Angawi House: une fenêtre sur le passé et l'héritage de l’ébénisterie en Arabie saoudite

Le mangoor est une technique ancienne utilisée pour fabriquer les cadres de fenêtres en bois orné. C'est une caractéristique unique de la menuiserie dans la région du Hijaz. (AN photos par Huda Bashatah)
Le mangoor est une technique ancienne utilisée pour fabriquer les cadres de fenêtres en bois orné. C'est une caractéristique unique de la menuiserie dans la région du Hijaz. (AN photos par Huda Bashatah)
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Publié le Samedi 29 mai 2021

Angawi House: une fenêtre sur le passé et l'héritage de l’ébénisterie en Arabie saoudite

  • Le mangoor est une technique ancienne, faisant partie du patrimoine saoudien, utilisée pour fabriquer les cadres de fenêtres en bois orné
  • «Ce métier vous enseigne la véritable essence de la patience et développe votre sens de l'observation. Il m'a également appris que la précipitation conduit à des résultats négatifs.»

DJEDDAH: Dans le centre-ville de Djeddah se trouve un bâtiment très particulier et extravagant. La Maison Angawi est la demeure de la famille Angawi, un atelier de menuiserie et un musée public de l'artisanat du bois.

Il combine des styles urbains et traditionnels, notamment un extérieur luxueux semblable à un château et les traditionnels Hijazi Rawasheen, les cadres de fenêtres en bois aux motifs élaborés des vieux bâtiments de La Mecque et de Djeddah qui favorisent la lumière naturelle et la circulation de l'air.

Arab News a visité la maison avec Ahmad Sami Angawi – le fils de Sami Angawi, un architecte saoudien pionnier – et l'un des membres de son équipe les plus qualifiés, Mohammed Alemarah.

«Le travail du bois que je fais consiste principalement à équilibrer les exigences et les besoins contemporains avec la technique traditionnelle, la menuiserie mangoor, qui est un élément qui existe dans le Roshan (singulier de Rawasheen)», déclare M. Angawi, 40 ans, à Arab News.

Le mangoor est une technique ancienne, qui fait partie du patrimoine saoudien. Elle est utilisée pour fabriquer les cadres de fenêtres en bois orné. C'est une caractéristique unique de la menuiserie dans la région du Hijaz à laquelle Ahmad Sami Angawi ajoute sa propre touche dans une approche qu'il appelle «l'amour et le bien-aimé», qui, selon lui, reflète «le lien entre un être humain et son héritage».

Les objets que lui et son équipe produisent, qu'ils soient artistiques ou fonctionnels, célèbrent cette technique Roshan. Il reprend les designs traditionnels des Rawasheen, les développe et les utilise dans les objets qu'il crée.

«Dans certains de mes projets, j’ai exploré non seulement le résultat esthétique, mais aussi le résultat final d’un point de vue géométrique et sur la façon de le fabriquer», dit M. Angawi.

L'artisanat du bois connaît un renouveau, souligne-t-il, car les jeunes Saoudiens le considèrent d’un œil neuf et appliquent des techniques modernes. Le ministère saoudien de la Culture soutient cette tendance notamment via une initiative, dans laquelle M. Angawi est impliqué, afin de promouvoir le travail des artisans locaux.

«Le ministère de la Culture s'intéresse à la promotion des artistes et des artisans et c'est un grand plaisir d'en faire partie», précise-t-il.

Il cite également Artisanat du Royaume: culture et créativité en Arabie saoudite, un livre de la princesse Najla benta Ahmad ben Salmane, supervisé par le ministère, comme un autre exemple de la manière dont la culture et la créativité dans le Royaume sont mis en valeur.

Ce livre emmène les lecteurs dans un voyage à la rencontre de certains des artisans les plus talentueux du pays et leur fait découvrir l'histoire, les techniques et les traditions des métiers qu'ils pratiquent ainsi que la façon dont ces métiers continuent d’être liés au quotidien du peuple saoudien.

Ahmad Sami Angawi et son équipe ont conçu la couverture du livre et son coffret en bois inspiré des Sadu, les formes géométriques traditionnellement utilisées dans la broderie et le tissage bédouins.

«Nous avions une équipe formidable et compétente sur ce projet», précise M. Angawi. «Nombre d’entre eux étaient de jeunes Saoudiens, et Mohammed Alemarah dirigeait l’équipe ainsi que tout le processus.»

Mohammed Alemarah, 28 ans, est un jeune architecte irakien expérimenté doué pour le travail du bois.

«J'ai découvert la véritable signification de l'art en étudiant la calligraphie arabe, j'ai alors pris conscience de ma capacité à ressentir la beauté», explique-t-il. «J'ai essayé de m’imaginer une pièce en bois, sculptée et écrite et la magie s'est produite. L'odeur du bois de pin est restée gravée dans mon esprit.»

«J'ai adoré le monde de l'artisanat et le matériau lui-même, notamment la connaissance de l'anatomie du bois, son comportement et ses variétés, même les organismes que nous trouvons autour du bois tels que les champignons, les coléoptères et les oiseaux. Je pense que je cesserai jamais de m'interroger sur la beauté du bois.»

M. Alemarah est un menuisier autodidacte qui suit les «grands ancêtres des artisans et des prophètes». Sa capacité naturelle à apprendre et à développer ses compétences lui a, ajoute-t-il, inculqué un sens des responsabilités envers le métier.

«Je dois être très prudent et précis en ce qui concerne les mesures: 1 millimètre peut gâcher des heures de travail», souligne-t-il. «Ainsi, un millimètre à mes yeux se transforme en pouce que je divise en parties infinies.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

En Bref :

• Le père d’Ahmad Sami Angawi, Sami Angawi, est un architecte saoudien de renommée internationale. Il a obtenu un doctorat en architecture islamique hijazie de l'université de Londres en 1988.

• Sa philosophie novatrice en matière d’architecture associe la créativité de l'architecture traditionnelle aux styles modernes. Il est considéré comme un leader dans le domaine de la préservation du style Hijaz.

• Il a cofondé makmad.org, une organisation allemande à but non lucratif basée à Hanovre. Il a rénové de nombreux bâtiments historiques, notamment la maison d'Al-Shafei à Al-Balad, (quartier historique de Djeddah), et Bab al-Haram, une maison historique à La Mecque.

 

«Ce métier vous enseigne la véritable essence de la patience et développe votre sens de l'observation. Il m'a également appris que la précipitation conduit à des résultats négatifs.

L'artisanat est basé sur la répétition et l'attention aux détails, précise Mohammed Alemarah.

«J'avais l'habitude de considérer chaque compétence et les informations que j’ignorais sur le travail du bois comme un mystère et un défi intéressant qui devaient être résolus», ajoute-t-il.

Travailler le bois nécessite la maîtrise de nombreux outils et une attention particulière aux angles, aux coupes, aux formes et aux marques. Un ébéniste doit pouvoir voir les choses différemment, déclare M. Alemarah. Il précise qu'il traite chaque outil comme un trésor et qu'il admire la capacité de ses prédécesseurs qui ont créé ces outils, qui sont encore utilisés des milliers d'années plus tard. Il considère la scie à ruban comme la plus difficile à utiliser.

«L’architecture m’est utile pour saisir la différence entre les lignes, les points, les arcs et les formes, ainsi que le style architectural dans la manière de percevoir les choses autour de moi», déclare Mohammed Alemarah. «Ces facteurs constituent une bonne base pour l’industrie du bois qui repose sur la maîtrise et le professionnalisme.»

Il explique que les arbres poussent de manière spécifique qui se reflète dans les fibres du bois. Lors de la coupe des arbres, les menuisiers prennent en compte les meilleures façons d'utiliser les caractéristiques du bois.

«Il me faut un coup d'œil précis afin de déterminer la méthode et l'outil à utiliser car je me concentre sur certains éléments, notamment l'angle de croissance des anneaux, la forme des veines, ainsi que les pores et leur direction», confie-t-il. «La tâche du menuisier est donc de comprendre l’aspect et la direction des fibres et d’essayer d’en tirer le meilleur parti.»

Mohammed Alemarah travaille essentiellement la menuiserie et mais parfois également, la sculpture. Il propose des ateliers afin de contribuer à la diffusion des connaissances de la science du bois et d’aider les gens à apprendre et à explorer l'artisanat.

M. Alemarah déclare que travailler avec les Angawi, l'une des familles de menuisiers les plus renommées, et Ahmad Sami Angawi en particulier, était un rêve de carrière devenu réalité.

«Le studio Angawi est un espace artistique qui prend en compte la beauté, la maîtrise et le développement des compétences et des techniques», souligne-t-il.

L'aspect le plus difficile de ce métier, dit-il, est que le bois réagit au climat, à la température et d'autres facteurs.

«Le bois est essentiellement un organisme vivant, avec des pores, des vaisseaux et des fibres à travers lesquels l'eau pénètre», explique-t-il. «Le bois respire entre l'hiver et l'été, et l'humidité de l'air commence à le façonner, il se dilate, rétrécit, se plie et se fissure.»

«J’essaie encore de comprendre la philosophie du bois et je sais avec certitude que cela prendra du temps.»

Sami Angawi, le père d’Ahmad Sami Angawi, est un architecte saoudien de renommée internationale. Il a obtenu un doctorat en architecture islamique hijazie de l'université de Londres en 1988. Sa philosophie novatrice en matière d’architecture associe la créativité de l'architecture traditionnelle aux styles modernes. Il est considéré comme un leader dans le domaine de la préservation du style Hijaz.

Il a cofondé makmad.org, une organisation allemande à but non lucratif basée à Hanovre. Il a rénové de nombreux bâtiments historiques, notamment la maison d'Al-Shafei à Al-Balad, (quartier historique de Djeddah), et Bab Al-Haram, une maison historique à La Mecque.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


« Theater Tour », une initiative pour célébrer la culture locale dans toute l'Arabie saoudite

Bahr » a été écrit par Abdulrahman Al-Marikhi et réalisé par Sultan Al-Nawa. (Fourni)
Bahr » a été écrit par Abdulrahman Al-Marikhi et réalisé par Sultan Al-Nawa. (Fourni)
Bahr » a été écrit par Abdulrahman Al-Marikhi et réalisé par Sultan Al-Nawa. (Phot Fournie)
Bahr » a été écrit par Abdulrahman Al-Marikhi et réalisé par Sultan Al-Nawa. (Phot Fournie)
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  • La pièce primée Bahr est jouée pour la première fois à Bahreïn, puis à Jubail, Dammam et Al-Ahsa.
  • Ce nouveau projet vise à stimuler le théâtre local, l'engagement communautaire et la sensibilisation culturelle dans tout le pays.

RIYAD : Jeudi, la Commission saoudienne du théâtre et des arts du spectacle a lancé l'initiative « Theater Tour », qui vise à présenter des représentations théâtrales exceptionnelles dans les villes, les gouvernorats et les villages du Royaume.

Le projet a pour objectif de promouvoir la scène culturelle et les arts du spectacle, tout en encourageant l'engagement communautaire, a rapporté l'agence de presse saoudienne.

La première phase débutera avec la pièce Bahr (Mer), qui se déroulera du 3 avril au 3 mai, a ajouté l'agence de presse saoudienne.

La production débutera à Baha du 3 au 5 avril au théâtre du prince Sultan bin Abdulaziz du centre culturel, avant de se rendre à Jubail du 17 au 19 avril dans la salle de conférence de la commission royale à Al-Fanateer.

Elle se poursuivra à Dammam du 24 au 26 avril au théâtre de l'université Imam Abdulrahman bin Faisal, puis se terminera à Al-Ahsa du 1^(er) au 3 mai au théâtre de la Société pour la culture et les arts. 

Ce projet s'inscrit dans le cadre des efforts déployés par la Commission pour mieux faire connaître le secteur du théâtre et des arts du spectacle, tout en veillant à ce que les services culturels soient accessibles dans les zones mal desservies et auprès des communautés marginalisées.

Il vise également à soutenir les troupes de théâtre locales, à stimuler la production théâtrale et à renforcer la contribution du secteur culturel au produit intérieur brut national.

L'initiative favorise également les opportunités d'investissement et sert de plateforme pour découvrir et soutenir les talents émergents, a rapporté la SPA.

La pièce Bahr, écrite par Abdulrahman Al-Marikhi et mise en scène par Sultan Al-Nawa, a été saluée par la critique et a remporté plusieurs prix prestigieux, notamment ceux du meilleur acteur, du meilleur scénario et de la meilleure production globale lors du premier festival de théâtre de Riyad, ainsi que ceux des meilleurs effets musicaux et du meilleur metteur en scène lors du 19ᵉ festival de théâtre du Golfe.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Semaine de l'Art à Riyad : « Une constellation d'événements » qui redéfinit les frontières de l'art

La première édition de la Semaine de l'art de Riyad commence le 6 avril dans la capitale du Royaume, au JAX District. (Avec l'aimable autorisation de la Commission des arts visuels d'Arabie saoudite).
La première édition de la Semaine de l'art de Riyad commence le 6 avril dans la capitale du Royaume, au JAX District. (Avec l'aimable autorisation de la Commission des arts visuels d'Arabie saoudite).
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  • Cet évènement s'appuie sur la communauté artistique déjà florissante de la ville tout en invitant les artistes internationaux et les amateurs d'art à se joindre à elle.
  • La princesse Adwaa bent Yazeed ben Abdullah a expliqué que l'art a le pouvoir de nous inspirer, de nous interpeller et de nous relier les uns aux autres.

RIYAD : La première édition de la Semaine de l'Art à Riyad débute le 6 avril dans la capitale du Royaume. Initiative non commerciale, cet évènement s'appuie sur la communauté artistique déjà florissante de la ville tout en invitant les artistes internationaux et les amateurs d'art à se joindre à elle.

Dans un communiqué, la princesse Adwaa bent Yazeed ben Abdullah, responsable de la Semaine de l'Art à Riyad, a expliqué les inspirations et les objectifs de l'événement: "La Semaine de l'Art de Riyad est née de la conviction que l'art a le pouvoir de nous inspirer, de nous interpeller et de nous relier les uns aux autres. Riyad est depuis longtemps une ville en pleine croissance et, grâce à cette plateforme, nous espérons contribuer à son avenir culturel - un avenir ouvert, dynamique et profondément enraciné dans le patrimoine et l'innovation".

La conservatrice Vittoria Mataresse est à la tête d'une équipe comprenant les conservatrices associées Basma Harasani et Victoria Gandit-Lelandais et la conservatrice du programme public Shumon Basar, qui ont travaillé sans relâche sur plusieurs fuseaux horaires pendant plusieurs mois pour donner vie à cet événement.

La conservatrice Vittoria Mataresse (photo) dirige une équipe composée des conservatrices associées Basma Harasani et Victoria Gandit-Lelandais et de la conservatrice du programme public Shumon Basar, qui ont travaillé sans relâche sur plusieurs fuseaux horaires pendant plusieurs mois pour donner vie à l'événement. (Photo Fournie)
La conservatrice Vittoria Mataresse (photo) dirige une équipe composée des conservatrices associées Basma Harasani et Victoria Gandit-Lelandais et de la conservatrice du programme public Shumon Basar, qui ont travaillé sans relâche sur plusieurs fuseaux horaires pendant plusieurs mois pour donner vie à l'événement. (Photo Fournie)

"Il était très important pour nous d'être ludique et de ne pas avoir le type de structure ou de format rigide que nous avons l'habitude de voir. La Semaine de l'Art de Riyad se situe entre une exposition et une foire d'art. Il s'agit en fait d'une constellation d'événements", explique M. Matarrese à Arab News. "Contrairement aux grands événements artistiques qui imposent souvent des thèmes universels et s'appuient sur des artistes mondialement établis, nous voulions travailler dans le cadre d'un écosystème artistique régional, en embrassant les textures, les urgences et les sensibilités de la péninsule arabique. Nous essayons de retracer quelque chose de très spécifique et, de cette manière, nous proposons un écart critique (par rapport au format normal)".

Le thème de l'édition inaugurale de cet événement est « At the Edge ». Il réunit plus de 45 galeries provenant du Royaume-Uni, du monde arabe et d’autres régions du globe. Trois sous-thèmes principaux sont explorés : « Vie quotidienne », « Paysages » et « Motifs ».

Le quartier de JAX de Diriyah accueillera trois expositions majeures offrant un aperçu de l'identité culturelle de l'Arabie saoudite. Un certain nombre d'artistes saoudiens établis dont les studios sont basés à JAX ouvriront également leurs portes au public. Au centre de Riyad, plus de 15 galeries hébergées dans le centre Al-Mousa présenteront également des expositions, et un programme plus large à travers la ville proposera plusieurs conférences et collaborations.  

« La Semaine de l'Art de Riyad est vraiment différente », explique Gandit-Lelandais, qui travaille dans la région depuis plus de vingt ans et se concentre sur l'art arabe contemporain, dans une interview accordée à Arab News. « Le marché et l'écosystème sont uniques ici. Je pense qu'il est important d'arrêter d'appliquer les formats européens et américains dans d'autres contextes, car ils n'ont pas nécessairement besoin de s'adapter. Le format lui-même peut être réinventé pour mieux correspondre à l'identité locale ».

L'équipe a conçu l'événement comme "un parapluie sous lequel tout le monde peut se rassembler", explique Gandit-Lelandais. "Il s'adresse au public, aux amateurs d'art et aux collectionneurs".

"Avec la croissance rapide de Riyad, le type de dialogue que nous avons établi est très important pour attirer les gens ici, mais pas avec un regard occidental sur la façon dont l'art devrait être", ajoute-t-elle.

« Je suis très enthousiaste à l'idée de relier nos artistes locaux et notre scène locale (au reste du monde). Je pense qu'une fondation éducative est très excitante et très nécessaire à l'heure actuelle pour les artistes, les praticiens de l'art, les jeunes collectionneurs et tous ceux qui en font partie. Nous voulions permettre à ces générations d'artistes d'Arabie saoudite de se raconter, au-delà du cadre habituel », a expliqué Mme Harasani, seule Saoudienne de l'équipe de commissaires, à Arab News.

Lamya Gargash, Lions, The Architect, Bath, UK, 2024, tirage au pigment d'archives, 90 x 120 cm, édition de 3, 1AP. (Avec l'aimable autorisation de l'artiste et de The Third Line, Dubaï)
Lamya Gargash, Lions, The Architect, Bath, UK, 2024, tirage au pigment d'archives, 90 x 120 cm, édition de 3, 1AP. (Avec l'aimable autorisation de l'artiste et de The Third Line, Dubaï)

Bien qu'aucun des commissaires ne vive à Riyad, ils offrent tous un regard nuancé et sensible sur la capitale.

“J'ai tellement travaillé à Riyad que je m'y sens chez moi”, explique Mme Harasani. « Riyad est culturellement différente de Djeddah, ma ville d'origine, et il a été fascinant de découvrir la scène artistique locale. Je pensais que cela ressemblerait à la scène de la région du Hedjaz, mais c'est totalement autre chose. J'ai énormément appris en réalisant qu'étant tous originaires d'Arabie saoudite, il existe une multitude de façons de travailler, de créer et de communiquer ». 

Maha Malluh, Sky Clouds, 2009-2015, 100 gants noirs en polyester remplis de polyester et de sables du désert, tapis de prière. (Avec l'aimable autorisation de la Galerie Krinzinger et de Maha Malluh)
Maha Malluh, Sky Clouds, 2009-2015, 100 gants noirs en polyester remplis de polyester et de sables du désert, tapis de prière. (Avec l'aimable autorisation de la Galerie Krinzinger et de Maha Malluh)

L'expansion rapide de Riyad, tant sur le plan physique que culturel, au cours de la dernière décennie, contribue à la richesse et à la diversité présentées à la Semaine de l’Art, affirment les commissaires.

"C'est là toute la beauté du Moyen-Orient : dix ans ici équivalent à cent ans ailleurs", explique Mme Matarrese. "Je pense que ce qui est vraiment astucieux dans ce que fait l'Arabie saoudite en ce moment, c'est qu'elle a appris des erreurs commises par d'autres et qu'elle cherche activement à mieux gérer la situation."

"Il y a une chose qui est importante dans l'ADN de ce que nous faisons", poursuit-elle. "Nos visiteurs ne sauront pas à quoi s'attendre. Nous avons vraiment repoussé les limites de ce qui pourrait être montré ; nous essayons de déconstruire les modèles d'exposition conventionnels, d'expérimenter quelque chose d'autre et de réarticuler le dialogue entre les différentes parties du monde de l'art".

Pour Mme Harasani, cet événement constitue un nouveau jalon dans les progrès artistiques accomplis par le Royaume au cours de ces dernières années. 

« Cela n'existait pas quand j'étais enfant », confie-t-elle. « Le fait que nous puissions aujourd'hui voir nos rêves se réaliser, et assister à des projets d'envergure comme la Semaine de l'Art de Riyad, me fait me sentir extrêmement chanceuse et privilégiée d'en faire partie ». 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Alia Kong utilise le métavers pour tisser des liens entre des étudiants chinois et saoudiens

Des étudiants testent le projet Superbund Alpha, qui vise à leur faire découvrir d'autres cultures par le biais du métavers. (Photo Fournie)
Des étudiants testent le projet Superbund Alpha, qui vise à leur faire découvrir d'autres cultures par le biais du métavers. (Photo Fournie)
Des étudiants testent le projet Superbund Alpha, qui vise à leur faire découvrir d'autres cultures par le biais du métavers. (Photo Fournie)
Des étudiants testent le projet Superbund Alpha, qui vise à leur faire découvrir d'autres cultures par le biais du métavers. (Photo Fournie)
Des étudiants testent le projet Superbund Alpha, qui vise à leur faire découvrir d'autres cultures par le biais du métavers. (Photo Fournie)
Des étudiants testent le projet Superbund Alpha, qui vise à leur faire découvrir d'autres cultures par le biais du métavers. (Photo Fournie)
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  • Le projet Superbund Alpha permet aux étudiants de créer des avatars virtuels et d'enseigner leur culture aux autres.
  • La jeune fondatrice a pour objectif d'organiser un voyage d'études en Arabie saoudite pour ses camarades.


RIYAD: A tout juste 13 ans, l'étudiante chinoise Alia Kong est à l'origine d'une initiative qui utilise le pouvoir de la technologie pour présenter la culture saoudienne à ses camarades de Hong Kong.

Le projet Superbund Alpha, qui vise à créer un espace ouvert permettant aux étudiants internationaux d'entrer en contact les uns avec les autres, permet aux utilisateurs de créer des avatars virtuels dans le métavers.

Les étudiants des deux pays pourront créer un espace personnalisé et promouvoir leur culture dans le cadre d'un atelier virtuel. La jeune visionnaire espère que cela contribuera à tisser des liens solides entre eux. 

« J'aimerais créer ce lien entre Riyad et Hong Kong », a déclaré M. Kong à Arab News. « Imaginez que vous puissiez créer votre propre patrimoine culturel et l'améliorer grâce à l'informatique spatiale, avec seulement des messages et des images.

En outre, dans le cadre de ce projet, elle a mis en place une expérience immersive pour présenter la culture saoudienne à ses camarades de classe.

L'histoire de Mme Kong a commencé il y a cinq ans, lorsque, à l'âge de huit ans, elle a décidé, avec 25 amis, de créer une organisation à but non lucratif appelée Kids Power Society. L'objectif du groupe était d'éduquer les élèves aux différentes cultures, d'améliorer le bien-être mental et de promouvoir la positivité.

L'adolescente prévoit maintenant d'organiser la journée Superbund Event Day, qui se tiendra simultanément à Hong Kong et en Arabie saoudite, en réalité virtuelle et dans la réalité. 

Mme Kong a souligné l'importance d'adopter les technologies émergentes, affirmant que la génération Alpha pouvait envisager le mode de vie qu'elle souhaitait grâce au métavers.

Son admiration pour l'Arabie saoudite lui vient des histoires que lui a racontées son parrain, Alaudeen Alaskary, ancien consul général d'Arabie saoudite à Hong Kong. Il est aujourd'hui conseiller honoraire du programme d'échange virtuel Superbund.

Mme Kong, qui a déjà visité le Royaume, a déclaré qu'elle prévoyait d'organiser un voyage d'étudiants destiné à enseigner à ses pairs l'histoire culturelle de l'Arabie saoudite.

« Il (Alaskary) m'a fait découvrir la culture et le mode de vie des Saoudiens. J'adore assister à ses réunions et à ses fêtes du samedi. (Ils sont) très chaleureux, aimants et nous apprécions tous la compagnie des autres », a-t-elle déclaré.

En juillet 2024, le groupe organisera un événement virtuel, Superbund Virtual Society, qui devrait rassembler plus de 100 participants venus de Hong Kong, de Chine continentale, du Canada et d'Arabie saoudite.

« Ce nouvel écosystème basé sur la technologie blockchain nous permettra d'enregistrer nos actifs numériques avec nos identités d'avatars... Les choses peuvent être créées dans le virtuel et avoir un impact sur la réalité », a déclaré M. Kong.

« J'ai un concept où l'ancienne génération crée le matériel technologique, ou le matériel dont nous avons besoin pour accéder au logiciel qui pourrait être créé par les jeunes générations, et avec le contenu, le logiciel et le matériel finalisés, nous pouvons nous réunir et combler ce fossé entre les générations. »

Au cours des cinq dernières années, Kids Power Society a publié quatre livres de science-fiction, avec la contribution de 125 enfants du monde entier. Les bénéfices ont été reversés à l'hôpital pour enfants de la Colombie-Britannique à Vancouver et à l'association Sowers Action de Hong Kong.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com