Lawhati.dz, une plate-forme dédiée à l’exposition et à la vente d'œuvres d’art en ligne

À l’épreuve du temps. Leila Boutamine ould Ali
À l’épreuve du temps. Leila Boutamine ould Ali
Short Url
Publié le Vendredi 30 avril 2021

Lawhati.dz, une plate-forme dédiée à l’exposition et à la vente d'œuvres d’art en ligne

  • Peintures, dessins, sculptures, art graphique, calligraphies et photographies d’artistes algériens sont exposés et proposés à la vente en ligne via la plate-forme digitale lawhati.dz
  • «Cette nouvelle option commerciale, fonctionnelle et judicieuse, est rendue possible grâce à l’informatisation et à la sécurisation des moyens mis en ligne», explique Myriam Ait el-Hara à Arab News en français

PARIS: Peintures, dessins, sculptures, art graphique, calligraphies et photographies d’artistes algériens sont désormais exposés et proposés à la vente en ligne via la plate-forme digitale lawhati.dz.

C’est en présence de la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, que la plate-forme Lawhati a été officiellement inaugurée mardi 20 avril. Elle a été lancée par l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (Aarc), qui a pour objectif de soutenir les artistes et les associations qui œuvrent dans le domaine de la création, la promotion et la diffusion de la culture, en partenariat avec le Conseil national des arts et des lettres (Cnal).

«Cette plate-forme répond à la demande des professionnels de l’art visuel», explique la ministre de tutelle, qui précise que cette requête avait été effectuée lors d’une rencontre organisée par la Commission sur le marché de l’art en 2020. 

Q
Chayiyat el-Kalimat, Yazid Khelloufi. Techniques mixtes sur bois

Interrogée par Arab News en français, Myriam Ait el-Hara, directrice du département d’arts visuels et du patrimoine de l’Aarc, nous fait savoir que la plate-forme Lawhati est «un outil au service de l’art», indiquant que «ce portail représente une réponse innovante et pratique qui permet aux artistes de proposer au marché des œuvres sans avoir à les exposer physiquement».

Désormais, grâce à cette plate-forme, les artistes peuvent proposer leurs œuvres à la vente. «Cette nouvelle option commerciale, fonctionnelle et judicieuse, est rendue possible grâce à l’informatisation et à la sécurisation des moyens mis en ligne», nous explique Myriam Ait el-Hara. Elle ajoute que cet outil «va être généralisé dans tout le pays par les acteurs et les professionnels du marché qui souhaitent faire fructifier leurs acquis et leurs investissements pour collectionner des œuvres d’art».

Rappelons que l’Aarc se donne également pour mission de soutenir les productions des créateurs et des auteurs algériens, que ce soit en Algérie ou à l’étranger. Son champ d’action comprend le patrimoine, les arts de la scène, les arts visuels, le cinéma et la littérature.

Accès innovant aux œuvres d’art

Q
Les œuvres de Chafa Ouzzani exposées à Dar Abdellatif, siège de l’Aarc

Le portail digital Lawhati.dz permet de suivre le parcours d’une vingtaine d’artistes et de découvrir leurs œuvres. Son objectif est de contribuer «à faire évoluer la portée culturelle de l’œuvre créée par les artistes; l’œuvre n’a de valeur que si les professionnels de la culture lui en reconnaissent une», estime Myriam Ait el-Hara.

Le designer Jamal Matari, les plasticiens Abdelhalim Kebieche et Hachemi Ameur, les peintres Khaled Rochedi Bessaih et Chafa Ouzzani, le sculpteur Abdelkader Mouhoub, les photographes Leila Boutamine ould Ali et Rafik Zaidi ou encore le dessinateur Sofiane Dey figurent parmi les artistes recensés à ce jour sur la plate-forme.

Sollicité par la directrice du département d’arts visuels et du patrimoine de l’Aarc, Chafa Ouzzani, architecte et peintre originaire de la ville de Bejaïa, en Kabylie, a accepté de participer à ce programme soutenu par le ministère de la Culture. Pendant plus d’une décennie, ce passionné de dessin et de peinture a réalisé des portraits, des paysages et des natures mortes dans un style semi-figuratif tourmenté; il s’est orienté, par la suite, vers un style abstrait ou semi-abstrait. Il estime que la plate-forme Lawhati constitue un nouvel espace de partage qui apporte «un grand plus» au monde des arts visuels dans le pays.

Q
Myriam Ait el-Hara, cheffe du département Arts visuels (Aarc); Abdelkader Bendamèche, DG de l’Aarc; et Chafa Ouzzani, artiste peintre (de g. à d.)

«Nous vivons aujourd’hui dans un monde où quasiment toutes les disciplines sont numérisées, où l’accès aux données se fait par Internet. La création de cette plate-forme Lawhati est une initiative très louable, car il s’agit d’un portail à la fois facile d’accès et ouvert sur le monde de l’art et des artistes», nous confie l’artiste.

Chafa Ouzzani rappelle que ce projet, qui a vu le jour en un temps record, en est à sa première étape: «Il s’agit à présent de poursuivre le travail pour l’enrichir et l’améliorer, tout en assurant sa mise à jour; c’est un travail qui consiste à mettre sur les rails tous les éléments de la logistique nécessaires à son fonctionnement afin que ce précieux outil puisse durer dans le temps.»

Vers une réorganisation du marché de l’art?

Q

 

«Le marché de l’art a besoin d’une organisation, estime de son côté la ministre de la Culture lors de la mise en ligne officielle de la plate-forme. Aussi Malika Bendouda a-t-elle appelé les professionnels du secteur, comme les galeristes, à accompagner ce projet qui présente selon elle «un environnement propice permettant de faire émerger de nombreux créateurs amateurs qui deviendront de grands noms de l’art visuel».

Interrogé sur la situation du marché de l’art, Chafa Ouzzani nous confie qu’il a toujours été critique et ne s’est jamais montré complaisant vis-à-vis du manque d’implication des autorités publiques dans la promotion de l’art en général et des arts plastiques en particulier. Pour y remédier, l’artiste plaide pour «l’instauration d’un véritable marché de l’art qui, selon lui, est aujourd’hui aléatoire et sans véritable fondements». 

Toutefois, Chafa Ouzzani considère que l’initiative Lawhati «va dans le sens d’une régulation et d’une promotion du marché de l’art, comme le fait le site privé Alwani, qui est également de très bonne facture», souligne-t-il. «Cet outil virtuel permet de mettre en avant des artistes mais, au-delà, il faut instaurer une politique d’acquisition des œuvres qui implique les institutions étatiques et les sociétés privées. Je parle notamment des ministères, des banques, des ambassades, des administrations, etc.», conclut-il.


Mort à 79 ans de l'artiste palestinien Sliman Mansour

L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches. (AFP)
L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches. (AFP)
Short Url
  • Sliman Mansour était né à Birzeit, au nord de Ramallah, en 1947. Il avait étudié l'art et le design à Jérusalem, dont il est sorti diplômé en 1970
  • Le ministère palestinien de la culture a rendu hommage à l'artiste, "l'un des plus importants piliers de l'art visuel palestinien contemporain, dont la carrière, sur plusieurs décennies, fait partie de la mémoire visuelle et nationale palestinienne"

RAMALLAH: Le peintre et sculpteur Sliman Mansour, l'un des artistes palestiniens les plus renommés, est mort lundi à l'âge de 79 ans, a annoncé sa famille.

L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches.

"Le dernier chapitre a été écrit. Le cœur serré par un chagrin indicible, nous annonçons que notre cher père a quitté ce monde", a déclaré sa famille dans un communiqué.

"Pour le monde, il laisse derrière lui une vie emplie de beauté et de mémoire, ainsi qu'un héritage qui se perpétuera à travers toutes les personnes dont il a marqué l'existence. Quant à nous, nous avons perdu un père qui était notre source d'amour, de force et notre refuge", ajoute la famille.

Sliman Mansour était né à Birzeit, au nord de Ramallah, en 1947. Il avait étudié l'art et le design à Jérusalem, dont il est sorti diplômé en 1970.

Le ministère palestinien de la culture a rendu hommage à l'artiste, "l'un des plus importants piliers de l'art visuel palestinien contemporain, dont la carrière, sur plusieurs décennies, fait partie de la mémoire visuelle et nationale palestinienne".

Le ministère a salué sa toile la plus connue, "Camel of Hardships" ("Le Chameau des fardeaux", 1973) - qui représente un vieil homme palestinien portant la ville de Jérusalem sur son dos - la qualifiant d'"icône nationale et artistique". L'oeuvre de Sliman Mansour faisait office "de témoin de l'histoire palestinienne et de gardien de l'identité", a-t-il ajouté.

Pleurant une "immense perte", la galerie Zawyeh de Ramallah a salué une "figure artistique majeure", qui, "à travers son œuvre, a exploré les thèmes du déplacement, de la résilience, de la résistance et du lien indéfectible unissant les Palestiniens à leur terre natale".

Sliman Mansour a reçu de nombreuses récompenses, parmi lesquelles le prix Unesco-Sharjah pour la culture arabe en 2019.


Canicule: un réfrigérateur pour humains soulage les travailleurs japonais

Canicule: un réfrigérateur pour humains soulage les travailleurs japonais
Short Url
  • Des terrains de golf ou des stades de baseball pourraient aussi être intéressés à l'avenir, selon China Yamamoto, une responsable commerciale
  • Le distributeur d'équipements industriels Trusco Nakayama affirme avoir vendu plus de 300 exemplaires du "Do Hiemon Box" depuis avril, au prix de 1,5 million de yens (environ 8.000 euros)

HIGASHIOSAKA: Pris de vertiges après être arrivé au travail à vélo sous la chaleur écrasante de l'été japonais, Isao Tabuchi, 51 ans, se dirige vers la dernière acquisition de son entreprise: un réfrigérateur pour humains.

"J'ai vraiment pu récupérer grâce à ça. Une fois qu'on l'utilise, c'est vraiment très frais", explique-t-il à l'AFP à la sortie de la machine, dans la ville industrielle de Higashiosaka (ouest du Japon), écrasée par le soleil d'août.

L'engin de la taille d'une cabine téléphonique, où des jets d'air à 5°C maintiennent une température froide, n'a été commercialisé que cette année mais rencontre déjà un vif succès dans un pays confronté à une hausse constante des températures.

Le distributeur d'équipements industriels Trusco Nakayama affirme avoir vendu plus de 300 exemplaires du "Do Hiemon Box" depuis avril, au prix de 1,5 million de yens (environ 8.000 euros). Ses clients les installent notamment sur des chantiers, des usines et des entrepôts.

Des terrains de golf ou des stades de baseball pourraient aussi être intéressés à l'avenir, selon China Yamamoto, une responsable commerciale.

"Il est grand, cher, et ce n'est pas le genre de produit que l'on peut expliquer simplement avec des mots" pour convaincre les clients. "Il y avait donc beaucoup d'incertitudes", explique-t-elle.

Selon les scientifiques, le changement climatique causé par l'activité humaine accroît la fréquence et l'intensité des épisodes de chaleur extrême. En 2025, le Japon a connu l'été le plus chaud de son histoire.

Cette année, l'Agence météorologique japonaise a même introduit un nouveau terme, "kokushobi" ("jour de chaleur cruelle"), lorsque la température atteint 40°C, appelant la population à considérer la chaleur extrême comme une catastrophe naturelle.

Deux minutes pour sécher 

A Tokyo, près de 120 décès liés à la chaleur ont été enregistrés entre mi-juillet et mi-août. À l'échelle nationale, près de 63.000 personnes ont nécessité des soins d'urgence cet été.

Depuis l'an dernier, les entreprises japonaises sont soumises à des obligations renforcées pour protéger les salariés travaillant dans la chaleur. Les chantiers doivent notamment fournir des vêtements adaptés, comme des vestes ventilées, ainsi que des espaces de repos climatisés et des zones ombragées.

L'impact économique est déjà tangible. Selon une enquête de Teikoku Databank publiée en juillet, 50% des entreprises estiment que la chaleur intense perturbe leurs activités, tandis que près de 88% ont renforcé leurs mesures de protection des salariés.

Le réfrigérateur humain, branché sur une prise électrique classique, consomme environ 16 yens d'électricité par heure selon son fabricant. Afin d'éviter tout usage excessif, il s'arrête automatiquement au bout de 20 minutes.

Pour Yutaka Kono, de l'entreprise Konoe, où travaille Isao Tabuchi, investir dans la lutte contre la chaleur est devenu indispensable pour conserver les effectifs et attirer de nouveaux employés.

"J'ai été vraiment surpris par ce concept consistant à faire entrer les gens dans une sorte de réfrigérateur. J'ai trouvé très séduisante l'idée qu'une personne puisse y faire baisser instantanément sa température corporelle à un niveau sûr", explique-t-il.

Taichi Konishi, 24 ans, l'utilise environ trois fois par jour. Après avoir déplacé à la main de lourdes caisses d'outils et de pièces métalliques, il entre dans la cabine et s'assoit.

"C'est vraiment agréable", confie-t-il à l'AFP. "Je n'y suis resté qu'environ deux minutes, mais cela a suffi pour faire sécher toute ma transpiration."


Philippe Bouvard est mort, «Les Grosses Têtes» sont orphelines

Il était un monument de la radio et de la télévision françaises, créateur des "Grosses Têtes" sur RTL en 1977 et découvreur de toute une génération d’humoristes avec "Le Petit Théâtre de Bouvard" dans les années 80. Philippe Bouvard est mort lundi à l’âge de 96 ans. (AFP)
Il était un monument de la radio et de la télévision françaises, créateur des "Grosses Têtes" sur RTL en 1977 et découvreur de toute une génération d’humoristes avec "Le Petit Théâtre de Bouvard" dans les années 80. Philippe Bouvard est mort lundi à l’âge de 96 ans. (AFP)
Short Url
  • "Il a créé l'impertinence à la radio et à la télévision. (...) Thierry Ardisson, Marc-Olivier Fogiel, moi peut-être, nous sommes les enfants et petits-enfants de Philippe Bouvard", a déclaré Laurent Ruquier
  • Le principe est simple: les "sociétaires" des "Grosses Têtes", des personnalités, doivent trouver les réponses aux "colles" des auditeurs, sur un ton volontiers grivois et irrévérencieux

PARIS: Il était un monument de la radio et de la télévision françaises, créateur des "Grosses Têtes" sur RTL en 1977 et découvreur de toute une génération d’humoristes avec "Le Petit Théâtre de Bouvard" dans les années 80. Philippe Bouvard est mort lundi à l’âge de 96 ans.

C'est sa radio de toujours qui a annoncé son décès, après en avoir été informée par son épouse. "Il s'est éteint ce matin aux alentours de huit heures, en douceur", a déclaré à l'antenne la présentatrice de la matinale de RTL, Céline Landreau.

Les hommages ont aussitôt afflué sur la station pour saluer celui que beaucoup considéraient comme un précurseur, à la frontière du journalisme et du divertissement.

"Il a créé l'impertinence à la radio et à la télévision. (...) Thierry Ardisson, Marc-Olivier Fogiel, moi peut-être, nous sommes les enfants et petits-enfants de Philippe Bouvard", a déclaré Laurent Ruquier, qui lui avait succédé aux commandes des "Grosses Têtes" en 2014 pour rajeunir l'émission.

Un épisode que l'intéressé avait d'ailleurs mal vécu, parlant lui-même d'"un déchirement". Il était resté 37 ans aux commandes de cette émission culte, qu'il avait lancée en 1977, et dont le succès ne s'est jamais démenti.

Le principe est simple: les "sociétaires" des "Grosses Têtes", des personnalités, doivent trouver les réponses aux "colles" des auditeurs, sur un ton volontiers grivois et irrévérencieux.

Avec cette émission, "Philippe a su mettre à la portée de tous la culture générale", a estimé Jean-Pierre Foucault, en saluant "notre maître à tous".

Philippe Bouvard "a plus fait pour la langue française que la moitié des 40 momies de l'Académie française" mais "n'a jamais été récompensé de cet effort populaire", a regretté le navigateur Olivier de Kersauson, pilier historique des "Grosses Têtes", que Bouvard avait coutume de saluer par une apostrophe qui a marqué le programme: "Bonne réponse de l'Amiral!"

"Français moyen" 

"C'était quelqu'un de curieusement très attachant. Je n'ai jamais su s'il nous aimait ou pas", a réagi l'humoriste Bernard Mabille, autre figure de l'émission.

Pour le journaliste Marc-Olivier Fogiel, le principal atout de Philippe Bouvard était "de ne pas avoir de frontières": "C'était un journaliste qui pouvait passer du divertissement au sérieux".

Après avoir entamé sa carrière de journaliste au Figaro dans les années 50, Bouvard avait rejoint France Soir en 1973, parallèlement à son parcours sur RTL.

A la télévision, il avait présenté de 1982 à 1987 "Le petit théâtre de Bouvard" sur Antenne 2, une émission de sketchs où il donnait leur chance à des comédiens débutants dont plusieurs allaient devenir des vedettes : Muriel Robin, Les Inconnus, Mimie Mathy Michèle Bernier ou encore le duo Chevallier et Laspalès.

Hyperactif, Philippe Bouvard tenait encore à 94 ans une page dans le magazine VSD, ainsi qu'une chronique dominicale sur RTL. Il avait tout arrêté le 1er janvier 2025 après avoir atteint son "double record": "60 ans de radio et 60 ans de RTL".

Physique rond et jovial, passionné de jeux d'argent et de belles voitures, ce fils d'un couple de petits commerçants se revendiquait comme "un Français moyen, râleur, chauvin, un rien xénophobe", comme il le disait au journal Le Parisien en 2022. Pour autant, il avouait regretter parfois de "s'être laissé engluer dans ce personnage".