Empoisonnement Navalny : Analyses discordantes entre Moscou et l’Occident

L’hôpital Charité à Berlin où l’opposant politique russe Alexei Navalny est actuellement traité (Photo, Odd ANDERSEN/AFP).
L’hôpital Charité à Berlin où l’opposant politique russe Alexei Navalny est actuellement traité (Photo, Odd ANDERSEN/AFP).
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Publié le Mercredi 26 août 2020

Empoisonnement Navalny : Analyses discordantes entre Moscou et l’Occident

  • Selon le Kremlin, aucune substance toxique précise indicatrice d'un crime n'a été identifiée
  • La France a exprimé sa « profonde préoccupation devant cet acte criminel perpétré à l'encontre d'un acteur majeur de la vie politique russe »

MOSCOU : Les pays occidentaux ont pressé jeudi la Russie d'enquêter sur la tentative d'empoisonnement présumée de l'opposant Alexeï Navalny, quand le Kremlin jugeait de son côté hâtif de considérer que son ennemi numéro 1 avait été la victime d'une action criminelle.

La France et les Etats-Unis ont, comme la chancelière allemande Angela Merkel, appelé Moscou à établir la vérité, après que les médecins allemands traitant M. Navalny à Berlin ont conclu lundi qu'il présentait des « traces d'empoisonnement ».

Le Kremlin a jugé prématurées ces conclusions, aucune substance toxique précise indicatrice d'un crime n'ayant été identifiée. « Une enquête doit avoir un motif, pour cela il faudrait déterminer la substance » en cause, a dit Dmitri Peskov, le porte-parole du président Vladimir Poutine.

« L'analyse médicale de nos médecins et celle des Allemands concordent complètement. Mais leurs conclusions diffèrent. Nous ne comprenons pas cet empressement chez les collègues allemands », a-t-il ajouté.

Selon lui, l'empoisonnement « est une piste parmi d'autres. Mais il y a beaucoup d'autres pistes médicales ». « Nous ne savons pas s'il y a eu empoisonnement ou non », a-t-il conclu.

Il a par ailleurs qualifié de rumeur « sans fondement » les accusations d'opposants voyant la main du Kremlin derrière ce qui est arrivé à M. Navalny, placé en coma artificiel dans l'hôpital berlinois de la Charité.

La diplomatie russe a également dénoncé des « accusations profondément offensantes » à l'encontre des médecins russes qui ont « immédiatement fourni à M. Navalny une assistance hautement qualifiée ». Elle a évoqué la « précipitation suspecte » des Occidentaux pour accréditer la thèse de l'empoisonnement.

Les médecins allemands soignant l'opposant ont annoncé qu'il avait été intoxiqué par « une substance du groupe des inhibiteurs de la cholinestérase », mais sans pouvoir préciser dans l'immédiat laquelle.

Ces produits sont susceptibles d'être utilisés, à faible dose, contre la maladie d'Alzheimer. Mais en fonction du dosage, ils peuvent être très dangereux et produire aussi des agents neurotoxiques puissants, du type de l'agent innervant Novitchok.

L'opposant reste dans un état grave même si sa vie n'est pas en danger. Les médecins se sont refusés à tout pronostic quant à l'évolution de son état de santé.

Les proches de M. Navalny dénoncent pour leur part un empoisonnement intentionnel depuis son malaise jeudi dans un avion qui le conduisait de Sibérie à Moscou. 

Lorsqu'il était hospitalisé dans la ville sibérienne d'Omsk, les médecins russes avaient rejeté cette thèse puis bloqué un temps son transfert vers un hôpital étranger.

Les partisans de l'opposant soupçonnent que son départ pour l'Allemagne a été retardé afin que le poison qu'il aurait ingéré devienne plus difficile à détecter. Les médecins russes avaient pour leur part argué d'un état « instable » de M. Navalny rendant son transfert dangereux.

Nombreux précédents

Pour les capitales occidentales, le doute n'est guère permis. Angela Merkel a exhorté la première la Russie « à régler de manière urgente cette affaire jusque dans les moindres détails et en pleine transparence ». Paris a jugé une telle enquête « indispensable ».

L'ambassadeur des Etats-Unis à Moscou John Sullivan a lui aussi réclamé « une enquête immédiate, complète et transparente de la part des autorités russes », tout comme le chef de la diplomatie de l'Union européenne Josep Borrell.

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo s'est également dit « profondément préoccupé » et « prêt à soutenir un effort » en vue d'une « enquête exhaustive ».

La France a aussi exprimé sa « profonde préoccupation devant cet acte criminel perpétré à l'encontre d'un acteur majeur de la vie politique russe ». 

M. Navalny pilote en effet une organisation dénonçant la corruption des élites politiques russes, notamment les proches de M. Poutine, et a organisé de nombreuses manifestations d'ampleur.

Nombre de détracteurs du pouvoir russe ont été tués par balle ces dernières années, à l'instar de l'opposant Boris Nemtsov et de la journaliste Anna Politkovskaïa, sans que la vérité soit jamais vraiment établie.

D'autres ont été empoisonnés, comme l'ex-agent double russe Sergueï Skripal et sa fille Ioulia en mars 2018 au Royaume-Uni, justement par l'agent innervant Novitchok, ou encore Alexandre Litvinenko, un autre ex-agent russe, mort en 2006 à Londres.

Alexeï Navalny a déjà été victime d'attaques physiques. En 2017, il avait été aspergé d'un produit antiseptique dans les yeux. En juillet 2019, tandis qu'il purgeait une courte peine de prison, il avait été traité à l'hôpital après avoir soudainement souffert d'abcès sur le haut du corps.

L'opposant avait dénoncé une tentative d'empoisonnement alors que les autorités évoquaient une « réaction allergique ».


La France et Israël veulent éviter que l'Iran se dote de l'arme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
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  • Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël
  • Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis

PARIS: La France et Israël ont pour "objectif commun de ne pas laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire", a déclaré jeudi le chef de la diplomatie israélienne Gideon Saar lors d'une conférence de presse à Paris.

Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël. Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis.

Interrogé sur l'imminence d'un conflit direct avec l'Iran, Gideon Saar ne s'est toutefois pas prononcé. "Nous n'excluons pas la voie diplomatique", a-t-il dit. Les Iraniens "ont clairement indiqué qu'ils étaient prêts à une négociation indirecte avec les Etats-Unis et je ne serais pas surpris si cette négociation commençait", a-t-il dit.

Mercredi, le chef de la diplomatie française avait estimé que si les négociations sur le programme nucléaire iranien venaient à échouer, "une confrontation militaire" serait "presque inévitable".

L'inquiétude monte alors que les discussions semblent dans l'impasse et que la fenêtre pour négocier un nouveau traité avec Téhéran doit se refermer à l'automne.

"Il y a a une coopération entre l'Iran, le Hezbollah (libanais) et le Hamas (palestinien). Et nous ne laisserons pas faire les activités terroristes de là-bas contre Israël et nos civils", a par ailleurs dénoncé Gideon Saar.

Sur la reprise des opérations militaires meurtrières à Gaza, il a martelé que l'objectif israélien était d'anéantir toute menace du groupe islamiste palestinien Hamas.

Il a en outre assuré que son gouvernement était "engagé à faire libérer tous les otages". Il a balayé l'idée que celui-ci "sacrifiait" les otages, soulignant que les autorités rencontraient les familles des otages constamment et qu'elles ne portaient pas toutes le même point de vue sur la politique menée à Gaza.

Le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, a accusé mardi le Premier ministre Benjamin Netanyahu de "sacrifier" les captifs à Gaza en ordonnant des frappes intenses sur le territoire palestinien.

La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans la partie nord du territoire palestinien, après un appel à évacuer de l'armée israélienne.

Concernant le Liban, où Israël a frappé à deux reprises la banlieue sud de Beyrouth en dépit du fragile cessez-le-feu conclu il y a 4 mois, M. Saar a affirmé que son pays souhaitait la stabilité au Liban, mais ne laisserait pas le mouvement pro-iranien Hezbollah "se réarmer".

"Nous souhaitons normaliser nos relations avec le Liban", a-t-il assuré. "C'est peut-être prématuré du point de vue libanais", a-t-il dit, tout en faisant part de début de négociations "sur certaines problématiques". "Nous avons une équipe qui négocie sur (...) les différends à la frontière", a-t-il dit.

Gideon Saar a par ailleurs annoncé avoir invité le ministre français en Israël, assurant avoir "un dialogue continu" avec les autorités françaises. Et la visite de M. Barrot pourrait avoir lieu "prochainement".


Concertation sur les retraites : en quête d'une feuille de route

Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
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  • Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.
  • Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

PARIS : Les cinq organisations patronales et syndicales participant à la concertation sur les retraites, surnommée « l'ex-"conclave" », consacrent leur réunion hebdomadaire de jeudi au projet d'une nouvelle feuille de route globale pour les discussions, ainsi qu'aux questions de l'égalité femmes-hommes et des droits familiaux.

Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.

Selon des sources concordantes, les participants devraient découvrir le projet de note pendant la séance.

Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

Cette autonomisation fait suite à la colère des syndicats, après les déclarations de M. Bayrou enterrant l'hypothèse d'un retour à 62 ans, alors qu'il avait auparavant promis que les discussions se tiendraient « sans totem ni tabou ».

« Je n'ai aucun doute qu'on va arriver à définir des objectifs partagés », a déclaré mercredi à l'AFP Éric Chevée, le négociateur de la CPME (patronat), même si « cela prend encore huit jours de plus ».

La question de l'âge de départ en retraite, le point le plus contesté de la réforme des retraites de 2023, a déjà été évoquée lors des premières réunions, sans qu'un rapprochement des positions des syndicats et du patronat n'apparaisse. 

Elle ne devrait être abordée que lors des discussions finales de la fin mai, lorsque les participants essaieront d'aboutir à un accord sur des mesures concrètes, expliquent les participants aux négociations.

L'autre sujet des discussions de jeudi, à savoir l'égalité femmes-hommes face aux retraites à travers les droits familiaux et parentaux, est une thématique importante pour la CFDT, et un indicateur clef de sa capacité à obtenir des avancées pour les salariés à l'occasion de ces négociations.


Conférence sur la lutte contre le terrorisme à l'ère de l'Intelligence Artificielle 

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
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  • Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial
  • Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes

PARIS: La Sénatrice Nathalie Goulet organise une conférence sur un sujet crucial pour l’avenir de la sécurité internationale. Intitulée "La lutte contre le terrorisme à l’heure de l’intelligence artificielle", cette conférence se tiendra le lundi 14 avril 2025 au Palais du Luxembourg, à Paris.

Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial. Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes tout en respectant les droits fondamentaux et les libertés individuelles.