Netflix et Riot dévoilent un projet de série animée tiré de League of Legends

Il s'agira de la première incursion de Riot Games dans le monde de l’audiovisuel. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 04 mai 2021

Netflix et Riot dévoilent un projet de série animée tiré de League of Legends

  • La série suivra «les origines de deux champions iconiques de League, et le pouvoir qui les sépare»
  • Ce dessin animé, baptisé «Arcane», sera lancé dans le monde entier à l'automne 2021

PARIS: Netflix et l'éditeur de jeux vidéos Riot Games ont dévoilé lundi un projet de série animée se déroulant dans l'univers de «League of Legends», jeu extrêmement populaire et qui sert de base à de nombreuses compétitions d'esport.

Ce dessin animé, baptisé «Arcane», sera lancé dans le monde entier à l'automne 2021, ont précisé les deux partenaires dans un communiqué.

Il s'agira de la première incursion de Riot Games dans le monde de l’audiovisuel. La série animée sera conçue et produite par Riot Games, en collaboration avec le studio français Fortiche Productions, qui a déjà travaillé avec Riot et d'autres éditeurs de jeux, et a aussi développé une série animée pour les studios Marvel.

Pour l'instant, peu de détails ont été fournis sur le scénario de la série. Selon le communiqué, elle suivra «les origines de deux champions iconiques de League, et le pouvoir qui les sépare».

«League of Legends», ou LoL, est un jeu vidéo lancé en 2009 qui se joue en équipe à cinq contre cinq et où l'objectif est de détruire la forteresse de son adversaire.

Le jeu d'arène de bataille multijoueur sert de terrain à des tournois d'e-sport très disputés, dont certains sont suivis par des dizaines de millions de fans dans le monde.

Riot rappelle qu'il travaille en outre à d'autres déclinaisons du jeu, notamment sous forme de musique, bande dessinée et jeu de société.


Grévin va rouvrir le 19 mai avec l’installation de Joe Biden

Le sculpteur Claus Velte met la touche finale à la tête d'une statue de cire du président américain Joe Biden avant son installation au musée de cire Grévin à Paris le 19 janvier 2021. (Photo, AFP)
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  • Après une fermeture de plus de six mois, Grévin, parmi les hauts lieux touristiques de la capitale, accueillera au redémarrage 200 visiteurs maximum au même moment à raison de 8 m2 par personne
  • Le double de cire de Joe Biden a été réalisé sur photos et vidéos par le sculpteur Claus Velte

PARIS: Célèbre «Panthéon de cire», le musée Grévin rouvrira ses portes le 19 mai à 10H00 avec un tout nouveau pensionnaire, le président des Etats-Unis, Joe Biden, a annoncé vendredi à l'AFP l'institution parisienne.

Le double de cire de Joe Biden sera mis en scène pour l’occasion dans le bureau d’Emmanuel Macron reconstitué sous les cimaises du musée, à l’occasion d’une «visite officielle pour fêter la réouverture de Grévin et des lieux de culture», a précisé le musée.

Après une fermeture de plus de six mois, Grévin, parmi les hauts lieux touristiques de la capitale, accueillera au redémarrage 200 visiteurs maximum au même moment à raison de 8 m2 par personne, cinq fois moins que la jauge habituelle.

A partir du 9 juin, la jauge sanitaire montera en puissance selon les consignes gouvernementales avec 400 visiteurs au même moment.

Les visiteurs pourront continuer à approcher directement les statues de cire mais les déguisements interactifs ne seront pas disponibles dans un premier temps.

Et «tant que la jauge normale ne sera pas autorisée, une partie du personnel sera maintenue en activité partielle», a indiqué à l’AFP Yves Delhommeau, le directeur général de Grévin, musée créé en 1882.

Le double de cire de Joe Biden a été réalisé sur photos et vidéos par le sculpteur Claus Velte.

Sans attendre la fin officielle du mandat de Donald Trump, le musée avait mis au rebut son double de cire dès le 19 janvier.


France: l'hôtel Carlton de Cannes vend son mobilier aux enchères pour « une part de glamour »

Cette photo d'archive prise le 27 avril 2020 montre la façade de l'hôtel Carlton dans la ville de Cannes sur la Côte d'Azur / AFP
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  • « L'idée est d'acheter une part de rêve et du glamour cannois », a indiqué à Sébastien Fernandes, directeur artistique de la maison d'enchères Aguttes
  • Le dernier jour de la vente est fixé au 26 mai

NICE : Le célèbre hôtel Carlton sur la Croisette à Cannes, dans le sud de la France, en travaux jusqu'en 2023, mettra en vente, en ligne, à partir de lundi son mobilier, lustres, fauteuils de style, lits et même un charriot à pâtisseries siglé.

"L'idée est d'acheter une part de rêve et du glamour cannois", a indiqué à Sébastien Fernandes, directeur artistique de la maison d'enchères Aguttes qui dispersera près de 600 lots avec mise à prix à partir de 40 euros pour un tabouret de bar en bois clair.

Il s'attend à "des batailles d'enchères" et à "un succès auprès de la clientèle internationale et des habitués étrangers de l'hôtel, Russes, Américains, Britanniques, Moyen-orientaux". 

"C'est surtout le côté émotionnel qu'on met en avant", a également indiqué la direction de l'hôtel.

Le dernier jour de la vente est fixé au 26 mai, point d'orgue d'une longue opération pour cataloguer les pièces issues du bar des célébrités comme un lustre à 30 bras de lumière et décors de volute feuillagés, des couloirs et des dépendances ainsi que des 13 suites au nom d'acteurs de renommée mondiale, de Sean Connery à Greta Garbo, en passant par la suite Liu Ye, Jean Dujardin ou Alain Delon. La suite Sofia Loren sera dispersée en un seul lot.

Tout le mobilier a été empaqueté à l'automne 2020 et le décorateur Tristan Auer a été choisi, avec l'architecte Richard Lavelle, pour refaire l'hôtel qui, selon la direction, ne basculera pas dans le design moderne mais restera attaché au style Belle Epoque du bâtiment et de sa façade classée. 

Inauguré en 1913, le Carlton, devenu propriété qatarie en 2014 sous le pavillon du groupe InterContinental Hotels Group (IHG), fait partie des grands hôtels cannois prisés des stars du festival de cinéma. Il a aussi servi de décor dans de nombreux films, "La main au collet" d'Alfred Hitchcock ou "Grosse fatigue" de Michel Blanc. 

Haut-lieu de cinéma, l'hôtel a aussi abrité des rendez-vous diplomatiques, notamment la première conférence de la Société des Nations en 1922. L'ancien président américain Barack Obama y a séjourné durant le G20 de 2011.


Le musée culturel de Mossoul, saccagé par Daech, est en cours de restauration

Cette photo présente un fragment de pierre gravé, pesant environ 25 kilos, avant les mesures de conservation. (Institution Smithsonian)
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  • Le groupe terroriste avait pris le contrôle de la ville multiethnique et s'était mis à piller tout ce qui était précieux, et à détruire tout ce qui n’était pas conforme à son idéologie pervertie
  • Rien n'a été épargné. Le musée lui-même, fondé en 1952, a été gravement endommagé, ses fenêtres et ses portes brisées, son toit déchiré

DUBAΪ: Le 26 février 2015, des images inquiétantes nous parvenaient du nord-ouest de l'Irak. Elles montraient des militants de Daech en train de briser des objets préislamiques et de brûler des manuscrits anciens dans le musée culturel de Mossoul.

Le groupe terroriste avait pris le contrôle de la ville multiethnique l'année précédente et s'était mis à piller tout ce qui était précieux, et à détruire tout ce qui n’était pas conforme à son idéologie pervertie.

Des objets inestimables, répartis dans les trois salles centrales du musée, racontaient l’histoire remarquable de l’Irak en tant que terre de civilisations, des Sumériens et des Akkadiens aux Assyriens et aux Babyloniens.

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Un membre des forces irakiennes montre un artefact endommagé dans le musée, le 13 mars 2017. (AFP)

 

Malheureusement, il n’aura fallu que quelques instants, sous la caméra de Daech, pour que soient physiquement effacées les preuves de milliers d'années d'histoire de l’humanité. Ces images, qui rappellent la démolition des bouddhas de Bamiyan par les talibans, ont provoqué une vague de répulsion dans le monde entier.

Sur certains sites patrimoniaux de Mossoul, dont l'ancienne ville de Nimroud, jusqu'à 80% des statues extraites puis restaurées ont été détruites, déplorent des experts du British Museum.

Près de deux ans après le pillage, le 21 juillet 2017, Mossoul a finalement été libérée par l'armée irakienne. Ce fut le début d’une période de reconstruction minutieuse destinée à restaurer les monuments, les églises, les mosquées et les trésors archéologiques de la ville.

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Les forces irakiennes combattent Daech devant le musée culturel de Mossoul, le 11 mars 2017. (AFP)

 

Un partenariat international d'institutions a été établi en 2018 afin de reconstruire le bâtiment endommagé et les collections du musée saccagées par Daech. Ses membres comprennent l'Alliance pour la protection du patrimoine dans les zones de conflit (Aliph), située à Genève, le Musée du Louvre, la Smithsonian Institution et le World Monuments Fund (Fonds national pour les monuments ou WMF).

Ces organisations travaillent en étroite collaboration avec le Conseil d’État irakien des antiquités et du patrimoine (Sbah) et le directeur du musée, Zaid Ghazi Saadullah.

Cette collaboration a commencé lorsque la Sbah a contacté Aliph – une organisation fondée en 2017 dans le but de sauvegarder les sites du patrimoine en danger – pour obtenir le financement indispensable à la restauration.

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Rosalie Gonzalez est chef de projet pour l'alliance. (Fourni)

 

«L'Irak est l'une des raisons pour lesquelles Aliph a été créé», révèle Rosalie Gonzalez, chef de projet de cette fondation, à Arab News. «C'était l'un des pays prioritaires depuis le début. Le musée culturel de Mossoul a été le premier projet financé par la fondation en Irak.»

«Grâce à nos appels à projets et à notre mécanisme de secours d'urgence, nous avons financé vingt-huit projets en Irak à hauteur de plus de 9 millions de dollars [1 dollar = 0,83 euro]. En trois ans, nous avons beaucoup progressé et nous sommes très heureux d’avoir pu mettre en place cette série d’actions en Irak.»

Des professionnels du musée ont été sollicités pour apporter leur expertise afin d’évaluer l'étendue des dégâts.

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Saad Ahmed, responsable de la conservation du musée culturel de Mossoul (à gauche), et Zaid Ghazi Saadullah, son directeur, examinent un cénotaphe en bois dans la salle islamique du musée culturel de Mossoul, au mois de février 2019. (Fourni)

 

Rien n'a été épargné. Le musée lui-même, fondé en 1952, a été gravement endommagé, ses fenêtres et ses portes brisées, son toit déchiré. On a retrouvé, éparpillées sur son sol, des caisses d'obus et de munitions intactes.

Les Lamassus du musée, ces taureaux ailés monumentaux, ont été réduits en gravier, tandis que ses sculptures figuratives ont été retrouvées démembrées à l’endroit où elles avaient chuté.

Une riche collection de frises ornées et de peintures assyriennes a été pillée et 25 000 manuscrits ont été réduits en cendres.

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Cette photographie montre les restes de l’une des statues Lamassu du musée culturel de Mossoul. (AFP)

 

Le spectacle le plus désolant est sans doute le trou béant que l’on a découvert dans le sol de la salle assyrienne, où se tenait une tribune aux allures de trône, qui fut réduite en miettes. Lors d’une visite sur le site, un expert a comparé cette pièce à une scène de crime.

«Je pense que l’ensemble de la communauté muséale a estimé que c'était vraiment un crime terrible contre la culture et l'histoire, et que nous devions réagir», explique à Arab News Richard Kurin, ambassadeur itinérant à la Smithsonian Institution.

Ariane Thomas, spécialiste de l'art mésopotamien et chef du département des antiquités orientales au Musée du Louvre, partage cette opinion.

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Ariane Thomas est la directrice du département des antiquités orientales au Musée du Louvre. (Musée du Louvre)

 

«Il s’agit d’une perte absolue», révèle-elle à Arab News, depuis Paris. «C’était un peu comme perdre quelqu'un de cher. J'ai également été frappée que tant de personnes soient profondément émues, même si elles ne savaient pas forcément grand-chose sur ces objets.»

Cet acte de vandalisme choquant n’est pas simplement le produit de l’idéologie de Daech qui consiste à «priver les gens de leur histoire». Il est en grande partie motivé par le profit, explique Richard Kurin. Après tout, les militants ont pillé plusieurs objets de grande valeur.

«Il y a une logique économique à cela», confie-t-il. «Ils font exploser ce qu’ils ne peuvent pas transporter, puis emportent ce qu’ils peuvent, vraisemblablement pour le vendre en échange d’armes, de balles et d’explosifs.»

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Le musée culturel de Mossoul est le premier projet financé par la fondation en Irak. (Fourni)

 

«Nous savons que Daech est impliqué dans tout un engrenage à cette fin. Il a donné l’autorisation aux gens de piller des sites archéologiques.»

Une équipe spécialisée d'experts irakiens, formés par des professionnels du Louvre et du Smithsonian, a entrepris de trier les débris afin de récupérer et de conserver ce qui restait de ce désastre.

Tout ce qu'ils trouvent est soigneusement documenté, catalogué et placé dans un entrepôt local qui fonctionne aujourd'hui comme un laboratoire de conservation entièrement équipé, utilisé par des spécialistes de toutes les activités de récupération.

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Richard Kurin est l'ambassadeur itinérant de la Smithsonian Institution. (Institution Smithsonian)

 

Le processus minutieux de reconstitution des objets est réalisé à l'aide d'équipements spécialisés et d'ordinateurs fournis par le Louvre.

«Nous traitons le musée comme s'il s'agissait d'un site archéologique», précise Richard Kurin. «Plutôt que de jeter tous les décombres, nous les rassemblons, les étiquetons et les conservons de manière systématique dans le but de reconstituer la pièce d’origine.»

L’évolution de ces travaux a été ralentie par la pandémie de coronavirus et par les restrictions de voyage qui l’ont accompagnée, mais les conseils et l'assistance en matière de restauration se sont poursuivis à distance.

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Les forces irakiennes combattent Daech devant le musée culturel de Mossoul, le 11 mars 2017. (AFP)

 

«Nous avons décidé qu'il n'y avait aucune raison d'arrêter. Et, moralement, nous ne pouvions pas nous y résoudre», déclare Ariane Thomas. «Nous avons donc construit, de A à Z, un programme de formation en ligne sur différents sujets afin de préparer au mieux la réhabilitation du musée.»

«Nous produisons toujours de nouvelles vidéos. Jusqu'à présent, nous disposons de trente à cinquante vidéos. Chacune d’elles est disponible en français et en arabe. Nous avons en quelque sorte inventé une nouvelle façon de faire avancer la restauration, malgré la distance due à la crise sanitaire», ajoute la spécialiste de l'art mésopotamien.

En ce qui concerne l’état du bâtiment lui-même, une équipe de WMF a été sollicitée pour mesurer et installer un échafaudage d’acier destiné à maintenir le sol précaire de la salle assyrienne, pendant que d'autres vérifications structurelles se déroulent.

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Le musée a été fondé en 1952. (Fourni)

 

Les experts espèrent rouvrir le musée d'ici trois à quatre ans.

La renaissance du musée culturel de Mossoul est symbolique à plusieurs niveaux: elle met l'accent sur la solidarité en temps de crise; elle redonne à la ville sa véritable identité multiconfessionnelle; et, surtout, elle exprime le refus de laisser prévaloir l’idéologie de «l’année zéro» de Daech.

«De plus en plus, les musées se rendent compte que leur responsabilité dépasse leurs murs», affirme Richard Kurin.

À Mossoul, la sortie du musée des décombres constitue une source d’optimisme. «En reconstruisant le musée et les collections, l'équipe irakienne et les partenaires internationaux envoient un message d'espoir», se réjouit Rosalie Gonzalez.

«Nous redonnerons vie à ce musée. Ainsi, nous protégerons notre passé et nous nous apprêtons à bâtir un avenir meilleur», conclut-elle.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com