Comment j’ai raté ma carrière d’influenceuse à Dubaï

"c’est avec une joie non dissimulée que je me suis laissée submerger et noyer par les réjouissances"(Anouchka Sooriamoorthy Instagram: @danslechaosmonde)
"c’est avec une joie non dissimulée que je me suis laissée submerger et noyer par les réjouissances"(Anouchka Sooriamoorthy Instagram: @danslechaosmonde)
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Publié le Samedi 29 mai 2021

Comment j’ai raté ma carrière d’influenceuse à Dubaï

  • De cette ville aux mille nationalités, certains affirment que le multiculturalisme n’est qu’une posture, que les communautés vivent les unes à côté des autres, et non les unes avec les autres
  • Je n’aurai pu imaginer, il y a quatorze ans de cela, observer une telle solidarité entre des individus que rien ne relie, hormis un visa de résidence

DUBAÏ : Depuis quelques mois, je vis une crise existentielle. Tout allait bien jusqu’à ce que déferlent les reportages des grandes chaînes télévisées, et les vidéos des réseaux sociaux donnant à voir la vie à Dubaï. Devant ces images de luxe débordant et outrancier, je demeurais abasourdie: je vis à Dubaï depuis 2007, et je ne me reconnaissais en rien dans ce tableau arabo-rococo-déliro. Durant toutes ces années dans la ville de la démesure, j’avais été plutôt mesurée: je n’avais pas acquis de voiture de luxe, je ne possédais pas de léopard de compagnie, je ne m’étais même pas fait injecter un peu de silicone. La question était douloureuse, mais il fallait que je trouve le courage de me la poser: avais-je raté ma vie? Analyse d’un échec en cinq points…

Faux départ

Tout avait mal commencé. Ma décision de partir de France pour m’installer à Dubaï n’avait pas été motivée par des raisons fiscales, et je n’en étais pas fière: n’était-ce pas le comble du chic de sous-entendre que l’on avait fui le fisc? J’aurais tant voulu faire partie de ces happy few rebelles, fusion de Robin des Bois et de James Bond, mais je gagnais à l’époque malheureusement trop peu pour prétendre à ce cercle prisé. Mon déménagement n’avait pas non plus été provoqué par une haine de la France, et ce malgré tous mes efforts répétés: j’avais tenté de faire éclore une forme d’agressivité mêlée de rancœur, cultivant l’espoir que cela allait permettre le jaillissement de la gnaque qui me manquait pour réussir sinon ma vie,  du moins mon compte Instagram. J’ai revisionné La Haine de Mathieu Kassovitz, j’écoutais en boucle les albums de NTM. En vain. Je ne trouvais aucun reproche à faire à la France, hormis une météo parisienne morose qui avait encouragé ma recherche de nouveaux horizons ensoleillés. J’arrivais à Dubaï, contrat de travail en poche et sourire aux lèvres, pour démissionner deux fois en deux mois, déçue par les propositions reçues, recherchant naïvement un métier qui allait participer à mon épanouissement, plutôt que de penser rationnellement au flouze, à l’oseille, au biff. La route du succès s’annonçait longue et tortueuse…

"Qu’est-ce qui importe véritablement ? Pour moi, c’est la liberté" (Anouchka Sooriamoorthy/Instagram : @danslechaosmonde)
"Qu’est-ce qui importe véritablement ? Pour moi, c’est la liberté" (Anouchka Sooriamoorthy/Instagram: @danslechaosmonde)

Ballet des cultures 

De cette ville aux mille nationalités, certains affirment que le multiculturalisme n’est qu’une posture, que les communautés vivent les unes à côté des autres, et non les unes avec les autres, mais ils oublient que le côtoiement, si léger soit-il, créée une passerelle. Tôt ou tard et sans que l’on soit prévenu, on est happé dans le ballet des cultures. On se surprend à ponctuer ses phrases d’un inch’allah spontané, on se réjouit d’un dîner chez Ravi, d’une succulente cantine indienne, où pour trois euros, l’on festoie comme un cheikh, on ne peut plus concevoir un apéro sans houmous, on apprécie les notes boisées des parfums au bois de oud. Il n’y a pas de culture à Dubaï, entend-on de la part de ceux qui jettent aussi rapidement l’anathème qu’ils publient un tweet. Dans cette ville où 80% de la population est étrangère, la culture est à l’image de la mondialisation: métisse et surprenante. Se laisser emporter par les sonorités «jazzées» du Koweïtien Kamal Moussallam, écouter avec intérêt le journaliste Feurat Alani narrer son lien à l’Irak, être subjugué par la chorégraphie de la troupe de Benjamin Millepied dans la solennité de l’opéra de Dubaï… Pour celui qui fait l’effort de sortir le nez de son écran et de ses préjugés, c’est à toute cette richesse qu’il s’expose. Évidemment, c’est moins attrayant que les gloss repulpants et les fers à friser nouvelle génération à chaleur céramique, mais on a les centres d’intérêt que l’on mérite, tant pis pour moi! L’un de mes lieux préférés est une petite salle indépendante de cinéma dont les canapés usés à l’esthétique désuète ressemblent à ceux qui occupaient l’espace du salon de mes grands-parents. On sirote un chaï avant la projection, et on dévore un paratha aux œufs après, et entre les deux, on voyage. Liban, France, Tunisie, Corée, États-Unis, Espagne et tant d’autres pays. La sélection des films est à l’image des habitants de Dubaï: diverse et hétéroclite.

Ni relookée, ni botoxée

«Je vis à Dubaï». À chaque fois que, en vacances en France, je suis amenée à prononcer cette phrase sur le ton d’une confession coupable, je sens le regard circonspect de mon interlocuteur se poser sur moi. Cette circonspection s’explique par le fait que je n’arbore pas ce qui, semble-t-il, devrait être le look de la parfaite dubaïote: pas de diamants clinquants, pas de faux-cils à rallonge capables de provoquer une tempête de sable, même pas un peu de botox, et encore moins de formes plantureusement siliconées. Loin des images retouchées, je suis l’incarnation de la vie normale. Les femmes que je côtoie n’ont pas de lunettes de soleil à la monture en or 24 carats, pas de lèvres repulpées, pas de sacs à main «logotisés». À la place, c’est l’anticernes qui masque les nuits écourtées par nos enfants, les sourires lors de nos weekends qui ne connaissent jamais la grisaille, et qui détiennent la saveur des vacances, un grand cabas en toile, au fond duquel gît un livre. Parfois, l’envie surgit d’aller à la conquête des nuits dubaïotes, de danser sur les tables en or massif d’un bar construit sur un héliport, entourées de faucons aux serres ornées de diamants mais, épuisées par nos longues journées de travail, nous optons pour nos transats de jardin, devant notre salut à notre majordome en scooter: le livreur de Deliveroo. À défaut d’avoir usé nos semelles sur les pistes de danse, nous frottons et limons nos cervelles les unes aux autres: nous nous questionnons sur la place de la femme, sur notre rôle de mères, sur la difficulté de l’équilibre entre vie professionnelle et vie familiale. Si nos conversations sont communes à de nombreuses femmes à travers la planète, nous sommes cependant conscientes des privilèges qu’offre la vie à Dubaï, le plus appréciable étant que les préoccupations sécuritaires nous sont étrangères: nos enfants jouent dans le quartier sans que l’inquiétude ne s’empare de nous, les portes ne sont pas toujours verrouillées, les sacs jamais tenus avec la poigne anxieuse du vol à l’arraché. Cette immense chance est accompagnée d’une crainte: que nous construisions, loin des messages de la RATP appelant les passagers à la vigilance, un rapport faussé au monde.

"Je suis du côté des Palestiniens, non pas que je sois contre les Israéliens, mais parce que c’est mon devoir moral d’apporter mon soutien à ceux qui n’ont pas de pays, pas de nationalité, pas de droits, pas de perspective de bonheur" (Anouchka Sooriamoorthy/Instagram: @danslechaosmonde)
"Je suis du côté des Palestiniens, non pas que je sois contre les Israéliens, mais parce que c’est mon devoir moral d’apporter mon soutien à ceux qui n’ont pas de pays, pas de nationalité, pas de droits, pas de perspective de bonheur" (Anouchka Sooriamoorthy/Instagram: @danslechaosmonde)

Sous le bling-bling, la morale

Un consensus semble être partagé: les expatriés vivant à Dubaï auraient laissé leur moralité au port d’embarquement en montant à bord de l’A380 qui les a menés au Las Vegas du Moyen-Orient. Voici donc le sujet d’une étude psychologique dont nous serions de parfaits sujets d’observation: la morale varie-t-elle en fonction du lieu d’habitation? Comme nous sommes à l’époque des experts autoproclamés, je me lance: je crois que ce n’est pas le lieu qui fait ce que nous sommes, mais que c’est nous qui décidons des modalités d’occupation du lieu. Celui qui méprisait ses employés à Paris, qui trompait sa femme à Londres, qui faisait des blagues racistes à Moscou ne va pas retrouver une aura de sainteté à Dubaï (on accole des attributs dithyrambiques à cette ville mais, malgré les appels réguliers des muezzins, elle ne peut convertir le pécheur en homme moral). À l’inverse, c’est accorder si peu de volonté à l’être humain que de penser que celui qui œuvrait pour la cause animale, qui s’élevait contre la misogynie, qui militait pour la justice sociale, a abandonné toutes ses convictions dès qu’il a mis le pied dans le plus grand centre commercial au monde, le bien-nommé Dubaï Mall. Autour de moi, j’observe des hommes et des femmes qui, comme ils le feraient ailleurs, s’activent dans l’espoir d’apporter leur contribution au monde: association d’aide aux animaux, récolte de denrées pour les travailleurs dans le besoin, journées de soutien à la Palestine. Dans l’avion qui décollait de Roissy-Charles-de-Gaulle pour atterrir à l’aéroport international de Dubaï, je n’aurai pu imaginer, il y a quatorze ans de cela, observer une telle solidarité entre des individus que rien ne relie, hormis un visa de résidence: untel aide une victime de la crise économique à retrouver un travail alors qu'un autre soigne des chats errants. Et tout cela est fait à voix basse, loin des vidéos en direct d’Instagram. Autant d’occasions manquées de se rapprocher de la célébrité! 

"Je ne me rêve plus en héroïne pseudo-tragique qui souhaiterait la tourmente divertissante sans la fin désespérante" (Anouchka Sooriamoorthy/Instagram: @danslechaosmonde)
"Je ne me rêve plus en héroïne pseudo-tragique qui souhaiterait la tourmente divertissante sans la fin désespérante" (Anouchka Sooriamoorthy/Instagram: @danslechaosmonde)

Fais un métier qui te plaît et tu ne travailleras jamais

On raconte que la maxime fut prononcée par Confucius (ou peut-être était-ce Bill Gates?). J’en ai fait un principe de vie: loin des calculs de carrière et de célébrité (hélas!), je me suis laissée porter par les flots de la passion. J’aurais au moins pu être passionnée par ce qui importe véritablement, les dégradés d’ombre à paupières ou les extensions de cheveux, mais ce fut malheureusement la littérature et la philosophie. Depuis quatorze ans, j’enseigne la philosophie à des jeunes gens qui sont à l’orée de leur vie d’adulte. Certains sont Français sans jamais avoir grandi en France, ils vagabondent allègrement de pays en pays, posant un regard serein sur la question de l’identité; d’autres sont partis enfants de la Syrie en guerre; d’autres encore sont arrivés cette année, après l’explosion du port de Beyrouth. La pluralité qu’ils représentent m’enrichit constamment. J’aborde avec eux les difficultés propres à l’existence humaine, je questionne leur rapport à la société, leur insufflant l’idée que c’est en mettant à distance le regard des autres qu’ils pourront peut-être espérer atteindre le bonheur. Je les invite à penser par eux-mêmes, à ne jamais se laisser influencer, à combattre les clichés, comme celui qui affirmerait que Dubaï serait un paradis artificiel, où ne vivent que des individus en recherche de célébrité et d’argent, au prix de la décence et de la morale. Ceux qui trouvent paradoxale l’idée d’enseigner la philosophie à Dubaï, je les interroge sur l’utilité de faire une conférence pour dénoncer l’abattage industriel devant une association de végétariens. C’est bien parce que la tentation consumériste est partout, que la philosophie détient toute sa place et son importance. Les Émiriens l’ont bien compris, car ils ont pour projet d’instaurer la philosophie dans toutes les écoles publiques du pays, du CP à la terminale. On ne devient ni célèbre ni riche en étant enseignant; je me dis parfois, en contemplant avec dépit ma fiche de salaire, que j’ai raté ma voie (ma vie?). Mais quand je reçois, chaque année, des messages d’élèves me remerciant pour mes cours, me racontant comment cette année de philosophie a changé leur perception du monde et de la vie, je me dis qu’après tout je n’ai peut-être pas raté ma carrière d’influenceuse philosophe.

 

 

 

 


Première demi-finale de l'Eurovision, avec Israël

Israël participe mardi soir à la première demi-finale du concours de l'Eurovision, ébranlé cette année par le plus important boycott de ses 70 ans d'histoire, en raison de la présence de ce pays. (AFP)
Israël participe mardi soir à la première demi-finale du concours de l'Eurovision, ébranlé cette année par le plus important boycott de ses 70 ans d'histoire, en raison de la présence de ce pays. (AFP)
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  • La demi-finale a démarré à 21H00 (19H00 GMT) avec, outre Israël, le Monténégro, l'Estonie, la Géorgie, le Portugal, Saint-Marin, la Croatie, la Suède, la Pologne, la Belgique, la Lituanie, la Serbie, la Finlande, la Moldavie et la Grèce
  • Alors que ces 15 pays candidats foulent la scène de la Stadthalle à Vienne, les groupes audiovisuels publics de l'Espagne, de l'Irlande et de la Slovénie ont annoncé qu'ils ne diffuseront pas le plus grand télécrochet mondial, qualifié de "cirque"

VIENNE: Israël participe mardi soir à la première demi-finale du concours de l'Eurovision, ébranlé cette année par le plus important boycott de ses 70 ans d'histoire, en raison de la présence de ce pays.

La demi-finale a démarré à 21H00 (19H00 GMT) avec, outre Israël, le Monténégro, l'Estonie, la Géorgie, le Portugal, Saint-Marin, la Croatie, la Suède, la Pologne, la Belgique, la Lituanie, la Serbie, la Finlande, la Moldavie et la Grèce.

Alors que ces 15 pays candidats foulent la scène de la Stadthalle à Vienne, les groupes audiovisuels publics de l'Espagne, de l'Irlande et de la Slovénie ont annoncé qu'ils ne diffuseront pas le plus grand télécrochet mondial, qualifié de "cirque" par le groupe slovène RTV.

Les trois pays ont décidé de ne pas envoyer de candidat en raison de la présence d'Israël à qui ils reprochent la conduite de la guerre à Gaza en représailles à l'attaque le 7 octobre 2023 du mouvement islamiste palestinien Hamas sur son sol.

Tout comme l'Islande et les Pays-Bas, qui en revanche diffuseront l'événement auquel 35 pays au total prennent part.

Lors de la seconde demi-finale le 14 mai, l'Albanie, le Danemark, l'Arménie, la Roumanie, Chypre, la Suisse, la Norvège, l'Azerbaïdjan, le Luxembourg, Malte, la Bulgarie, l'Australie, l'Ukraine, la République tchèque et la Lettonie tenteront leur chance.

Les points des jurys seront combinés aux résultats d'un vote du public, pour déterminer les dix chansons qualifiées lors de chaque demi-finale.

Ces 20 chansons rejoindront les titres présélectionnés de l'Autriche, gagnante de l'année dernière à Bâle, en Suisse, et qualifiée d'office pour la finale samedi.

La France, l'Allemagne, l'Italie et le Royaume-Uni viennent automatiquement compléter le tableau, en raison de leur statut de principaux contributeurs financiers.

Cercueils 

Le député français Thomas Portes (gauche radicale) a aussi évoqué l'Eurovision mardi en conférence de presse à l'Assemblée nationale à Paris.

"Laisser Israël sur la scène de l'Eurovision n'est pas neutre", a-t-il déclaré. "C'est laisser faire, c'est banaliser les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité".

Quelques dizaines de militants propalestiniens ont déposé des cercueils dans le centre de la capitale autrichienne pour protester contre la participation d'Israël.

"Bien sûr, la musique devrait être quelque chose d'universel. La musique devrait rassembler les gens, mais pas de cette manière", a déclaré à l'AFP Karin Spindlberger, une manifestante de 67 ans.

Pour Martin Green, le directeur de l'Eurovision, "c'est très sain que deux points de vue puissent s'exprimer simultanément dans la même ville".

"Chacun respecte l’espace de l’autre, l'Autriche étant un pays qui permet à chacun d'exprimer son point de vue, et je pense qu'elle peut en être très fière", a-t-il déclaré mardi en conférence de presse.

Amichai Chikli, le ministre israélien des Affaires étrangères, s'est inquiété lundi dans un communiqué d'une "forte poussée, coordonnée, de discours antisémites et anti-israéliens autour de l'Eurovision 2026".

"J'ai donné instruction d'élargir la surveillance et les alertes en temps réel", a-t-il ajouté.

Boy George 

Parmi les favoris du concours, le candidat israélien Noam Bettan, chante en hébreu, français et anglais. Sa vidéo a été vue 3,4 millions de fois sur la chaîne YouTube officielle de l'Eurovision, une performance bien au-dessus de la moyenne.

La Finlande et la Grèce devraient aussi passer l'étape de ces demi-finales comme une formalité.

Akylas Mytilineos, le candidat envoyé par Athènes, 27 ans, raconte avoir dû faire de la musique dans la rue pour payer les factures.

Il se définit comme queer et sa chanson, "Ferto", soit "Ramène ça!", est un morceau électro-pop sur la cupidité et la quête de richesse matérielle.

Interrogés par l'AFP dimanche, Linda Lampenius et Pete Parkkonen, les candidats de la Finlande, n'ont pas semblé stressés par leur statut de chouchous des parieurs.

"Le ressenti doit venir du cœur", explique ce duo composé d'une violoniste de 56 ans et d'un chanteur de 36 ans qui fait mouche avec un titre, "Liekinheitin", "Lance-flamme", interprété en finnois.

Boy George, star des années 1980, va faire une apparition lors du passage de la chanteuse Senhit, qui représente Saint-Marin.

 


Cannes déroule son tapis rouge pour le plus grand festival de cinéma au monde

Bulle artistique mais aussi reflet des fracas du monde, le plus grand des festivals de cinéma au monde démarre mardi à Cannes, avec plus de 100 films au programme dont 22 prétendent à la Palme d'or. (AFP)
Bulle artistique mais aussi reflet des fracas du monde, le plus grand des festivals de cinéma au monde démarre mardi à Cannes, avec plus de 100 films au programme dont 22 prétendent à la Palme d'or. (AFP)
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  • "On demande souvent au festival de Cannes d'assumer un rôle, de réfléchir à des questions qui ne le concernent pas directement", a déclaré lundi le délégué général du festival Thierry Frémaux lors d'une conférence de presse
  • Profitant de l'exposition médiatique du festival, quelque 600 professionnels du cinéma ont par ailleurs signé une tribune, publiée dans Libération, pour dénoncer "l'emprise grandissante de l'extrême droite" sur le cinéma

CANNES: Bulle artistique mais aussi reflet des fracas du monde, le plus grand des festivals de cinéma au monde démarre mardi à Cannes, avec plus de 100 films au programme dont 22 prétendent à la Palme d'or.

"On demande souvent au festival de Cannes d'assumer un rôle, de réfléchir à des questions qui ne le concernent pas directement", a déclaré lundi le délégué général du festival Thierry Frémaux lors d'une conférence de presse.

Interrogé sur le rôle politique d'un tel évènement à un an d'une présidentielle en France, M. Frémaux a préféré ériger son festival en défenseur du modèle culturel français.

En février, le festival de Berlin avait été secoué par les polémiques sur la portée politique de l'évènement et le soutien à la cause palestinienne.

Le président du jury Park Chan-wook a lui déclaré à l'AFP souhaiter récompenser les oeuvres sur leurs "seuls mérites", sans considération de genre, de nationalité ou d'idéologie politique, a-t-il exposé.

"Les récompenses doivent être décernées à des oeuvres qui perdureront 50 ou 100 ans", a exposé le premier président sud-coréen d'un jury cannois.

Tribune anti-Bolloré

Profitant de l'exposition médiatique du festival, quelque 600 professionnels du cinéma ont par ailleurs signé une tribune, publiée dans Libération, pour dénoncer "l'emprise grandissante de l'extrême droite" sur le cinéma par l'intermédiaire du milliardaire Vincent Bolloré.

Les signataires, parmi lesquels figurent les acteurs Swann Arlaud, Juliette Binoche ou le réalisateur Arthur Harari, soulignent que le groupe Canal+, dont Vincent Bolloré est l'actionnaire de référence, "a acquis 34% du capital d'UGC, le troisième plus grand réseau de salles de cinéma françaises, avec la perspective d'acquérir 100% des parts d'ici à 2028".

Mardi soir, la cérémonie d'ouverture, animée par l'actrice Eye Haïdara, sera l'occasion de remettre au cinéaste néo-zélandais Peter Jackson une Palme d'or d'honneur.

Jamais sélectionné par le festival, le cinéaste connu pour sa trilogie sur "Le Seigneur des Anneaux" "a transformé le cinéma d'Hollywood et sa conception du spectacle à tout jamais", a souligné Thierry Frémaux.

Autre moment fort de la soirée, les deux chanteuses françaises Theodora et Oklou reprendront une chanson des Beatles, dont Peter Jackson est fan. Les invités verront ensuite "La Vénus électrique", le film d'ouverture du Français Pierre Salvadori, avec Pio Marmaï et Anaïs Demoustier.

Après l'installation de l'affiche officielle sur le fronton du Palais accueillant l'évènement, le tapis rouge a été posé mardi sur les marches mythiques du bâtiment.

Le choix du visuel, qui représente Thelma et Louise, les héroïnes du road movie féministe de Ridley Scott incarnées par Geena Davis et Susan Sarandon, a suscité l'agacement du collectif féministe 50/50.

Il a dénoncé une forme de "féminisme washing" alors que seules cinq réalisatrices apparaissent en compétition officielle, sur 22 films.

Film sur Samuel Paty 

"En aucun cas, il ne doit y avoir une politique de quota", a répondu Thierry Frémaux lundi, assurant que la parité était respectée dans "les jurys et les instances".

La sélection officielle, qui comprend d'autres sections comme Un certain regard ou Cannes Première, compte 34% de réalisatrices (contre 25% en 2025).

Pour le délégué général du festival, il faudra du temps pour atteindre la parité, même si de plus en plus de femmes se font une place dans le jeune cinéma, comme en atteste la sélection des courts-métrages (38% de réalisatrices).

Mercredi débuteront les premières projections avec "Quelques jours à Nagi" du japonais Koji Fukada, premier film de la compétition officielle. Suivra "La vie d'une femme" de Charline Bourgeois-Tacquet, avec Léa Drucker et Mélanie Thierry, sur une chirurgienne dont le quotidien se retrouve ébranlé par sa rencontre avec une romancière.

Hors-compétition, un premier film évènement sera projeté en soirée. "L'Abandon" met en scène les derniers jours du professeur d'histoire-géographie Samuel Paty, incarné à l'écran par Antoine Reinartz.

Sa soeur, Mickaëlle Paty, a participé à l'écriture du scénario et devrait monter les marches.

 


À Dubai, OnTheList célèbre l’art de vivre français avec Le Creuset

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  • La vente « Factory to Table » de Le Creuset se déroulera du 15 au 18 mai 2026 au Dubai Design District avec des remises allant jusqu’à 60 %
  • L’événement, organisé par OnTheList, marque la première édition de cette vente emblématique aux Émirats arabes unis

DUBAÏ: Les amateurs de gastronomie et de design culinaire ont désormais rendez-vous à Dubai. Pour la première fois dans les Émirats arabes unis, Le Creuset, maison française emblématique fondée en 1925, organise sa célèbre vente « Factory to Table » grâce à un partenariat exclusif avec OnTheList.

L’événement se tiendra du 15 au 18 mai 2026 au Dubai Design District, Building 11, de 8h à 20h, avec inscription préalable obligatoire. Une version en ligne sera également accessible simultanément pour permettre aux consommateurs de profiter de l’expérience à distance.

Connue dans plusieurs pays pour attirer des passionnés de cuisine prêts à patienter des heures afin d’obtenir les pièces les plus recherchées de la marque, la vente « Factory to Table » arrive ainsi pour la première fois dans la région du Golfe. Les visiteurs pourront accéder à des réductions pouvant atteindre 60 % sur une large sélection de cocottes en fonte, plats de cuisson, ustensiles et accessoires de cuisine.

« Le Creuset est une marque pour laquelle il existe ici un véritable attachement émotionnel. Pouvoir introduire cet événement dans la région est une immense fierté pour nous », explique Delphine Lefay, cofondatrice de OnTheList. « Aux États-Unis, la vente “Factory to Table” est devenue un phénomène à part entière. Nous voulions recréer cette énergie à Dubaï. »

Fondée en 2016 à Hong Kong par Delphine Lefay et Diego Dultzin Lacoste, OnTheList est devenue la première plateforme asiatique de ventes flash réservées aux membres. Présente aujourd’hui sur plusieurs marchés internationaux, l’entreprise rassemble des millions de membres autour d’événements exclusifs mêlant mode, beauté, maison et lifestyle.

Depuis son lancement aux Émirats arabes unis en 2024, la plateforme a déjà organisé plus de cinquante ventes éphémères dans la région. Le partenariat avec Le Creuset représente à ce jour son événement le plus ambitieux au Moyen-Orient.

Depuis un siècle, Le Creuset s’est imposée comme une référence mondiale de l’art culinaire grâce à son savoir-faire, ses couleurs emblématiques et la durabilité de ses produits. Des cuisines familiales aux tables gastronomiques, la marque française continue de séduire aussi bien les chefs professionnels que les passionnés de cuisine du quotidien. 

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