Un avocat palestinien espère pouvoir arrêter les expulsions à Jérusalem

Des activistes palestiniens, israéliens et étrangers manifestent contre l’occupation et la colonisation israéliennes dans les Territoires palestiniens et à Jérusalem-Est, à Sheikh Jarrah, le 19 mars 2021 (Photo, AFP)
Des activistes palestiniens, israéliens et étrangers manifestent contre l’occupation et la colonisation israéliennes dans les Territoires palestiniens et à Jérusalem-Est, à Sheikh Jarrah, le 19 mars 2021 (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 04 mai 2021

Un avocat palestinien espère pouvoir arrêter les expulsions à Jérusalem

  • Les résidents ont jusqu’à jeudi pour parvenir à un accord avec Nahlat Shamon, une organisation de colons enregistrée aux États-Unis.
  • Si aucun accord n’est conclu, un juge de la Haute Cour israélienne décidera de la manière de procéder pour déterminer les véritables propriétaires des terres litigieuses

AMMAN: Les avocats et les activistes, qui tentent d’empêcher l’expulsion de quelque 87 résidents palestiniens de leurs maisons dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem, semblaient optimistes cette semaine. 

L’avocat palestinien Hosni Abu Hussein indique à Arab News que les tribunaux israéliens ont donné aux résidents de 12 unités de logement dans le quartier de Jérusalem-Est jusqu’à jeudi pour parvenir à un accord avec Nahlat Shamon, une organisation de colons enregistrée aux États-Unis. 

« Nous avons passé des heures avec le juge et chacun de nous a proposé des solutions pour régler l’affaire », mentionne M. Abu Hussein. 

« Notre proposition est de déposer l’argent des loyers des unités dans un fonds sécurisé au tribunal, jusqu’à ce que le véritable propriétaire du terrain soit identifié, sachant que les unités de logement ont été construites dans les années 1950 ». 

Selon M. Abu Hussein, cette solution a été proposée car le non-paiement du loyer est le moyen le plus rapide d’expulser les résidents, selon les lois sur la location. 

La Jordanie contrôlait Jérusalem lorsque l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine au Proche-Orient (UNRWA) a construit les unités de logements sur les terrains vacants et a commencé à faire payer un loyer aux Palestiniens. Les organisations de colons, qui prétendent également être les propriétaires du terrain, exigent maintenant le paiement du loyer. 

D’après la loi sur la protection des loyers à Jérusalem, l’offre de l’organisation des colons permet aux familles palestiniennes de rester dans le logement tant qu’un membre désigné de la famille est en vie. Ensuite, l’organisation de colons reprendrait les maisons. 

Cependant, les résidents palestiniens ont rejeté cette offre. « Cela fait des années que nous nous y opposons en soulignant que l’organisation de colons n’a aucun droit sur ces terres », déclare M. Abu Hussein, un résident palestinien. « Pourquoi accepterions-nous cette offre maintenant ? » 

Si aucun accord n’est conclu d’ici jeudi, un juge de la Haute Cour israélienne décidera de la manière de procéder pour déterminer les véritables propriétaires des terres litigieuses. 

De nouvelles preuves, découvertes dans les archives ottomanes en Turquie et auprès du gouvernement jordanien, prouvent que la Jordanie et l’UNRWA se sont mis d’accord pour construire des unités de logement sur le terrain pour les Palestiniens, explique M. Abu Hussein. Cet accord est intervenu après que les Palestiniens sont devenus des réfugiés dans la ville à l’issue de la Seconde Guerre mondiale, car le terrain appartenait en fait à la famille Hijazi Saadi, en 1149 de l’Hégire (1736 après J.-C.). 

En se basant sur d’anciens documents ottomans, Nahlat Shamon a affirmé que le terrain appartenait à un groupe juif oriental qui s’est enregistré en 1972. 

Les avocats palestiniens contestent cette affirmation et soutiennent que les documents des archives ottomanes d’Istanbul auxquels Nahlat Shamon fait référence n’existent pas et sont falsifiés. 

Jawdat Manna, coordinateur de la campagne de Jérusalem pour l’organisation du plaidoyer régional et international, a indiqué à Arab News qu’il était ravi des réactions positives suscitées par la campagne. 

« Nous bénéficions désormais d’un soutien juridique solide de la part d’avocats du Koweït, de Bahreïn, de Jordanie, du Royaume-Uni et des États-Unis, ainsi que d’un soutien solide de la campagne en faveur des familles palestiniennes menacées », affirme M. Manna. 

Ahmad Deek, haut fonctionnaire du ministère palestinien des Affaires étrangères, a déclaré à Arab News que le ministère avait déposé une plainte auprès de la Cour pénale internationale. 

« Notre plainte fournit un résumé complet de l’affaire et un appel à une enquête sur l’injustice dont souffrent les familles palestiniennes », précise M. Deek. 

Les Palestiniens se plaignent également du fait que les maisons appartenant aux familles arabes à Jérusalem Ouest et dans d’autres parties d’Israël ne sont pas autorisées à être rendues à leurs propriétaires d’origine, documentés et incontestés. 

Aref Hammad, porte-parole des familles de Sheikh Jarrah, a expliqué que les familles sont confrontées à une forte pression. Lundi, la police israélienne a été filmée en train de pénétrer violemment dans l’une des maisons pour arrêter un Palestinien. 

Un porte-parole de la police israélienne a mentionné qu’ils ont arrêté des personnes ayant participé à une manifestation, ce qui a entraîné la fermeture des routes et des attaques contre la police. 

« Après que la manifestation a été qualifiée d’illégale et que les manifestants ont eu le temps de se disperser, la police a interrompu les protestations en utilisant les moyens habituels de contrôle de la foule », selon le porte-parole. « Plusieurs suspects ont été arrêtés et sont accusés d’avoir attaqué la police à coups de pierres ». 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur arabnews.com 


Trump dit ne pas penser que le guide suprême iranien soit mort

Mojtaba Khamenei a été blessé dans la première salve de frappes américano-israéliennes contre l'Iran le 28 février, qui ont tué son père Ali Khamenei. (AFP)
Mojtaba Khamenei a été blessé dans la première salve de frappes américano-israéliennes contre l'Iran le 28 février, qui ont tué son père Ali Khamenei. (AFP)
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  • Mojtaba Khamenei a été blessé dans la première salve de frappes américano-israéliennes contre l'Iran le 28 février, qui ont tué son père Ali Khamenei
  • Il n'est pas apparu publiquement depuis et s'exprime par des communiqués qui lui sont attribués.

WASHINGTON: Donald Trump a dit mercredi qu'il "ne pensait pas" que le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei, qui n'a pas été vu en public depuis fin février, "soit mort".

"Il a été très sérieusement blessé mais je ne pense pas qu'il soit mort", a dit le président américain pendant un entretien avec un animateur conservateur, Glenn Beck.

Mojtaba Khamenei a été blessé dans la première salve de frappes américano-israéliennes contre l'Iran le 28 février, qui ont tué son père Ali Khamenei.

Il n'est pas apparu publiquement depuis et s'exprime par des communiqués qui lui sont attribués.

Cette discrétion, en plein conflit régional, a donné lieu à des spéculations à la fois sur son état de santé et sur ses relations avec d'autres hauts responsables iraniens.


Oman et Téhéran négocient la régulation du détroit d'Ormuz sans déblocage en vue

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  • Le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr al-Busaidi, a dit sur X espérer "annoncer bientôt" un nouveau couloir de navigation, ainsi "que des modalités pratiques afin de rétablir une navigation sûre"
  • Des négociations se poursuivront pour établir un couloir "permanent" et définir "la future gestion du détroit", ainsi qu'un mécanisme de "fourniture des services de navigation et de sécurité nécessaires", ajoute le texte

TEHERAN: Oman et Téhéran discutent d'un "couloir temporaire" de navigation dans le détroit d'Ormuz et de son déminage mais les autorités iraniennes ont prévenu mercredi que le passage stratégique ne serait pas ouvert avant que les Etats-Unis ne mettent fin à la guerre.

Les deux pays riverains du détroit cherchent à réguler la navigation dans cette voie maritime, toujours verrouillée par Téhéran, qui est au cœur de la guerre au Moyen-Orient.

Alors que le conflit dure depuis près de six mois, Washington a intensifié la pression économique avec un nouveau train de sanctions "secondaires" annoncé cette semaine, touchant non pas directement l'Iran mais ses partenaires commerciaux, sur l'or, la technologie, les actifs numériques, l'aviation et le transport maritime.

A Mascate, les ministres iranien et omanais des Affaires étrangères ont discuté mardi d'un accord-cadre établissant un "couloir temporaire" et prévoyant une opération de déminage, selon un communiqué conjoint.

Le ministre omanais des Affaires étrangères, Badr al-Busaidi, a dit sur X espérer "annoncer bientôt" un nouveau couloir de navigation, ainsi "que des modalités pratiques afin de rétablir une navigation sûre".

Des négociations se poursuivront pour établir un couloir "permanent" et définir "la future gestion du détroit", ainsi qu'un mécanisme de "fourniture des services de navigation et de sécurité nécessaires", ajoute le texte.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a souligné mardi sur X que lors de négociations avec les partenaires omanais et pakistanais, "l'accent a été mis sur des solutions régionales". "Le cadre proposé pour un nouveau corridor, le déminage conjoint et la gestion future du détroit d'Ormuz en sont une parfaite illustration".

Mais le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a prévenu Washington tôt mercredi sur X: "Avant toute action visant à rouvrir le détroit d'Ormuz, les Etats-Unis doivent mettre pleinement en œuvre l'ensemble des engagements qu'ils ont violés".

"Le détroit d'Ormuz ne sera rouvert qu'en échange de la fin de la guerre sur tous les fronts, de la levée du blocus et d'un règlement de la situation au Yémen."

Il a ajouté que la réponse de l'Iran aux sanctions américaines serait de "viser leurs intérêts économiques".

"Mines retirées", selon Trump 

Sur son réseau social, Donald Trump avait, lui, affirmé que, selon la marine américaine, "toutes les mines avaient été retirées et/ou détruites dans les eaux internationales du détroit d'Ormuz".

"L'Iran a été informé que tout navire ou bateau posant de nouvelles mines (serait) (...) détruit", a-t-il ajouté.

Plus tôt, il avait assuré que le détroit était sous contrôle américain - ce que Téhéran a démenti - et menacé Oman de bombardements si le sultanat se mettait "en travers" de la route des Etats-Unis sur Ormuz.

Le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent a dit lundi la volonté de Washington de "couper toutes les ressources économiques" de l'Iran

En Iran, déjà éprouvé par des décennies de sanctions internationales, de nombreux automobilistes et motards se sont pressés mardi dans les stations-service de Téhéran.

Malgré les informations toujours contradictoires, les opérateurs ont poussé le pétrole en baisse de plus de 2% mercredi dans un regain d'optimisme, le Brent s'installant sous les 90 dollars.

La guerre a été déclenchée fin février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran, qui a riposté en frappant des pays alliés de Washington dans la région et en verrouillant le détroit d'Ormuz.

Au cœur du conflit, le stratégique détroit, par lequel transitait auparavant un cinquième des hydrocarbures mondiaux, est verrouillé par Téhéran quasiment sans interruption depuis six mois, ce qui a entraîné une envolée des prix du pétrole et une pression accrue sur Donald Trump aux Etats-Unis, à l'approche des élections de mi-mandat de novembre.

Washington mène en retour un blocus des ports iraniens.

Téhéran a exclu tout retour à la situation d'avant-guerre dans le détroit.


Un député israélien tente de détruire un mémorial palestinien en Cisjordanie

Le député israélien d'extrême droite Zvi Soukot a tenté mardi de détruire un mémorial à la mémoire de "martyrs" palestiniens dans un village en Cisjordanie occupée, affirmant qu'il s'agissait de "terroristes", un acte condamné par l'armée et la classe politique. (AFP)
Le député israélien d'extrême droite Zvi Soukot a tenté mardi de détruire un mémorial à la mémoire de "martyrs" palestiniens dans un village en Cisjordanie occupée, affirmant qu'il s'agissait de "terroristes", un acte condamné par l'armée et la classe politique. (AFP)
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  • L'armée israélienne qui accompagnait le député lors de cette visite dans des villages palestiniens du nord de la Cisjordanie a dénoncé "la manière trompeuse et manipulatrice" dont elle a été utilisée par M. Soukot
  • "Des soldats de Tsahal affectés à des missions opérationnelles dans le secteur ont été détournés de ces missions pour cette tâche et exposés à des risques inutiles, alors que Tsahal opère dans un contexte de forte pression"

RAMALLAH: Le député israélien d'extrême droite Zvi Soukot a tenté mardi de détruire un mémorial à la mémoire de "martyrs" palestiniens dans un village en Cisjordanie occupée, affirmant qu'il s'agissait de "terroristes", un acte condamné par l'armée et la classe politique.

"Il y a quelques jours, j'ai demandé à l'armée d'agir pour retirer les monuments commémorant des terroristes responsables d'attaques contre des Israéliens dans les villages de Madama et de Burin. Malheureusement, ils sont restés en place. Je m'y suis donc rendu moi-même et j'ai pris des mesures pour les retirer", a affirmé M. Soukot dans une vidéo le montrant avec un marteau tentant de détruire le mémorial.

L'armée israélienne qui accompagnait le député lors de cette visite dans des villages palestiniens du nord de la Cisjordanie a dénoncé "la manière trompeuse et manipulatrice" dont elle a été utilisée par M. Soukot.

"Des soldats de Tsahal affectés à des missions opérationnelles dans le secteur ont été détournés de ces missions pour cette tâche et exposés à des risques inutiles, alors que Tsahal opère dans un contexte de forte pression", a dit l'armée dans un communiqué.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé que l'armée est "l'autorité souveraine en Judée-Samarie (nom israélien de la Cisjordanie)".

"Se faire justice soi-même, en particulier lorsqu'il s’agit de personnalités publiques, est une pratique répréhensible qui empêche Tsahal de se concentrer sur ses missions de lutte contre le terrorisme et l'incitation à la violence", a dit M. Netanyahu selon un communiqué de son bureau.

Le principal rival de M. Netanyahu pour les prochaines élections, Gadi Eizenkot, a réagi sur X en accusant le Premier ministre "qui permet à des anarchistes comme Zvi Soukot et ses semblables de faire tout ce qui leur plaît, mettant en danger la sécurité des localités israéliennes et portant atteinte à la position d'Israël dans le monde".

Rami Nassar, chef du conseil du village de Madama, a déclaré à l'AFP que "le monument porte les noms des martyrs du village tombés lors de la bataille de Karameh (en 1968, NDLR), des première et deuxième Intifada (soulèvement palestinien), ainsi que jusqu'à aujourd'hui", qualifiant l'acte du député israélien de "terrorisme".

M. Nassar a affirmé que le nom d'"un agriculteur du village tué alors qu'il travaillait sa terre, sans qu'aucun affrontement n'ait eu lieu" était notamment inscrit sur le mémorial.

Dans sa vidéo, M. Soukot a affirmé que parmi les noms mentionnés sur le mémorial figurait celui de Yamen Faredj, membre du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), recherché pour sa participation à des attentats en Israël pendant la seconde Intifada et qui avait été tué en 2004 à Naplouse par l'armée israélienne.

Les violences ont explosé dans le territoire palestinien, occupé depuis 1967, depuis l'attaque du mouvement islamiste Hamas en Israël le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre à Gaza.