouchka Sooriamoorthy Instagram: @danslechaosmonde)
"c’est avec une joie non dissimulée que je me suis laissée submerger et noyer par les réjouissances"(Anouchka Sooriamoorthy Instagram: @danslechaosmonde)
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Publié le Samedi 29 mai 2021

Comment j’ai raté ma carrière d’influenceuse à Dubaï

  • De cette ville aux mille nationalités, certains affirment que le multiculturalisme n’est qu’une posture, que les communautés vivent les unes à côté des autres, et non les unes avec les autres
  • Je n’aurai pu imaginer, il y a quatorze ans de cela, observer une telle solidarité entre des individus que rien ne relie, hormis un visa de résidence

DUBAÏ : Depuis quelques mois, je vis une crise existentielle. Tout allait bien jusqu’à ce que déferlent les reportages des grandes chaînes télévisées, et les vidéos des réseaux sociaux donnant à voir la vie à Dubaï. Devant ces images de luxe débordant et outrancier, je demeurais abasourdie: je vis à Dubaï depuis 2007, et je ne me reconnaissais en rien dans ce tableau arabo-rococo-déliro. Durant toutes ces années dans la ville de la démesure, j’avais été plutôt mesurée: je n’avais pas acquis de voiture de luxe, je ne possédais pas de léopard de compagnie, je ne m’étais même pas fait injecter un peu de silicone. La question était douloureuse, mais il fallait que je trouve le courage de me la poser: avais-je raté ma vie? Analyse d’un échec en cinq points…

Faux départ

Tout avait mal commencé. Ma décision de partir de France pour m’installer à Dubaï n’avait pas été motivée par des raisons fiscales, et je n’en étais pas fière: n’était-ce pas le comble du chic de sous-entendre que l’on avait fui le fisc? J’aurais tant voulu faire partie de ces happy few rebelles, fusion de Robin des Bois et de James Bond, mais je gagnais à l’époque malheureusement trop peu pour prétendre à ce cercle prisé. Mon déménagement n’avait pas non plus été provoqué par une haine de la France, et ce malgré tous mes efforts répétés: j’avais tenté de faire éclore une forme d’agressivité mêlée de rancœur, cultivant l’espoir que cela allait permettre le jaillissement de la gnaque qui me manquait pour réussir sinon ma vie,  du moins mon compte Instagram. J’ai revisionné La Haine de Mathieu Kassovitz, j’écoutais en boucle les albums de NTM. En vain. Je ne trouvais aucun reproche à faire à la France, hormis une météo parisienne morose qui avait encouragé ma recherche de nouveaux horizons ensoleillés. J’arrivais à Dubaï, contrat de travail en poche et sourire aux lèvres, pour démissionner deux fois en deux mois, déçue par les propositions reçues, recherchant naïvement un métier qui allait participer à mon épanouissement, plutôt que de penser rationnellement au flouze, à l’oseille, au biff. La route du succès s’annonçait longue et tortueuse…

"Qu’est-ce qui importe véritablement ? Pour moi, c’est la liberté" (Anouchka Sooriamoorthy/Instagram : @danslechaosmonde)
"Qu’est-ce qui importe véritablement ? Pour moi, c’est la liberté" (Anouchka Sooriamoorthy/Instagram: @danslechaosmonde)

Ballet des cultures 

De cette ville aux mille nationalités, certains affirment que le multiculturalisme n’est qu’une posture, que les communautés vivent les unes à côté des autres, et non les unes avec les autres, mais ils oublient que le côtoiement, si léger soit-il, créée une passerelle. Tôt ou tard et sans que l’on soit prévenu, on est happé dans le ballet des cultures. On se surprend à ponctuer ses phrases d’un inch’allah spontané, on se réjouit d’un dîner chez Ravi, d’une succulente cantine indienne, où pour trois euros, l’on festoie comme un cheikh, on ne peut plus concevoir un apéro sans houmous, on apprécie les notes boisées des parfums au bois de oud. Il n’y a pas de culture à Dubaï, entend-on de la part de ceux qui jettent aussi rapidement l’anathème qu’ils publient un tweet. Dans cette ville où 80% de la population est étrangère, la culture est à l’image de la mondialisation: métisse et surprenante. Se laisser emporter par les sonorités «jazzées» du Koweïtien Kamal Moussallam, écouter avec intérêt le journaliste Feurat Alani narrer son lien à l’Irak, être subjugué par la chorégraphie de la troupe de Benjamin Millepied dans la solennité de l’opéra de Dubaï… Pour celui qui fait l’effort de sortir le nez de son écran et de ses préjugés, c’est à toute cette richesse qu’il s’expose. Évidemment, c’est moins attrayant que les gloss repulpants et les fers à friser nouvelle génération à chaleur céramique, mais on a les centres d’intérêt que l’on mérite, tant pis pour moi! L’un de mes lieux préférés est une petite salle indépendante de cinéma dont les canapés usés à l’esthétique désuète ressemblent à ceux qui occupaient l’espace du salon de mes grands-parents. On sirote un chaï avant la projection, et on dévore un paratha aux œufs après, et entre les deux, on voyage. Liban, France, Tunisie, Corée, États-Unis, Espagne et tant d’autres pays. La sélection des films est à l’image des habitants de Dubaï: diverse et hétéroclite.

Ni relookée, ni botoxée

«Je vis à Dubaï». À chaque fois que, en vacances en France, je suis amenée à prononcer cette phrase sur le ton d’une confession coupable, je sens le regard circonspect de mon interlocuteur se poser sur moi. Cette circonspection s’explique par le fait que je n’arbore pas ce qui, semble-t-il, devrait être le look de la parfaite dubaïote: pas de diamants clinquants, pas de faux-cils à rallonge capables de provoquer une tempête de sable, même pas un peu de botox, et encore moins de formes plantureusement siliconées. Loin des images retouchées, je suis l’incarnation de la vie normale. Les femmes que je côtoie n’ont pas de lunettes de soleil à la monture en or 24 carats, pas de lèvres repulpées, pas de sacs à main «logotisés». À la place, c’est l’anticernes qui masque les nuits écourtées par nos enfants, les sourires lors de nos weekends qui ne connaissent jamais la grisaille, et qui détiennent la saveur des vacances, un grand cabas en toile, au fond duquel gît un livre. Parfois, l’envie surgit d’aller à la conquête des nuits dubaïotes, de danser sur les tables en or massif d’un bar construit sur un héliport, entourées de faucons aux serres ornées de diamants mais, épuisées par nos longues journées de travail, nous optons pour nos transats de jardin, devant notre salut à notre majordome en scooter: le livreur de Deliveroo. À défaut d’avoir usé nos semelles sur les pistes de danse, nous frottons et limons nos cervelles les unes aux autres: nous nous questionnons sur la place de la femme, sur notre rôle de mères, sur la difficulté de l’équilibre entre vie professionnelle et vie familiale. Si nos conversations sont communes à de nombreuses femmes à travers la planète, nous sommes cependant conscientes des privilèges qu’offre la vie à Dubaï, le plus appréciable étant que les préoccupations sécuritaires nous sont étrangères: nos enfants jouent dans le quartier sans que l’inquiétude ne s’empare de nous, les portes ne sont pas toujours verrouillées, les sacs jamais tenus avec la poigne anxieuse du vol à l’arraché. Cette immense chance est accompagnée d’une crainte: que nous construisions, loin des messages de la RATP appelant les passagers à la vigilance, un rapport faussé au monde.

"Je suis du côté des Palestiniens, non pas que je sois contre les Israéliens, mais parce que c’est mon devoir moral d’apporter mon soutien à ceux qui n’ont pas de pays, pas de nationalité, pas de droits, pas de perspective de bonheur" (Anouchka Sooriamoorthy/Instagram: @danslechaosmonde)
"Je suis du côté des Palestiniens, non pas que je sois contre les Israéliens, mais parce que c’est mon devoir moral d’apporter mon soutien à ceux qui n’ont pas de pays, pas de nationalité, pas de droits, pas de perspective de bonheur" (Anouchka Sooriamoorthy/Instagram: @danslechaosmonde)

Sous le bling-bling, la morale

Un consensus semble être partagé: les expatriés vivant à Dubaï auraient laissé leur moralité au port d’embarquement en montant à bord de l’A380 qui les a menés au Las Vegas du Moyen-Orient. Voici donc le sujet d’une étude psychologique dont nous serions de parfaits sujets d’observation: la morale varie-t-elle en fonction du lieu d’habitation? Comme nous sommes à l’époque des experts autoproclamés, je me lance: je crois que ce n’est pas le lieu qui fait ce que nous sommes, mais que c’est nous qui décidons des modalités d’occupation du lieu. Celui qui méprisait ses employés à Paris, qui trompait sa femme à Londres, qui faisait des blagues racistes à Moscou ne va pas retrouver une aura de sainteté à Dubaï (on accole des attributs dithyrambiques à cette ville mais, malgré les appels réguliers des muezzins, elle ne peut convertir le pécheur en homme moral). À l’inverse, c’est accorder si peu de volonté à l’être humain que de penser que celui qui œuvrait pour la cause animale, qui s’élevait contre la misogynie, qui militait pour la justice sociale, a abandonné toutes ses convictions dès qu’il a mis le pied dans le plus grand centre commercial au monde, le bien-nommé Dubaï Mall. Autour de moi, j’observe des hommes et des femmes qui, comme ils le feraient ailleurs, s’activent dans l’espoir d’apporter leur contribution au monde: association d’aide aux animaux, récolte de denrées pour les travailleurs dans le besoin, journées de soutien à la Palestine. Dans l’avion qui décollait de Roissy-Charles-de-Gaulle pour atterrir à l’aéroport international de Dubaï, je n’aurai pu imaginer, il y a quatorze ans de cela, observer une telle solidarité entre des individus que rien ne relie, hormis un visa de résidence: untel aide une victime de la crise économique à retrouver un travail alors qu'un autre soigne des chats errants. Et tout cela est fait à voix basse, loin des vidéos en direct d’Instagram. Autant d’occasions manquées de se rapprocher de la célébrité! 

"Je ne me rêve plus en héroïne pseudo-tragique qui souhaiterait la tourmente divertissante sans la fin désespérante" (Anouchka Sooriamoorthy/Instagram: @danslechaosmonde)
"Je ne me rêve plus en héroïne pseudo-tragique qui souhaiterait la tourmente divertissante sans la fin désespérante" (Anouchka Sooriamoorthy/Instagram: @danslechaosmonde)

Fais un métier qui te plaît et tu ne travailleras jamais

On raconte que la maxime fut prononcée par Confucius (ou peut-être était-ce Bill Gates?). J’en ai fait un principe de vie: loin des calculs de carrière et de célébrité (hélas!), je me suis laissée porter par les flots de la passion. J’aurais au moins pu être passionnée par ce qui importe véritablement, les dégradés d’ombre à paupières ou les extensions de cheveux, mais ce fut malheureusement la littérature et la philosophie. Depuis quatorze ans, j’enseigne la philosophie à des jeunes gens qui sont à l’orée de leur vie d’adulte. Certains sont Français sans jamais avoir grandi en France, ils vagabondent allègrement de pays en pays, posant un regard serein sur la question de l’identité; d’autres sont partis enfants de la Syrie en guerre; d’autres encore sont arrivés cette année, après l’explosion du port de Beyrouth. La pluralité qu’ils représentent m’enrichit constamment. J’aborde avec eux les difficultés propres à l’existence humaine, je questionne leur rapport à la société, leur insufflant l’idée que c’est en mettant à distance le regard des autres qu’ils pourront peut-être espérer atteindre le bonheur. Je les invite à penser par eux-mêmes, à ne jamais se laisser influencer, à combattre les clichés, comme celui qui affirmerait que Dubaï serait un paradis artificiel, où ne vivent que des individus en recherche de célébrité et d’argent, au prix de la décence et de la morale. Ceux qui trouvent paradoxale l’idée d’enseigner la philosophie à Dubaï, je les interroge sur l’utilité de faire une conférence pour dénoncer l’abattage industriel devant une association de végétariens. C’est bien parce que la tentation consumériste est partout, que la philosophie détient toute sa place et son importance. Les Émiriens l’ont bien compris, car ils ont pour projet d’instaurer la philosophie dans toutes les écoles publiques du pays, du CP à la terminale. On ne devient ni célèbre ni riche en étant enseignant; je me dis parfois, en contemplant avec dépit ma fiche de salaire, que j’ai raté ma voie (ma vie?). Mais quand je reçois, chaque année, des messages d’élèves me remerciant pour mes cours, me racontant comment cette année de philosophie a changé leur perception du monde et de la vie, je me dis qu’après tout je n’ai peut-être pas raté ma carrière d’influenceuse philosophe.

 

 

 

 


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".

 

 


Avec la plateforme RMC+, CMA Media accélère sur le streaming

Filiale de l'armateur français de porte-conteneurs CMA CGM, CMA Media est devenu en quelques années un important groupe de médias, après avoir racheté le groupe de presse régionale La Provence, le journal économique La Tribune, les marques RMC et BFM, ainsi que le média en ligne Brut. (AFP)
Filiale de l'armateur français de porte-conteneurs CMA CGM, CMA Media est devenu en quelques années un important groupe de médias, après avoir racheté le groupe de presse régionale La Provence, le journal économique La Tribune, les marques RMC et BFM, ainsi que le média en ligne Brut. (AFP)
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  • "Nous assumons complètement notre différenciation. Dans un univers où il y a Netflix, Prime Video, TF1+, France Télévisions, Youtube, M6+ et bien d'autres, prétendre se vouloir généraliste, c'est complètement vain"
  • Confrontées à la concurrence de géants comme Netflix ou Youtube, les chaînes de télévision traditionnelles tentent de renforcer leur présence sur le streaming

PARIS: Chaînes en direct, contenus du média Brut ou séries verticales: le groupe CMA Media, propriétaire de BFMTV et RMC, lance mardi une nouvelle plateforme de streaming avec l'ambition de changer d'échelle sur le numérique.

RMC+, qui succède à RMC BFM Play, va réunir sur une seule plateforme gratuite ses chaînes de la TNT (BFMTV, RMC Story, RMC Découverte, RMC Life), dix chaînes thématiques, dont une chaîne Brut - le média en ligne devenu propriété de CMA Media en 2025 -, et une offre de près de 10.000 heures de contenus à la demande.

En misant sur les classiques des chaînes RMC (mécanique, histoire et découverte, sport, enquêtes criminelles), des mini-séries verticales (ou micro-drama), des telenovelas et des créateurs de contenus comme Nota Bene ou Loury Lag notamment, "ce sera une véritable plateforme de streaming", résume Julie Gauchotte, directrice de la stratégie numérique de RMC BFM.

"Nous assumons complètement notre différenciation. Dans un univers où il y a Netflix, Prime Video, TF1+, France Télévisions, Youtube, M6+ et bien d'autres, prétendre se vouloir généraliste, c'est complètement vain", ajoute auprès de l'AFP Stéphane Sallé de Chou, directeur général du pôle Entertainment CMA Media.

"Mais on veut être les meilleurs dans nos univers", poursuit-il.

Filiale de l'armateur français de porte-conteneurs CMA CGM, CMA Media est devenu en quelques années un important groupe de médias, après avoir racheté le groupe de presse régionale La Provence, le journal économique La Tribune, les marques RMC et BFM, ainsi que le média en ligne Brut. CMA Media est aussi entrée en phase finale d'acquisition de la chaîne RMC Sport, qui diffuse notamment le MMA (arts martiaux mixtes).

Confrontées à la concurrence de géants comme Netflix ou Youtube, les chaînes de télévision traditionnelles tentent de renforcer leur présence sur le streaming. Mais leurs recettes publicitaires se concentrent encore très majoritairement sur la télé dite linéaire, à 93% dans le cas des chaînes BFMTV et RMC, contre 6% pour la plateforme RMC BFM Play et 1% sur les réseaux sociaux, explique-t-on chez CMA Média.

CMA Media a également noué début 2026 un partenariat avec Youtube pour y diffuser ses contenus et a lancé une agence de production audiovisuelle, CMA Studio. Le groupe compte aussi lancer un studio de créateurs de contenus, CMA Creator, d'ici fin 2026.

En parallèle, CMA Media veut faire des économies en vendant les neuf chaînes de télévision locales de BFM.


Mort à 79 ans de l'artiste palestinien Sliman Mansour

L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches. (AFP)
L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches. (AFP)
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  • Sliman Mansour était né à Birzeit, au nord de Ramallah, en 1947. Il avait étudié l'art et le design à Jérusalem, dont il est sorti diplômé en 1970
  • Le ministère palestinien de la culture a rendu hommage à l'artiste, "l'un des plus importants piliers de l'art visuel palestinien contemporain, dont la carrière, sur plusieurs décennies, fait partie de la mémoire visuelle et nationale palestinienne"

RAMALLAH: Le peintre et sculpteur Sliman Mansour, l'un des artistes palestiniens les plus renommés, est mort lundi à l'âge de 79 ans, a annoncé sa famille.

L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches.

"Le dernier chapitre a été écrit. Le cœur serré par un chagrin indicible, nous annonçons que notre cher père a quitté ce monde", a déclaré sa famille dans un communiqué.

"Pour le monde, il laisse derrière lui une vie emplie de beauté et de mémoire, ainsi qu'un héritage qui se perpétuera à travers toutes les personnes dont il a marqué l'existence. Quant à nous, nous avons perdu un père qui était notre source d'amour, de force et notre refuge", ajoute la famille.

Sliman Mansour était né à Birzeit, au nord de Ramallah, en 1947. Il avait étudié l'art et le design à Jérusalem, dont il est sorti diplômé en 1970.

Le ministère palestinien de la culture a rendu hommage à l'artiste, "l'un des plus importants piliers de l'art visuel palestinien contemporain, dont la carrière, sur plusieurs décennies, fait partie de la mémoire visuelle et nationale palestinienne".

Le ministère a salué sa toile la plus connue, "Camel of Hardships" ("Le Chameau des fardeaux", 1973) - qui représente un vieil homme palestinien portant la ville de Jérusalem sur son dos - la qualifiant d'"icône nationale et artistique". L'oeuvre de Sliman Mansour faisait office "de témoin de l'histoire palestinienne et de gardien de l'identité", a-t-il ajouté.

Pleurant une "immense perte", la galerie Zawyeh de Ramallah a salué une "figure artistique majeure", qui, "à travers son œuvre, a exploré les thèmes du déplacement, de la résilience, de la résistance et du lien indéfectible unissant les Palestiniens à leur terre natale".

Sliman Mansour a reçu de nombreuses récompenses, parmi lesquelles le prix Unesco-Sharjah pour la culture arabe en 2019.