Les Etats-Unis pourraient voir en 2021 leur plus forte croissance en 40 ans

La ville de New York, le 10 octobre 2019 (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 03 mai 2021

Les Etats-Unis pourraient voir en 2021 leur plus forte croissance en 40 ans

  • Le Produit intérieur brut a enregistré au premier trimestre une hausse de 6,4% en rythme annualisé, mesure qui permet de projeter la croissance annuelle si le rythme se maintient
  • L'inflation sur un an a atteint 2,3% en mars, selon l'indice PCE, dépassant l'objectif de 2% de la Banque centrale américaine

WASHINGTON: Le produit intérieur brut des Etats-Unis pourrait croître de 7% en 2021, son rythme le plus rapide depuis le début des années 1980, a prévenu lundi le président de la Fed de New York, John Williams. 

« Avec des conditions financières accommodantes, un soutien budgétaire solide et les vaccinations, je pense que le taux de croissance économique de cette année sera le plus rapide que nous ayons connu depuis le début des années 80 », a-t-il déclaré lors d'un discours par visio-conférence. 

Ajustée de l'inflation, la croissance du PIB devrait, selon lui, tourner autour de 7%. 

Le Produit intérieur brut a enregistré au premier trimestre une hausse de 6,4% en rythme annualisé, mesure qui permet de projeter la croissance annuelle si le rythme se maintient. Or, celui-ci devrait s'accélérer au deuxième trimestre. 

Par ailleurs, alors que certaines craintes persistent quant à une trop forte hausse des prix, le président de l'antenne new yorkaise de la Banque centrale a également jugé « important de ne pas surréagir à (la) volatilité des prix résultant des circonstances uniques de la pandémie ». 

L'inflation sur un an a atteint 2,3% en mars, selon l'indice PCE, dépassant l'objectif de 2% de la Banque centrale américaine. Mais pour John Williams, il vaut mieux « rester concentrés sur la tendance » de la courbe des prix. 

Or, celle-ci ne devrait pas continuer trop longtemps à grimper ainsi: « je m'attends à ce qu'une fois que les inversions de prix (qui repartent à la hausse après la baisse du début de la pandémie, NDLR) et les déséquilibres à court terme dus à la réouverture de l'économie se seront produits, l'inflation reviendra à environ 2% l'année prochaine », a-t-il souligné. 

Pour autant, il a rappelé que l'économie a encore « un long chemin à faire avant d'atteindre une reprise économique complète et solide ». 

« N'oublions pas qu'il y a environ 8,5 millions d'emplois de moins aujourd'hui qu'avant la pandémie », a-t-il relevé. 

Les chiffres de l'emploi en avril seront publiés vendredi, et un million de créations d'emplois sont attendues. 


L'économie US a encore «un long chemin à parcourir», avertit Biden

Joe Biden relève que le pays comptait toujours «8 millions d'emplois de moins qu'avant la pandémie». (Photo, AFP)
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  • Seulement 266 000 emplois ont été créés en avril, très loin du million attendu
  • «Nous sommes encore en train de sortir d'un effondrement économique», a souligné Joe Biden

WASHINGTON: Joe Biden a de nouveau plaidé vendredi en faveur de ses gigantesques plans d'investissements pour relancer l'emploi aux Etats-Unis, l'euphorie attendue n'ayant pas eu lieu en avril, malgré la reprise de l'économie.

Seulement 266 000 emplois ont été créés en avril, très loin du million attendu. Le taux de chômage est même remonté pour la première fois en près d'un an, à 6,1% (+0,1 point), a annoncé le département du Travail.

«Nous sommes encore en train de sortir d'un effondrement économique», a souligné Joe Biden depuis la Maison Blanche, en relevant que le pays comptait toujours «8 millions d'emplois de moins qu'avant la pandémie».

Cela conforte le président américain dans l'idée qu'il faut absolument investir au cours de la prochaine décennie près de 4 000 milliards de dollars --dont plus de 2 000 milliards dans les infrastructures-- pour créer des emplois, notamment pour les travailleurs les moins qualifiés.

«Les actions que nous prenons sont vitales (...) Nos efforts commencent à porter. Mais la pente est raide», a-t-il averti.

L'opposition républicaine a, elle, immédiatement vu dans ces chiffres de l'emploi «un message clair pour dire que les mesures politiques de Joe Biden ne fonctionnent pas», selon le compte Twitter du groupe des sénateurs républicains.

Pour eux, la raison est à chercher du côté des allocations chômage, dont la durée a été étendue jusqu'à fin août et le montant relevé de 300 dollars par semaine, ce qui «pousse plus les gens à rester chez eux qu'à travailler», ont-ils vilipendé.

Cela «montre clairement que payer les gens pour qu'ils ne travaillent pas freine ce qui devrait être un marché de l'emploi plus solide», a également vilipendé la puissante Chambre de commerce américaine.

Répit inhabituel

Faux, rétorque l'administration Biden. «Je ne pense pas que les allocations chômage soient vraiment le facteur», a ainsi souligné la secrétaire au Trésor Janet Yellen.

Cependant, «les entreprises nous disent qu'elles ont de la difficulté à embaucher», et «il est évident qu'il y a des gens qui ne sont pas prêts ou pas en mesure de retourner travailler», a-t-elle reconnu.

Beaucoup de chômeurs utilisent en effet le répit inhabituel offert par ces allocations pour prendre leur temps et trouver un emploi plus satisfaisant, comme un poste permettant le télétravail, selon des économistes.

Janet Yellen a elle pointé du doigt les «obstacles à la participation au marché du travail», notamment le problème de garde d'enfants, avec des écoles pas entièrement rouvertes, ou de garde de membres de la famille plus âgés. Et la peur de contracter la Covid reste présente.

Les employeurs tentent d'attirer des recrues avec des salaires plus élevés. La hausse, dans le secteur privé, a été de 3% au premier trimestre sur un an, selon le département du Travail.

L'Etat du Montana (nord-ouest) offre lui 1 200 dollars aux chômeurs qui acceptent un emploi.

Les allocations chômage étendues «devraient expirer en septembre, mais peut-être que les gens pensent que les emplois seront tout aussi faciles à trouver que maintenant, alors pourquoi prendre un emploi aujourd'hui?», note Ian Shepherdson, économiste pour Pantheon Macroeconomics.

«Je pense que nous pourrons atteindre le plein emploi l'année prochaine», a répété Janet Yellen.

Les loisirs reprennent vie

L'activité économique américaine reprend en effet de la vigueur à mesure que la population est vaccinée.

Près d'un Américain sur trois l'est désormais entièrement, et les portes-monnaie de nombreux ménages sont bien remplis grâce aux aides versées par le gouvernement et après une année sans abonnement en salle de sport, ni voyages à l'étranger.

Les entreprises des secteurs de l'hôtellerie, des loisirs, des services, qui avaient été terrassées par la pandémie, reprennent vie, créant 375 000 emplois à elles seules en avril.

Mais ces gains ont été partiellement effacés par les pertes enregistrées dans les services aux entreprises, alors que le retour au bureau n'est pas encore d'actualité pour de nombreux cols blancs, ainsi que dans l'automobile, qui souffre de la pénurie mondiale de puces électroniques

Cela faisait également chuter le dollar, qui perdait 0,80% face à l'euro à 1,2162 dollar vers 18H50 GMT.

En mars et avril 2020, plus de 22 millions d'emplois avaient été détruits, sous l'effet des premières mesures de confinement.

Le taux de chômage était, lui, passé en deux mois de son plus bas niveau en 50 ans (3,5% en février) à un plus haut depuis la Grande dépression des années 30 (14,8% en avril).


WhatsApp retarde encore l'application stricte de nouvelles règles de confidentialité

Des journaux avec des publicités en première page de l'application WhatsApp de Facebook sont vus dans un étal de journaux à Mumbai le 13 janvier 2021. (Photo, AFP)
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  • «Personne ne verra ses comptes supprimés ou ne perdra la capacité d'utiliser WhatsApp le 15 mai en raison de cette mise à jour»
  • Les utilisateurs recevront des rappels «persistants» sur la nouvelle politique et risquent de perdre peu à peu certaines fonctionnalités

WASHINGTON: WhatsApp, le service de messagerie de Facebook, a fait part vendredi du nouveau report de l'application stricte de nouvelles règles sur la confidentialité, accusées par ses détracteurs d'élargir la collecte des données de ses deux milliards d'utilisateurs.

L'entreprise californienne avait déjà décalé de trois mois, au 15 mai, la mise en œuvre pour tous les usagers des nouvelles conditions d'utilisation de WhatsApp face au tollé de certains utilisateurs, inquiets à l'idée que la messagerie ne partage davantage de données avec sa maison mère Facebook. 

WhatsApp a indiqué vendredi sur son site qu'il ne couperait pas directement l'accès aux usagers refusant les nouveaux termes mais continueraient à leur envoyer des rappels. 

Selon la plateforme, les nouvelles règles modifient la façon dont les annonceurs utilisant WhatsApp pour communiquer avec leurs clients peuvent partager des données avec Facebook.

Mais pour ses critiques, un tel changement ouvre la porte à un partage plus large de données avec Facebook.

«Personne ne verra ses comptes supprimés ou ne perdra la capacité d'utiliser WhatsApp le 15 mai en raison de cette mise à jour», a assuré la plateforme vendredi. 

Mais les utilisateurs recevront des rappels «persistants» sur la nouvelle politique et risquent de perdre peu à peu certaines fonctionnalités s'ils n'acceptent pas les nouvelles conditions.

Ils pourront ainsi continuer pendant un temps à recevoir des appels audio et vidéo sans pouvoir accéder à leur liste de messages. Après plusieurs semaines, ils ne pourront plus recevoir de messages et d'appels. 

Cet accroc sur la politique de confidentialité de WhatsApp a été décrit par Facebook comme un malentendu sur les efforts visant à amener les entreprises sur la plateforme. Mais il illustre les préoccupations constantes entourant les politiques de confidentialité et de protection des données du géant de la technologie.


Dieselgate: première condamnation de Volkswagen en France

Le logo VW est exposé au siège du constructeur automobile allemand Volkswagen à Wolfsburg, dans le nord de l'Allemagne, le 26 mars 2021. (Photo, AFP)
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  • L'affaire du Dieselgate avait éclaté en septembre 2015, révélant le trucage de millions de moteurs diesel des marques VW et Audi
  • Sollicité, Volkswagen group France a estimé que le jugement de la cour d'appel de Pau était «une décision isolée et unique et dont la motivation est contestable»

BORDEAUX: La Cour d'appel de Pau, dans le sud de la France, vient de condamner la filiale française de Volkswagen à indemniser le propriétaire d'une voiture de la marque allemande, dans l'affaire du Dieselgate, une première en France, a affirmé vendredi l'avocat du plaignant.

Selon Me Charles Constantin-Vallet, «cette première victime ayant décidé dès 2016 de saisir la justice civile a obtenu, en fonction de sa situation personnelle (notamment l’âge et le kilométrage du véhicule), en plus du remboursement de ses frais d’avocats, 4 000 euros d’indemnisation, correspondant environ à 15% du prix d’achat de son Tiguan TDI 140».

Cet arrêt du 27 avril représente «l’unique condamnation française à ce jour ainsi que la première juridiction d’appel à statuer sur la responsabilité de Volkswagen», a ajouté l'avocat dans un communiqué, estimant que cela devrait «faire jurisprudence et permettre à l’ensemble des victimes concernées de faire valoir leurs droits».

L'affaire du Dieselgate avait éclaté en septembre 2015, révélant le trucage de millions de moteurs diesel des marques VW et Audi notamment, pour les faire apparaître moins polluants qu'ils ne l'étaient en réalité.

Sollicité par l'AFP, Volkswagen group France a estimé que le jugement de la cour d'appel de Pau était «une décision isolée et unique et dont la motivation est contestable».

L'entreprise a en conséquence indiqué examiner «l’opportunité de former un pourvoi à l’encontre de cet arrêt qui n’est, selon elle, à ce jour aucunement définitif».

«Les tribunaux français ont d’ailleurs régulièrement rejeté depuis 5 ans les actions en justice formées contre Volkswagen», fait-elle valoir.

Me Charles Constantin-Vallet envisage, pour sa part, de «mettre prochainement en place une action judiciaire conjointe permettant à tous les consommateurs qui le souhaitent d'agir en vue de leur indemnisation». Selon lui, «plus de 950 00 véhicules sont concernés par cette fraude» en France.