"Virer et réembaucher": une méthode décriée au Royaume-Uni en temps de pandémie

Un travailleur portant un EPI (équipement de protection individuelle), notamment un masque facial et des gants par mesure de précaution contre le COVID-19 derrière un écran de sécurité en plexiglas alors qu'il aide un passager au comptoir d'enregistrement de l'aéroport de Manchester, dans le nord de l'Angleterre, le 8 juin 2020, alors que débute la quarantaine de 14 jours prévue par le gouvernement britannique pour les arrivées internationales afin de limiter la propagation du nouveau coronavirus. (Oli SCARFF / AFP)
Un travailleur portant un EPI (équipement de protection individuelle), notamment un masque facial et des gants par mesure de précaution contre le COVID-19 derrière un écran de sécurité en plexiglas alors qu'il aide un passager au comptoir d'enregistrement de l'aéroport de Manchester, dans le nord de l'Angleterre, le 8 juin 2020, alors que débute la quarantaine de 14 jours prévue par le gouvernement britannique pour les arrivées internationales afin de limiter la propagation du nouveau coronavirus. (Oli SCARFF / AFP)
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Publié le Dimanche 09 mai 2021

"Virer et réembaucher": une méthode décriée au Royaume-Uni en temps de pandémie

  • L'an dernier, le personnel de la compagnie aérienne British Arways s'était battu avec la direction au sujet d'une série de licenciements puis de réembauches
  • En avril, le fournisseur d'énergie British Gas a licencié 500 ingénieurs qui avaient refusé d'accepter de nouveaux contrats

LONDRES : Confrontés aux dégâts économiques causés par la pandémie, certains employeurs britannique sont accusés d'avoir recours à une mesure très controversée pour réaliser des économies: licencier puis réembaucher ses salariés à des conditions inférieures.

L'an dernier, le personnel de la compagnie aérienne British Arways s'était battu avec la direction au sujet d'une série de licenciements puis de réembauches. En 2019, les employés d'Asda, géant britannique des supermarchés étaient confrontés à une situation similaire. 

En avril, le fournisseur d'énergie British Gas a licencié 500 ingénieurs qui avaient refusé d'accepter de nouveaux contrats. Le coup de trop pour le premier syndicat britannique, Unite, qui a dénoncé un pratique "se propageant sur les lieux de travail comme une maladie". 

Selon un sondage réalisé par la confédération syndicale TUC, près d'un travailleur sur dix s'est déjà vu proposer un réembauche à des conditions moins favorables, sous peine d'être licencié. Un chiffre encore plus élevé chez les jeunes ou travailleurs issus de minorités ethniques. 

Actuellement, les chauffeurs de bus de Manchester, les travailleurs de l'usine de café Jacobs Douwe Egberts et les employés des centres de distribution Tesco sont en conflit ouvert au sujet de nouveaux contrats, dénoncés par les syndicats comme une tactique de licenciement. 

Licencier puis réembaucher n'est pas illégal au Royaume-Uni, mais le Premier ministre Boris Johnson a qualifié cette manœuvre "d'inacceptable". En face, les syndicats et le principal parti d'opposition, le Parti travailliste, demandent son interdiction. 

"Dernier recours" 

Gel des recrutement, départs volontaires ou encore chômage technique: pour Chris Forde, co-directeur d'un centre de recherches à Leeds (nord) sur les relations au travail, ces solutions constituent de meilleures solutions en temps de pandémie que le licenciement puis la réembauche, qui ne devrait être utilisé qu'en "dernier recours".

Selon lui, cette pratique pourrait "ébranler davantage un marché du travail déjà peu réglementé au Royaume-Uni", où les clauses de flexibilité sont plus répandues qu'ailleurs.

"Je ne vois aucune situation dans laquelle c'est une bonne façon de procéder", tranche-t-il, alors qu'il "existe d'autres moyens pour (les employeurs) d'obtenir les mêmes résultats."

Hors Royaume-Uni, licencier puis réembaucher est une pratique extrêmement rare, voire totalement interdite, comme en Irlande voisine. 

Au sein de l'Union européenne, la pratique exige une consultation sectorielle impliquant syndicats et partenaires sociaux. Les salariés allemands en contrat à durée indéterminée ne connaissent par exemple pas cet usage, grâce à une législation très protectrice. Seuls ceux en contrats temporaires peuvent y être confrontés, dans certains cas précis seulement. 

La situation est cependant bien différente de l'autre coté de l'Atlantique. Au Canada par exemple, licencier puis réembaucher des travailleurs est légal, explique la spécialiste du droit du travail Dalia Gesualdi-Fecteau, de l'Université du Québec, et touche particulièrement les travailleurs non-syndiqués, impuissants face aux employeurs. 

Opportunisme

Selon une enquête du journal britannique Observer, neuf des treize entreprises accusées d'avoir licencié puis réembauché des salariés ont réalisé des bénéfices ou augmenté la rémunération de leurs dirigeants.

Cependant, la société mère de British Airways, IAG, a elle enregistré une perte nette annuelle record de 6,9 milliards d'euros) en 2020, en pleine crise de l'aviation provoquée par la pandémie, et de 1,1 milliard pour le premier trimestre de 2021.

Et malgré un bénéfice net d'exploitation de 80 millions de livres (92 millions d'euros) pour British Gas, sa maison mère Centrica affichait elle aussi une perte de 577 millions de livres avant impôts.  

Centrica a affirmé à l'AFP que ces "difficiles" changements de contrats n'étaient pas liés au Covid-19, mais qu'ils étaient "nécessaires" face à des "bénéfices divisés par deux sur les dix dernières années". Le but, selon elle: protéger 20.000 emplois au Royaume-Uni, dont 98% ont déjà accepté de passer sous un nouveau contrat. 

Pour Alexander Bryson, professeur en sciences sociales à l'University College de Londres, l'épidémie a permis à certaines entreprises de "faire preuve d'un excès de zèle et surestimer leurs problèmes financiers".

"Ce n'est pas évident que la pandémie a créé les circonstances propices à la généralisation" de cette pratique, estime le chercheur, qui privilégie plutôt la thèse "d'employeurs agissant de manière opportuniste pour faire avancer des chose qu'ils espéraient faire auparavant", comme des plans de restructuration. 


Un nouvel organe de protection de la propriété intellectuelle permettra d’attirer davantage d’investissements

L’Arabie saoudite a mis en place un organe d’enquête spécialisé dans les litiges relatifs à la propriété intellectuelle. (Reuters)
L’Arabie saoudite a mis en place un organe d’enquête spécialisé dans les litiges relatifs à la propriété intellectuelle. (Reuters)
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  • Le Conseil du ministère public d’Arabie saoudite a approuvé la création du ministère public de la propriété intellectuelle à la mi-février
  • Dans son communiqué, le ministère de la Justice indique que la création de cet organe a été décidée en application de la Stratégie nationale sur la propriété intellectuelle

RIYAD: Des experts en innovation et en économie ont déclaré à Arab News que la mise en place par l’Arabie saoudite d’un organe d’enquête spécialisé dans les litiges relatifs à la propriété intellectuelle permettra de favoriser la réalisation de projets innovants et d’attirer des investissements étrangers dans le pays.

Le Conseil du ministère public d’Arabie saoudite a approuvé la création du ministère public de la propriété intellectuelle à la mi-février.

Dans son communiqué, le ministère de la Justice indique que la création de cet organe a été décidée en application de la Stratégie nationale sur la propriété intellectuelle lancée par le prince héritier Mohammed ben Salmane, «qui consiste à mettre en place un environnement distingué pour l’organisation et le développement de services judiciaires dans les domaines de la propriété intellectuelle».

Le communiqué décrit le ministère public de la propriété intellectuelle comme «l’un des principaux facteurs permettant d’atteindre les objectifs de la Vision 2030 du Royaume».

Cet organe est chargé d’enquêter et d’engager des actions pénales dans les cas de violation des droits de propriété intellectuelle stipulés dans le système du droit des marques et le système de protection des droits d’auteur, déférés par l’Autorité saoudienne de la propriété intellectuelle, ainsi que dans le système des brevets et de la topographie pour les circuits intégrés, les variétés végétales et les modèles industriels.

Selon le ministère, «ces poursuites favoriseront le développement du Parlement dans le domaine de la protection judiciaire globale de la propriété intellectuelle. Elles disposeront d’un cadre de procureurs qualifiés qui ont été formés et ont acquis les compétences nécessaires conformément aux normes de compétence juridique pour la protection pénale des cas de violation des droits de propriété intellectuelle, ce qui conduira à la croissance (de ce secteur).»

«La mise en place d’un ministère public de la propriété intellectuelle contribue à créer “un environnement qui attire les technologies internationales, les innovateurs et les inventeurs aux niveaux local et mondial», a affirmé Abdallah Alakeel, président de l’Association saoudienne pour la recherche scientifique et l’innovation.

«L’inventeur, l’innovateur ou le propriétaire d’une entreprise créative ou technique aura la garantie que ses droits dans le Royaume seront protégés et sécurisés grâce à la présence de lois et de règlements clairs», a-t-il souligné.

Abdallah al-Hamed, responsable du conseil en investissement chez GIB Capital, espère que la création de cet organe préservera positivement les droits et confirmera la capacité du détenteur de ces droits à en bénéficier financièrement et intellectuellement de manière claire et authentique. Cela donnera lieu à une nouvelle réflexion sur l’environnement de la propriété intellectuelle et sa capacité en Arabie saoudite.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Un «Davos des banlieues» en septembre pour les entreprises des quartiers populaires

Bobigny, banlieue nord-est de Paris, le 17 mars 2021. (AFP)
Bobigny, banlieue nord-est de Paris, le 17 mars 2021. (AFP)
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  • «C'est l'occasion de poser une vision, un plan de développement économique de ces banlieues», estime Aziz Senni, organisateur de «Davos des banlieues»
  • «On dit souvent que la banlieue coûte au budget de l'Etat, on nous dit toujours combien ça coûte sans jamais nous dire combien elle rapporte», dit l'entrepreneur

PARIS: Un forum économique ou "Davos" des banlieues, visant à favoriser l'activité des entreprises des quartiers populaires, sera organisé les 17 et 18 septembre à Paris, ont annoncé jeudi ses organisateurs.

"L'enjeu (...) est d'identifier des leviers pour engager une véritable dynamique économique au sein des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), où vivent plus de 5 millions de Français, dont la plupart sont exposés à un taux de chômage 2,7 fois supérieur à celui de la moyenne nationale", indique le Forum économique des banlieues (FEB).

Dans les locaux du Conseil économique, social et environnemental (Cese), le millier de participants attendus passeront d'abord une journée à plancher sur la situation économique des quartiers populaires et les solutions pouvant y être apportées.

La seconde journée sera consacrée à la mise en relation d'entrepreneurs des quartiers avec de grandes entreprises, avec pour objectif de décrocher 100 millions d'euros de commandes.

"C'est l'occasion de poser une vision, un plan de développement économique de ces banlieues", estime auprès de l'AFP l'entrepreneur Aziz Senni, organisateur de ce "Davos des banlieues", clin d'œil à la ville suisse où se tient chaque année le Forum économique mondial.

"On dit souvent que la banlieue coûte au budget de l'Etat, on nous dit toujours combien ça coûte sans jamais nous dire combien elle rapporte", poursuit-il. "On a là un tissu économique qu'on pourrait développer, en créant des emplois locaux, des stages, des alternances".

Chaque intervenant sera invité à formuler des propositions pour les entreprises des quartiers populaires, qui seront consignées dans un Livre blanc.

Le Premier ministre Gabriel Attal, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire ou les anciens ministres Jean-Louis Borloo et Najat Vallaud-Belkacem y sont attendus, selon le FEB.

Côté acteurs privés, le fondateur de Free Xavier Niel, la directrice générale de la Fédération bancaire française Maya Atig ainsi que l'ex-président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux ont confirmé leur participation, indique-t-on de même source.

Les organisateurs souhaitent mettre l'accent sur les TPE et PME créées depuis plus de deux ans et moins éligibles aux aides publiques à l'entrepreneuriat, a expliqué Aziz Senni.

Le Forum économique des banlieues souhaite faciliter l'accès de 250 000 de ces entreprises installées dans les QPV aux marchés publics et privés.


Saudi Mobily connaîtra la plus forte croissance dans le secteur des télécommunications au Moyen-Orient en 2024

Brand Finance a également placé le PDG de l'entreprise, Salman bin Abdulaziz Al-Badran, parmi les 10 premiers chefs d'entreprise de l'indice mondial de protection des marques. (Shutterstock)
Brand Finance a également placé le PDG de l'entreprise, Salman bin Abdulaziz Al-Badran, parmi les 10 premiers chefs d'entreprise de l'indice mondial de protection des marques. (Shutterstock)
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  • Saudi Mobily a été classée comme l'entreprise à la croissance la plus rapide dans le secteur des télécommunications au Moyen-Orient en 2024 par le cabinet de conseil en marketing Brand Finance.
  • Brand Finance évalue les labels sur la base de plusieurs critères principaux, notamment l'indice de force de la marque, l'impact de l'entreprise sur l'augmentation du chiffre d'affaires et des bénéfices, et les prévisions de croissance future

RIYADH : Saudi Mobily a été classée comme l'entreprise à la croissance la plus rapide dans le secteur des télécommunications au Moyen-Orient en 2024 par le cabinet de conseil en marketing Brand Finance.

La liste révèle que la valeur de l'entreprise a augmenté d'environ 18 % par rapport à l'année précédente, conservant ainsi sa position de leader parmi les plus grandes entreprises du secteur au Moyen-Orient.

Les classements et les chiffres récemment publiés s'alignent sur l'objectif de l'Arabie saoudite de développer et de promouvoir la transformation numérique dans le Royaume et d'améliorer les services fournis dans le domaine des technologies de l'information et de la communication.

"Mobily est devenue le meilleur choix pour les particuliers et les entreprises, car ses réalisations au niveau de la marque reflètent ses performances exceptionnelles dans la fourniture de services numériques intégrés et pionniers dans le Royaume et sa réalisation de grands progrès dans le développement de l'infrastructure numérique", a déclaré Noura Al-Shiha, vice-présidente principale de la marque et de la communication d'entreprise chez Mobily.

Brand Finance a également placé le PDG de l'entreprise, Salman bin Abdulaziz Al-Badran, parmi les 10 premiers chefs d'entreprise de l'indice mondial de protection des marques.

Cette place est principalement attribuée aux diverses initiatives qu'il a lancées depuis qu'il a rejoint la société, également appelée Etihad Etisalat Co, en 2019, et à son rôle central dans l'amélioration de la croissance de la marque de l'entreprise.

Al-Shiha a déclaré que l'inclusion du PDG de Mobily dans l'indice mondial de protection des marques reflète son intérêt à faire de l'entreprise l'un des noms commerciaux les plus forts au monde. 

Brand Finance évalue les labels sur la base de plusieurs critères principaux, notamment l'indice de force de la marque, l'impact de l'entreprise sur l'augmentation du chiffre d'affaires et des bénéfices, et les prévisions de croissance future.

La majorité des investissements de Mobily se concentrent sur le développement de l'infrastructure et l'adoption de nouvelles technologies telles que l'informatique en nuage et l'Internet des objets, l'augmentation des centres de données et l'élargissement de la portée du déploiement du réseau 5G. 

Cherchant à offrir une expérience moderne à ses clients, l'entreprise souhaite les placer au centre de son attention en adoptant l'approche "Customer First". Cette stratégie vise à atteindre les objectifs de la Saudi Vision 2030, qui s'efforce d'améliorer la qualité de vie des familles et des individus dans le Royaume.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com