Comment j’ai raté ma carrière d’influenceuse à Dubaï

"c’est avec une joie non dissimulée que je me suis laissée submerger et noyer par les réjouissances"(Anouchka Sooriamoorthy Instagram: @danslechaosmonde)
"c’est avec une joie non dissimulée que je me suis laissée submerger et noyer par les réjouissances"(Anouchka Sooriamoorthy Instagram: @danslechaosmonde)
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Publié le Samedi 29 mai 2021

Comment j’ai raté ma carrière d’influenceuse à Dubaï

  • De cette ville aux mille nationalités, certains affirment que le multiculturalisme n’est qu’une posture, que les communautés vivent les unes à côté des autres, et non les unes avec les autres
  • Je n’aurai pu imaginer, il y a quatorze ans de cela, observer une telle solidarité entre des individus que rien ne relie, hormis un visa de résidence

DUBAÏ : Depuis quelques mois, je vis une crise existentielle. Tout allait bien jusqu’à ce que déferlent les reportages des grandes chaînes télévisées, et les vidéos des réseaux sociaux donnant à voir la vie à Dubaï. Devant ces images de luxe débordant et outrancier, je demeurais abasourdie: je vis à Dubaï depuis 2007, et je ne me reconnaissais en rien dans ce tableau arabo-rococo-déliro. Durant toutes ces années dans la ville de la démesure, j’avais été plutôt mesurée: je n’avais pas acquis de voiture de luxe, je ne possédais pas de léopard de compagnie, je ne m’étais même pas fait injecter un peu de silicone. La question était douloureuse, mais il fallait que je trouve le courage de me la poser: avais-je raté ma vie? Analyse d’un échec en cinq points…

Faux départ

Tout avait mal commencé. Ma décision de partir de France pour m’installer à Dubaï n’avait pas été motivée par des raisons fiscales, et je n’en étais pas fière: n’était-ce pas le comble du chic de sous-entendre que l’on avait fui le fisc? J’aurais tant voulu faire partie de ces happy few rebelles, fusion de Robin des Bois et de James Bond, mais je gagnais à l’époque malheureusement trop peu pour prétendre à ce cercle prisé. Mon déménagement n’avait pas non plus été provoqué par une haine de la France, et ce malgré tous mes efforts répétés: j’avais tenté de faire éclore une forme d’agressivité mêlée de rancœur, cultivant l’espoir que cela allait permettre le jaillissement de la gnaque qui me manquait pour réussir sinon ma vie,  du moins mon compte Instagram. J’ai revisionné La Haine de Mathieu Kassovitz, j’écoutais en boucle les albums de NTM. En vain. Je ne trouvais aucun reproche à faire à la France, hormis une météo parisienne morose qui avait encouragé ma recherche de nouveaux horizons ensoleillés. J’arrivais à Dubaï, contrat de travail en poche et sourire aux lèvres, pour démissionner deux fois en deux mois, déçue par les propositions reçues, recherchant naïvement un métier qui allait participer à mon épanouissement, plutôt que de penser rationnellement au flouze, à l’oseille, au biff. La route du succès s’annonçait longue et tortueuse…

"Qu’est-ce qui importe véritablement ? Pour moi, c’est la liberté" (Anouchka Sooriamoorthy/Instagram : @danslechaosmonde)
"Qu’est-ce qui importe véritablement ? Pour moi, c’est la liberté" (Anouchka Sooriamoorthy/Instagram: @danslechaosmonde)

Ballet des cultures 

De cette ville aux mille nationalités, certains affirment que le multiculturalisme n’est qu’une posture, que les communautés vivent les unes à côté des autres, et non les unes avec les autres, mais ils oublient que le côtoiement, si léger soit-il, créée une passerelle. Tôt ou tard et sans que l’on soit prévenu, on est happé dans le ballet des cultures. On se surprend à ponctuer ses phrases d’un inch’allah spontané, on se réjouit d’un dîner chez Ravi, d’une succulente cantine indienne, où pour trois euros, l’on festoie comme un cheikh, on ne peut plus concevoir un apéro sans houmous, on apprécie les notes boisées des parfums au bois de oud. Il n’y a pas de culture à Dubaï, entend-on de la part de ceux qui jettent aussi rapidement l’anathème qu’ils publient un tweet. Dans cette ville où 80% de la population est étrangère, la culture est à l’image de la mondialisation: métisse et surprenante. Se laisser emporter par les sonorités «jazzées» du Koweïtien Kamal Moussallam, écouter avec intérêt le journaliste Feurat Alani narrer son lien à l’Irak, être subjugué par la chorégraphie de la troupe de Benjamin Millepied dans la solennité de l’opéra de Dubaï… Pour celui qui fait l’effort de sortir le nez de son écran et de ses préjugés, c’est à toute cette richesse qu’il s’expose. Évidemment, c’est moins attrayant que les gloss repulpants et les fers à friser nouvelle génération à chaleur céramique, mais on a les centres d’intérêt que l’on mérite, tant pis pour moi! L’un de mes lieux préférés est une petite salle indépendante de cinéma dont les canapés usés à l’esthétique désuète ressemblent à ceux qui occupaient l’espace du salon de mes grands-parents. On sirote un chaï avant la projection, et on dévore un paratha aux œufs après, et entre les deux, on voyage. Liban, France, Tunisie, Corée, États-Unis, Espagne et tant d’autres pays. La sélection des films est à l’image des habitants de Dubaï: diverse et hétéroclite.

Ni relookée, ni botoxée

«Je vis à Dubaï». À chaque fois que, en vacances en France, je suis amenée à prononcer cette phrase sur le ton d’une confession coupable, je sens le regard circonspect de mon interlocuteur se poser sur moi. Cette circonspection s’explique par le fait que je n’arbore pas ce qui, semble-t-il, devrait être le look de la parfaite dubaïote: pas de diamants clinquants, pas de faux-cils à rallonge capables de provoquer une tempête de sable, même pas un peu de botox, et encore moins de formes plantureusement siliconées. Loin des images retouchées, je suis l’incarnation de la vie normale. Les femmes que je côtoie n’ont pas de lunettes de soleil à la monture en or 24 carats, pas de lèvres repulpées, pas de sacs à main «logotisés». À la place, c’est l’anticernes qui masque les nuits écourtées par nos enfants, les sourires lors de nos weekends qui ne connaissent jamais la grisaille, et qui détiennent la saveur des vacances, un grand cabas en toile, au fond duquel gît un livre. Parfois, l’envie surgit d’aller à la conquête des nuits dubaïotes, de danser sur les tables en or massif d’un bar construit sur un héliport, entourées de faucons aux serres ornées de diamants mais, épuisées par nos longues journées de travail, nous optons pour nos transats de jardin, devant notre salut à notre majordome en scooter: le livreur de Deliveroo. À défaut d’avoir usé nos semelles sur les pistes de danse, nous frottons et limons nos cervelles les unes aux autres: nous nous questionnons sur la place de la femme, sur notre rôle de mères, sur la difficulté de l’équilibre entre vie professionnelle et vie familiale. Si nos conversations sont communes à de nombreuses femmes à travers la planète, nous sommes cependant conscientes des privilèges qu’offre la vie à Dubaï, le plus appréciable étant que les préoccupations sécuritaires nous sont étrangères: nos enfants jouent dans le quartier sans que l’inquiétude ne s’empare de nous, les portes ne sont pas toujours verrouillées, les sacs jamais tenus avec la poigne anxieuse du vol à l’arraché. Cette immense chance est accompagnée d’une crainte: que nous construisions, loin des messages de la RATP appelant les passagers à la vigilance, un rapport faussé au monde.

"Je suis du côté des Palestiniens, non pas que je sois contre les Israéliens, mais parce que c’est mon devoir moral d’apporter mon soutien à ceux qui n’ont pas de pays, pas de nationalité, pas de droits, pas de perspective de bonheur" (Anouchka Sooriamoorthy/Instagram: @danslechaosmonde)
"Je suis du côté des Palestiniens, non pas que je sois contre les Israéliens, mais parce que c’est mon devoir moral d’apporter mon soutien à ceux qui n’ont pas de pays, pas de nationalité, pas de droits, pas de perspective de bonheur" (Anouchka Sooriamoorthy/Instagram: @danslechaosmonde)

Sous le bling-bling, la morale

Un consensus semble être partagé: les expatriés vivant à Dubaï auraient laissé leur moralité au port d’embarquement en montant à bord de l’A380 qui les a menés au Las Vegas du Moyen-Orient. Voici donc le sujet d’une étude psychologique dont nous serions de parfaits sujets d’observation: la morale varie-t-elle en fonction du lieu d’habitation? Comme nous sommes à l’époque des experts autoproclamés, je me lance: je crois que ce n’est pas le lieu qui fait ce que nous sommes, mais que c’est nous qui décidons des modalités d’occupation du lieu. Celui qui méprisait ses employés à Paris, qui trompait sa femme à Londres, qui faisait des blagues racistes à Moscou ne va pas retrouver une aura de sainteté à Dubaï (on accole des attributs dithyrambiques à cette ville mais, malgré les appels réguliers des muezzins, elle ne peut convertir le pécheur en homme moral). À l’inverse, c’est accorder si peu de volonté à l’être humain que de penser que celui qui œuvrait pour la cause animale, qui s’élevait contre la misogynie, qui militait pour la justice sociale, a abandonné toutes ses convictions dès qu’il a mis le pied dans le plus grand centre commercial au monde, le bien-nommé Dubaï Mall. Autour de moi, j’observe des hommes et des femmes qui, comme ils le feraient ailleurs, s’activent dans l’espoir d’apporter leur contribution au monde: association d’aide aux animaux, récolte de denrées pour les travailleurs dans le besoin, journées de soutien à la Palestine. Dans l’avion qui décollait de Roissy-Charles-de-Gaulle pour atterrir à l’aéroport international de Dubaï, je n’aurai pu imaginer, il y a quatorze ans de cela, observer une telle solidarité entre des individus que rien ne relie, hormis un visa de résidence: untel aide une victime de la crise économique à retrouver un travail alors qu'un autre soigne des chats errants. Et tout cela est fait à voix basse, loin des vidéos en direct d’Instagram. Autant d’occasions manquées de se rapprocher de la célébrité! 

"Je ne me rêve plus en héroïne pseudo-tragique qui souhaiterait la tourmente divertissante sans la fin désespérante" (Anouchka Sooriamoorthy/Instagram: @danslechaosmonde)
"Je ne me rêve plus en héroïne pseudo-tragique qui souhaiterait la tourmente divertissante sans la fin désespérante" (Anouchka Sooriamoorthy/Instagram: @danslechaosmonde)

Fais un métier qui te plaît et tu ne travailleras jamais

On raconte que la maxime fut prononcée par Confucius (ou peut-être était-ce Bill Gates?). J’en ai fait un principe de vie: loin des calculs de carrière et de célébrité (hélas!), je me suis laissée porter par les flots de la passion. J’aurais au moins pu être passionnée par ce qui importe véritablement, les dégradés d’ombre à paupières ou les extensions de cheveux, mais ce fut malheureusement la littérature et la philosophie. Depuis quatorze ans, j’enseigne la philosophie à des jeunes gens qui sont à l’orée de leur vie d’adulte. Certains sont Français sans jamais avoir grandi en France, ils vagabondent allègrement de pays en pays, posant un regard serein sur la question de l’identité; d’autres sont partis enfants de la Syrie en guerre; d’autres encore sont arrivés cette année, après l’explosion du port de Beyrouth. La pluralité qu’ils représentent m’enrichit constamment. J’aborde avec eux les difficultés propres à l’existence humaine, je questionne leur rapport à la société, leur insufflant l’idée que c’est en mettant à distance le regard des autres qu’ils pourront peut-être espérer atteindre le bonheur. Je les invite à penser par eux-mêmes, à ne jamais se laisser influencer, à combattre les clichés, comme celui qui affirmerait que Dubaï serait un paradis artificiel, où ne vivent que des individus en recherche de célébrité et d’argent, au prix de la décence et de la morale. Ceux qui trouvent paradoxale l’idée d’enseigner la philosophie à Dubaï, je les interroge sur l’utilité de faire une conférence pour dénoncer l’abattage industriel devant une association de végétariens. C’est bien parce que la tentation consumériste est partout, que la philosophie détient toute sa place et son importance. Les Émiriens l’ont bien compris, car ils ont pour projet d’instaurer la philosophie dans toutes les écoles publiques du pays, du CP à la terminale. On ne devient ni célèbre ni riche en étant enseignant; je me dis parfois, en contemplant avec dépit ma fiche de salaire, que j’ai raté ma voie (ma vie?). Mais quand je reçois, chaque année, des messages d’élèves me remerciant pour mes cours, me racontant comment cette année de philosophie a changé leur perception du monde et de la vie, je me dis qu’après tout je n’ai peut-être pas raté ma carrière d’influenceuse philosophe.

 

 

 

 


À Dubaï, la Saint-Valentin se raconte à table

Un gâteau à partager, pensé comme le point final d’un dîner à deux. (Photo: fournie)
Un gâteau à partager, pensé comme le point final d’un dîner à deux. (Photo: fournie)
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  • Une Saint-Valentin qui sort du cliché, privilégiant l’expérience, le rythme et la mémoire plutôt que la démonstration
  • Le partage comme fil conducteur, entre menus conçus pour deux, attention portée au souvenir et produits soigneusement sourcés

​​​​​DUBAÏ: À Dubaï, la Saint-Valentin ne se limite plus au simple dîner à deux. Certaines adresses cherchent désormais à raconter une histoire, à créer un moment qui dépasse l’assiette. C’est le cas de Three Cuts Steakhouse et de Sal’s Bistro, deux restaurants qui proposent cette année des formats très différents mais animés par une même idée : célébrer le partage, la mémoire et la générosité des saveurs.

Three Cuts Steakhouse : l’élégance sans rigidité

Perché sur le rooftop du Palm Jumeirah Mall, Three Cuts mise pour le 14 février sur une expérience pensée comme un tout, où la gastronomie dialogue avec le décor et le souvenir. Loin des démonstrations ostentatoires souvent associées à la Saint-Valentin, l’adresse cultive une élégance plus décontractée, fidèle à son ADN.

Le menu dégustation en trois temps, conçu pour être partagé, commence par une série d’entrées qui jouent sur les textures et la précision des saveurs : gratin d’huîtres aux épinards crémeux, carpaccio de saumon à l’orange et à la betterave, ou encore arancini aux champignons sauvages. Le plat principal laisse le choix entre deux classiques du steakhouse, travaillés avec sobriété et rigueur, accompagnés de garnitures saisonnières.

Le dessert, un gâteau “Be Mine” à partager, clôt le repas sur une note ludique et régressive. Mais c’est peut-être le détail extra-culinaire qui marque le plus : chaque couple repart avec une photographie Polaroid prise sur place. Un geste simple, presque nostalgique, qui inscrit la soirée dans le temps long, au-delà de l’événement lui-même.

Sal’s Bistro : le romantisme en version décontractée

À Jumeirah Islands, Sal’s Bistro aborde la Saint-Valentin sous un angle plus libre et quotidien. Pendant toute la semaine du 9 au 15 février, le restaurant propose un plateau de sushis conçu pour deux, à savourer sur place, en terrasse au bord du lac, ou à emporter.

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Sal’s Bistro. (Photo: fournie)

Présenté comme « un peu d’amour sur une planche en bois », l’assortiment rassemble des pièces emblématiques de la maison : saumon épicé croustillant, nigiri de thon, sashimi de saumon, rainbow maki, volcano maki et California maki. Les produits proviennent de Le Fumoir by Joe Bassili, structure familiale reconnue pour son travail du poisson depuis plus de trois décennies dans la région.

Ici, pas de mise en scène sophistiquée, mais une invitation à partager, à picorer, à prolonger le moment. Sal’s Bistro confirme ainsi sa place d’adresse de quartier chic, où la Saint-Valentin peut se vivre sans contrainte de date unique ni de rituel figé.


Grèce: nouveau portail pour les réservations et les informations sur les sites antiques

Le ministère grec de la Culture a dévoilé jeudi un nouveau portail conçu pour gérer les réservations de sites archéologiques et de musées pour plus de 100 lieux qui sera en ligne à partir d’avril.  Intitulé Hellenic Heritage (hh.gr), le site proposera également des informations essentielles sur plus de 350 sites en huit langues, en plus de servir d’outil pour réduire les files d’attente, en particulier pendant les mois d’été où la fréquentation est importante.
Le ministère grec de la Culture a dévoilé jeudi un nouveau portail conçu pour gérer les réservations de sites archéologiques et de musées pour plus de 100 lieux qui sera en ligne à partir d’avril. Intitulé Hellenic Heritage (hh.gr), le site proposera également des informations essentielles sur plus de 350 sites en huit langues, en plus de servir d’outil pour réduire les files d’attente, en particulier pendant les mois d’été où la fréquentation est importante.
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  • La Grèce a attiré 40,7 millions de visiteurs en 2024, soit une hausse de 12,8 % par rapport à 2023
  • Le ministère du Tourisme a indiqué en décembre que 2025 s’annonçait également comme une "année record" et que les indicateurs pour 2026 étaient encourageants

ATHENES: Le ministère grec de la Culture a dévoilé jeudi un nouveau portail conçu pour gérer les réservations de sites archéologiques et de musées pour plus de 100 lieux qui sera en ligne à partir d’avril.

Intitulé Hellenic Heritage (hh.gr), le site proposera également des informations essentielles sur plus de 350 sites en huit langues, en plus de servir d’outil pour réduire les files d’attente, en particulier pendant les mois d’été où la fréquentation est importante.

La Grèce a attiré 40,7 millions de visiteurs en 2024, soit une hausse de 12,8 % par rapport à 2023.

Le ministère du Tourisme a indiqué en décembre que 2025 s’annonçait également comme une "année record" et que les indicateurs pour 2026 étaient encourageants.

Des conseils sur des sites méconnus et des promenades thématiques seront proposés.

"Notre ambition est que le voyageur puisse établir un lien personnel avec chaque monument", a déclaré le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis lors de la présentation officielle.

"La vérité, c’est que la majorité des visiteurs, encore aujourd’hui, ne viennent pas dans notre pays pour découvrir la culture grecque. C’est quelque chose qui doit changer", a-t-il ajouté.

La Grèce s’efforce depuis des années de développer un système de billetterie électronique pour maximiser les recettes et réduire les files d’attente.

Quelque 3 millions de billets électroniques ont été émis rien que pour l’Acropole l’an dernier, a indiqué M. Mitsotakis.

Une section dédiée exclusivement aux professionnels, fournissant des données de disponibilité en temps réel, aidera les opérateurs touristiques à rationaliser les réservations de groupes, ont précisé les organisateurs.

La ministre de la Culture, Lina Mendoni, a assuré que les personnes en situation de handicap et leurs accompagnants pourront sélectionner l’utilisation d’un ascenseur, d’un monte-charge ou d’un fauteuil roulant lors de la réservation de leurs billets.

Les voyagistes présents à la présentation de jeudi ont exprimé des inquiétudes quant à leur capacité à harmoniser le nouvel outil de billetterie avec leurs propres systèmes de réservation en moins de deux mois.

"Si tout le monde essaie de se connecter le 1er avril, le système plantera", a averti un opérateur.

 


« Arduna » à AlUla : quand l’art contemporain scelle une coopération culturelle historique entre la France et l’Arabie saoudite

Présent lors de l’inauguration, Jean-Yves Le Drian, président d’AFALULA, a souligné la portée symbolique et politique de l’événement. (AFALULA)
Présent lors de l’inauguration, Jean-Yves Le Drian, président d’AFALULA, a souligné la portée symbolique et politique de l’événement. (AFALULA)
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  • Présentée comme un geste artistique fort autant qu’un acte de confiance entre deux nations, Arduna s’inscrit dans la continuité de l’accord intergouvernemental signé en 2018
  • « Cette décision de nos chefs d’État s’inscrivait dans une vision partagée : celle du soutien de la France à la transformation de l’Arabie saoudite, initiée par le Prince héritier dans Vision 2030»

ALULA: L’inauguration de l’exposition Arduna marque une étape fondatrice dans le développement culturel de l’Arabie saoudite et dans la coopération franco-saoudienne. Inédite par son ampleur et première du genre en Arabie saoudite et au Moyen-Orient, cette exposition est le fruit d’un commissariat conjoint entre le futur Musée d’Art Contemporain d’AlUla et le Centre Pompidou, avec le soutien de l’Agence française pour le développement d’AlUla (AFALULA).

Présent lors de l’inauguration, Jean-Yves Le Drian, président d’AFALULA, a souligné la portée symbolique et politique de l’événement :

« C’est un grand honneur d’être à vos côtés ici ce soir pour inaugurer “Arduna”, exposition fondatrice et inédite dans son ampleur. Je dis fondatrice, parce qu’elle est à la fois un geste artistique majeur, et un geste de confiance entre nos deux pays. »

Un jalon issu de l’accord intergouvernemental de 2018

L’exposition s’inscrit directement dans le prolongement de l’accord intergouvernemental signé en 2018 par la France et l’Arabie saoudite, en présence du Président Emmanuel Macron et de Son Altesse Royale le Prince héritier Mohammed ben Salmane. Cet accord a ouvert une coopération ambitieuse autour du développement culturel, patrimonial, environnemental et humain d’AlUla, en cohérence avec la Vision 2030 du Royaume.

Jean-Yves Le Drian a rappelé la vision commune à l’origine de cet engagement :

« Cette décision de nos chefs d’État s’inscrivait dans une vision partagée : celle du soutien de la France à la transformation de l’Arabie saoudite, initiée par le Prince héritier dans Vision 2030. L’art et la culture, la valorisation du patrimoine comme l’élan de la création y jouent un rôle majeur. »

Aujourd’hui, les résultats de cette coopération sont visibles et concrets, notamment à travers l’inauguration du pavillon d’exposition, première étape vers le futur Musée d’Art Contemporain d’AlUla prévu à l’horizon 2030.

« Arduna », une exposition ancrée dans son territoire

Intitulée Arduna – « Notre Terre » –, l’exposition revendique un lien étroit avec l’identité d’AlUla. Une approche que Jean-Yves Le Drian a tenu à distinguer de modèles d’expositions décontextualisées :

« “Arduna” n’est pas une exposition “posée” sur un territoire, hors sol. C’est un modèle de programmation à l’écoute de son temps et surtout à l’écoute d’AlUla et de son identité très singulière, celle d’un territoire où la nature, l’archéologie, la mémoire et l’avenir se répondent à chaque instant. »

Il insiste également sur la démarche de co-construction :

« L’idée n’était pas d’importer un récit, mais de co-développer une exposition et, au-delà, une vision, ancrée dans l’exceptionnelle magie de ce lieu. »

Les commissaires de l’exposition, Candida Pestana et Anne Hiddleston Galloni, ont été saluées pour leur travail approfondi et leur implication tout au long de la préparation de cet événement.

Une première concrétisation du futur musée d’art contemporain d’AlUla

Au-delà de l’exposition, Arduna constitue la première réalisation tangible du partenariat stratégique conclu en 2023 entre la Commission Royale pour AlUla et le Centre Pompidou. Ce partenariat vise à accompagner la création du futur Musée d’Art Contemporain d’AlUla, appelé à devenir une institution de référence internationale.

Jean-Yves Le Drian a souligné l’engagement global du Centre Pompidou :

« Je suis reconnaissant au Centre Pompidou d’avoir mobilisé son expertise dans tous les domaines : le commissariat, la scénographie, la production, la médiation, l’édition, mais aussi l’accompagnement architectural du pavillon, ainsi que les actions de formation et de mentorat de la future équipe du musée. »

Le futur musée, conçu par l’architecte Lina Gotmeh, se veut à la fois international et profondément enraciné dans son environnement local, notamment à travers son dialogue avec l’espace voisin de Daïmumah.

Une dynamique culturelle franco-saoudienne durable

L’inauguration de Arduna s’inscrit dans une dynamique plus large de coopération culturelle entre la France et l’Arabie saoudite à AlUla. Jean-Yves Le Drian a rappelé l’ouverture récente de la Villa Hégra, autre jalon majeur de ce partenariat :

« La Villa Hégra témoigne de ce que nous sommes en mesure de construire ensemble : un lieu de création, de recherche, de résidence et de transmission, où les scènes françaises, francophones et saoudiennes se rencontrent et projettent des coopérations fortes. »

La culture comme langage commun

En conclusion, le président d’AFALULA a résumé l’esprit de cette coopération :

« Ce soir, nous inaugurons une exposition. Mais plus profondément, nous célébrons une belle histoire : celle d’un partenariat qui se construit dans la durée, qui investit dans la confiance, et qui choisit la culture comme langage commun. »

L’exposition Arduna illustre ainsi l’ambition partagée de faire d’AlUla un pôle culturel majeur, où le patrimoine exceptionnel du territoire dialogue avec la création contemporaine, au cœur d’un partenariat stratégique entre le Royaume d’Arabie saoudite et la France.