Retour surprise de Karim Benzema chez les Bleus pour l'Euro

Karim Benzema lors du match entre la France et l'Arménie le 8 octobre 2015 au stade Allianz Riviera de Nice / AFP
Karim Benzema lors du match entre la France et l'Arménie le 8 octobre 2015 au stade Allianz Riviera de Nice / AFP
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Publié le Mercredi 19 mai 2021

Retour surprise de Karim Benzema chez les Bleus pour l'Euro

  • Sportivement, il connaît sans doute à 33 ans la meilleure période de sa carrière
  • «Pour moi, c'est le meilleur» avant-centre français de l'histoire, jugeait récemment son entraîneur Zinédine Zidane

PARIS: Adulé en Espagne mais controversé en France: buteur star du Real Madrid, Karim Benzema a longtemps pâti de son image de "bad boy" et de ses démêlés judiciaires qui l'ont écarté cinq ans des Bleus, champions du monde sans lui... jusqu'à son retour tonitruant pour l'Euro.

Rappelé mardi à la surprise générale par le sélectionneur Didier Deschamps pour disputer l'Euro (11 juin-11 juillet), Benzema vit une période contrastée. Sportivement, il connaît sans doute à 33 ans la meilleure période de sa carrière; mais hors des pelouses, il est toujours poursuivi pour "complicité de tentative de chantage".

Un talent hors normes mais une image tenace de mauvais garçon, c'est toute l'ambivalence de l'ancien joueur de Lyon, qui ne laisse personne insensible. 

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L'attaquant français du Real Madrid Karim Benzema heureux après avoir marqué un but finalement refusé lors du match de football de la Liga entre le Real Madrid CF et le FC Séville au stade Alfredo di Stefano de Valdebebas, le 18 mai 2021 / AFP

"Pour moi, c'est le meilleur" avant-centre français de l'histoire, jugeait récemment son entraîneur Zinédine Zidane. "Il le prouve, il joue au Real Madrid depuis très longtemps, il compte plus de 500 matches, tous les buts... Au final, son palmarès, tout ce qu'il a accompli ici parle pour lui."

Depuis son arrivée en 2009, il a inscrit près de 300 buts pour le club espagnol. Il a aussi été sacré meilleur joueur du Championnat d'Espagne en 2020, devenant l'atout offensif majeur du Real après le départ en 2018 de la superstar Cristiano Ronaldo. Et il vient tout juste d'être sacré meilleur joueur français de l'étranger aux traditionnels Trophées UNFP en France.

Même le président de la Fédération française Noël Le Graët l'a reconnu: "Il a fait à mon avis la meilleure saison de sa carrière" en 2019-2020, avait-il convenu l'été dernier dans un entretien à RMC Sport.

C'est pourtant ce même Le Graët qui avait assuré en novembre 2019 que "l'aventure France" de Benzema était définitivement terminée, alors que l'attaquant n'était plus apparu en Bleu depuis octobre 2015.

Bleus: les 26 joueurs sélectionnés par Didier Deschamps pour l'Euro

Le sélectionneur de l'équipe de France Didier Deschamps a convoqué mardi 26 joueurs en vue de l'Euro de football (11 juin-11 juillet). La liste définitive doit être transmise le 1er juin à l'UEFA, avant l'entrée en lice des Bleus le 15 juin.

La liste annoncée mardi par Didier Deschamps:

Gardiens (3): Hugo Lloris (Tottenham/ENG), Mike Maignan (Lille), Steve Mandanda (Marseille)

Défenseurs (9): Lucas Digne (Everton/ENG), Léo Dubois (Lyon), Lucas Hernandez (Bayern Munich/GER), Presnel Kimpembe (Paris SG), Jules Koundé (Séville FC/ESP), Clément Lenglet (FC Barcelone/ESP) Benjamin Pavard (Bayern Munich/GER), Raphaël Varane (Real Madrid/ESP), Kurt Zouma (Chelsea/ENG)

Milieux (6): N'Golo Kanté (Chelsea/ENG), Thomas Lemar (Atlético Madrid/ESP), Paul Pogba (Manchester United/ENG), Adrien Rabiot (Juventus/ITA), Moussa Sissoko (Tottenham/ENG), Corentin Tolisso (Bayern Munich/GER)

Attaquants (8): Wissam Ben Yedder (Monaco), Karim Benzema (Real Madrid/ESP), Kingsley Coman (Bayern Munich/GER), Ousmane Dembélé (Barcelone/ESP), Olivier Giroud (Chelsea/ENG), Antoine Griezmann (FC Barcelone/ESP), Kylian Mbappé (Paris SG), Marcus Thuram (Borussia Mönchengladbach/GER)

Mauvaises fréquentations

Malgré une technique léchée, un style de jeu altruiste et une armoire à trophées bien remplie (quatre championnats de France avec Lyon, trois championnats d'Espagne et quatre Ligues des champions avec le Real...), "KB9" peine à se défaire d'une image de tête brûlée, coincé entre sa collection de bolides, ses vêtements de luxe et ses mauvaises fréquentations.

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L'entraîneur français Didier Deschamps et l'attaquant français Karim Benzema s'étreignent après le match nul 0-0 de la France à la fin du match du Groupe E entre l'Équateur et la France au stade Maracana de Rio de Janeiro lors de la Coupe du Monde de la FIFA 2014, le 26 juin 2014 / AFP

Loin de son habituel silence médiatique et de l'image de bon père de famille rangé qu'il essaie de distiller à longueur de "stories" sur les réseaux sociaux, Benzema déchaîne les passions en France, malgré le soutien de certaines personnalités comme le comédien Jamel Debbouze.

Après avoir été écarté de l'Euro-2016 à domicile en raison de sa situation judiciaire, l'attaquant avait fustigé, dans une interview au quotidien espagnol Marca, le sélectionneur Didier Deschamps, coupable à ses yeux d'avoir "cédé sous la pression d'une partie raciste de la France". 

Cela lui vaudra les foudres de "DD" dont la résidence bretonne a été vandalisée par un tag le traitant de "raciste". Mais un autre loup solitaire du football français, Eric Cantona, apportera son soutien à Benzema, empêtré dans le pire scandale extra-sportif d'une carrière déjà émaillée de sorties de route.

Bleus: le calendrier du stage de préparation et du 1er tour à l'Euro

Le sélectionneur Didier Deschamps, qui a annoncé mardi sa liste pour l'Euro (11 juin - 11 juillet), va retrouver l'essentiel de ses Bleus le mercredi 26 mai, soit environ trois semaines avant le premier match de la phase de groupes. Voici le calendrier:

- 26 mai: Début du rassemblement à Clairefontaine. Les Bleus qualifiés pour la finale de la Ligue Europa (Villarreal/Manchester United), prévue le 26 mai à Gdańsk en Pologne, et pour la finale de la Ligue des champions (Manchester City/Chelsea), le 29 mai à Porto, arriveront ultérieurement.

- 1er juin: Date butoir fixée par l'UEFA pour transmettre la liste des joueurs convoqués pour le Championnat d'Europe.

- 2 juin (21h05): Premier match de préparation, contre le pays de Galles, à Nice.

- 8 juin (21h10): Second match de préparation, contre la Bulgarie, à Saint-Denis.

- 14 juin: Départ pour Munich à la veille d'Allemagne-France.

- 15 juin (21h00): Premier match de la phase de groupes à l'Euro, contre l'Allemagne, à Munich.

- 16 juin: Départ pour la Hongrie.

- 19 juin (15h00): Deuxième match de la phase de groupes à l'Euro, contre la Hongrie, à Budapest.

- 23 juin (21h00): Troisième match de la phase de groupes à l'Euro, contre le Portugal, à Budapest.

- 27, 28 ou 29 juin: En cas de qualification, les Bleus disputeront les huitièmes de finale de l'Euro à une de ces trois dates, en fonction de leur classement à l'issue de la phase de groupes. 

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L'attaquant français du Real Madrid Karim Benzema échange avec l'entraîneur français du Real Madrid Zinedine Zidane après avoir marqué un but lors du match de football de la Liga entre le Real Madrid CF et l'Athletic Club Bilbao au stade Alfredo di Stefano de Madrid le 15 décembre 2020 / AFP

Zidane, son « grand frère »

Auparavant, avec Franck Ribéry, l'attaquant formé à Lyon avait été associé à "l'affaire Zahia". Renvoyé devant le tribunal correctionnel, il a toutefois été relaxé en janvier 2014, comme Ribéry. 

En juillet 2014, son agent d'alors, Karim Djaziri, accompagné de Zenati, avait été accusé par le quotidien L'Equipe d'avoir "agressé" certains de ses journalistes à Ribeirao Preto, camp de base des Bleus au Mondial au Brésil.

Cela n'a pas empêché l'avant-centre de faire son nid en Espagne, au sein de l'exigeant Real, et de mûrir grâce à Zidane, qu'il a souvent qualifié de "grand frère" et qui l'a toujours défendu. 

Jusqu'à s'interroger, fin mars: "Comment comprendre qu'il n'aille pas en sélection ?" Deux mois plus tard, le "bad boy" des Bleus est de retour, avec une nouvelle histoire à écrire.

 

Euro: Deschamps a "passé outre son cas personnel" au sujet de Benzema

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L'attaquant français Karim Benzema tient une conférence de presse au Stade de France à Saint-Denis, au nord de Paris, le 25 mars 2015 à la veille d'un match de football amical entre la France et le Brésil / AFP

Le sélectionneur de l'équipe de France Didier Deschamps, qui avait écarté Karim Benzema pendant plus de cinq ans, a "passé outre son cas personnel" et ses réticences passées pour rappeler l'attaquant du Real Madrid en vue de l'Euro cet été (11 juin-11 juillet), a-t-il déclaré mardi.

"Pour arriver à cette décision, il y a eu des étapes. On s'est vus, on a discuté longuement", a expliqué le sélectionneur après l'annonce de sa liste sur le plateau des diffuseurs TF1 et M6. "Je ne veux pas faire de cas particuliers. J'ai toujours passé outre mon cas personnel, l'équipe de France ne m'appartient pas, elle est au-dessus de tout", a-t-il ajouté.

Après la rencontre avec le buteur du Real Madrid, Deschamps a indiqué avoir "eu une longue réflexion pour en arriver à cette décision. Je ne vais pas vous dévoiler un mot de cette discussion mais il en avait besoin, moi aussi", a-t-il poursuivi, indiquant aspirer à "avoir le climat le plus apaisé possible" au sein du groupe.

"L'équipe de France est censée être meilleure avec Karim Benzema", a encore développé le technicien basque, précisant faire ce choix "pour le bien de l'équipe de France".


Macron au Caire: vers une consolidation du plan arabe de reconstruction à Gaza

La visite du président français Emmanuel Macron en Égypte, qui se déroulera du 6 au 8 avril, s'articulera autour de deux axes principaux: renforcer les relations bilatérales en les transformant en un partenariat stratégique et consolider le plan de reconstruction de Gaza. (AFP)
La visite du président français Emmanuel Macron en Égypte, qui se déroulera du 6 au 8 avril, s'articulera autour de deux axes principaux: renforcer les relations bilatérales en les transformant en un partenariat stratégique et consolider le plan de reconstruction de Gaza. (AFP)
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  • Le président français rencontrera des acteurs humanitaires français et internationaux, ainsi que des représentants des Nations unies et des acteurs sanitaires
  • Un protocole d’accord sanitaire sera signé «pour renforcer le soutien français au système de santé égyptien et contribuer à l’aide humanitaire dans la bande de Gaza»

PARIS: La visite du président français Emmanuel Macron en Égypte, qui se déroulera du 6 au 8 avril, s'articulera autour de deux axes principaux: renforcer les relations bilatérales en les transformant en un partenariat stratégique et consolider le plan de reconstruction de Gaza.

Le lundi matin, selon le palais de l’Élysée, la visite débutera par un entretien en tête-à-tête entre le président français et son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi, suivi d’une réunion élargie avec plusieurs membres des gouvernements des deux pays.

La délégation française comprendra notamment le ministre des Armées, Sébastien Le Cornu, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, le ministre des Transports, Philippe Soro, et la ministre du Travail et de la Santé, Catherine Vautrin.

Les discussions porteront sur l’ensemble des crises au Moyen-Orient, y compris celles en Libye, au Soudan, au Liban, en Syrie et en Iran.

Cependant les discussions se concentreront sur la situation à Gaza, avec un accent particulier sur le plan de reconstruction récemment adopté par la Ligue arabe, en partenariat avec l’Organisation de la coopération islamique (OCI). 

La deuxième journée de la visite, indique l’Élysée, se déroulera à Al-Arich (au nord du Sinaï) et sera dédiée à la gestion de la crise à Gaza, marquée récemment par une détérioration dramatique de la situation humanitaire. 

Le président français rencontrera des acteurs humanitaires français et internationaux, ainsi que des représentants des Nations unies et des acteurs sanitaires présents sur place. 

Un protocole d’accord sanitaire sera signé «pour renforcer le soutien français au système de santé égyptien et contribuer à l’aide humanitaire dans la bande de Gaza» indique l’Élysée, ajoutant que «malgré les difficultés d’accès, la France reste déterminée à faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire vers Gaza».

Outre les préoccupations humanitaires, la question de la sécurité à Gaza sera un point central des discussions. Le président échangera avec le contingent français déployé dans le cadre de la mission européenne EUBAM, chargée de sécuriser le point de passage de Rafah et de soutenir le retour de l’Autorité palestinienne dans la bande de Gaza, «élément clé pour un avenir stable et sécurisé» selon le palais présidentiel.

La visite constitue également une occasion pour réaffirmer le soutien français au plan de reconstruction de Gaza, porté par la Ligue arabe en partenariat avec l’Organisation de la coopération islamique (OCI). 

La France souligne l’importance de «définir un cadre de sortie de crise solide avant même de considérer une solution politique durable fondée sur le principe de deux États».

Cette approche inclut, selon l’Élysée, «la sécurité et la gouvernance de Gaza, ainsi que la nécessité d’une coordination avec les partenaires internationaux, dont les États-Unis et les acteurs arabes».

Le président français et son homologue égyptien «entretiennent des échanges réguliers sur ces questions, témoignant de la proximité et de l’intensité de leurs relations bilatérales», souligne l’Élysée.

Cependant leur volonté de conjuguer les efforts, pour une sortie de crise et un plan de reconstruction, reste pour l’instant compromise par la position des États-Unis, qui plaident pour une éviction des Gazaouis de leur territoire et celle d’Israël qui tente dans l’immédiat d’élargir sa mainmise sur une partie de l’enclave.

Interrogé au sujet d’une éventuelle reconnaissance de la Palestine, au cours de cette visite, l’Élysée a esquivé la question, indiquant que Macron «n’exclut pas, à terme, la reconnaissance de l’État palestinien, considérée comme une étape potentielle vers la résolution du conflit.»

Mais cette démarche «pourrait intervenir à un moment opportun, notamment en amont de la conférence de juin organisée sous l’égide des Nations unies, avec le soutien de l’Arabie saoudite».

Cette reconnaissance, ajoute l’Élysée en coordination avec les partenaires arabes et européens, «vise à contribuer à une sortie de crise et à répondre aux aspirations des peuples palestinien et israélien» et la conférence de juin prochain «portera sur des questions politiques clés», en s’appuyant sur les résolutions du Conseil de sécurité et les paramètres internationaux.

La visite du président français sera également l’occasion d’aborder des questions stratégiques, notamment en mer Rouge où le contexte sécuritaire reste tendu.

Le passage du porte-avions Charles de Gaulle dans le canal de Suez souligne l’engagement de la France en faveur de la sécurité maritime dans cette région stratégique.

Le renforcement de la coopération militaire franco-égyptienne se concrétise également par la livraison de nouveaux Rafales, dans le cadre d’un contrat signé précédemment. 

«Ces livraisons coïncideront avec la visite du président français, qui sera accompagnée d’un volet défense renforcé au sein de la délégation officielle», affirme l’Élysée.

Au-delà des enjeux sécuritaires et humanitaires, la visite du président français inclut également un volet culturel majeur. Le lancement de la nouvelle Université française d’Égypte et la signature de plus d’une dizaine d’accords universitaires illustrent l’ambition de renforcer les liens éducatifs et culturels entre les deux pays.

 


Droits de douane: la France en appelle au patriotisme des entreprises

Face aux droits de douane massifs annoncés par les Etats-Unis et les risques pour l'emploi en France, le ministre de l'Economie a appelé vendredi les entreprises françaises à faire preuve de "patriotisme", leur promettant un "accompagnement" pour affronter d'éventuelles turbulences économiques. (AFP)
Face aux droits de douane massifs annoncés par les Etats-Unis et les risques pour l'emploi en France, le ministre de l'Economie a appelé vendredi les entreprises françaises à faire preuve de "patriotisme", leur promettant un "accompagnement" pour affronter d'éventuelles turbulences économiques. (AFP)
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  • Le président américain Donald Trump a signé mercredi un décret généralisant des droits de douane de 10% minimum sur toutes les importations arrivant aux États-Unis, et de 20% pour celles arrivant de l'Union européenne
  • "Nous faisons appel au patriotisme", a déclaré M. Lombard. "Il est clair que si une grande entreprise française acceptait d'ouvrir une usine aux États-Unis, ce serait donner un point aux Américains" dans les discussions

PARIS: Face aux droits de douane massifs annoncés par les Etats-Unis et les risques pour l'emploi en France, le ministre de l'Economie a appelé vendredi les entreprises françaises à faire preuve de "patriotisme", leur promettant un "accompagnement" pour affronter d'éventuelles turbulences économiques.

Les déclarations d'Eric Lombard sur BFMTV/RMC interviennent au lendemain de celles du président Emmanuel Macron appelant à suspendre les investissements outre-Atlantique, dans le cadre d'une riposte européenne qu'il souhaite "proportionnée" afin de laisser sa chance à la négociation avec les Américains.

"Nous faisons appel au patriotisme", a déclaré M. Lombard. "Il est clair que si une grande entreprise française acceptait d'ouvrir une usine aux États-Unis, ce serait donner un point aux Américains" dans les discussions.

Le président américain Donald Trump a signé mercredi un décret généralisant des droits de douane de 10% minimum sur toutes les importations arrivant aux États-Unis, et de 20% pour celles arrivant de l'Union européenne, faisant dégringoler les marchés financiers et suscitant des représailles chinoises.

Emplois menacés 

Les entreprises françaises sont bien implantées aux Etats-Unis, où la France était le troisième investisseur européen et le cinquième investisseur étranger en 2023.

"La première inquiétude, (..) celle qui doit nous alerter, c'est pour les producteurs français, pour les entreprises qui produisent et exportent aux Etats-Unis", a déclaré le Premier ministre François Bayrou, avertissant que des "dizaines de milliers d'emplois (étaient) menacés" dans le domaine agricole, viticole et des spiritueux.

Pour Eric Lombard, la riposte européenne doit être "proportionnée" et "nous conduire à la table de négociation", laquelle se fait "d'égal à égal", l'économie européenne étant une "des plus puissantes du monde" avec un marché intérieur de 450 millions de consommateurs.

"Nous avons tout à fait les moyens de négocier (...) pour obtenir un désarmement (des mesures annoncées, NDLR) le plus rapidement possible. Le dialogue se poursuit en permanence", a-t-il ajouté.

Il a averti qu'une riposte pourrait aller "au-delà des droits de douane", évoquant normes, échange de données ou outils fiscaux, afin de ne pas "désorganiser l'échelle de valeur en Europe".

"La riposte peut être très vigoureuse et il ne faut pas qu'on riposte exactement avec les mêmes armes parce que si on fait comme les Etats-Unis (...), on va avoir aussi un effet négatif en Europe", avec inflation et baisse de la croissance, a-t-il souligné.

Alors que se prépare le budget pour 2026 dans un contexte très contraint pour les finances publiques, le gouvernement redoute aussi un nouveau coup de frein à la croissance, déjà pénalisée par les fortes incertitudes internationales.

En cas d'accord négocié, "on peut encore avoir une année (...) de croissance, certes modérée mais positive", a estimé Eric Lombard. En cas d'escalade de la guerre commerciale, "on sera (...) dans une autre situation, beaucoup plus difficile".

Déficit malmené?

La Banque de France a déjà abaissé de 0,2 point à 0,7% sa prévision de croissance pour 2025 et le gouvernement pourrait prochainement suivre le mouvement, possiblement le 15 avril lors d'une conférence sur les finances publiques.

Une détérioration de l'économie entraînerait aussi le risque pour la France de manquer son objectif de ramener le déficit public à 5,4% du produit intérieur brut en 2025, contre 5,8% en 2024, a laissé entendre le ministre.

Et il a exclu un "coup de rabot supplémentaire (sur) la dépense publique" après un effort budgétaire d'une cinquantaine de milliards d'euros cette année.

L'objectif de réduction du déficit est toutefois maintenu, a ensuite précisé son ministère.

Pour prémunir les entreprises exportatrices face au "risque réel" de perturbation économique, Eric Lombard leur a promis un "accompagnement" par le ministère, avec notamment des échanges réguliers, à l'instar de la réunion jeudi à l'Elysée avec les filières les plus exposées, comme l'aéronautique, la viticulture ou les cosmétiques.

La banque publique d'investissement Bpifrance est mobilisée. "Mais je demande aussi à l'ensemble des réseaux bancaires d'être très attentifs dans le suivi de ces entreprises, dans ce moment où notre économie peut être en fragilité", a-t-il expliqué.

Le groupe bancaire BPCE et ses réseaux Banque Populaire, Caisse d'Epargne et Natixis se sont dits "particulièrement attentifs à accompagner" les entreprises clientes.

 


La France et Israël veulent éviter que l'Iran se dote de l'arme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
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  • Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël
  • Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis

PARIS: La France et Israël ont pour "objectif commun de ne pas laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire", a déclaré jeudi le chef de la diplomatie israélienne Gideon Saar lors d'une conférence de presse à Paris.

Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël. Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis.

Interrogé sur l'imminence d'un conflit direct avec l'Iran, Gideon Saar ne s'est toutefois pas prononcé. "Nous n'excluons pas la voie diplomatique", a-t-il dit. Les Iraniens "ont clairement indiqué qu'ils étaient prêts à une négociation indirecte avec les Etats-Unis et je ne serais pas surpris si cette négociation commençait", a-t-il dit.

Mercredi, le chef de la diplomatie française avait estimé que si les négociations sur le programme nucléaire iranien venaient à échouer, "une confrontation militaire" serait "presque inévitable".

L'inquiétude monte alors que les discussions semblent dans l'impasse et que la fenêtre pour négocier un nouveau traité avec Téhéran doit se refermer à l'automne.

"Il y a a une coopération entre l'Iran, le Hezbollah (libanais) et le Hamas (palestinien). Et nous ne laisserons pas faire les activités terroristes de là-bas contre Israël et nos civils", a par ailleurs dénoncé Gideon Saar.

Sur la reprise des opérations militaires meurtrières à Gaza, il a martelé que l'objectif israélien était d'anéantir toute menace du groupe islamiste palestinien Hamas.

Il a en outre assuré que son gouvernement était "engagé à faire libérer tous les otages". Il a balayé l'idée que celui-ci "sacrifiait" les otages, soulignant que les autorités rencontraient les familles des otages constamment et qu'elles ne portaient pas toutes le même point de vue sur la politique menée à Gaza.

Le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, a accusé mardi le Premier ministre Benjamin Netanyahu de "sacrifier" les captifs à Gaza en ordonnant des frappes intenses sur le territoire palestinien.

La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans la partie nord du territoire palestinien, après un appel à évacuer de l'armée israélienne.

Concernant le Liban, où Israël a frappé à deux reprises la banlieue sud de Beyrouth en dépit du fragile cessez-le-feu conclu il y a 4 mois, M. Saar a affirmé que son pays souhaitait la stabilité au Liban, mais ne laisserait pas le mouvement pro-iranien Hezbollah "se réarmer".

"Nous souhaitons normaliser nos relations avec le Liban", a-t-il assuré. "C'est peut-être prématuré du point de vue libanais", a-t-il dit, tout en faisant part de début de négociations "sur certaines problématiques". "Nous avons une équipe qui négocie sur (...) les différends à la frontière", a-t-il dit.

Gideon Saar a par ailleurs annoncé avoir invité le ministre français en Israël, assurant avoir "un dialogue continu" avec les autorités françaises. Et la visite de M. Barrot pourrait avoir lieu "prochainement".